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L’histoire pour le plaisir

Glaucos de Carystos

vendredi 20 mars 2020, par ljallamion

Glaucos de Carystos

Athlète grec de l’Antiquité

Il vécu entre la fin du 6ème et le début du 5ème siècle av. jc, et s’illustrait au pugilat [1].

Son histoire est essentiellement connue grâce à Pausanias, qui la raconte en détail : fils de Démylos, il naît à Anthédon [2] en Béotie [3] et descendrait du dieu Glaucos . Habitant Carystos [4] en Eubée [5], Glaucos est un simple paysan mais un jour que le soc de sa charrue s’est détaché, il le rajuste en se servant de sa main comme d’un marteau. Démylos le voyant faire amène son fils à Olympie [6] pour qu’il participe au concours de pugilat. Sans expérience, Glaucos reçoit de nombreux coups et manque d’abandonner lors du dernier combat, quand son père lui crie : Enfant, frappe comme sur la charrue !. Il assène alors un coup fatal et remporte la victoire.

D’après plusieurs sources confidentielles, Glaucos aurait été un temps tyran de Caramina en Sicile à l’instigation de Gélon, tyran de Syracuse [7]. Il y aurait trouvé la mort, exécuté soit par les Caraminiens eux-mêmes soit par Gélon.

À sa mort, il est brûlé par les Carystiens sur une petite île qui prendra le nom d’île de Glaucos. Une statue lui fut dédiée à Olympie par son fils, œuvre de Glaucias d’Égine. Il y est représenté en mouvement de combat, pour honorer sa grande habileté technique. Sa taille aurait été de 5 coudées moins 4 doigts, soit environ 2,15 m

Pour les Grecs jusqu’à l’époque romaine, son nom était synonyme de champion. Simonide composa une ode à sa gloire où il déclarait que ni Pollux [8] ni Héraclès n’auraient pu rivaliser avec lui. Eschine et Démosthène utilisèrent aussi son nom comme celui d’un grand champion du passé, de même que Philostrate

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Cléanthis Paleologos, « À travers les légendes d’Olympie VIII : le pugiliste Karistien, Glaukos », dans Revue olympique no 78-79, mai-juin 1974

Notes

[1] Le pugilat est un sport ancêtre de la boxe anglaise, avec son usage exclusif des poings. A contrario des sports de lutte, c’est un affrontement à distance. Par extension, on nomme pugilat, en Occident, toute technique de combat pieds-poings, par opposition aux disciplines de corps à corps ou « grappling » (représentées par les différentes « luttes » telles que le jiu-jitsu brésilien, le sambo en Russie et essentiellement le judo au Japon). On a retrouvé des représentations de combat à mains nues remontant à la civilisation sumérienne du 3ème millénaire av. jc.

[2] Anthédon est une ancienne ville grecque située au nord de Gaza en Palestine. Dotée d’une agora et de temples, elle était consacrée à la pêche et la construction navale et fut créée par une population grecque. Selon l’historien juif Flavius Josèphe, la cité est dirigée à cette époque par une Boulè de 500 membres et dispose de sa propre armée dirigée par un Stratège. Au cours de cette période le port du Nord-ouest de la ville, dont la population Grecque n’a pas la même origine que celle de Gaza, se transforme en cité indépendante sous le nom d’Anthédon. Elle a été habitée dès l’époque mycénienne jusqu’à la période byzantine précoce.

[3] La Béotie est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l’Attique au sud-est, par le golfe d’Eubée à l’est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l’ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

[4] Carystos, Caryste ou Karystos est un petit port de pêche du sud de l’île d’Eubée, plus grande île grecque après la Crète. La ville semble exister depuis des temps assez reculés, fondée, selon les récits mythiques, par des colons Dryopes. Dans L’Iliade, Homère mentionne la ville dans le Catalogue des vaisseaux.

[5] L’Eubée est la plus grande des îles de la mer Égée, située en face de l’Attique et de la Béotie, dont elle est séparée par le détroit de l’Euripe. La période archaïque est considérée comme celle de l’apogée de l’Eubée et de ses cités Chalcis et Erétrie. Puissantes, elles participèrent à la vague de colonisation grecque. Après les guerres médiques, Eubée est totalement soumise aux Athéniens, la ville italienne de Cumes et Naxos en Sicile, deviennent des colonies de Chalcis.

[6] Olympie est un centre religieux de la Grèce, dans le Péloponnèse, plus précisément dans une petite plaine de l’Élide, sur la rive droite de l’Alphée et au pied du Mont Cronion,et tout à proximité de la petite cité moderne d’Olympie, à environ 18 km de la ville de Pyrgos et de la mer Ionienne.

[7] Dans la Grèce antique, un tyran était un homme qui disposait d’un pouvoir assuré par la force ; ce pouvait être un ancien magistrat, parfois même un esclave, arrivé au pouvoir après un coup d’État, par ruse plus que par violence. Les tyrans ne prirent jamais officiellement le titre de tyran, et il n’y eut pas de titre général et officiel pour les désigner, c’est pourquoi on leur donne le nom dont leurs ennemis les stigmatisaient.

[8] Dans la mythologie grecque, Castor et Pollux, appelés Dioscures sont les fils de Léda. Chacun né d’un œuf différent, ils sont respectivement, pour Castor, frère de Clytemnestre et fils de Tyndare, roi de Sparte, et pour Pollux, frère d’Hélène et fils de Zeus.