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Saint Germain d’Auxerre

jeudi 16 juin 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 20 août 2011).

Saint Germain d’Auxerre (378-448)

Saint Germain de Paris ou Germain d'Autun

Évêque d’Auxerre [1], il est envoyé en Grande-Bretagne par le pape Célestin 1er pour combattre le pélagianisme [2].

Il naquit à Auxerre [3], dans une famille fortunée et fit des études en Gaule, puis à Rome. Il devint un brillant juriste, un orateur apprécié, puis un haut fonctionnaire de l’Empire. Il résidait à Auxerre, où il s’était marié.

Lorsque l’évêque de la cité, Amator vint à mourir en 418, tout le monde réclama Germain pour lui succéder. Dès lors, il vécut dans l’ascèse et la pénitence, en accord avec sa femme. Il établit un monastère au-delà de l’Yonne, afin de joindre l’exemple monastique à l’activité du clergé séculier pour convertir le peuple.

De Grande-Bretagne, l’épiscopat lança un appel au secours pour combattre l’hérésie pélagienne. Un concile gaulois et le pape Célestin 1er décidèrent d’envoyer Germain et Saint Loup, évêque de Troyes [4]. Le premier voyage dura 2 ans, de 429 à 431, et fut couronné de succès.

Mais, en 446, les évêques de Grande Bretagne, appelèrent encore à l’aide pour combattre une recrudescence de l’hérésie. Cette fois, Germain y fut envoyé avec Sévère, évêque de Trèves [5] et disciple de Saint Loup.

Il accomplit la tâche qui lui était impartie, et donna en même temps une impulsion vigoureuse au monachisme. Il exerça son apostolat principalement dans la région de Glamorgan [6], dans le Sud Ouest du pays, où il fonda les monastères de Llancarvan [7] et Llanvit.

En 448, il partit pour une ambassade auprès de l’Empereur Valentinien en faveur des bretons d’Armorique. L’empereur résidait alors à Ravenne [8], où il fut accueilli avec tous les honneurs, tant par la cour que par les évêques et les croyants de la région. C’est là qu’il mourut, après une courte maladie, le 31 juillet 448.

Un immense cortège reconduisit la dépouille du Saint à Auxerre, où il fut inhumé le 1er octobre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Pierre Soisson, Saint-Germain d’Auxerre, Éd. du Rocher, 2011, 224 p. (ISBN 978-2-268-07053-7)

Notes

[1] Le diocèse d’Auxerre est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Érigé vers le milieu du 3ème siècle, il est un des diocèses historiques de la Bourgogne. Son siège était la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre et il était suffragant de l’archidiocèse de Sens. Supprimé en 1801, il n’a pas été rétabli mais, depuis 1823, le titre d’évêque d’Auxerre est relevé par l’archevêque de Sens.

[2] Doctrine du moine Pelage, qui minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu.

[3] Auxerre [est une commune française située dans le département de l’Yonne, dont elle est le chef-lieu. Auxerre est une capitale culturelle et touristique, au cœur de la Bourgogne, dans la vallée de l’Yonne. L’Auxerrois et le Sénonais sont réunis à la Bourgogne de Boson et de Richard le Justicier. Lorsque le duc Henri 1er de Bourgogne meurt le 15 octobre 1002 sans héritier de sang, il nomme son fils adoptif Otto-Guillaume pour lui succéder. Le roi Robert II, qui veut reprendre le duché, s’allie à Richard de Normandie mais échoue devant Auxerre le 10 novembre 1003 et devant Saint-Germain (fin novembre 1003) ; de dépit, il met la Bourgogne à sac jusqu’à la Saône. En 1015, le concile d’Héry met fin à cette guerre de succession de la Bourgogne : le duché est attribué à Robert II et Otto-Guillaume reçoit le comté de Dijon, avec le comté d’Auxerre divisé en trois baronnies soumises à la double souveraineté du comte évêque Hugues de Chalon et du comte Otte-Guillaume. 1039 voit renaître les guerres de Bourgogne. L’évêque devient indépendant du comte Renaud sur arbitrage de saint Bernard, et suzerain d’une partie de la ville. Les différends qu’il soutient, notamment en 1166 contre le comte de Chalon, incitent le comte Guillaume IV à protéger les faubourgs de la ville. Dans la 5e année de son gouvernement, soit vers 1166, une deuxième enceinte fortifiée est hâtivement construite (sur 4 km), appuyée à la rive gauche de l’Yonne, comme la première, mais englobant largement abbayes et monastères. En 1183, l’évêque de la ville Hugues de Noyers prend la tête de la répression armée du mouvement égalitaire des Capuchonnés. À la fin du 12ème siècle et au début du 13ème siècle Auxerre reçoit plusieurs fois des chartes d’affranchissement : en 1188, en 1194, en 1215 et 1223.

[4] Le diocèse de Troyes est un diocèse de l’Église catholique en France. Érigé au 4ème siècle, il est un des diocèses historiques de l’ancienne province de Champagne. De 1801 à 1822, il couvre les départements de l’Aube et de l’Yonne. Depuis 1822, il ne couvre plus que celui de l’Aube. Jusqu’en 1801, il est suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Sens et relève de la province ecclésiastique de Sens.

[5] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince-Électeurs de l’Empire. Devenu Français en 1796, il redevient diocèse par le Concordat de 1801, lors de la réorganisation des structures ecclésiastiques Françaises par Napoléon 1er et le pape Pie VII. Il est alors suffragant de l’Archidiocèse de Malines. Le Congrès de Vienne donne Trêves à la Prusse. Le diocèse devient alors et jusqu’à aujourd’hui diocèse suffragant de l’archidiocèse de Cologne. Son église cathédrale est la cathédrale Saint-Pierre de Trèves.

[6] Le comté de Glamorgan (en gallois Morgannwg) est un ancien royaume puis comté du sud du Pays de Galles

[7] L’école monastique d’Ynys Bŷr est fondée au 5ème siècle, dans l’île du royaume de Deheubarth, par Illtud en qui l’on voit généralement le père du christianisme celtique. La construction d’Ynys Bŷr est considérée comme postérieure à l’autre fondation de ce religieux, le monastère de Lannilltud, plus à l’est, dans le royaume du Morgannwg.

[8] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.