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Hugues des Orges

mercredi 14 avril 2021

Hugues des Orges

Évêque de Chalon-Archevêque de Rouen

Né à Villeberny, il est sans doute le fils de Renaud d’Orges.

Il fait des études à Paris en droit canon mais reçoit en 1417 le titre de licencié en lois. Chanoine [1] de Châlons-en-Champagne [2] en 1398, il devient en 1401 archidiacre [3] d’Artenay. Il possède également une prébende à Beaune [4] et un archidiaconé [5] à Châlon-sur-Saône [6]. Conseiller du duc de Bourgogne Jean sans Peur en 1415, il est envoyé auprès du pape après son départ de Constance [7].

Le 3 septembre 1416, il est élu évêque de Chalon, confirmé par l’évêque d’Autun [8]  Frédéric de Grancey ou Ferry de Grancey . Au transfert du cardinal de La Rochetaillée, les Anglais demandent au pape en décembre 1429 le transfert de Pierre Cauchon de Beauvais [9] à Rouen [10]. Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne [11], a le soutien du chapitre et semble avoir celui du pape.

Finalement, par l’action du duc de Bourgogne, Hugues des Orges est nommé par le pape Martin V le 19 janvier 1431. Il prend possession du siège par procureur le 12 avril 1432 et fait son entrée solennelle le 22 août 1432. À la suite de problèmes financiers, il ne reçoit le pallium [12] que le 11 décembre 1435.

Il meurt à Bâle [13] le 19 août 1436 et enterré dans l’église Saint-Pierre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Vincent Tabbagh (préf. Hélène Millet), Fasti Ecclesiae Gallicanae 2 Diocèse de Rouen : Répertoire prosopographique des évêques, dignitaires et chanoines des diocèses de France de 1200 à 1500, Turnhout, Brepols, 1998, 447 p. (ISBN 2-503-50638-0)

Notes

[1] Un chanoine est un clerc (voire laïc) appartenant à un chapitre ou à une congrégation, et consacré à la prière liturgique au chœur, voire à l’enseignement, à la prédication, au secours des pauvres, au chœur professionnel (le « bas-chœur ») et à la maîtrise, etc. Au haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd’hui, il existe des chanoines ecclésiastiques (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).

[2] Châlons-en-Champagne anciennement Châlons-sur-Marne, est une commune française, préfecture du département de la Marne. Siège des intendants de Champagne sous l’Ancien Régime, elle est devenue la préfecture par la volonté des révolutionnaires d’effacer l’importance historique de Reims, ville des sacres. Capitale politique et religieuse, dominée par l’évêque-comte et les chanoines du chapitre Saint-Étienne, peuplée de clercs et d’officiers de plus en plus nombreux au fur et à mesure que progressait le 16ème siècle, Châlons fut aussi une capitale économique grâce à la draperie et la tannerie.

[3] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[4] La basilique Notre-dame de Beaune est un ensemble canonial datant de la deuxième moitié du 12ème siècle située à Beaune en Côte-d’Or. La basilique collégiale Notre-Dame de Beaune fait partie des dernières grandes églises romanes de Bourgogne. Sa construction fut entreprise au milieu du 12ème siècle sur le modèle clunysien et fut achevée au début du siècle suivant en conservant une remarquable unité stylistique.

[5] Dans l’Église catholique, un archidiaconé est une circonscription religieuse, subdivision d’un diocèse. Placée sous l’autorité d’un archidiacre nommé par l’évêque pour le représenter. Dans l’ancien diocèse de Paris, on disait archidiaconat. C’est dans ce ressort que l’archidiacre effectuait ses visites archidiaconales dans les paroisses, accomplissant ainsi sa fonction de contrôle des curés par délégation de l’évêque.

[6] Le diocèse de Chalon (Chalon-sur-Saône) est un ancien diocèse de l’Église catholique en France, supprimé en 1801.

[7] Le concile de Constance (quarante-cinq sessions du 5 novembre 1414 au 22 avril 14181) est, pour l’Église catholique romaine, le 16ème concile œcuménique. Il est convoqué par l’empereur Sigismond 1er et l’antipape Jean XXIII, et présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny. S’il met fin au grand schisme d’Occident, il déclare hérétiques les réformateurs John Wyclif, Jan Hus et Jérôme de Prague, et condamne ces deux derniers à être livrés au bras séculier. Ils furent brûlés vifs par ordre de l’empereur Sigismond.

[8] Le diocèse d’Autun est un diocèse de l’Église catholique en France. Son territoire correspond au département de Saône-et-Loire, en Bourgogne. Il est aujourd’hui rattaché à l’archidiocèse de Dijon, après avoir été antérieurement premier suffragant de la Primatiale des Gaules

[9] Depuis qu’il a été érigé au 3ème siècle, le diocèse de Beauvais a connu plusieurs évêques. À l’occasion du concordat de 1801, le diocèse fut supprimé le 21 novembre 1801 et regroupé avec celui d’Amiens, mais, reconstitué le 6 octobre 1822, le diocèse est depuis la réforme des circonscriptions françaises de 2002 appelé « diocèse de Beauvais, de Noyon et de Senlis ».

[10] L’archidiocèse de Rouen est un archidiocèse métropolitain de l’Église catholique en France. Érigé au 3ème siècle, le diocèse de Rouen est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain au 5ème siècle. C’est le siège primatial de Normandie, premier dans l’ordre de préséance dans la province de Normandie.

[11] Thérouanne (en picard Therwane , en néerlandais Terwaan ou Terenburg, en flamand Therenburch) est une commune française, située dans le département du Pas-de-Calais Ce fut le siège d’un diocèse important, érigé par saint Achaire. Le plus célèbre de ses évêques est saint Omer. Saint Erkembode, moine bénédictin irlandais, devint évêque de Thérouanne au 8ème siècle. Au Moyen Âge, Thérouanne a fait partie du comté de Flandre, puis du comté d’Artois lorsqu’il s’en est détaché. La cité fut pillée par les Normands en 880 et 882. Les étudiants de son diocèse faisaient partie de la Nation Picarde aux universités de Paris, Orléans et Bologne.

[12] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.

[13] Bâle est une ville de Suisse. C’est la 3ème ville la plus peuplée après Zürich et Genève, et le chef-lieu du canton de Bâle-Ville. Le 13 juillet 1501 représente une date historique puisque Bâle décide d’entrer dans l’alliance des Confédérés, en raison de sa situation limitrophe très exposée. Les délégués suisses sont accueillis par la formule : Soyer les bienvenus à Bâle, sur territoire suisse. Contre l’engagement de neutralité en cas de conflit contre les Confédérés, Bâle reçoit une place à part parmi les autres cantons. La ville peut ainsi jouir pendant des siècles d’une tangible évolution. En 1504 commence la construction de l’hôtel de ville (Rathaus), sis sur la place du Marché (Marktplatz), au centre-ville, et siège actuel du gouvernement de Bâle-Ville. La situation politique évolue. Le 12 mars 1521, les statuts du Conseil sont révisés. L’évêque est écarté de la nomination des autorités urbaines. C’est ainsi la fin de son pouvoir temporel dans la cité. Le dernier évêque fut Christoph von Utenheim. En 1585, paiement de 200 000 florins à l’évêque en échange de sa renonciation à l’ensemble de ses droits sur la ville.