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Jean II de Bretagne dit le magnifique

lundi 28 mai 2012, par ljallamion

Jean II de Bretagne dit le magnifique (1239-1305)

Duc de Bretagne

Il est un très riche seigneur, lié étroitement aux rois de France et d’Angleterre. Par son grand-père, Pierre de Dreux, il est membre de la dynastie capétienne, il possède, grâce à son père Jean 1er le Roux des domaines bretons étoffés et bien gérés. Sa mère, Blanche, fille du comte de Champagne et roi de Navarre, lui amène une grande partie du Perche ainsi que des droits financiers en Champagne. Elle est la tante de l’épouse de Philippe le Bel.

Jean II se marie à 20 ans en 1260 à Saint-Denis avec Béatrice, fille de Henri III, roi d’Angleterre qui lui restitue l’ "honneur" de Richmond (un très important ensemble de domaines en Angleterre).

Auréolé de la gloire des croisés pour avoir suivi son père et Saint Louis à Tunis lors de la 8ème croisade en 1270, puis son beau-frère Édouard d’Angleterre en Syrie en 1272, il peut se permettre de continuer la politique autoritaire de sa famille.

Dès le début de son règne, il oblige les évêques bretons à renoncer au tierçage ou prélèvement du tiers des biens d’un décédé et au past nuptial, équivalant aux frais d’un repas de noces dus par les mariés. La noblesse ne bouge pas. Les plus grands seigneurs bretons, comme Hervé de Léon et Henri d’Avaugour se sont retirés à la cour de France.

Il met en place un nouveau personnel administratif efficace. Il fait restaurer et agrandir les enceintes urbaines de Vannes, de Nantes, de Rennes, les châteaux d’Hédé, d’Auray, de Léhon, de Lamballe, de Guingamp, de La Roche-Derrien et de Suscinio, sa résidence préférée.

Sa puissance le place au cœur du conflit franco-anglais. En 1293, alors qu’ils se rendaient en Aquitaine, les marins normands, sujets du roi de France coulent 80 navires anglais et bayonnais.

L’engagement de la Bretagne dans le conflit est alors essentiel pour chaque camp. En effet, la Bretagne peut être un obstacle à la liaison maritime entre l’Angleterre et l’Aquitaine ou tout au contraire, une base de ravitaillement et de protection face aux navires profrançais.

Jean II pourrait pencher pour l’Angleterre. Il est un grand seigneur anglais et, de surcroît, son fils cadet Jean, qui vit auprès de son oncle, le roi d’Angleterre, est nommé chef des troupes anglaises en Guyenne en juillet 1294. Pourtant, il ne semble pas vouloir s’impliquer dans cette querelle. Il préfère asseoir sa neutralité en montrant sa force. Il fait comptabiliser les devoirs de ses vassaux directs bretons assemblés à Ploërmel à la mi-août 1294. Au total, il peut compter sur 165 chevaliers, soit, environ 1.650 à 2.470 cavaliers. Le roi de France, grâce à ses domaines, pouvait en aligner de 4 à 5.000.

Cette démonstration de force ne sert à rien. Très vite, son fils cadet, Jean, est vaincu par les forces françaises. Le roi d’Angleterre perd la Guyenne. Mais, le comportement des Anglais cherchant à se ravitailler en Bretagne, est tel que Jean II abandonne sa neutralité et se tourne vers la France. En effet, les Anglais ont pillé au début de 1295, l’abbaye de Saint-Mathieu de "Fineterre", à la pointe de la Bretagne, et ont remonté l’Elorn, pillé Landerneau, détruit le port de l’abbaye de Landévennec. Jean II réagit vivement en acceptant d’accompagner le roi de France dans son expédition victorieuse contre le comte de Flandre, allié du roi d’Angleterre. En récompense de ses services, au siège de Lille, en septembre 1297, le roi érige la Bretagne en duché-pairie héréditaire. En 1297, Jean II passe une convention avec Philippe le Bel :“ les habitants de Bretagne ne peuvent plus faire appel auprès du roi des sentences du duc. La Bretagne et son duc sont totalement absents des registres royaux de cette époque. Le duc ne peut être convoqué à Paris que pour faits graves, dénis de justice et haute trahison”.

Il tente de régler le différend entre le roi de France et le pape Boniface VIII puis négocie la paix avec le roi d’Angleterre en 1303. L’année suivante, il est au côté du roi le 18 août à la bataille de Mons-en-Pévèle et il souscrit le traité de paix du 14 septembre avec les Flamands.

Pour régler ses différends avec l’épiscopat breton, il décide en 1305 d’aller trouver le nouveau pape Clément V, que l’on sacre à Lyon. Au retour de l’église Saint-Just de Lyon, alors que le duc tient les rênes de la monture du pontife, un mur sur lequel une foule de spectateurs est montée, s’écroule sur le cortège, renversant le pape et ensevelissant le duc de Bretagne qui expire quelques jours plus tard, le 18 novembre, des suites de ses blessures. Son corps est placé dans un cercueil de plomb et ramené en Bretagne pour être inhumé aux Carmes de Ploërmel qu’il avait fondés.

Ses successeurs héritent d’un duché puissant, riche et bien géré. Mais son avenir est hypothéqué par le lien nouveau que Jean II a accepté de nouer avec la France.