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François-Annibal d’Estrées

lundi 22 mars 2021, par ljallamion

François-Annibal d’Estrées (vers 1572/1573-1670)

Marquis de Cœuvres-Premier duc d’Estrées-Pair de France-Comte de Nanteuil le Haudouin-Premier baron et sénéchal du Boulonnais-Chevalier de l’Ordre du Saint Esprit-Militaire et diplomate français-Maréchal de France en 1626

Il descend de la Maison d’Estrées [1]. Fils aîné d’Antoine IV d’Estrées, marquis de Cœuvres Grand Maître de l’Artillerie [2], et de Françoise Babou de La Bourdaisière, et frère de Gabrielle d’Estrées, la maîtresse d’Henri IV. Leur grand-mère paternelle est Catherine de Bourbon-Vendôme-Ligny [3], une capétienne issue de Saint Louis.

En 1605, il remet aux moines de la Chartreuse de Vauvert [4], à Paris, un manuscrit révélant la formule d’un élixir de longue vie dont nul ne sait l’origine : c’est l’origine de la liqueur appelée chartreuse.

Destiné à l’état ecclésiastique bien que l’aîné de sa fratrie, François-Annibal d’Estrées est, de 1594 à 1596, comte évêque de Noyon [5] nommé par Henri IV.

La mort de son frère aîné, François-Louis, vicomte de Cœuvres [6] tué au siège de Laon [7] le 22 juillet 1594, lui fit quitter sa carrière ecclésiastique en 1597 et le dirigea vers celle des armes. Il y servit en plusieurs occasions sous le titre de marquis de Coeuvres. Le 3 juillet 1599 il est nommé lieutenant général [8] en Ile de France et gouverneur de Laon.

En 1614, au service de Marie de Médicis, régente du Royaume pendant la minorité de Louis XIII, il est envoyé comme médiateur pour régler le conflit entre les ducs de Savoie Victor-Amédée Ier et de Mantoue Ferdinand de Mantoue , puis il est envoyé à Venise [9] avant de rentrer en France.

Il épousa le 4 avril 1622, au château de Moussy-le-Vieux [10] Marie de Béthune, nièce de Sully, fille de Philippe de Béthune , comte de Selles -sur-Cher [11].

Lors de la guerre d’Italie, le 26 novembre 1624, à la tête de 10 compagnies des régiments Normandie [12], Vaubécourt [13], de 6 compagnies du régiment d’Estrées et des régiments suisses Diesbach [14], Schmidt et Siders, il part de Coire [15] pour libérer la Valteline [16] au détriment du pape et de l’Espagne.

Il est élevé à la dignité de maréchal de France [17] en 1626 par Louis XIII. En tant que Maréchal de France, il remporte la bataille de Cabuisson et la bataille de Nîmes où il défait l’armée protestante. Il sort également victorieux du siège de Trêves [18] au retour duquel il fut reçu chevalier des Ordres du Roy [19].

Ambassadeur ordinaire de 1619 à 1622, extraordinaire à partir de 1624 en Suisse, à Venise et à Rome ou il joua un rôle non négligeable dans l’élection de Grégoire XV , il obtint de Louis XIV en 1648 que la terre de Cœuvres soit érigée pour lui en duché-pairie, sous le nom d’Estrées.

Veuf, il épousa en secondes noces, le 18 avril 1634 à Le Mesnil-Saint-Denis [20], Anne Habert de Montmort, sœur d’ Henri Louis Habert de Montmor .

En 1636, il est envoyé comme ambassadeur extraordinaire à Rome et y demeure jusqu’à 1641. En 1654 au sacre de Louix XIV, il fait fonction de connétable [21].

Sa dernière union, du 25 juillet 1663, avec Gabrielle de Longueval fut sans postérité.

Il meurt à Paris le 5 mai 1670. Son corps fut apporté à Soissons [22] et enterré dans l’église du couvent des Feuillants [23], qu’il avait fait construire afin qu’elle devienne le lieu de sépulture de la famille auprès de sa seconde femme.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia François-Annibal d’Estrées/ Portail de l’histoire militaire/ Catégories : Maréchal de France nommé sous le règne de Louis XIII

Notes

[1] La maison d’Estrées est une famille de la noblesse française originaire de la région du Boulonnais. Elle fait remonter ses origines à Pierre d’Estrées, seigneur de Boulant et débute une rapide ascension sociale à partir de la fin du 16ème siècle grâce à Gabrielle d’Estrées, maîtresse d’Henri IV. Plusieurs de ses membres accèdent aux charges les plus éminentes : les d’Estrées donnent notamment à la France trois maréchaux de France, un cardinal, et plusieurs pairs de France.

[2] Le grand maître de l’artillerie était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime. La charge de grand maître de l’artillerie apparaît au début de l’époque moderne en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur de Sully. Le grand maître avait juridiction, au début du 17ème siècle, sur tous les officiers de l’artillerie des armées, ainsi que la charge de conduire les travaux des sièges et des campements, la fabrication de la poudre et des canons et la gestion des arsenaux. Dès la fin du siècle, il n’exerce plus qu’un pouvoir symbolique, ses compétences étant passées à des officiers spécialisées, le surintendant des fortifications notamment. La charge de grand maître de l’artillerie est supprimée en 1755.

[3] La Maison de Bourbon-Ligny ou Vendôme-Ligny ou Bourbon-Vendôme-Ligny est une branche illégitime de la Maison de Bourbon-Vendôme, elle-même branche de la Maison capétienne de Bourbon. La branche de Bourbon-Ligny s’éteint à la fin du 16ème siècle. Elle est également appelée Maison de Bourbon-Ligny-Rubempré.

[4] La chartreuse de Paris, dite chartreuse de Vauvert, est une chartreuse fondée en 1257 à Vauvert sous l’impulsion de Saint Louis, et démolie de 1796 à 1800. Le couvent se trouvait à l’emplacement de l’actuel jardin du Luxembourg. Il occupe jusqu’à la Révolution française un très vaste terrain au sud du palais du Luxembourg.

[5] Noyon est une commune du département de l’Oise. Noyon est situé à 25 km au nord de Compiègne, 62 km au sud-est d’Amiens. En 531, saint Médard de Noyon y déplace le siège de l’évêché de la civitas Viromanduorum. À l’époque mérovingienne, l’évêché de Noyon bénéficie de sa proximité avec Soissons, qui fut l’une des capitales du royaume franc et des palais voisins. Né en Limousin vers 588, l’orfèvre Éloi devint monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert 1er avant d’être élu évêque de Noyon en 641. Noyon est une ville importante au Moyen Âge. Charlemagne y est sacré roi des Francs en 768.

[6] Cœuvres est une localité de Cœuvres-et-Valsery, dont elle est le chef-lieu, et une ancienne commune française, située dans le département de l’Aisne

[7] Laon est une commune française, préfecture du département de l’Aisne. Ville fortifiée sur une colline, Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des 16ème , 17 et 18ème siècles en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains.

[8] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[9] Venise est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer Adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 121 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliées par 435 ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel

[10] Moussy-le-Vieux est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne.

[11] Selles-sur-Cher est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher. Au 17ème siècle, Philippe de Béthune transforma le vieux château en l’ouvrant sur le Cher.

[12] Le régiment de Normandie est un régiment d’infanterie du Royaume de France créé en 1615.

[13] Le régiment de Guyenne est un régiment d’infanterie du royaume de France, créé en 1610 sous le nom de régiment de Vaubécourt, devenu sous la Révolution le 21ème régiment d’infanterie de ligne.

[14] Le régiment de Diesbach est un régiment d’infanterie suisse du Royaume de France créé en 1690.

[15] Coire est une commune et une ville suisse, chef-lieu du canton des Grisons et de la région de Plessur. Coire se trouve sur la rive droite du Rhin alpin et est le siège du diocèse de Coire.

[16] La guerre de la Valteline est un épisode de la guerre de Trente Ans. Située dans les Alpes en Italie du Nord, la vallée de la Valteline, peuplée de catholiques, est passée au début du 16ème siècle sous la souveraineté des Trois Ligues suisses, lesquelles sont de confession protestante. La Valteline est située stratégiquement entre l’Empire d’Autriche et l’Empire espagnol (dont les possessions italiennes jouxtent la vallée). Les Habsbourg tentent donc, au début du 17ème siècle, de conquérir ce territoire, afin de relier physiquement leurs possessions européennes. La guerre de Trente Ans rend cette conquête capitale, car elle permettrait aux possessions italiennes de faire passer des troupes plus facilement aux possessions germaniques. La France, ennemie des Habsbourg, fait contrepoids à cette conquête en réunissant autour d’elle d’autres adversaires des Habsbourg, et en faisant échec aux différentes tentatives de conquête de ces derniers. En 1626 est signé le Traité de Monzón, qui met fin à cette guerre, confirmant l’indépendance des Grisons et l’interdiction de passage des troupes espagnoles sur ces terres.

[17] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[18] Trèves est une ville et un arrondissement d’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La ville est située sur la Moselle. Cette ville, ancienne colonie romaine, est fondée à l’époque romaine, en l’an 16 av. jc sous le nom d’Augusta Treverorum, sur le site du chef-lieu d’un peuple gaulois, les Trévires. Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle est édifié en 45 ap. jc, en remplacement d’un premier pont de bois : c’est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout. Colonie romaine et place forte très importante dans la défense contre les « Barbares », elle est dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule. Grande métropole marchande à partir du 2ème siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du 3ème siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda. De l’époque romaine subsistent la Porta Nigra (porte noire), le plus grand édifice romain sur le sol allemand, une basilique, où siège un tétrarque (aujourd’hui une église protestante), les restes d’un amphithéâtre, ainsi que des ruines de thermes romains. Au début du 5ème siècle, au cours des invasions germaniques, Trèves est attaquée et pillée plusieurs fois par les Francs. Peu auparavant, la préfecture des Gaules est transférée de Trèves à Arles

[19] l’ordre du Saint-Esprit, institué par Henri III (1578), supprimé sous la Révolution (1791), rétabli sous la Restauration (1814), définitivement aboli en droit par la monarchie de Juillet (1830).

[20] Le Mesnil Saint-Denis est une commune française située dans le département des Yvelines. Le nom de Mesnil Saint-Denis apparaît au 12ème siècle. En 1543, un procureur du Parlement, Philippe Habert, fait l’acquisition d’une maison et de terres au Mesnil. Son fils, Louis Habert, trésorier des guerres, en hérite et devient le seigneur du pays. Il fait construire un château en face de la maison forte de Beaurain, et obtient l’érection de son domaine en seigneurie du Mesnil-Habert.

[21] Tirant son nom de son origine de “comte de l’étable”, le connétable a, au Moyen Âge, la charge de l’écurie et de l’organisation des voyages du roi. Au 14ème siècle, sa fonction évolue vers le commandement de l’armée en temps de guerre et le conseil militaire du roi en temps de paix. Du Guesclin, Clisson, Bourbon… font partie des grands connétables de France. Supprimée en 1627, la charge de connétable est rétablie par Napoléon 1er en 1804 pour son frère Louis.

[22] Soissons est une commune française située dans le département de l’Aisne. Soissons est historiquement connue pour avoir été la première capitale de la France. La ville connaît la prospérité aux 12ème siècle et 13ème siècle qui ont laissé de nombreux édifices gothiques.

[23] Les Feuillants, Folietani, sont les membres d’un ordre monastique bernardin de la règle de Cîteaux, issu de l’ordre des Cisterciens. L’ordre tenait son nom de l’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Feuillant dans l’ancien diocèse de Rieux près de Toulouse (Haute-Garonne).