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Secundus Salutius ou Saturninius Secundus Salutius

lundi 26 avril 2021, par ljallamion

Secundus Salutius ou Saturninius Secundus Salutius (mort après 367)

Préfet du prétoire d’Orient au 4ème siècle

Il refusa 2 fois le titre impérial que l’armée lui proposait.

Secundus Salutius est natif des Gaules. Une inscription honorant Saturninius Secundus trouvée à Rome dans les ruines du forum de Trajan [1] renseigne sur sa carrière. Il fut praeses [2] de la province d’Aquitaine [3], maître du bureau de la mémoire, proconsul [4] d’Afrique [5]. En 355, Secundus Salutius est nommé questeur [6] alors que Julien est césar, et gagne son respect par sa connaissance de la philosophie et de la rhétorique grecque.

En 361, Julien devenu seul empereur, le nomme préfet du prétoire [7] d’Orient avec la mission de superviser le tribunal de Chalcédoine [8], créé pour juger les conseillers de Constance II.

Il accompagne l’empereur lors de la campagne de Perse, au cours de laquelle Julien est tué en juin 363.

L’armée lui propose la pourpre, qu’il décline, arguant de son grand âge et de ses infirmités, si bien que cet honneur échoit à Jovien. Un an plus tard en février 364, Jovien étant mort, les soldats propose de nouveau le pouvoir à Sallustius, qui refuse à nouveau.

Il continue sa charge de préfet du prétoire d’Orient sous Valens jusqu’en 365, puis après une interruption, de nouveau jusqu’en 367. Les empereurs le récompensent pour ses services par l’honneur d’une statue à son effigie, placée à Rome, dont on a retrouve l’inscription.

On n’a plus de traces de lui après 367 : il est sans doute mort peu après cette date, d’autant plus que déjà en 363 il disait être d’un grand âge et souffrir d’infirmités

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Robert Étienne, « Flavius Sallustius et Secundus Salutius », Revue des Études Anciennes, t. 65, nos 1-2,‎ 1963

Notes

[1] Le forum de Trajan est le dernier des forums impériaux à avoir été construit à Rome, le plus monumental et l’un des mieux conservés aujourd’hui. Il comprend plusieurs monuments comme la basilique Ulpienne, la colonne Trajane, deux bibliothèques et les marchés de Trajan. Le forum, dont la conception est attribuée à l’architecte Apollodore de Damas, est parallèle au forum de César et perpendiculaire au forum d’Auguste. Sa construction a été financée par le butin que Trajan a rapporté des campagnes de Dacie.

[2] gouverneur romain

[3] La Gaule aquitaine est une des trois provinces romaines (avec la Belgique et la Lyonnaise) créées par Auguste en 27 av. jc. Le territoire de l’Aquitaine protohistorique, limité au triangle Pyrénées – Atlantique – Garonne, facilement conquis par Publius Crassus, lieutenant de Jules César, en 55 av. jc, est ainsi augmenté d’une partie de la Gaule celtique, jusqu’à la Loire. la Gaule aquitaine est divisée en trois provinces : Aquitaine première (Auvergne et Berry) ; Aquitaine seconde (Bordelais, Saintonge, Angoumois et Poitou) ; Novempopulanie (Gascogne). Toutes rattachées au diocèse de Viennoise (puis diocèse des Sept Provinces), faisant partie de la préfecture du prétoire des Gaules. Ravagées comme le reste de la Gaule par les invasions barbares après 406, l’Aquitaine seconde et la Novempopulanie sont envahies par les Wisigoths, avec le statut de fédérés, à partir de 418, puis l’Aquitaine première est occupée à son tour en 475.

[4] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur. Étymologiquement, ce terme vient du préfixe latin pro, à la place de, et consul. Le premier cas de proconsulat historiquement cité par Denys d’Halicarnasse date de 464 av. jc, lorsque Titus Quinctius Capitolinus Barbatus reçut le pouvoir de diriger une armée (imperium) pour aller au secours d’un consul assiégé. Il s’agit alors d’une solution improvisée sous la pression des événements. La fonction réapparaît avec l’agrandissement de la République romaine au 4ème siècle av. jc, lorsqu’un consul doit finir une campagne militaire ou doit gouverner un territoire au-delà de la durée normale de son mandat de consul (un an). Son pouvoir (imperium consulaire) est alors prolongé, en général pour une durée d’un an et toujours sur un territoire précis, le plus souvent une province. Le terme « proconsul » tient au fait que son titulaire exerçait un pouvoir consulaire ; cependant, tous les proconsuls n’étaient pas forcément d’anciens consuls.

[5] L’Afrique ou Afrique proconsulaire, est une ancienne province romaine qui correspond à l’actuelle Nord et sud Est Tunisien, plus une partie de l’Algérie et de la Libye actuelle. La province d’Afrique est créée en 146 av. jc, après la destruction de Carthage, au terme de la 3ème guerre punique ; ayant Utique pour capitale, elle est séparée du royaume de Numidie par une ligne de démarcation, la fossa regia. En 46 av. jc, Rome annexe la Numidie avec le nom de « nouvelle province d’Afrique » (Africa Nova) pour la distinguer de la première (Africa Vetus). Vers 40-39 av. jc, les deux provinces sont réunies dans la province dite d’Afrique proconsulaire ; ayant Carthage pour capitale, elle s’étend, d’ouest en est, de l’embouchure de l’Ampsaga (auj. l’Oued-el-Kebir, en Algérie) au promontoire de l’Autel des frères Philènes (auj. Ras el-Ali, en Libye). En 303, celle-ci est divisée par Dioclétien en trois provinces : la Tripolitaine, la Byzacène et l’Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.

[6] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[7] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[8] Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l’entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar). La ville turque de Kadıköy est aujourd’hui située sur l’emplacement de Chalcédoine, dans le prolongement d’Üsküdar. Elle fait partie, avec le reste du royaume de Bithynie, du legs de Nicomède IV à l’Empire romain en 74 av. jc. Elle subit l’invasion de Mithridate VI, qui est ensuite chassé par Lucullus. De nouveau dans le giron de l’Empire romain, elle redevient une ville libre. Chalcédoine accueille le quatrième concile œcuménique des chrétiens en 451. Chosroès II, roi des Perses Sassanides, assiège la ville en 602 et s’en empare pour venger le meurtre de son ami Maurice Tibère ; il menace alors directement Constantinople dirigée par Phocas. La ville revient à l’empire l’année suivante, avant d’être à nouveau assiégée (mais non prise) par les Perses en 617 et 626, puis par mer, par les Arabes, en 678 et 718.