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Callias (fils d’Hipponicos Ammon)

samedi 1er janvier 2022, par ljallamion

Callias (fils d’Hipponicos Ammon)

Homme politique athénien du 5ème siècle av. jc

Impliqué dans la paix de Callias [1], à qui il donne son nom. Il est parfois appelé Callias II pour le distinguer de sa famille. Fils d’ Hipponicos Ammon et petit-fils de Callias (fils de Phésippe) , Céryce [2] et Dadouque [3], il fut un prêtre des Mystères d’Éleusis [4]. Il est aussi le beau-frère de Cimon, le principal adversaire politique de Périclès.

Corrompu pour de l’argent par un Perse pendant la bataille de Marathon [5], il cacha le pot-de-vin offert en échange de la vie sauve, et tua malgré tout l’ennemi. Peu de temps après la mort de Cimon, probablement vers 449 av. jc, il est envoyé en ambassade à Suse [6] afin de conclure un traité avec Artaxerxès 1er, roi de l’Empire perse. Il avait épousé Elpinice , fille du général Miltiade le Jeune. Leur fils fut nommé Hipponicos comme son grand-père, qui devint le père du philosophe Hermogène.

On lui attribue les négociations de la paix de Callias en 449 av. jc, qui terminent définitivement les guerres médiques [7] après la victoire athénienne de Salamine de Chypre [8]. Le roi de Perse, Artaxerxès 1er, s’engage à ne pas envoyer de troupes à plus de 3 jours de marche de la mer Égée [9]. Cette paix reconnaît de facto l’indépendance des villes d’Ionie [10] et la prépondérance maritime d’Athènes. À son retour, l’ambassade fut déclarée insuffisante, il est accusé d’avoir été corrompu par le roi perse, acquitté, et condamné à une amende de 50 talents.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Xénophon (trad. François Ollier), Le Banquet. Apologie de Socrate., Les Belles Lettres, 2014. (1re éd. 1961) (ISBN 9782251003344)

Notes

[1] La paix de Callias est un traité conclu en 449 av. jc par lequel l’Empire achéménide et les Grecs mettent fin aux guerres médiques, après la victoire d’Athènes à Salamine de Chypre la même année. Elle porte le nom de Callias, l’homme politique athénien qui l’aurait négociée. Son existence est contestée depuis l’Antiquité et fait encore aujourd’hui l’objet d’un vif débat parmi les historiens

[2] Les Céryces sont une famille d’eupatrides aristocratique sacerdotale descendante de Cécrops par Pandrose, et de Céryx, fils d’Hermès

[3] Dadouque est le titre du principal ministre des mystères d’Éleusis, incarnant le Soleil. Il purifiait les adeptes avant l’initiation et marchait à la tête des lampadophores, dans la course imitant celle de Déméter à la recherche de sa fille.

[4] Dans la religion grecque antique, les Mystères d’Éleusis faisaient partie d’un culte à mystères, de nature ésotérique, effectué dans le temple de Déméter à Éleusis (à 20 km à l’ouest d’Athènes). Au cours de leur évolution, les mystères d’Éleusis se sont ouverts d’abord à tous les Grecs, puis à tout homme ou femme, libre ou esclave, parlant grec. L’initiation comportait plusieurs degrés. Ces mystères étaient traditionnellement consacrés non seulement à Déméter et à sa fille Perséphone, mais aussi à Pluton, c’est-à-dire aux divinités de la terre et des morts, ainsi qu’à Dionysos sous son nom favori d’Iacchos auquel il a été assimilé

[5] La bataille de Marathon est un épisode majeur de la première guerre médique en 490 av. jc, ayant opposé un débarquement perse aux hoplites athéniens et platéens qui remportèrent la victoire. Elle se déroule sur la plage de Marathon, sur la côte est de l’Attique, à proximité d’Athènes.

[6] Suse ou Shushan dans la Bible est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au 5ème siècle av. jc la capitale de l’Empire perse achéménide, située dans le sud de l’actuel Iran à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines.

[7] Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l’Empire achéménide au début du 5ème siècle av. jc. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l’intervention d’Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les 2 expéditions militaires des souverains achéménides Darius 1er et Xerxès 1er constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte.

[8] Salamine de Chypre est une ancienne cité-État de l’Île de Chypre. Salamine de Chypre est située à 6 km au nord de Famagouste, sur la côte orientale au bord du fleuve Pedieos. Sa position côtière sur la mer Méditerranée a été un facteur important de sa croissance économique et explique la diversité de sa population composée notamment de Phéniciens, Grecs, Perses et Égyptiens.

[9] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.

[10] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».