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L’histoire pour le plaisir

Pietro Ottoboni

dimanche 7 février 2021, par ljallamion

Pietro Ottoboni (1667-1740)

Cardinal italien de l’Église catholique

Né à Venise [1], alors dans la République de Venise [2], nommé cardinal par le pape Alexandre VIII dont il est le petit-neveu. Pietro Ottoboni exerce diverses fonctions au sein de la Curie romaine [3], notamment au Tribunal suprême de la Signature apostolique [4].   Le cardinal Ottoboni est un grand mécène d’arts, surtout de compositeurs comme Arcangelo Corelli, Georg Friedrich Haendel et Antonio Vivaldi et écrit même des textes pour des cantates [5] mises en musique par ceux-ci.   Il fut le dernier à porter le titre curial de cardinal-neveu, qui fut aboli dès 1692 par le pape Innocent XII , successeur d’Alexandre VIII sur le siège pontifical. Ottoboni aimait la pompe, la munificence, tout en étant aimable, prêt à servir et charitable.   La famille de Pietro Ottoboni, lignée patricienne dont le membre le plus illustre était son grand-oncle le pape Alexandre VIII, avait accédé à la plus haute noblesse vénitienne au courant du 17ème siècle.   Lui-même reçut la tonsure et les ordres mineurs le 20 octobre 1689, fut créé cardinal-diacre au consistoire du 7 novembre 1689 et reçut le chapeau cardinalice le 14 novembre. En 1689, il fut nommé surintendant général des Affaires du siège apostolique [6], gouverneur des cités de Fermo [7], et Tivoli [8], ainsi que du territoire de Capranica [9]. Il est légat d’Avignon [10] de 1690 à 1693. Il est nommé protecteur de France en 1724 et abbé commendataire de plusieurs abbayes en France, notamment Marchiennes [11] et de l’abbaye Saint-Paul de Verdun [12].   Il fut vice-chancelier de la Sainte Église romaine [13] du 14 novembre 1689 jusqu’à sa mort. Successivement cardinal-évêque [14] de Sabina en 1725, de Frascati [15] en 1730, de Porto - Santa Rufina [16] en 1734, il devint également vice-doyen puis doyen du Collège des cardinaux [17] le 3 septembre 1738. Pour compléter la liste de ses titulatures, il fut également archiprêtre des basiliques de Sainte-Marie-Majeure [18] de 1702 à 1730 et de Saint-Jean-de-Latran [19] à partir de 1730, secrétaire de l’Inquisition romaine [20] à partir de 1726, Grand Prieur d’Irlande.   Il participe au conclave de 1691, lors duquel Innocent XII est élu pape, et à ceux de 1700 (élection de Clément XI ), de 1721 (élection d’Innocent XIII), de 1724 (élection de Benoît XIII), de 1730 (élection de Clément XII ) et à celui de 1740 (élection de Benoît XIV), mais il meurt au cours de ce dernier conclave.   Il meurt le 29 février 1740 après un cardinalat de 50 ans et 108 jours. Figure de premier plan de l’Académie d’Arcadie [21] en tant que poète, Ottoboni fut aussi l’un des plus grands mécènes de son époque. Il résidait au Palazzo della Cancelleria [22], où il avait commencé à faire construire un théâtre en 1689. Entre 1709 et 1720, Filippo Juvarra entra dans son entourage et agrandit le théâtre. Domenico Paradisi et Angelo de Rossi furent responsables de la décoration des appartements du palais.   Un de ses protégés, le castrat [23] Andrea Adami , devint maître des chœurs pontificaux de la chapelle Sixtine [24].   Ottoboni employait Arcangelo Corelli, le meilleur violoniste de sa génération, pour ses concerts nocturnes du lundi intitulés académies. C’est pendant ces concerts que Georg Friedrich Haendel et Corelli se rencontrèrent. Lorsque ce dernier mourut en 1713, il légua ses biens, comprenant des tableaux de grande valeur, au cardinal ; celui-ci en distribua les montants importants aux relations de Corelli et lui fit édifier une tombe digne d’un prince au Panthéon de Rome [25]. Il protégea et favorisa également d’autres musiciens : Alessandro Scarlatti, Antonio Vivaldi ou Antonio Caldara et Georg Friedrich Haendel.   C’est dans son palais qu’eut lieu la mémorable joute musicale opposant à l’orgue et au clavecin Haendel et Scarlatti. Ottoboni, comme d’autres cardinaux, composait même des textes de cantates mises en musique par les compositeurs qu’il recevait. Quand l’opéra fut interdit à Rome par le pape, des représentations privées se faisaient dans le palais de la Cancelleria. Son retour triomphal à Venise en 1726 fut marqué par de grandes festivités comprenant une sérénade intitulée “Andromeda liberata”, avec des airs composés par plusieurs compositeurs vénitiens dont Vivaldi.   Le jeune architecte sicilien Giovanni Battista Vaccarini , les peintres Sebastiano Conca , Sebastiano Ricci et Francesco Trevisani bénéficièrent aussi de sa protection. L’une de ses commandes les plus importantes fut la série des “Sept sacrements” peinte en 1712 par Giuseppe Maria Crespi . En 1735 il fit don de ses sculptures romaines et d’autres antiquités au musée du Capitole [26]. C’est pendant la dernière décennie de sa vie qu’Ottoboni s’occupa le plus de mécénat.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pietro Ottoboni (cardinal) »

Notes

[1] Venise est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer Adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 121 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliées par 435 ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel

[2] La république de Venise, parfois surnommée « la Sérénissime », est une ancienne thalassocratie d’Italie, progressivement constituée au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s’est développée par l’annexion de territoires divers en Italie du Nord, le long des côtes de la mer Adriatique et en Méditerranée orientale : les « Domini di Terraferma », l’Istrie, la Dalmatie, les bouches de Cattaro, l’Albanie vénitienne, les îles Ioniennes, la Crète, l’Eubée, Chypre et d’autres îles grecques, jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes.

[3] La curie romaine est l’ensemble des dicastères et autres organismes du Saint-siège qui assistent le pape dans sa mission de pasteur suprême de l’Église catholique. « La Curie romaine dont le Pontife suprême se sert habituellement pour traiter les affaires de l’Église tout entière, et qui accomplit sa fonction en son nom et sous son autorité pour le bien et le service des Églises, comprend la Secrétairerie d’État ou Secrétariat du Pape, le Conseil pour les affaires publiques de l’Église, les Congrégations, Tribunaux et autres Instituts ; leur constitution et compétence sont définies par la loi particulière ».

[4] Le Tribunal suprême de la Signature apostolique est la juridiction supérieure du Saint-siège, siégeant dans le palais de la Chancellerie apostolique, au Vatican. Le tribunal est apparu au 13ème siècle, il regroupe alors les rapporteurs (appelés « référendaires ») chargés de préparer la signature par le pape des suppliques et des causes particulières. Eugène IV l’érige en office stable au 15ème siècle, puis Pie X, dans le cadre de sa réforme du droit canonique au début du 20ème siècle, en fait un tribunal de dernier ressort.

[5] Une cantate est une composition vocale et instrumentale qui comporte plusieurs morceaux. Elle porte généralement sur un thème qui peut être profane (cantata da camera) ou sacré (cantata da chiesa), mais à la différence de l’opéra, elle ne comporte aucun aspect théâtral ni dramatique.

[6] Celui qui dirigeait en chef les Affaires du siège apostolique

[7] Fermo est une ville italienne. La ville de Fermo est située sur les pentes du mont Sabulo (altitude 319 m). La cité, dominée par la tour de la cathédrale dédiée à S. Maria Assunta, est à 6 km de Porto San Giorgio, 68 km de Ascoli Piceno et 67 km d’Ancône. La ville aujourd’hui est divisée en deux parties : la partie ancienne, qui s’est développée autour du sommet du mont Sabulo, est restée intacte à travers les siècles et garde son magnifique caractère médiéval.

[8] Tivoli est une ville de la province de Rome, dans la région du Latium, en Italie. Très ancienne cité datant d’avant la colonisation romaine, elle fut, selon la tradition et quelques éléments archéologiques, fondée en 1215 avant jc. Tivoli s’échelonne sur le flanc occidental des monts Tiburtins de la chaîne centrale des Apennins dont elle contrôle le premier accès vers les Abruzzes par la via Valeria, prolongement de la via Tiburtina. La ville s’est développée à l’extrémité occidentale de la vallée de l’Aniene à l’endroit où la rivière atteint la plaine romaine par d’importants sauts successifs de cascades d’un dénivelé total de 160 mètres.

[9] Capranica est une commune italienne de la province de Viterbe dans la région Latium en Italie.

[10] Les légats pontificaux gouvernèrent Avignon à partir de 1433. Ils furent assistés, de manière permanente à partir de 1542, par des vice-légats, qui exercèrent de plus en plus de responsabilités. En 1691, la fonction de légat d’Avignon fut supprimée. Les vice-légats administrèrent seuls la cité, et ce jusqu’au rattachement d’Avignon à la France (1791).

[11] L’abbaye de Marchiennes est une abbaye bénédictine située sur la Scarpe, à Marchiennes, dans le département du Nord (France) fondée vers 630, et qui resta active durant 11 siècles. À l’origine de la naissance de la ville de Marchiennes, elle en fut le moteur économique, avant d’être fermée en 1791, durant la Révolution. C’est en 1570 que l’abbaye fonda un collège à l’université de Douai.

[12] L’abbaye Saint-Paul de Verdun, connue aussi sous le nom d’abbaye des Prémontrés de Verdun, est une ancienne abbaye du 17ème siècle située à Verdun, dans le département de la Meuse en région Grand Est. Fondée en 973 par les moines bénédictins, elle passe aux mains des prémontrés en 1135. Elle est plusieurs fois détruite et reconstruite à différents emplacements. Après la Révolution de 1789, l’abbatiale en construction et l’église du 16ème siècle sont détruites. Seuls les bâtiments conventuels du 17ème siècle sont conservés, et abrite depuis le palais de justice de Verdun ainsi que la sous-préfecture de la Meuse.

[13] La chancellerie apostolique est un ancien dicastère de l’Église catholique romaine. Avant la réorganisation de la Curie romaine décidée par Paul VI en 1967, celle-ci comprenait cinq offices, parmi lesquels seule la Secrétairerie d’État et la Chambre apostolique ont survécu.

[14] Un cardinal-évêque est un cardinal titulaire d’un diocèse suburbicaire. Même si, à l’époque moderne, la plupart des cardinaux sont aussi évêques, le titre réfère uniquement à ceux qui se voient attribuer l’un des sept diocèses suburbicaires situés autour de celui de Rome. À l’époque mais jadis un évêque pouvait être créé directement cardinal-évêque.

[15] Frascati est une commune italienne, située dans la ville métropolitaine de Rome Capitale dans la région du Latium en Italie. C’est la ville qui a donné le plus de papes à l’Église, après Rome.

[16] Le diocèse suburbicaire de Porto-Santa Rufina est l’un des 7 diocèses situés proche de Rome (d’où le nom de diocèse suburbicaire) et dépendant du diocèse romain. Le siège épiscopal se trouve à la cathédrale de La Storta à Rome.

[17] Le doyen du Collège des cardinaux ou doyen du Sacré Collège est le président du Collège des cardinaux de l’Église catholique romaine qui appartient à l’ordre des cardinaux-évêques. Il reçoit le titre d’évêque titulaire d’Ostie. Il lui revient de consacrer évêque le nouveau pape, s’il ne l’est pas encore

[18] La basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome est l’une des quatre basiliques majeures. Elle est la propriété du Vatican. C’est le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie. Depuis 1999, l’animation et la pastorale sont confiées aux Frères Franciscains de l’Immaculée.

[19] L’archibasilique Saint-Jean-de-Latran est l’une des quatre basiliques majeures de Rome, édifiée sur le mont Latran. Son titre exact est basilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean Baptiste et Jean l’Évangéliste. Premier édifice monumental chrétien construit en Occident, à partir de 320, elle est l’église cathédrale de l’évêque de Rome, le pape. Tout comme le palais du Latran qui lui est contigu, elle est la propriété du Saint-siège et bénéficie à ce titre du privilège d’extraterritorialité. Elle est considérée comme la « mère » en ancienneté et dignité de toutes les églises de Rome et du monde.

[20] La Congrégation pour la doctrine de la foi ou CDF est l’une des neuf congrégations actuelles de la Curie romaine et qui a remplacé en 1965 la Sacrée congrégation du Saint-Office qui a elle-même succédé à la célèbre Inquisition (de son nom complet Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle) instaurée initialement pour combattre les hérétiques et les apostats. Elle possède un rôle fondamental au sein de l’Église catholique avec pour mission de « promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique ».

[21] L’Académie d’Arcadie ou Académie des Arcades de Rome, l’Accademia dell’Arcadia en italien, fut fondée à Rome le 5 octobre 1690 par des poètes qui avaient appartenu à l’entourage de la reine Christine de Suède.

[22] Le palais de la Chancellerie, ou palazzo della Cancelleria, à Rome, est le siège historique de la Chancellerie apostolique et accueille encore aujourd’hui les tribunaux de la Curie romaine : la Pénitencerie apostolique, la Signature apostolique et le tribunal de la Rote. Encore aujourd’hui, le palais est propriété du Vatican. Les travaux du palais débutent à l’initiative du cardinal Riario à la fin du 15ème siècle, probablement sous le pontificat de Sixte IV. La réalisation des travaux est attribuée à Andrea Bregno, et à Bramante pour la cour intérieure. Le palais est situé sur le cours Victor-Emmanuel II, non loin de la piazza Navona. Achevé en 1513, le palais est confisqué par le Pape Léon X récemment élu et devient en 1517 le siège de la Chancellerie apostolique.

[23] Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté, dans le but de conserver le registre aigu de sa voix enfantine, tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique d’un adulte. Le phénomène musical des castrats apparaît dans la deuxième moitié du 16ème siècle en Occident. Il se développe principalement en Italie et disparaît entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Les historiens rapportent que les meilleurs castrats pouvaient rivaliser en puissance, technique et hauteur avec une petite trompette. Le mot désigne également le type de voix obtenu au moyen de cette opération.

[24] La chapelle Sixtine, appelée originellement chapelle de Sixte, est une des salles des palais pontificaux du Vatican et fait partie des Musées du Vatican. Remplaçant la chapelle Pauline puis le palais du Quirinal, la chapelle Sixtine est le lieu où, traditionnellement depuis le 15ème siècle, les cardinaux réunis en conclave élisent le nouveau pape

[25] Le Panthéon de Rome est un édifice religieux antique situé sur la piazza della Rotonda (Rome), bâti sur l’ordre d’Agrippa au 1er siècle av. jc, endommagé par plusieurs incendies, et entièrement reconstruit sous Hadrien au début du 2ème siècle. À l’origine, le Panthéon était un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Il fut converti en église chrétienne au 7ème siècle. C’est le plus grand monument romain antique qui nous soit parvenu en état pratiquement intact, du fait de son utilisation ininterrompue jusqu’à nos jours. Il a donné son nom à un quartier de Rome.

[26] Les musées du Capitole sont un ensemble de musées d’art et d’archéologie situés sur la Place du Capitole, à Rome. Fondés en 1471, ce sont les plus anciens musées du monde. Leurs collections comprennent des statues en marbre ou en bronze, des peintures, des mosaïques et des inscriptions, toutes en provenance de Rome et de sa région. Elles sont conservées dans les deux palais de la place du Capitole, le palais Neuf et le palais des Conservateurs, ainsi que plus récemment dans le palais Caffarelli al Camidiglio tout proche et à la centrale Montemartini, dans un faubourg de Rome.