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Decimus Junius Brutus Albinus

vendredi 6 janvier 2017

Decimus Junius Brutus Albinus (81 av. jc-43 av. jc)

Homme politique de la République romaine-Lieutenant de Jules César

Il a grandi en compagnie de Publius Clodius Pulcher et de Marc Antoine. Sa mère était Sempronia Tuditani, épouse de Decimus Junius Brutus qui était consul en 77 av. jc. Il a été adopté par Aulus Postumius Albinus, mais garda son propre nom de famille, ajoutant seulement le cognomen [1] de son père adoptif.

Lors de la guerre des Gaules, à la bataille du Morbihan [2], il apporta avec ses bateaux qu’il fit mouvoir à la rame, un soutien décisif à César et emporta la victoire sur la flotte des Vénètes [3] en 56 puis fut une aide précieuse contre Vercingétorix en 52.

Il enchaîne ensuite les magistratures devenant questeur [4] en 51 et 52 puis légat et commandant de la flotte faisant le siège de Marseille [5] en 49. César lui confie entre 48 et 46 le gouvernement de la Gaule transalpine [6] et celui de la Gaule cisalpine [7] en 44 en tant que propréteur [8]. Il était prévu qu’il obtienne le consulat en 42.

Il fut pourtant au nombre de ceux qui conspirèrent contre Jules César en 44 et paradoxalement inscrit dans son testament. Après la mort du dictateur, il vit son gouvernement des Gaules prolongé, afin d’empêcher Marc Antoine de s’en emparer.

Refusant d’échanger les Gaules contre la Macédoine et menacé par les troupes de Marc Antoine, il se mura dans Modène [9], le força à lever le siège de cette ville, et le chassa d’Italie grâce à l’aide d’Octave.

Attaqué de concert par Octave et Antoine après la mise en place du second triumvirat [10], il prit la fuite pour rejoindre Marcus Brutus.

Il chercha une issue en Gaule auprès de Lucius Munatius Plancus, mais en vain, ce dernier se tournant finalement vers Octave.

Réduit à fuir avec quelques hommes, déguisés en Gaulois, Brutus se fit trahir par le chef gaulois Camilus et finit assassiné sur ordre d’Antoine en 43 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Denis van Berchem, « La fuite de Decimus Brutus », dans Mélanges d’archéologie, d’épigraphie et d’histoire offerts à jérôme Carcopino, Paris, 1966, p. 941-953 repris dans Les routes et l’histoire, Lausanne, 1982

Notes

[1] Le cognomen est le surnom d’un Romain de l’Antiquité. Après le prénom et le nom de famille, il constituait généralement le troisième nom des tria nomina traditionnels du citoyen romain.

[2] La guerre des Vénètes désigne un conflit qui s’est déroulé en 56 av. jc entre la République romaine et les Vénètes, peuple de Gaule celtique, à la tête d’une coalition de peuples armoricains. Cette guerre se déroule dans le cadre de la Guerre des Gaules menée par Jules César, elle se conclut par la victoire des Romains après une bataille navale ayant lieu au large de l’actuel département du Morbihan. La bataille dite parfois « du Morbihan » ou « de Vannes » s’est déroulée dans un espace géographique encore inconnu, néanmoins l’hypothèse la plus répandue la place au large de la presqu’île de Rhuys.

[3] Les Vénètes sont un des peuples de Gaule celtique. Leur territoire occupait approximativement le royaume du Bro Waroch créé plus tard, au 5ème siècle, futur pays de Vannes et département du Morbihan. Le peuple des Vénètes, dont la capitale se situa probablement à Locmariaquer jusqu’au 1er siècle av. J.-jc, est notamment connu parce que cité par Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules en tant que peuple rebelle à l’empire romain.

[4] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[5] Le siège de Massilia (l’antique Marseille), est un épisode de la Guerre civile de César contre Pompée et la majorité du Sénat qui eut lieu en 49 av. jc. Le siège de la ville organisé par Jules César, et conduit par Gaius Trebonius et par Decimus Junius Brutus, dura du printemps au 25 octobre de 49 av. jc. Il se conclut par la défaite des Marseillais contre les forces de César.

[6] Le concept de « Gaule transalpine » (Gallia Transalpina ou Gallia Ulterior) est une dénomination romaine pour désigner une région qui comprend presque l’ensemble des Gaules, en dehors de la Gaule cisalpine. Le terme signifie Gaule au-delà des Alpes. Elle se distingue ainsi de la Gaule cisalpine, qui était avant les Alpes du point de vue romain.

[7] La Gaule cisalpine est la partie de la Gaule qui couvrait l’Italie du Nord. Elle était ainsi nommée par les Romains en raison de sa position en-deçà des Alpes (par opposition à la Gaule transalpine, s’étendant au-delà).

[8] Un propréteur est le nom donné à ceux qui ont exercé la charge de préteur pendant 1 an, et plus tard à ceux qui dirigent les provinces avec l’autorité de préteur. Il s’agit d’une prorogation de leur pouvoir, c’est un promagistrat. Sous la République romaine, les préteurs, comme les consuls, sont élus par le peuple romain assemblé en comices ; à l’issue de leur charge, ils peuvent devenir propréteurs, ou gouverneurs, de provinces, pour un mandat de 1 an. On retrouve le premier propréteur en 241 av. jc, et la fonction se généralise les 2 siècles suivants, jusqu’à ce que Sylla rende obligatoire aux anciens magistrats à imperium de servir dans une province comme gouverneur pour 1 an. A la suite de la réorganisation provinciale au début de l’Empire, chaque province impériale est dirigée par un propréteur qui est sous l’autorité proconsulaire de l’empereur. Il porte ce titre qu’il soit ancien consul ou préteur. La durée du mandat est variable.

[9] Modène est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom située en Emilie Romagne. La ville se situe sur la Via Emilia, route romaine qui relie Piacenza jusqu’à Rimini sur la côte Adriatique. Au cœur de la vallée du Pô, la ville est entourée de deux rivières, la Secchia et le Panaro qui sont deux affluents du Pô, le plus important fleuve du territoire italien. La ville s’élève à 34 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, dans une zone complètement plate. Au sud de la province de Modène se trouve le parc régional de l’Appennino modenese, au cœur de la chaîne de montagne des Appennini.

[10] Le Second triumvirat est une alliance politique de la Rome antique rassemblant Marc Antoine, Lépide et Octave.