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Veh Mihr Chapour ou Vêh Mihr Châhpouhr

dimanche 13 août 2017, par ljallamion

Veh Mihr Chapour ou Vêh Mihr Châhpouhr (mort en 442)

Seigneur iranien-Premier marzbân d’Arménie de 428 à 442

Carte de la frontière byzantine-perse.En 428, à la demande des nakharark [1] d’Arménie, le roi sassanide Vahram V décide de déposer le roi Artaxias IV d’Arménie et d’abolir la monarchie arsacide en Arménie.

Pour gouverner cet ancien royaume devenu province, il nomme le seigneur Veh Mihr Chapour avec le titre de marzbân [2], et confie la lieutenance royale à un Arménien, Vahan Amatouni.

Pendant cette période, Vahram désire que l’Église d’Arménie soit rattachée à l’Église syriaque [3], d’une part parce que cette Église est la seule Église chrétienne admise dans l’Empire sassanide, d’autre part parce que ce rattachement soustrairait l’Église d’Arménie à l’influence byzantine.

À cet effet, pour remplacer le catholicos [4] saint Sahak , déposé en même temps qu’Artaxias, Vahram nomme à ce poste en 428 un Arménien iranophile, Sourmak, qu’il dépose en 429 pour nommer un chrétien syriaque de Perse, Berkicho, lequel est déposé en 432 pour être remplacé par saint Sahak pour le pouvoir spirituel, et par un autre Perse syriaque, Samuel, pour le pouvoir temporel.

Samuel, à sa mort en 437, est remplacé par Sourmak, de nouveau catholicos. Saint Sahak, de son côté, se rend à la cour de Vahram et obtient la libération de deux otages arméniens, son petit-fils Vardan Mamikonian et Gazavon. Saint Sahak meurt en 439, suivi en 440 de son collaborateur saint Mesrop, inventeur de l’alphabet arménien [5].

Veh Mihr Chapour meurt en 442, après une administration considérée comme juste et libérale. Il avait su maintenir l’ordre sans heurter de front le sentiment national. Vasak de Siounie est nommé marzbân à sa place

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071, Paris, Payot,‎ 1947 (réimpr. 1973, 1984, 1995, 2008)

Notes

[1] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale. Durant cette période, l’Arménie est divisée en larges domaines, propriétés d’une famille noble et gouvernés par l’un de ses membres, auquel les titres nahapet (chef de famille) ou tanuter (maître de maison) sont donnés. Les autres membres d’une famille de nakharar gouvernent à leur tour des portions plus petites du domaine familial. Les ’nakharark’ jouissant d’une grande autorité sont reconnus comme ishkhans (princes). Ce système a souvent été qualifié de féodal pour des raisons pratiques ; cependant, il est différent du système féodal qui apparaît ultérieurement en Europe occidentale. Le domaine dans son entièreté est en fait gouverné par une seule personne mais est toutefois considéré comme étant la propriété de l’ensemble de sa famille élargie, de telle sorte que, si le dirigeant vient à mourir sans laisser d’héritier, un membre d’une autre branche de la famille lui succède. En outre, l’aliénation d’une partie du domaine familial n’est permise qu’en faveur d’un autre membre de la famille ou avec l’autorisation de la famille. Ceci peut également expliquer pourquoi les familles de l’Arménie médiévale sont normalement endogamiques, afin de ne pas disperser des parties du domaine, comme cela aurait été le cas si elles avaient dû en céder des parties en dot. Cette structure subsiste inchangée pendant de nombreux siècles jusqu’aux invasions mongoles au 13ème siècle.

[2] Classe de margraves ou les commandants militaires en charge des provinces frontalières de l’empire sassanide de Perse (Iran) entre le 3ème et 7ème siècles

[3] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orthodoxe orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles (ou orthodoxes orientales). Le chef de l’Église porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, avec résidence à Damas. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de Patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[4] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[5] L’alphabet arménien compte trente-huit caractères (trente-six à l’origine, trente-huit dès le 13ème siècle). Comme l’alphabet grec duquel il serait en partie inspiré, il fait partie des écritures bicamérales (il possède des minuscules et des capitales).