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Caius Antonius

jeudi 29 novembre 2018, par ljallamion

Caius Antonius (82 av. jc-42 av. jc)

Homme politique de la fin de la République romaine

Denier de la République romaine, publié par Gaius Antonius, fils de Marcus, 1er siècle av. jc (à partir de 43 av. J.-C.)Frère du triumvir Marc Antoine. Deuxième fils de Marcus Antonius Creticus et de Julia Antonia , la fille de Lucius Julius Caesar .

Il passe son enfance et sa jeunesse à Rome. En raison de l’absence de contrôle parental après la mort de leur père après sa défaite en Crète, Caius et ses frères mènent une vie de débauche où les fêtes, les scandales et les jeux de hasard sont monnaies courantes. Il reçoit très probablement, à l’instar de Marc Antoine, une excellente éducation comme tous les jeunes romains d’une famille aristocratique.

Durant la guerre civile [1] entre Jules César et Pompée, il devient légat [2] de Jules César en 49 av. jc. Il se voit confier avec Publius Cornelius Dolabella la défense de l’Illyrie [3] contre les Pompéiens. Mais la flotte de Cornelius Dolabella est détruite et Caius Antonius doit s’enfermer dans l’île de Curicta [4].

Il est contraint de se rendre à Pompée, ses hommes étant intégrés aux légions pompéiennes. César n’a plus le contrôle de l’Adriatique et ne parvient pas à transporter suffisamment de troupes en Épire [5], Marcus Calpurnius Bibulus détruisant sa flotte de transport. Marc Antoine parvient cependant à rejoindre César et renforcer son armée. Après la victoire de Jules César à la bataille de Pharsale [6] pendant laquelle Marcus joue un rôle, Caius est libéré.

Dès lors, comme ses frères et les autres membres de la famille Antonii[[Les Antonii sont les membres de l’une des plus importantes familles plébéiennes romaines, la gens Antonia. Le nomen Antonius pourrait être traduit par « inestimable ». Selon Tite-Live, la branche des Antonii Merendae est patricienne. Toutefois, le nomen Antonius n’a été porté jusque-là que par des plébéiens, ce qui n’est pas incompatible avec le fait qu’un de ses membres ait pu intégrer le décemvirat à pouvoir consulaire de composition mixte]], il commence à gravir les marches du Cursus honorum [7]. Il est préteur [8] urbain de facto en 44 av. jc, Decimus Junius Brutus lui ayant donné délégation pour remplir les devoirs de sa charge avant de quitter Rome, alors que son frère aîné est consul et que Lucius est tribun de la plèbe [9].

Octavien arrive à Rome en mai alors qu’Antoine est en Campanie [10], ayant laissé Rome sous le contrôle de ses deux frères. Ceux-ci ne peuvent lui refuser le droit de réclamer l’héritage de son père. Caius préside la célébration des Ludi Apollinares [11] au début du mois de juillet, toujours en lieu et place de Brutus qui ne peut revenir à Rome et retirer les bénéfices des Jeux qu’il finance pourtant.

Il est ensuite nommé gouverneur de la province de Macédoine [12], qu’il ne peut gagner immédiatement, car sa préture l’oblige à demeurer à Rome. Lorsqu’il gagne la province de Macédoine, il trouve Marcus Junius Brutus qui rallie l’une après l’autre les légions présentes dans ces provinces.

Aidé de Marcus Tullius Cicero , fils de l’orateur, il bat Caius et le garde prisonnier avec des égards. À Rome, Cicéron persuade le Sénat de confier à Brutus le gouvernement de la péninsule grecque.

Caius Antoine reste captif en Macédoine jusqu’à sa mort. Il est exécuté au printemps 42 av. jc par le fils d’Hortensius, sur ordre de Brutus, en représailles des morts de Decimus Junius Brutus Albinus à la suite de la guerre civile de Modène [13] et de Cicéron proscrit par Marc Antoine.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Michel Roddaz, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000

Notes

[1] La guerre civile de César, appelée aussi guerre civile romaine de 49 av. jc ou guerre civile entre César et Pompée, est un des derniers conflits intérieurs de la République romaine, et fait partie de la liste des nombreuses guerres civiles romaines. Elle a consisté en une série de heurts politiques et militaires entre Jules César, ses alliés politiques et ses légions d’une part, et la faction conservatrice du Sénat romain, appelée aussi optimates, épaulée par les légions de Pompée d’autre part.

[2] Un légat est dans la Rome antique un chargé de mission délégué hors de Rome par le Sénat romain ou par un magistrat supérieur détenteur de l’imperium, puis par l’empereur.

[3] L’Illyrie est un royaume fondé à Shkodra, Albanie actuelle, en 385 av.jc, par le roi Bardylis. Annexée par Rome durant l’Antiquité, elle désignera plus tard une région historique des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près actuellement à l’ouest de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine, du Montenegro de l’Albanie et du Kosovo.

[4] Krk est une île croate dans le nord de la mer Adriatique. Elle est située dans la baie de Kvarner et fait partie du comitat de Primorje-Gorski Kotar. Avec ses 405,78 km², Krk est la première île de la mer Adriatique en superficie (très légèrement supérieur à l’île de Cres). Elle se classe également première par sa population

[5] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza et l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[6] La bataille de Pharsale est un affrontement se déroulant en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av. jc, pendant la guerre civile romaine. Il oppose les troupes de César à celles de Pompée. En gagnant cette bataille avec des troupes très inférieures en nombre, Jules César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[7] Le cursus honorum est l’ordre d’accès aux magistratures publiques sous la Rome antique. Défini très tôt à une époque mal déterminée, il n’est formalisé que par la lex Villia Annalis en 180 av. jc. Cet ordre est obligatoire et permet de gagner des compétences et d’avoir pour magistrats suprêmes des hommes mûrs et expérimentés.

[8] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[9] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont des magistrats de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien. Ils ne sont pas au sens politique des représentants d’une partie de la population et ne portent en eux aucune fraction de souveraineté déléguée par le vote. En revanche, leur rôle d’assistance et de défense des citoyens fait d’eux des instruments politiques fondamentaux dans le cadre de la défense des intérêts des plus pauvres.

[10] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[11] Les Jeux apollinaires (en latin ludi Apollinares) sont des jeux institués à Rome en l’honneur d’Apollon pendant la deuxième guerre punique, célébrés pour la première fois en 212 av. jc, et fixés de façon permanente à partir de 208 av. jc

[12] en fait toute la péninsule grecque)

[13] La guerre civile de Modène est une guerre civile romaine opposant, au cours de la première moitié de 43 av. jc, Marc Antoine à Decimus Junius Brutus qui refuse de céder le contrôle de la Gaule cisalpine. Ce dernier est soutenu par le Sénat auquel se joint Octavien. Marc Antoine est contraint de se replier vers la Gaule après deux batailles, la première près de Forum Gallorum et la deuxième devant les murs de Modène, mais les deux consuls de l’année 43 sont tués lors des combats. Octavien, qui pense alors être en mesure de succéder aux consuls, est écarté par les sénateurs au profit de Brutus qui reçoit tous les honneurs. Brutus se lance à la poursuite de Marc Antoine qui rejoint ses anciens compagnons d’arme, mais il se retrouve piégé et isolé et finit par être capturé et exécuté. Les sénateurs n’ont d’autre choix que de se tourner vers Octavien mais le lien de confiance est rompu et ce dernier marche sur Rome plutôt que contre Marc Antoine. La guerre prend fin avec leur réconciliation politique et la formation du Second triumvirat.