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Jacques Auguste de Thou

dimanche 14 juin 2020, par ljallamion

Jacques Auguste de Thou (1553-1617)

Magistrat, historien, écrivain et homme politique français

Fils de Christophe de Thou , premier président du parlement de Paris [1], neveu de Nicolas de Thou , évêque de Chartres [2] de 1573 à 1598, il fit ses études de droit dans plusieurs universités françaises, principalement à Valence [3].

Sa faible constitution et sa position de cadet le désignent pour une carrière ecclésiastique : il devient chanoine [4] du cloître Notre-Dame [5] en 1573, puis conseiller clerc au Parlement en 1578.

Lors de son voyage en Italie de 1572 à 1576, où il accompagna l’ambassadeur Paul de Foix , puis lorsqu’il s’installa en Guyenne [6], il eut toujours pour but de rencontrer les esprits les plus éminents de son temps, tels que Marc-Antoine Muret , Paul Manuce , François Viète, dont il laissera une biographie, ou Montaigne. C’est également en Guyenne qu’il rencontra Henri de Navarre, le futur Henri IV.

En 1584, à la demande de sa famille, il abandonne la carrière ecclésiastique pour devenir maître des requêtes [7] au parlement de Paris en 1585 et conseiller d’État en 1588, il s’opposa à la Ligue.

Fidèle à Henri III, il le suit à Chartres après la journée des barricades en 1588 [8], puis part en mission dans les provinces pour annoncer la réunion des États généraux.

Après l’assassinat du duc de Guise, il œuvra à la réconciliation de Henri III et Henri de Navarre en avril 1589, et alla en Allemagne avec Gaspard de Schomberg chercher l’appui des princes protestants contre la Ligue.

À la mort d’Henri III, il entra au service d’Henri de Navarre, avec lequel il vécut 5 ans en campagne. En 1593, Henri IV le nomme grand maître de la Librairie du Roi. Il permit l’acquisition d’environ 800 volumes de la collection de manuscrits de Catherine de Médicis en 1594, la plupart en grec ancien.

Il prit une part importante aux conférences de Suresnes [9], qui préparèrent l’entrée de Henri IV dans Paris le 22 mai 1594, ainsi qu’à la rédaction de l’Édit de Nantes [10] en 1598. Président à mortier [11] en 1595, il fait enregistrer l’Édit de Nantes en 1598.

Après la mort de Henri IV et après sa condamnation par l’Église, la charge de premier président, qui lui avait été promise, est offerte le 9 avril 1611 par Marie de Médicis à un autre magistrat, le très catholique Nicolas de Verdun. De Thou, très dépité, doit se contenter d’une place au Conseil des Finances [12].

Pendant la régence de Marie de Médicis, il prit part aux négociations des traités de Sainte-Menehould [13] en 1614 et de Loudun [14] en 1616 entre la Cour et Henri II de Bourbon-Condé . Il se servit de son influence dans les conseils royaux pour soutenir le gallicanisme [15], et il réussit à éviter l’application des traités tridentins [16] en France ce qui lui attire l’hostilité de la papauté.

Latiniste éminent, il publia plusieurs ouvrages de poèmes latins, notamment à Tours, chez Jamet Mettayer mais sa célébrité lui vient de ses “Historiae sui temporis” [17] portant sur les années 1543 à 1607, qui sera traduite du latin en français en 1659. Dans cet ouvrage considérable, dont le premier volume paraît en 1604, le magistrat se montre partisan de la tolérance religieuse, attaque les excès du clergé catholique et observe vis-à-vis des protestants une attitude compréhensive, qui fait mettre son ouvrage à l’Index en 1609.

Il voulut la mener à bien jusqu’au règne de Henri IV, mais il mourut sans avoir dépassé l’année 1607. La dernière partie inachevée fut publiée en 1620 par ses amis Pierre Dupuy et Nicolas Rigault .

L’influence du cardinal Arnaud d’Ossat et du cardinal Du Perron fit condamner son œuvre à Rome, et le parlement de Paris répliqua en condamnant le livre du cardinal Robert Bellarmin sur le pouvoir du pape. Finalement, cette mise à l’Index fut levée en 1609.

De Thou commit des erreurs de faits et d’appréciation. Ainsi, dans sa description de Marie Stuart, il fut notamment influencé par Buchanan , ennemi déterminé de la reine. Cela n’empêcha pas son œuvre d’avoir un grand rayonnement : Bossuet lui fit de nombreuses références dans son “Histoire des variations” et parlait de lui en disant qu’il était un grand auteur, un historien digne de foi.

En 1620, sa Vita [18] fut publiée en latin. Elle couvre la période 1553-1601 et c’est une source importante pour l’histoire religieuse et littéraire de la période. Quelques-uns ont prétendu que son ami Nicolas Rigault en était l’auteur.

Veuf en 1601 de Marie de Barbançon épousée en 1587, dont il n’eut pas d’enfant, il se remaria l’année suivante avec Gasparde de La Chastre, qui lui donna trois fils et trois filles.

Il avait amassé une bibliothèque savante et encyclopédique, restée sans rivale à Paris jusqu’au milieu du 17ème siècle, où se trouvaient 1000 manuscrits et 8000 volumes imprimés. Sa bibliothèque fut vendue en bloc par son fils Jacques-Auguste au président Menars . Elle fut définitivement dispersée en 1789 dans la vente du prince de Rohan-Soubise [19].

Il possédait les domaines d’Angervilliers [20] et de Villebon-sur-Yvette [21], près de Paris.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Jacques-Auguste de Thou, La Vie de Jacques-Auguste de Thou (I. Aug. Thuani vita), Introduction, établissement du texte, traduction et notes par Anne Teissier-Ensminger, Paris, Champion, 2007.

Notes

[1] Le parlement de Paris est une institution française de l’Ancien Régime. Il fait partie des cours souveraines, rebaptisées cours supérieures à partir de 1661 (début du règne personnel de Louis XIV). Issu de la Curia regis médiévale, le parlement apparaît au milieu du xiiie siècle et prend progressivement son autonomie pour juger le contentieux sous forme d’un organe spécialisé aux sessions régulières, la curia in parlamento, que saint Louis établit dans l’île de la Cité, à côté du palais de la Cité, et qui reçoit sa première réglementation générale avec une ordonnance de Philippe III le Hardi en 1278. À partir du 15ème siècle, treize autres parlements furent érigés à partir d’institutions locales parfois beaucoup plus prestigieuses, comme l’échiquier de Normandie, ou beaucoup plus anciennes, comme les États de Provence, ou mêmes créés ex nihilo ; néanmoins, celui de Paris, cour de justice du Roi, ultime suzerain, et donc d’ultime recours, devint ainsi prééminent. On le mentionnait souvent simplement comme « le Parlement ».

[2] Le diocèse de Chartres est un diocèse de l’Église catholique romaine en France couvrant le département d’Eure-et-Loir (et desservant quatre communes situées dans le département de l’Eure), et rattaché à la province ecclésiastique de Tours. Un siège épiscopal aurait été fondé à Chartres dès le 3ème siècle

[3] Valence est une commune du sud-est de la France, préfecture du département de la Drôme. La ville, historiquement frontière de la Provence historique, sera ensuite rattachée au Dauphiné4, dont elle forme la deuxième ville après Grenoble. La création d’une université en 1452 participe au réveil intellectuel de la cité. Des professeurs de renom venus de divers pays, tel Jacques Cujas, ont forgé sa réputation en enseignant le droit, la théologie, la médecine et les arts. Après son sacre, Louis XI confirme sa préférence en expédiant ses lettres patentes destinées à l’université le 12 octobre 1461. En mars 1480, le roi soutient encore son université préférée

[4] Un chanoine est un clerc appartenant à un chapitre ou à une congrégation, et consacré à la prière liturgique au choeur, voire à l’enseignement, la prédication, le secours des pauvres, la chorale, etc. Au Haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises.

[5] Le Cloître Notre-Dame, est un ancien quartier de Paris occupant le quart nord est de l’île de la Cité. Construit dans le prolongement de la cathédrale Saint-Étienne, il s’étend aujourd’hui au nord de la cathédrale Notre-Dame de Paris, auquel il a emprunté depuis son nom. Il est limité à l’ouest par la rue d’Arcole et au nord par le quai aux Fleurs. C’était au Bas Moyen Âge un lieu clos séparant le clergé du monde, accessible par quatre portes : un porche principal près de l’église Saint-Jean-le-Rond à côté de la cathédrale donnant accès à la rue du Cloître, la porte des Marmousets à l’ouest donnant accès à la rue Chanoinesse à partir de la rue des Marmousets, la porte du pont rouge au nord près du débouché du pont qui reliait la Cité à l’île Saint-Louis et la porte de l’évêché à l’est. Il abritait le quartier canonial comprenant les 46 maisons des chanoines attachés au fonctionnement du diocèse, fonctionnaires de l’Église aux ordres du suffragant de Paris.

[6] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[7] Le titre de maître des requêtes est porté en France, ainsi que dans certains autres pays d’Europe, depuis le Moyen Âge, par les titulaires de certaines hautes fonctions judiciaires et administratives. Les maîtres des requêtes étaient les collaborateurs du chancelier de France, dont ils dépendaient étroitement. Ils étaient associés à l’œuvre de justice à travers l’audience du sceau et le Conseil des parties, auquel ils assistaient. Ils siégeaient par quartiers trimestriels. Chaque quartier avait son doyen. Le doyen des doyens avait rang de conseiller d’État. Au Conseil, les maîtres des requêtes étaient debout et découverts. Ils étaient membres du parlement de Paris où ils pouvaient siéger mais pas plus de quatre en même temps. Ils n’étaient justiciables que devant les chambres assemblées du Parlement. Ils étaient fréquemment appelés comme rapporteurs dans les Conseils de gouvernement.

[8] La journée des Barricades désigne le soulèvement populaire qui éclate à Paris le 12 mai 1588, durant la 8ème guerre de Religion. Ce soulèvement est mené par le Conseil des Seize ainsi que par le duc de Guise.

[9] Suresnes est une commune française du département des Hauts-de-Seine. Situé dans la banlieue ouest de Paris, Suresnes n’est qu’un simple village jusqu’au 19ème siècle. En 1593 y ont lieu des conférences de négociation entre catholiques et protestants, qui participent à mettre fin aux guerres de religion. Cependant, contrairement à une légende locale qui insiste notamment sur l’idylle qu’il y aurait vécu avec Gabrielle d’Estrées, Henri IV ne serait jamais venu à Suresnes. À partir du 15ème siècle, des ermites prennent l’habitude de se retirer au sommet du mont Valérien, formant une communauté à l’écart, qui prie et cultive la vigne. En 1633, un calvaire religieux y est également installé, donnant naissance à un important pèlerinage jusqu’à sa fermeture en 1830.

[10] L’édit de Nantes est un édit de tolérance promulgué en avril 1598 par le roi de France Henri IV. Cet édit accordait notamment des droits de culte, des droits civils et des droits politiques aux protestants dans certaines parties du royaume et leur concédait, dans des annexes appelées « brevets », un certain nombre de lieux de refuge (dont environ 60 places de sûretés) et une indemnité annuelle à verser par les finances royales. La promulgation de cet édit mettait fin aux guerres de Religion qui avaient ravagé le royaume de France depuis 1562. La première version de l’édit, effectivement signée et scellée à Nantes, est perdue et n’est plus connue que par une copie conservée à la Bibliothèque de Genève. C’est donc la seconde version, toujours datée d’avril 1598 quoique probablement rédigée plus tard, qui constitue le texte authentique et qui fut adressée aux parlements pour enregistrement. L’édit de Nantes sera révoqué par Louis XIV en octobre 1685 dans un nouvel édit, l’édit de Fontainebleau.

[11] L’office de président à mortier est l’une des charges les plus importantes de la justice française de l’Ancien Régime. Ce sont les magistrats principaux des institutions de justice les plus hautes : les parlements qui sont le degré suprême d’appel. La charge de président à mortier est vénale, c’est-à-dire achetable et transmissible librement, sous la condition de payer un droit de mutation au souverain. Néanmoins, pour exercer réellement la charge, il faut être agréé par le parlement sous la forme d’un examen juridique. L’office est donc théoriquement réservé au titulaire de grades universitaires en droit. La charge confère, au bout de vingt années d’exercice, la noblesse héréditaire, mais le système de l’hérédité fait qu’elle n’est exercée, le plus souvent, que par des personnes déjà nobles.

[12] qui remplaça la charge de Surintendant des finances de 1611 à 1614

[13] Sainte-Menehould est une commune française, située dans l’est du département de la Marne. Ancienne sous-préfecture, elle est la capitale de la région de l’Argonne, dont la forêt éponyme se situe en grande partie sur le territoire de la commune.

[14] Loudun est une commune du Centre-Ouest de la France, située dans le département de la Vienne. En 1542, lors de la création de la généralité de Tours, la sénéchaussée de Loudun intègre cet ensemble territorial constitué par les provinces d’Anjou, du Maine et de la Touraine. En 1568, les luttes entre protestants et catholiques reprennent. Henri, roi de Navarre, alors âgé de 16 ans se trouve à Loudun avec l’armée protestante. Les protestants brûlent la collégiale Sainte-Croix, le couvent de l’église des Carmes (Saint-Hilaire-du-Martray) et l’échevinage. Le duc d’Anjou (futur Henri III) fait le siège de Loudun pour récupérer la cité aux mains des protestants. En 1569, Coligny assiège Poitiers, mais l’arrivée de l’armée royale le force à lever le siège. L’affrontement a lieu lors de la bataille de Moncontour : le duc d’Anjou inflige une défaite sanglante aux Huguenots. En 1579, le roi Henri III élève Loudun au rang de duché non héréditaire au profit de Françoise de Rohan. En 1584, Henri III donne l’ordre de faire détruire la forteresse érigée par Philippe II Auguste, le palais des ducs-rois d’Anjou-Sicile et l’enceinte fortifiée de Loudun. En 1587, Henri de Navarre s’empare de Loudun, ainsi que de Vivonne, Mirebeau et Châtellerault. En 1605 fut prévu un siège de présidial à Loudun, qui aurait compris le bailliage de Chinon, mais l’opposition de Tours et Poitiers empêcha le projet d’aboutir. En 1616, pour mettre un terme à une nouvelle révolte des nobles, la paix de Loudun (désastreuse pour la Cour) est signée entre Marie de Médicis (la régente) et le prince de Condé.

[15] Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique française qui cherche à organiser l’Église catholique de façon autonome par rapport au pape. Il s’oppose à l’ultramontanisme. D’une part, le gallicanisme réduit l’intervention du pape au seul pouvoir spirituel, et ne lui reconnaît pas de rôle dans le domaine temporel. D’autre part, s’il reconnaît au pape une primauté spirituelle et juridictionnelle, il cherche à la limiter fortement, au bénéfice des conciles généraux dans l’Église (c’est le conciliarisme), des évêques dans leurs diocèses et des souverains dans leurs États. En pratique, cela se traduit surtout par une mainmise étroite du souverain français sur les nominations et les décisions des évêques. Jean Delumeau distingue le gallicanisme ecclésiastique, qui est une position théologique et ecclésiologique antérieure et ultérieure à la Réforme, le gallicanisme régalien et le gallicanisme parlementaire, qui est une doctrine politique et administrative. Très largement partagée par les juristes français de l’Ancien Régime et du 19ème siècle, cette troisième grande tendance du gallicanisme a contribué à la construction doctrinale de l’État moderne

[16] Le concile de Trente est le 19ème concile œcuménique reconnu par l’Église catholique. Convoqué par le pape Paul III le 22 mai1 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther et Jean Calvin dans le cadre de la réforme protestante, il débute le 13 décembre 1545 et se termine le 4 décembre 1563. Étalées sur 18 ans, ses 25 sessions couvrent 5 pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV) et se tiennent à Trente dans la cathédrale de San Vigilio, puis à Bologne et enfin à nouveau à Trente, dans l’église Santa Maria Maggiore. En réponse aux théories protestantes, le concile confirme la doctrine du péché originel affirmée lors du 16ème concile de Carthage en 418, précise celle de la justification, de l’autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirme les 7 sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il crée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres.

[17] histoire de son temps

[18] Mémoires

[19] La maison de Rohan est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Bretagne, où elle tient son nom de la terre de Rohan, dans le Morbihan. Elle est issue en ligne agnatique des vicomtes de Porhoët, dont la filiation suivie remonte à 1028. Elle fut au Moyen-Âge l’une des familles les plus puissantes du duché de Bretagne. Elle a formé plusieurs branches dont seule subsiste la branche de Rohan-Rochefort, ducs de Montbazon, ducs de Bouillon et princes autrichiens de Rohan, établie au début du 19ème siècle en Autriche

[20] Angervilliers est une commune française située à 36 kilomètres au sud-ouest de Paris dans le département de l’Essonne. En 1319, Élisabeth d’Angervilliers possède la seigneurie et exerce à ce titre ses droits de haute, moyenne et basse justice. Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes et favorite de François 1er, et Jacques-Auguste de Thou, président au Parlement de Paris et fin lettré, figurent également parmi les seigneurs. Le marquis Édouard Ollier de Nointel puis Prosper Bauyn agrandissent considérablement le domaine par l’acquisition de fermes et de bois sur les communes de Forges, Limours, Briss, Vaugrigneuse, et le Val-Saint-Germain. Nicolas-Prosper Bauyn d’Angervilliers, ministre de la Guerre sous le règne de Louis XV, rend célèbre le nom du territoire. Mme Récamier vient y séjourner chez son amie Mme de Catellan.

[21] Villebon-sur-Yvette est une commune française située dans le département de l’Essonne. En 1474 le domaine de Villebon devint la propriété de la famille de Thou. En 1512, Augustin de Thou fit construire à la place de la demeure existante le petit Château de Villebon-sur-Yvette, de style Renaissance dont subsiste aujourd’hui le pavillon Henri IV. En 1563, Nicolas de Thou, seigneur de Villebon et évêque de Chartres, obtint du roi Charles IX l’établissement d’un marché tous les jeudis et deux foires, le 27 septembre et le 12 novembre, donnant ainsi à Villebon une certaine reconnaissance. En 1587, il fit bâtir une chapelle à Villebon sous l’invocation des saints Côme et Damien. En 1611, un incendie ravagea le château. Jacques Auguste de Thou confia à Louis Métezeau, architecte du roi Henri IV sa reconstruction, qu’ils ne purent finir. Le domaine fut alors vendu en l’état en 1626 à André 1er Potier de Novion, président au parlement de Paris, qui acheva la restauration du château. Son fils, Nicolas Potier de Novion l’agrandit par deux ailes. Le 24 mai 1648, il obtint de l’archevêque de Paris d’ériger Villebon en paroisse, contre dédommagement au curé de Palaiseau. C’est aussi en 1648 que fut aménagé l’escalier de la rue Daubigny comptant 162 marches pour gravir la butte Sainte-Catherine.