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Simon le Magicien ou Simon le Mage ou Simon de Samarie

jeudi 6 janvier 2022, par ljallamion

Simon le Magicien ou Simon le Mage ou Simon de Samarie

Né à Gitton en Samarie [1] et mort probablement à Rome au 1er siècle, est un mage et chrétien gnostique [2], considéré comme hérétique par l’Église.   Les Actes des apôtres [3], présentent Simon comme un mage à succès en Samarie. Un texte apocryphe le présente comme une sorte d’émanation divine. Il aurait séduit la foule en s’envolant dans le ciel (Actes de Pierre). L’Apôtre Pierre aurait alors invoqué le nom de Jésus et provoqué sa chute.   Le thème du combat aérien entre les défenseurs de deux systèmes religieux antagonistes se retrouve dans la littérature rabbinique et dans les Toledot Yeshu [4].   Selon les Actes des Apôtres, après avoir été baptisé par Philippe , Simon le Magicien veut acheter à Pierre son pouvoir de faire des miracles, ce qui lui vaut la condamnation de l’apôtre.   Selon Justin et Irénée de Lyon, Simon vient du village samaritain de Gitta et il est appelé Zeus par les simoniens [5], et sa compagne Hélène est appelée Athéna.   Ses débats et polémiques avec Pierre sont abondamment cités dans le roman pseudo-clémentin [6].   Comme pour de nombreux penseurs antiques, 2 versions de sa mort existent, toutes 2 légendaires et destinées à en faire le prolongement de sa vie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Michel Onfray, Contre-histoire de la philosophie, vol. 2 : Le Christianisme hédoniste, Grasset, 2006

Notes

[1] Samarie est une ancienne ville de Palestine. C’était la capitale du Royaume d’Israël aux 9ème et 8ème siècles av. jc. Les ruines de la ville sont situées dans les montagnes de Samarie, dans le territoire gouverné par l’Autorité palestinienne, à quelques kilomètres de Naplouse.

[2] Le gnosticisme est un mouvement de pensée centré autour de la notion de « connaissance », regroupant des doctrines variées et multiformes qui se développent au cours des 2ème et 3ème siècles dans les limites de l’Empire romain. Ces doctrines se caractérisent généralement par l’affirmation que les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par une des faces de Dieu, le Démiurge ou Yahvé à l’opposé duquel existe une autre face de dieu, transcendante et parfaite, plus éloignée, un Dieu supérieur lié à l’homme par la connaissance qu’il lui a donnée

[3] Le récit des Actes des Apôtres, cinquième livre du Nouveau Testament, est la seconde partie de l’œuvre dédiée « à Théophile » et attribuée à Luc par la tradition chrétienne comme par les chercheurs modernes, la première partie étant l’Évangile selon Luc. Le récit rapporte les débuts de la communauté chrétienne, avec l’Ascension suivie de la Pentecôte, et relate essentiellement la prédication de Paul de Tarse. Il se termine avec la première venue de Paul à Rome au début des années 60.

[4] Le Sefer Toledot Yeshou (Livre des engendrements de Jésus) est un pamphlet juif antichrétien datant du Moyen Âge. Le livre, dont il existe plusieurs versions, parodie l’histoire de Jésus relatée par les Évangiles. Son « héros », Yeshou, est un séducteur hérétique, né dans l’illégitimité (mamzer), ayant frauduleusement acquis des pouvoirs magiques et mort dans la honte. L’ouvrage a été abondamment cité dans la littérature polémique antijuive comme exemple de haine juive antichrétienne. Certains de ses dénonciateurs en parlaient à tort comme d’une partie du Talmud.

[5] Partisan de Simon le magicien

[6] Le roman pseudo-clémentin est un apocryphe du Nouveau Testament connu en deux recensions, l’une grecque – les Homélies pseudo-clémentines – et l’autre latine – les Récognitions (ou Reconnaissances) pseudo-clémentines –, traduites du grec au début du 5ème siècle par Rufin d’Aquilée. Les attestations les plus anciennes de ces ouvrages se trouvent dans une citation d’Eusèbe de Césarée pour le premier, vers 325, et dans une citation de Basile de Césarée pour le second, avant 379. Mais les deux ouvrages remontent à une source commune, appelé « Écrit de base », qui date probablement de la première moitié du 3ème siècle et qui intégrait lui-même un écrit judéo-chrétien de la fin du 2ème siècle conservé dans Récognitions. Cette littérature, qui présente des problèmes de composition extrêmement complexes, est essentielle pour la connaissance du judéo-christianisme, de son histoire et de ses doctrines au 3ème siècle.