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Eunome ou Eunomius

jeudi 27 novembre 2014

Eunome ou Eunomius (mort vers 395)

Personnalité du christianisme ancien-Évêque de Cyzique

Originaire de Dacora en Cappadoce [1]. Il était tenant du courant anoméen [2] de l’arianisme [3]. Ses disciples sont nommés « Eunomiens ».

Les débats et controverses autour de sa profession de foi et de ses enseignements constituent la dernière phase de la crise arienne qui déchire le christianisme tout au long du 4ème siècle

Il étudie la théologie à Alexandrie auprès d’ Aèce d’Antioche dont il adopte les opinions. Ayant suivi Aèce, il est ordonné diacre à Antioche avant de se rapprocher d’ Eudoxe , patriarche arien de Constantinople. Ses positions inspirent la profession de foi du concile de Sirmium [4] de 357 et Eudoxe le fait accéder à l’épiscopat de Cyzique [5], en Mysie [6], en 360. À cause de ses vues radicales et des plaintes de ses concitoyens, il est déposé dès l’année suivante par l’empereur Constance II.

Il se rend à Constantinople où, pendant les règnes de Julien puis Jovien il œuvre à la formation d’un clergé anoméen en compagnie d’Aetius et intronise une série d’évêques.

Brièvement exilé en 367 pour avoir accueilli l’usurpateur Procope, il est rapidement rappelé. En juin 383, lors de la réunion des représentants des principaux courants de l’Église organisée par l’empereur Théodose, Eunome soumet une profession de foi, qui fera l’objet d’une Réfutation par Grégoire de Nysse , mais l’empereur n’approuve que les symboles de Nicée de 325 et de Constantinople de 381, rejetant tous les autres.

Eunome est exilé par Théodose car il poursuit la profession et l’enseignement de sa propre foi. Après cet exil à Halmyris en Moésie [7], il s’installe à Chalcédoine [8] puis à Césarée de Cappadoce [9] où ses écrits contre l’ancien évêque Basile le font chasser par la population. Il retourne dans sa ville natale où il finit ses jours et s’éteint vers 395.

Il a pour opposant principaux, outre Basile de Césarée, les autres personnalités nicéennes de Cappadoce, Grégoire de Nysse, frère de Basile et Grégoire de Nazianze.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Louis Painchaud, Anne Pasquier et Paul-Hubert Poirier, « Ancienne littérature chrétienne et histoire de l’Église », in Laval théologique et philosophique, vol. 52, n° 3, 1996, p. 863-909

Notes

[1] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue.

[2] L’anoméisme est un courant du christianisme ancien apparu au 4ème siècle dont les principaux représentants sont Aèce d’Antioche et Eunome.

[3] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[4] Le concile de 357 rassembla un petit nombre d’évêques exclusivement occidentaux - au nombre desquels Libère - alors que le christianisme était essentiellement développé dans la partie orientale de l’Empire romain, qui rédigèrent une profession de foi fortement marquée par l’arianisme radical de type anoméen. Rédigé en latin, ce credo, connu sous le nom de deuxième symbole de Sirmium et qualifié de blasphème de Sirmium par Hilaire de Poitiers6, proscrivait la notion de consubstantialité du Fils et, par conséquent l’usage des termes homoousios (consubstantiel) et homoiousios (de même substance) jugés trop polémiques.

[5] Cyzique était une cité grecque de Mysie, sur la Propontide (l’actuelle mer de Marmara).

[6] La Mysie est une région historique d’Asie Mineure, sur la côte ouest, au nord de la Lydie, à l’ouest de la Phrygie et de la Bithynie, bordée par la Propontide (aujourd’hui mer de Marmara) au nord et par la mer Égée à l’ouest, englobant la Troade, l’Éolide et l’Abrettène. Elle fut successivement dominée par les Phrygiens, les Grecs qui les hellénisèrent, les Perses, le royaume de Pergame et Rome qui l’intégra dans sa province d’Asie mineure. Sous la domination romaine, la région achève de s’helléniser et se christianise au 4ème siècle.

[7] La Mésie est une ancienne région géographique et historique située au sud du cours inférieur du Danube, dans les actuelles Serbie, Bulgarie (nord) et Roumanie (extrémité sud-est).

[8] Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l’entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar). La ville turque de Kadıköy est aujourd’hui située sur l’emplacement de Chalcédoine, dans le prolongement d’Üsküdar. Elle fait partie, avec le reste du royaume de Bithynie, du legs de Nicomède IV à l’Empire romain en 74 av. jc. Elle subit l’invasion de Mithridate VI, qui est ensuite chassé par Lucullus. De nouveau dans le giron de l’Empire romain, elle redevient une ville libre. Chalcédoine accueille le quatrième concile œcuménique des chrétiens en 451. Chosroès II, roi des Perses Sassanides, assiège la ville en 602 et s’en empare pour venger le meurtre de son ami Maurice Tibère ; il menace alors directement Constantinople dirigée par Phocas. La ville revient à l’empire l’année suivante, avant d’être à nouveau assiégée (mais non prise) par les Perses en 617 et 626, puis par mer, par les Arabes, en 678 et 718.

[9] Kayseri est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située dans la région de Cappadoce au pied du mont Erciyes. La ville se situe à 320 km de la capitale Ankara et 770 km d’Istanbul. Elle est anciennement connue sous le nom de Césarée de Cappadoce ou Mazaca.