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L’histoire pour le plaisir

Rhémétalcès II

jeudi 4 août 2016

Rhémétalcès II (mort vers 38)

Prince thrace-Co-roi des Sapéens et des Odryses de 19 à 38

Fils d’un de ses prédécesseurs, Rhescuporis III .

Le roi Rhémétalcès 1er meurt vers l’an 12 et ses états, clients de Rome, sont divisés en deux parties par Auguste, qui sont réparties entre le fils et le frère du roi défunt, Cotys VII et Rhescuporis III.

Cotys reçoit la région proche de la côte et des colonies grecques. Rhescuporis, celle sauvage et inculte de l’intérieur, exposée à des attaques hostiles des peuples voisins.

Rhescuporis décide de s’approprier les terres de son neveu, l’emprisonnant puis le tuant pour faire front à Tibère, qui lui demande des comptes.

Rhescuporis est jugé et condamné par Rome, exilé puis mis à mort, pour avoir tenté de s’échapper.

Le royaume de Thrace [1] est divisé entre Rhémétalcès II, fils de Rhescuporis III, qui s’est ouvertement opposé aux plans de son père, et les très jeunes enfants de Cotys, dont Rhémétalcès III et Cotys IX , au nom desquels le propréteur [2] Titus Trebellenus Rufus est nommé régent [3] ainsi que leur mère Antonia Tryphaena, veuve de Cotys VII.

L’empereur Tibère maintient en la faveur de Rhémétalcès II le partage de la Thrace qui a été ordonné par Auguste après la mort de Rhémétalcès 1er.

Sous leurs règnes éclatent plusieurs révoltes dans la partie de la Thrace qui est soumise aux Romains et dans les états alliés : les services que Rhémétalcès III rend dans ces diverses occasions lui méritent de nouvelles faveurs de Tibère puis de Caligula. Celui-ci, en l’an 38 ou 39 de notre ère, décide d’un nouveau partage.

Rhémétalcès III devient effectivement roi de toute la Thrace indépendante. Cotys IX obtient en échange l’Arménie mineure ou Sophène [4], où il règne de 38 à 54.

Quant à Rhémétalcès II, son nom disparaît de l’histoire, son règne s’arrêtant en 26 ou 37 selon diverses sources. Il est fort probable qu’il soit mort en 38, ce qui serait une raison d’un remaniement à la tête des États thraces.

Rhémétalcès III est ainsi le seul et dernier souverain de la partie de la Thrace, qui, sous la domination romaine, a conservé un reste d’indépendance, et est le dernier représentant des souverains sapéens et odrysiens. Il est assassiné en 46 et Claude annexe purement et simplement le territoire thrace à l’Empire romain.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Continuité « gentilice » et continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l’époque impériale, 2000, Addenda III (janvier-décembre 2002), p. 111.

Notes

[1] Le royaume des Odryses est issu de l’union de plusieurs tribus thraces entre le 5ème et le 3ème siècle av. jc. Il s’étendait sur le sud et l’est de l’actuelle Bulgarie, jusque sur les côtes de l’actuelle Roumanie, sur le nord-est de la Grèce et la partie européenne de l’actuelle Turquie. Le roi Seuthès III en établit la capitale à Seuthopolis (aujourd’hui Kazanlak, en Bulgarie.)

[2] Un propréteur est le nom donné à ceux qui ont exercé la charge de préteur pendant un an, et plus tard à ceux qui dirigent les provinces avec l’autorité de préteur. Il s’agit d’une prorogation de leur pouvoir, c’est une promagistrature. Sous la République romaine, les préteurs, comme les consuls, sont élus par le peuple romain assemblé en comices ; à l’issue de leur charge, ils peuvent devenir propréteurs, ou gouverneurs, de provinces, pour un mandat de un an. On retrouve le premier propréteur en 241 av. jc, et la fonction se généralise les deux siècles suivants, jusqu’à ce que Sylla rende obligatoire aux anciens magistrats ayant eu l’imperium de servir dans une province comme gouverneur pour un an. À la suite de la réorganisation provinciale au début de l’Empire, chaque province impériale est dirigée par un légat d’Auguste propréteur qui est sous l’autorité proconsulaire de l’empereur. Il porte ce titre, qu’il soit ancien consul ou ancien préteur. La durée du mandat est variable.

[3] tuteur des princes

[4] La Sophène est un ancien royaume arménien situé dans le sud-est de l’actuelle Turquie. L’annexion de la Sophène en 90 av. jc marque le début de la première vague d’expansion de l’Arménie de Tigrane II. Néanmoins, son alliance avec Mithridate VI du Pont, ses démêlés avec les Romains et les intrigues de son fils Tigrane le Jeune finissent par lui coûter. Face à la pression de Pompée et de ses légions, Tigrane II cède la Sophène à son fils en 66 av. jc. Ce dernier s’y maintient à peine une année. En 54, Néron détache la Sophène de l’Arménie et fait de Sohaemus d’Émèse son roi, jusqu’après 60 (probablement jusqu’au traité de Rhandeia en 63), lorsqu’elle retourne à l’Arménie.