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Brieuc ou Brioc

jeudi 5 août 2021, par ljallamion

Brieuc ou Brioc (vers 409- vers 502)

Moine breton

Originaire du Pays de Galles [1], devenu premier évêque de Saint-Brieuc [2], ville de Bretagne continentale qui lui doit son nom. Il est l’un des sept saints fondateurs de Bretagne, honoré dans le pèlerinage du Tro Breizh [3].

Saint Brieuc serait né au début du 5ème siècle probablement dans le Ceredigion [4] au Pays de Galles.

La Vita Briocii [5] rédigée au 11ème siècle donne une étymologie populaire au nom de Brieuc. L’hagiographe relate l’annonce miraculeuse par un ange aux futurs parents du saint, Cerpus et Eldruda.

Il ne faut pas confondre saint Brieuc avec saint Briac. Le patronyme de Brieuc, et l’origine bretonne insulaire suggèrent qu’il a pu appartenir à une famille noble. Cela confirmerait l’émigration bretonne en Armorique [6] de groupes de Bretons, sous la conduite des princes et du clergé.

Les historiens ont longtemps privilégié l’hypothèse selon laquelle cette émigration étalée dans le temps à partir du 5ème siècle, était liée uniquement à la colonisation de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons [7]. Il s’agit plus d’un mouvement diffus de moines d’origine aristocratique formés au pays de Galles ou d’Irlande, qui émigrent par vagues successives pour des raisons encore mal connues, et qui parcourent l’Armorique en y diffusant un christianisme celtique.

Son hagiographie [8] repose sur la Vita Briocii, récit rédigé vers 1050 vraisemblablement à l’abbaye Saint-Serge d’Angers [9] où les reliques du saint ont été transférées sous le règne du roi breton Erispoë. Cette translation de reliques au moment des invasions normandes correspond peut-être à la volonté du roi de donner une relique insigne à l’abbaye dont il vient d’être investi en 851 par son traité d’Angers avec Charles le Chauve après la bataille de Jengland [10].

Ce récit d’un moine angevin et non briochin vise à exalter saint Brieuc aux dépens de saint Tugdual premier évêque de Tréguier [11], peut-être pour attirer vers Angers [12] les pèlerins qui, à Laval [13], allaient vénérer les reliques du fondateur de Tréguier et s’inscrit dans un contexte de concurrence entre établissements religieux et évêchés voisins.

Brieuc serait né vers 409, de parents païens, dans le royaume breton connu alors sous le nom de Coriticiana regio et identifié au Ceredigion, dans ce qui est le Pays de Galles d’aujourd’hui.

Comme d’autres enfants de la noblesse, son père le met très tôt en pension dans le monastère d’Ynys Pyr [14] où ont été formés Samson, Malo ou Gildas. Puis, à l’âge de 10 ans, il l’envoie en pension en Gaule auprès de saint Germain. Il y réalise son premier miracle. Alors qu’il va chercher de l’eau, il croise sur son chemin des lépreux qui font l’aumône. Par charité, il leur offre sa cruche d’eau. Se faisant sermonner à son retour au monastère par l’abbé saint Germain, Dieu lui envoie un vase en airain pour compenser la perte.

Saint Germain l’ordonne prêtre en 447, puis le missionne ensuite en Cornouailles britannique [15] pour convertir ses compatriotes. Toujours d’après la Vita Brioci, Brieuc y transforme les temples païens en églises et fonde des monastères où il transmet ce qu’on lui a appris. Puis vers 480, il s’embarque avec 175 de ses disciples et part évangéliser la Bretagne armoricaine continentale. Il aurait débarqué à l’Aber-Wrac’h [16] pour venir fonder un monastère à Landebaëron [17] dans le pays de Tréguier [18] et dont il aurait laissé la direction à son neveu saint Tugdual. Là encore, le récit politique de la Vita vise à affirmer la primauté définitive de Brieuc sur Tudual.

Vers 485, il revient en Bretagne armoricaine, débarque avec 80 moines à l’embouchure du Gouët [19]. Il convertit son cousin le prince Riwal et l’ensemble de ses sujets du royaume de Domnonée [20] et y aurait fondé un autre monastère, sur un terrain que lui donne Riwal et qui serait devenue la ville de Saint-Brieuc.

Il est mort vers 502. Une légende rapporte qu’à sa mort les autres moines voient le saint monter au Ciel sous les traits d’une tourterelle.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Brieuc/ Portail du christianisme/ Catégories : Saint catholique du VIe siècle/ Saint fondateur de la Bretagne

Notes

[1] Le pays de Galles est une nation constitutive du Royaume-Uni située dans l’Ouest de l’île de Grande-Bretagne. Il partage une frontière avec l’Angleterre à l’est et est bordé par la mer d’Irlande au nord et à l’ouest et le canal de Bristol au sud.

[2] Le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier est une circonscription territoriale de l’Église catholique en France dans le département des Côtes-d’Armor. Selon la légende, le diocèse de Saint-Brieuc aurait été érigé au 5ème siècle par saint Brieuc l’un des 7 saints fondateurs de la Bretagne. L’évêché de Saint-Brieuc a été fondé par Nominoë, en 848, quand, souhaitant se faire couronner roi, il chasse les évêques de quatre évêchés de Bretagne qui s’y opposent en les accusant de simonie, nomme quatre nouveaux évêques pour les remplacer et crée trois évêchés à partir des monastères fondés par saint Tugdual, saint Brieuc et le monastère de Dol fondé par saint Samson. Il décide de faire de l’évêché de Dol un archevêché pour la nouvelle province de Bretagne qu’il a décidé de détacher de celle de Tours malgré l’opposition des papes. Il constitue jusqu’à la Révolution française, l’un des neuf évêchés de la Bretagne historique, dont le territoire était principalement constitué par le Pays de Saint-Brieuc.

[3] Le Tro Breiz, qui en breton signifie « tour de Bretagne », est un pèlerinage catholique qui relie les villes des sept saints fondateurs de la Bretagne. Ces sept saints sont, selon une construction tardive, à la fois littéraire et hagiographique, des moines venus du Pays de Galles et de la Cornouailles britannique vers les 5ème siècle et 6ème siècle, apportant le christianisme en Armorique et y fondant les premiers évêchés.

[4] Cardiganshire

[5] vie de Saint Brieuc

[6] L’émigration bretonne en Armorique désigne un processus ayant lieu principalement entre les 3ème et 6ème siècles de notre ère, par lequel les Bretons de la province romaine de Bretagne (actuels Angleterre et pays de Galles ; l’Écosse, au nord du mur d’Hadrien, était hors de l’Empire romain) émigrent en masse vers l’Armorique, dont fait partie l’actuelle Bretagne. Mais les détails de cette migration et ses motifs sont mal connus, et donc, l’objet de discussions

[7] La colonisation de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons est un phénomène historique qui voit la culture britto-romaine être supplantée par la culture germanique dans le sud et l’est de l’île de Grande-Bretagne au début du haut Moyen Âge. Il correspond à l’arrivée sur l’île de plusieurs peuples germaniques originaires du littoral de la mer du Nord et se déroule du milieu du 5ème siècle jusqu’au début du 7ème siècle. Ces peuples développent progressivement une identité culturelle commune définie par le terme « Anglo-Saxons ». Les sources écrites de la période décrivent des affrontements violents entre les Bretons insulaires et les Anglo-Saxons.

[8] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.

[9] L’abbaye Saint-Serge d’Angers est un monastère situé dans la ville d’Angers. La première mention du monastère date de 705. Vers l’an 1000 elle est reprise par des bénédictins.

[10] La bataille de Jengland oppose, le 22 août 851, les troupes franques de Charles le Chauve aux Bretons d’Erispoë, qui négocie en vainqueur le traité d’Angers en septembre 851, obtenant même un titre de « roi ». Le lieu de la bataille est sujet à controverse : elle est localisée soit, en général, à Beslé (« Jengland »), lieudit de la commune de Guémené-Penfao en Loire-Atlantique, soit au Grand-Fougeray (Ille-et-Vilaine) à quelques kilomètres, soit encore à Juvardeil (Maine-et-Loire), 120 km à l’est.

[11] Le diocèse de Tréguier est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il était, jusqu’au Concordat, l’un des neuf diocèses ou évêchés historiques de Bretagne, dont le territoire était principalement constitué par le Trégor. Fondé en 542, selon la tradition ou la légende, par saint Tugdual, qui en fut le premier évêque, l’évêché de Tréguier disparut lors de la Révolution le 12 juillet 1790 (décret du 14 novembre 1789) et le dernier des évêques, Monseigneur Le Mintier, s’enfuit à Jersey en 1791. Juste auparavant, il se réfugie au Château de Boisriou à Trévou-Tréguignec. En 1801, Tréguier est rattaché à l’évêché de Saint-Brieuc.

[12] Le diocèse d’Angers est un diocèse de l’Église catholique en France. Érigé au 4ème siècle, c’est le diocèse historique de l’Anjou. Depuis 1802, il couvre le département de Maine-et-Loire et a Angers pour siège.

[13] La baronnie de Laval est un ancien territoire situé à la frontière entre le duché de Bretagne et le comté du Maine. Sa capitale était Laval. Seigneurie puissante et influente, cette baronnie fut érigée en comté en 1429, récompensant ainsi l’aide apportée par ses seigneurs aux rois de France, au cours de la guerre de Cent Ans.

[14] île de Pyrus, aujourd’hui Caldey

[15] La ou les Cornouailles est un comté d’Angleterre situé à l’extrémité sud-ouest de l’île de Grande-Bretagne. Sa capitale est Truro. Limité à l’est par le fleuve Tamar, il a une superficie de 3 563 km². Le comté possède une identité culturelle marquée : il forme l’une des six nations celtiques, avec sa propre langue, le cornique. Le titre de duc de Cornouailles est traditionnellement porté par le fils aîné du souverain britannique.

[16] L’Aber-Wrac’h est un fleuve côtier, puis dans sa partie aval, un aber du pays de Léon dans le nord-ouest du Finistère, en Bretagne. L’Aber-Wrac’h est le plus long et le plus septentrional des abers de la Côte des Abers. C’est également le nom du hameau de Landéda abritant le port du même nom.

[17] Landebaëron est une commune française située dans le département des Côtes-d’Armor en région Bretagne.

[18] Tréguier est une commune, chef-lieu de canton du département des Côtes-d’Armor, dans la région Bretagne, en France. Tréguier est la capitale historique du Trégor. Cathédrale, ruelles et maisons à pans de bois comptent parmi les éléments caractéristiques de cette ancienne cité épiscopale.

[19] Le Gouët est un fleuve côtier français situé dans le département des Côtes-d’Armor, dans la région Bretagne, qui se jette dans la Manche au port du Légué.

[20] La Domnonée (lat. Dumnonia) désigne au 6ème siècle deux royaumes bordant les deux rivages occidentaux de la Manche. Située en Grande-Bretagne, alors appelée « Bretagne insulaire », ce royaume s’est étendu sur l’actuel comté de Devon (ce dernier nom étant l’évolution du mot Dumnonia), et antérieurement aussi sur le domaine des Durotriges autour de Dorchester dans le Dorset jusqu’en 614 et le Somerset jusqu’en 658. Les Cornouailles étaient peut-être aussi incluses car le roi Ine de Wessex n’atteint le Tamar qu’en 710. D’ailleurs, en anglais, on distingue la Dumnonée (Dumnonia), pays insulaire, de la Domnonée, pays continental