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Tiberius Claudius Pompeianus

samedi 31 mai 2014, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 5 août 2011).

Tiberius Claudius Pompeianus (vers130- vers 193)

Portrait en buste de Tibère Caius Pompeianus, gendre de l'empereur Marc-Aurèle.

Il fut un des généraux les plus brillants de Marc Aurèle, et sans doute celui qui fut le plus proche de l’empereur. Il fut un personnage incontournable dans les années qui suivirent et fut jugé capable de prétendre au titre impérial, sans pourtant jamais franchir le pas.

Originaire d’Antioche de Syrie. Il participa sans doute à la guerre qui opposa l’Empire romain aux Parthes [1] de 161 à 166. Gouverneur de Pannonie [2] inférieure, province frontière située sur le Danube en mai 167.

Les événements dramatiques qui opposèrent Rome aux peuples installés au-delà du Danube à la fin des années 160 et au début des années 170 entraînèrent une ascension exceptionnelle pour Pompéianus. Sa valeur militaire le distingua aux yeux de Marc Aurèle qui en fit son gendre en le mariant à sa fille Lucilla, jeune veuve du co-empereur Lucius Verus mort en janvier 169. Les origines modestes de Pompéianus déclenchèrent bien des rumeurs et auraient suscité le ressentiment de Lucilla. Quoiqu’il en soit il apparaît alors comme le principal lieutenant de Marc Aurèle et le soutien de la dynastie. Il dirigea la contre-attaque romaine après les désastres infligés par l’offensive barbare qui mena les Quades [3] et les Marcomans [4] jusqu’en Italie du Nord. Il s’appuya alors sur Pertinax dont il favorisa la carrière.

Sa réussite fut réelle et sa proximité avec Marc Aurèle renforcée, il fut honoré d’un second consulat honoraire en 173. Il participa ensuite encore à de nombreuses opérations militaires. À la mort de Marc Aurèle, il se trouvait toujours à ses côtés au sein des camps militaires des régions danubiennes.

Lors de la succession de Marc Aurèle, il joua sans doute un grand rôle, et l’on peut penser que la fidélité des armées lui était acquise. Il facilita alors considérablement l’arrivée sur le trône de Commode le fils de Marc Aurèle.

Ce n’est en effet que plus tard que les rapports entre le jeune empereur et l’officier chevronné se dégradèrent. Lucilla, la femme de Pompéianus, organisa en effet en 182 une conspiration qui devait éliminer Commode. Si des membres de la famille de Pompéianus participèrent au complot, ce ne fut pas son cas et il ne fut pas victime des purges qui suivirent. Mais il était désormais suspect et en disgrâce. Prétextant sa vieillesse, il se retira dans ses propriétés italiennes.

La mort de Commode le 31 décembre 192 fut l’occasion d’un bref retour de Pompéianus sur la scène politique. Le vieux sénateur revint à Rome pour rencontrer Pertinax son ancien protégé devenu empereur. Ce dernier lui aurait alors proposé de diriger l’empire. L’assassinat de Pertinax par des prétoriens fut pour Pompéianus le signal du retour dans sa retraite, même si, Didius Julianus lui aurait aussi proposé de monter sur le trône impérial. Il mourut peu après.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Claudius Pompeianus/ Portail de l’histoire/ Général de l’Empire romain

Notes

[1] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[2] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc.

[3] Les Quades sont un peuple germanique occidental, peut-être d’origine germano-celtique, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite. Les Suèves ont longtemps été confondus avec les Quades, en raison d’une confusion avec le terme « souabe ». En réalité, les Quades sont surtout à rapprocher de leurs plus proches voisins germaniques, les Marcomans, avec lesquels ils partagèrent nombre de combats contre Rome. L’origine exacte des Quades est inconnue. Ils s’établirent très tôt dans l’actuelle Moravie. Au 2ème siècle, les Quades chassèrent les Daces qui, établis au sud de l’actuelle Slovaquie, avaient été soumis par Rome à la fin du siècle précédent. Les Quades exercèrent alors une pression constante sur le limes danubien avec leurs voisins du sud. Ayant franchi le Danube en 167, puis se heurtant aux armées romaines, ils repassèrent le fleuve en 168, après avoir demandé la paix à Rome. Menaçant à nouveau les frontières de l’empire, sous la conduite de leur roi Ariogaesus, ils furent défaits sur leur propre territoire par Marc-Aurèle en 169, dans une coalition malheureuse avec les Marcomans. Soumis pendant un temps, ils se révoltèrent en 177. Cela entraîna le retour de Marc Aurèle dans les régions danubiennes pour une nouvelle guerre qui vit l’installation provisoire de camps militaire romain en territoire barbare.

[4] Les Marcomans sont un peuple germanique occidental, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite qui les situe entre Naristes et Quades, dans l’actuelle Moravie. Au 2ème siècle de l’ère chrétienne, les Marcomans, établis sur le bas-Danube, font peser, avec les Quades, une menace constante sur le limes danubien, probablement sous la pression des Goths et des Gépides. En 166–167, les Marcomans sont alliés aux Lombards et tentent de franchir le Danube en Pannonie. Ils réalisent ensuite plusieurs incursions sur le territoire impérial, jusqu’au traité de paix de 180 : en 169, ils sont vaincus avec les Quades par l’Empereur Marc-Aurèle et soumis pendant un temps, mais se révoltent à nouveau. En 180, l’empereur Commode signe un traité de paix avec eux, selon lesquels ils doivent fournir céréales, armes et recrues pour les troupes auxiliaires de l’armée romaine.