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Philippe de Vendôme dit le Prieur de Vendôme

lundi 16 mars 2020, par ljallamion

Philippe de Vendôme dit le Prieur de Vendôme (1655-1727)

Duc de Vendôme de 1712 à 1727-Grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem-Général français

Fils de Louis II de Vendôme duc de Mercœur [1] et de Vendôme [2], et de Laure Mancini , arrière-petit-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, frère de Louis Joseph, dit le Grand Vendôme. Il est baptisé le 27 octobre 1656 à la Sainte Chapelle du château de Vincennes [3] en même temps que son frère aîné Louis Joseph de Bourbon.

À l’âge de 7 ans, il fut pourvu en commende de l’Abbaye de la Trinité [4]. Il sera aussi abbé de Saint-Victor de Marseille [5], de Saint-Vigor de Cerisy [6], de Saint-Honorat de Lerins [7], de Saint-Mansuy de Toul [8] et de Notre-Dame d’Ivry [9].

Entré à l’âge de 11 ans, en 1666, dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem [10], il est nommé grand prieur de France [11] en 1678 à la suite d’Henri d’Estampes-Valençay.

Ami des lettres, menant une vie d’homme du monde plutôt que d’homme d’Église, il réunissait dans sa maison du Temple, siège du grand prieuré à Paris, les beaux esprits de la Société du Temple, cercle littéraire, philosophique et libertin.

Malgré ses vœux religieux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, c’est un homme à femme qui collectionne les maîtresses. On lui prête tout d’abord Françoise Moreau, chanteuse et danseuse renommée de l’Académie Royale de musique [12]. En 1670, il achète le pavillon Vendôme pour la loger.

En 1676, il séduit la maîtresse du roi, Marie-Élisabeth de Ludres . En 1683, alors qu’il est en Angleterre, il séduit la maîtresse du roi Charles II, Louise de Kéroualle , duchesse de Portsmouth [13]. C’est le déplaisir du roi qui le force à rentrer en France. En 1705, il vit à Gênes [14] avec sa cousine, Marie Charlotte de la Porte de la Meilleraye . On le soupçonne aussi d’avoir été l’amant de sa tante, Marie Anne de Bourbon, avec qui il entretiendra toute sa vie une relation assez trouble. Il envisage même, après la mort de son frère, de demander une dispense au grand maître pour pouvoir se marier et avoir un héritier mais cela impliquait de demander aussi la dispense du pape. En 1721, devant la somme nécessaire pour obtenir la dispense papale, il abandonna bien vite cette idée.

Il fit les campagnes de Hollande et d’Alsace, devint maréchal de camp [15] en 1691, lieutenant-général [16] en 1693 et prit une part active à toutes les campagnes d’Italie et de Catalogne jusqu’en 1705.

À la mort de son frère en 1712, ayant l’état religieux comme chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il ne put hériter des biens de son frère, et comme il s’agissait d’apanages, ceux-ci firent retour au domaine du roi. Il hérita seulement du titre de duc de Vendôme.

En 1719, il démissionna de sa charge sous la pression de son Ordre et du régent pour céder la place à Jean Philippe d’Orléans , fils naturel du régent. Il meurt le 25 janvier 1727 en son hôtel de la rue de Varenne, son corps est transporté au Temple avant d’être enterré dans l’église de la Chartreuse.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Claude Pasquier, Le Château de Vendôme, 2000

Notes

[1] Les premiers sires de Mercœur étaient probablement apparentés à Ithier, comte d’Auvergne aux alentours de l’an 800 sous Charlemagne.

[2] La maison de Montoire s’étant éteinte en 1372, le comté de Vendôme passa aux Bourbons, princes du sang. La baronnie de Mondoubleau fut réunie au comté de Vendôme en 1484. Il fut érigé en duché-pairie en 1514. En 1562, Henri de Bourbon devient duc de Vendôme. Protestant, face à un duché fortement catholique, il doit accepter la fermeture du temple protestant, la nomination d’un gouverneur catholique et voit la ville de Vendôme se rapprocher de plus en plus de la Ligue. En 1589, devenu roi, Henri IV doit conquérir le Vendômois et plusieurs châteaux comme Vendôme et Lavardin seront détruits. Le Vendômois sera donné en apanage en 1598, reviendra à la Couronne en 1712, sera de nouveau dans l’apanage du comte de Provence de 1772 à 1789. À la Révolution, il sera inclus dans le département de Loir-et-Cher.

[3] Le château de Vincennes est une forteresse située à Vincennes, à l’est de Paris, érigé du 14ème siècle au 17ème siècle. Il est le plus vaste château fort royal français subsistant et, par la hauteur de son donjon, 52 mètres, il est une des plus hautes forteresses de plaine d’Europe.

[4] L’abbaye de la Trinité de Vendôme est fondée en 1033 par Geoffroy 1er Martel, comte de Vendôme. La légende raconte que le comte de Vendôme vit trois étoiles tomber dans un puits, y voyant là un signe divin, Geoffroy Martel décida d’ériger à cet emplacement une abbatiale. Très rapidement prospère, l’abbaye est fréquemment en conflit avec les comtes de Vendôme à propos de leur droits respectifs, conflit où ils eurent souvent le dessus.

[5] L’abbaye Saint-Victor de Marseille a été fondée au ve siècle par Jean Cassien, à proximité des tombes de martyrs de Marseille, parmi lesquels saint Victor de Marseille, qui lui donna son nom. L’abbaye prit une importance considérable au tournant du premier millénaire par son rayonnement dans toute la Provence.

[6] L’abbaye Saint-Vigor de Cerisy, plus communément appelée abbaye de Cerisy, est l’une des plus anciennes et des plus importantes abbayes de Normandie. Située à Cerisy-la-Forêt (près de Saint-Lô dans la Manche), elle était régie par la règle bénédictine. Elle portait le titre d’« abbaye royale » (sous la protection du roi de France). L’abbaye est fondée en 1032 par le duc de Normandie Robert le Magnifique. Elle bénéficie de dons considérables et de faveurs. L’abbaye devient un centre économique et intellectuel important, accueillant à plusieurs reprises quelques rois de France et comptant plusieurs intellectuels parmi ses membres. Elle possède par ailleurs un très grand nombre de dépendances, sous la forme de granges monastiques qui contribuent à lui assurer des revenus colossaux. Après une période de déclin à la fin du Moyen Âge, l’abbaye connaît une période de renaissance artistique avec la Congrégation de Saint-Maur en 1716.

[7] L’abbaye de Lérins est une abbaye médiévale située en Provence, dans le sud de la France, et implantée sur l’île Saint-Honorat dans les îles de Lérins, face à Cannes. Le premier monastère est fondé par Honorat d’Arles, vers 400-410. Les bâtiments actuels ont été construits entre les 11 et 14ème siècles. L’abbaye fut longtemps clunisienne ; le monastère abrite aujourd’hui une communauté de moines cisterciens.

[8] L’abbaye Saint-Mansuy fut fondée au 10ème siècle, dans les faubourg de Toul par Saint Gérard, évêque de Toul pour garder les reliques de Saint-Mansuet. Elle fut dédiée à Saint Mansuy, évêque de Toul au 4ème siècle et premier apôtre de la Lorraine. Elle adhéra à la congrégation de Saint-Vanne en 1607. Ruinée après la Révolution, elle a aussi subi les conséquences du siège de Toul en 1552.

[9] L’abbaye Notre-Dame d’Ivry est une ancienne abbaye bénédictine située sur la commune d’Ivry-la-Bataille, dans le département de l’Eure. Elle est fondée au 11ème siècle.

[10] L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le 12ème siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l’époque des Croisades jusqu’au début du 19ème siècle.

[11] Le grand prieuré de France était un prieuré de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il s’agissait du seul prieuré de la langue de France avant la dévolution des biens de l’ordre du Temple. À la suite de la dévolution la langue de France est alors scindé entre le grand prieuré de France, avec le siège du prieuré transporté de Corbeil à Paris en la maison du Temple, le grand prieuré de Champagne et celui d’Auvergne.

[12] L’académie royale de musique désigne en France, l’académie royale de musique, ancêtre de l’Opéra de Paris.

[13] Portsmouth est une ville portuaire de la côte sud de l’Angleterre. Elle appartient au comté cérémoniel d’Hampshire, mais forme une autorité unitaire. Portsmouth est un important port militaire de la Royal Navy. Située sur l’île de Portsea, c’est la seule ville-île du Royaume-Uni. Important port naval depuis des siècles, Portsmouth possède le plus ancien quai sec du monde. Soumis à de nombreuses attaques durant son histoire, le port fut ainsi la première ligne de défense de l’Angleterre face aux forces françaises lors de la bataille du Solent en 1545. Pendant la Première Révolution anglaise, Portsmouth devient une base importante pour la Marine parlementaire. Le père de la Royal Navy Robert Blake utilise aussi la ville comme base principale, tant pendant les Guerres anglo-néerlandaises que les Guerres anglo-espagnoles. La Royal Naval Academy, l’école des cadets et des officiers, a son siège à Portsmouth de 1729 à 1872. Le 13 mai 1787, onze navires partent de Portsmouth pour établir la première colonie européenne en Australie, initiant également le début du transport de prisonniers sur cette île. Ils sont aujourd’hui connus comme la First Fleet

[14] Gênes est une ville italienne, capitale de la Ligurie, premier port italien et deuxième port de la mer Méditerranée. Gênes est située sur le golfe de Gênes, partie septentrionale de la mer de Ligurie. La ville correspond à l’inclinaison de l’arc de cercle formé à cet endroit par la côte. Au nord de la ville commencent les Apennins, débouchant à proximité sur la plaine du Pô. Gênes offre une façade méditerranéenne au nord de l’Italie, à 193 km de Nice au sud-ouest, à 155 km de Milan au nord et à 518 km de Rome au sud-est.

[15] Maréchal de camp était un titre d’officier général dans différentes armées européennes. En France, la fonction de maréchal de camp fait son apparition au 15ème siècle où il avait pour mission de répartir les logements des troupes et de les placer sur le champ de bataille. Elle évolue ensuite jusqu’à la chute de l’Ancien Régime. Le 21 janvier 1793, la fonction de maréchal de camp devient en France celui de général de brigade. La fonction de maréchal de camp revient en usage sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Il n’est plus utilisé en France depuis 1848.

[16] Le grade de lieutenant général est une haute fonction dans l’Ancien Régime français. En France, sous l’Ancien Régime, la restauration et la monarchie de Juillet, plusieurs officiers portaient le titre de lieutenant général. D’une manière générale, ce titre désigne un suppléant ou un délégué investi de tous les pouvoirs de la personne qu’il est censé remplacer.