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Édith d’Angleterre (910-946)

jeudi 1er septembre 2022, par ljallamion

Édith d’Angleterre (910-946)

Princesse anglaise

Première épouse de l’empereur Othon le Grand et donc reine de Francie orientale [1]. Elle était la fille du roi Édouard l’Ancien de Wessex [2] et demi-sœur du roi Aethelstan. En tant que petite-fille d’Alfred le Grand, et descendante de saint Oswald, Édith était une princesse anglo-saxonne.

Le roi Henri l’Oiseleur envoie une délégation en 929 en Angleterre, afin de trouver une fiancée pour Othon. La raison politique est de légitimer le royaume et la dynastie encore jeunes des ottoniens grâce à une alliance avec les rois anglo-saxons. Ainsi la Francie orientale fait de même que la Francie occidentale [3], dont le roi Charles III avait épousé 10 ans auparavant une princesse anglo-saxonne.

La dynastie anglo-saxonne du royaume de Wessex avait nombre de princesses à marier. Othon représente alors un parti de choix en tant qu’héritier du trône de Germanie [4]. De plus le Wessex comme la Germanie tenaient les Danois pour ennemis. Aethelstan envoie en Saxe [5] 2 de ses demi-sœurs comme fiancées possibles : il s’agit d’Édith et de sa sœur aînée Edwige , future reine de France. Othon porte son choix sur Édith, que Hrotsvita de Gandersheim décrit comme ayant un front des plus purs et des plus nobles, une nature gracieuse et une figure vraiment royale. Edwige épouse en 919 Charles III le Simple. Édith reçoit de son mari comme “praetium virginitatis (ou morgincapitis)” au lendemain des noces des revenus du diocèse de Magdebourg [6] et le couple royal élit Magdebourg comme sa résidence préférée. Après leur mariage, ni Édith ni Othon n’apparaissent dans les chroniques de l’époque. Il faut attendre la mort du père d’Othon, le roi de Germanie, Henri l’Oiseleur.

Henri l’Oiseleur meurt en 936. Othon et Édith sont couronnés à Aix-la-Chapelle [7]. Cependant le chroniqueur Widukind de l’abbaye de Corvey [8] ne fait aucune mention du couronnement d’Édith et Thietmar de Mersebourg indique qu’elle a été ointe au cours d’une cérémonie à part.

En tant que reine, Édith assume les devoirs de la première dame du royaume : elle aide à la fondation de monastères et de lieux de charité et favorise les pèlerinages autour de figures saintes. Elle semble avoir été même plus zélée que la reinesainte Mathilde, devenue veuve, si l’on prend en compte le nombre de fondations qui sont mentionnées dans les chroniques.

Édith parcourt le royaume avec Othon, lorsqu’il n’est pas en campagne. Pendant l’année 939, elle se trouve à l’abbaye de Lorsch [9], tandis que son mari mène la guerre.

Édith meurt brusquement en 946, et Othon, qui selon les chroniques la chérissait, manifeste publiquement sa tristesse et son deuil.

Édith fut enterrée à l’abbaye Saint-Maurice de Magdebourg [10].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Harald Meller (u.a.) : Königin Editha und ihre Grablegen in Magdeburg (= Archäologie in Sachsen-Anhalt Sonderband 18). Landesamt für Denkmalpflege und Archäologie Sachsen-Anhalt - Landesmuseum für Vorgeschichte, Halle, 2012, (ISBN 978-3-939414-84-1).

Notes

[1] La Francie orientale est la partie orientale de l’empire carolingien partagé lors du traité de Verdun en 843. Elle échoit à Louis le Germanique. Ce royaume comprenait la part orientale de l’ancienne Austrasie, la Saxe, la Thuringe et la Bavière. Le royaume des Francs orientaux ne gardera que sous les Carolingiens le nom de Francie qui sera dès l’origine également utilisé pour désigner deux régions : l’une originellement peuplée de Francs, la Francie du Rhin ou Lotharingie (« Rheinfranken »), l’autre colonisée par eux, la Francie du Main, ou Franconie (« Mainfranken »).

[2] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[3] La Francie occidentale est le royaume que reçut le carolingien Charles le Chauve lors du partage de Verdun, en 843. Il s’agit des anciennes régions de Neustrie et d’Aquitaine, avec la partie ouest de l’Austrasie et le nord de la Bourgogne, autrement dit, la France des quatre fleuves.

[4] Le Royaume de Germanie n’a pas réellement existé sous ce nom-là. Avec la fin des Carolingiens, les Ottoniens s’imposent et fondent une dynastie qui règne sur la Francie orientale. Pour marquer la différence avec le Royaume de France, on l’appelle Royaume Teutonique. Ce ne sont que les historiens allemands modernes qui lui donnent le nom de Royaume de Germanie. Ce Royaume correspondait au départ aux territoires de la Franconie, de la Saxe et de la Bavière. Mais avec les nombreuses modifications territoriales, le titre de roi de Germanie est devenu honorifique et s’est même pratiquement confondu avec celui de Roi des Romains.

[5] La Saxe primitive était une région germanique, au cours de l’époque mérovingienne, qui fut intégrée au Saint Empire germanique au début de la période carolingienne. Autrefois à la limite du territoire romain, cette région a connu le passage et l’installation de plusieurs groupes ethniques cousins, globalement appelés les Germains à la fin de l’Antiquité. Sans unité politique, la Saxe était morcelée en plusieurs chefferies ou petits royaumes, avant de susciter l’intérêt de ses voisins occidentaux, les Francs. Ceux-ci, alliés à Rome, mêlent leurs intérêts politiques aux visées évangélisatrices du clergé pour grignoter la zone d’influence saxonne. Ce pays fut définitivement conquis par les Carolingiens en 804, et fut érigé en duché par Louis le Germanique en 843

[6] L’archevêché de Magdebourg est un archevêché aujourd’hui disparu de l’Église catholique à l’intérieur du Saint Empire romain germanique. Il est situé le long de l’Elbe. Sa capitale était Magdebourg. Établi en l’an 968, l’archevêché est gouverné par des princes archevêques et sert aussi de point de départ des missions d’évangélisation vers les terres de l’Est. Il commença à être gouverné par des administrateurs en 1545. Certains d’entre eux furent luthériens. L’archevêché fut sécularisé et hérité par le Brandebourg Prusse en 1680 et remplacé par le duché de Magdebourg.

[7] La chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle était la chapelle privée de Charlemagne située à Aix-la-Chapelle, une ville d’Allemagne dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Commencée vers 792, consacrée en 804 et achevée en 805, elle fait partie du palais d’Aix-la-Chapelle. Elle contient les restes de Charlemagne et a été le site de couronnements pendant environ 600 ans. Elle a été intégrée dans l’actuelle cathédrale d’Aix-la-Chapelle.

[8] L’abbaye de Corvey est un monastère bénédictin dans le land allemand de Rhénanie du Nord Westphalie à 2 km au nord-est de Höxter, fondé vers 820 par l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, et Saint Adalhard, abbé de Corbie en Picardie, d’où le nom est originaire.

[9] L’abbaye de Lorsch, fondée en 764, fut construite à la périphérie de la ville de Lorsch (Allemagne, Hesse) dans la plaine du Rhin et devint un important centre culturel au Moyen Âge. Seul subsiste son Torhalle (Porche-entrée) qui est l’un des plus importants vestiges de l’architecture préromane en Allemagne et date du milieu du 9ème siècle. Succursale de la cour carolingienne, elle a été fondée par le comte Cancor et sa tante Landrade de Hesbaye et a été occupée par des moines bénédictins venant de Gorze près de Metz. En 885, l’abbaye était nommée Lauressam, le nom actuel est apparu au cours du temps. L’église abbatiale et les bâtiments en bois d’origine étaient situés sur le terrain de l’actuelle cathédrale. La consécration de l’église fut faite par l’archevêque de Mayence Lull vers l’an 774 en présence de Charlemagne. Possédant l’une des plus grandes bibliothèques du Moyen Âge, l’abbaye avait des possessions dans la forêt d’Odenwald, la Bergstraße, la Hesse rhénane, l’Alsace et la Lorraine. L’abbaye devint une possession de l’électorat de Mayence en 1232 puis du Palatinat du Rhin à partir de 1461. L’abbaye fut dissoute en 1564 puis incendiée en 1621 lors de la retraite des Espagnols. Des documents précieux ont été produits ou conservés dans cette abbaye, en particulier l’évangéliaire, le codex, la pharmacopée et les Annales de Lorsch.

[10] La cathédrale de Magdebourg ou cathédrale Saint-Maurice-et-Sainte-Catherine est la première cathédrale gothique d’Allemagne, et aussi la plus vaste et la plus haute d’Allemagne centrale avec ses deux tours qui se dressent à 99,25 et 100,98 m. Magdebourg est la capitale du land de Saxe-Anhalt et sa cathédrale, qui est le siège épiscopal de l’Église évangélique depuis la Réforme, abrite le tombeau de l’empereur Othon 1er le Grand.