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Antonin Nompar de Caumont

dimanche 12 janvier 2020, par ljallamion

Antonin Nompar de Caumont (1633-1723)

Premier duc de Lauzun en 1692-Marquis de Puyguilhem-comte de Saint-Fargeau-Capitaine des Gardes du corps du Roi et colonel général

Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun. (tableau de Alexis Simon Belle Musée d'Orbigny-Bernon de La Rochelle)Né à Lauzun [1], fils de Gabriel Nompar de Caumont, comte de Lauzun [2] et de Charlotte de Caumont La Force, fille d’ Henri-Nompar de Caumont duc de La Force .

Il est envoyé par son père auprès de son cousin le maréchal de Gramont Antoine III de Gramont qui le fait inscrire dans une des nombreuses académies militaires de Paris comme simple cadet de Gascogne.

Il devient rapidement le favori de Louis XIV, qui l’avait remarqué chez la comtesse de Soissons Olympe Mancini pour sa liberté d’esprit et son insolence et le nomme successivement gouverneur du Berry [3], maréchal de camp et colonel général [4] des dragons. Établi à la cour galante, les méchantes langues affirment qu’il entretient une liaison avec sa cousine Catherine Charlotte de Gramont, épouse de Louis 1er de Monaco.

Capitaine au régiment de Gramont, Turenne le fait nommer colonel-lieutenant du régiment de dragons étrangers du roi à partir du 23 janvier 1658 puis capitaine de la maison des gentilshommes de la maison du roi au bec de corbin [5]. En 1669, le Roi promet à Lauzun la charge de Grand maître de l’artillerie de France [6], mais Lauzun a la maladresse de se vanter de cette promesse. Louis XIV la révoque.

Séducteur invétéré, connu sous le surnom de Puyguilhem, Lauzun accumule les conquêtes féminines.Mlle de Montpensier dite la Grande Mademoiselle, cousine du roi le demande en mariage. Louis XIV y consent mais, sans doute sur les représentations de la reine Marie-Thérèse et des princes du sang, se ravise après 3 jours en 1670.

Peu après, le 25 novembre 1671, Lauzun est arrêté dans sa chambre du château de Saint-Germain sur ordre du roi par le Marquis de Rochefort Henri Louis d’Aloigny , capitaine des gardes du corps de service, accompagné par Louis de Forbin, major-général des compagnies de gardes du corps. Il est alors conduit et emprisonné à Pignerol [7] par d’Artagnan escorté de 100 mousquetaires. Là, il retrouve Nicolas Fouquet, sous la garde de Bénigne Dauvergne de Saint-Mars . Il y demeure jusqu’en 1681.

Mlle de Montpensier obtient sa libération contre la promesse de céder au duc du Maine Louis Auguste de Bourbon, bâtard légitimé de Louis XIV, le comté d’Eu [8] et la principauté de Dombes [9]. Il est probable que les deux amants se marièrent, mais ils se séparèrent dès 1684.

Après la Glorieuse Révolution anglaise [10] de 1688, c’est à Lauzun qu’incombe la mission de ramener à Saint-Germain-en-Laye la famille du roi Jacques II Stuart, qui le décore de l’ordre de la Jarretière [11]. En 1689-1690, il commande l’infructueuse expédition d’Irlande qui tenta de le rétablir sur son trône. Il retrouve la Cour de France qui s’est rigidifiée et est logé au château de Versailles.

En 1692, il est nommé duc de Lauzun. Trois ans après, en 1695, il épouse une belle sœur de Saint-Simon, Geneviève-Marie de Durfort dite Mlle de Quintin, fille du duc de Lorges Guy Aldonce II de Durfort et nièce du duc de Duras Jacques-Henri de Durfort, âgée de 15 ans.

Il s’éteint à 90 ans, sans descendance, le 10 novembre 1723.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Christian Petitfils, Lauzun ou l’insolente séduction, Perrin

Notes

[1] Lot-et-Garonne

[2] En 1570, la seigneurie de Lauzun devient un comté au profit de François de Caumont. Henri de Navarre est à Lauzun en 1576. Le comté de Lauzun est érigé en duché en 1692

[3] Le Berry est une province historique de la France de l’Ancien Régime, ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Le Berry est érigé en duché en 1360, que le roi de France Jean II le Bon confie en apanage à son fils Jean 1er de Berry (1340-1416). Le duché de Berry revient dans le domaine royal à la mort du Duc Jean, en 1416, avant de passer entre les mains de deux fils du roi Charles VI : d’abord à Jean puis à Charles, le futur Charles VII. Le duché de Berry est de nouveau concédé à Jeanne de France, fille de Louis XI en 1498. Le titre de duc de Berry sera ensuite épisodiquement donné à plusieurs princes de la famille royale, dont les plus célèbres sont Charles de France (1686-1714), cadet des petit-fils de Louis XIV, le futur Louis XVI et le second fils du roi Charles X. Le 31 décembre 1661, Philippe de Clérembault, comte de Palluau fut nommé gouverneur du Berry.

[4] En France, le colonel général était un officier général chargé de tous les régiments d’une même arme. On trouve notamment un colonel général de l’infanterie et un de la cavalerie. Le colonel général de l’infanterie ayant trop d’importance, Louis XIV supprime sa charge en 1661 et ne nomme plus que des colonels généraux au rôle honorifique comme celui des dragons créé en 1668, celui des Cent-Suisses et Grisons, qui avait autorité sur tous les régiments de Suisses de la Maison du Roi, et celui des Gardes-Françaises. Lorsque la charge de colonel général de l’infanterie fut supprimée, les officiers responsables des régiments, alors appelés mestres de camp, prirent le nom de colonels. Comme la cavalerie conserva toujours ses colonels généraux, les chefs de régiments restèrent des mestres de camp. Tous les grades de colonel général furent supprimés à la Révolution, mais ils furent rétablis par Napoléon, qui nomma certains de ses maréchaux à des grades honorifiques. À la Restauration, quelques titres furent accordés à des membres de la famille royale. Après 1830, on ne trouve plus de colonels généraux.

[5] À son avènement à la couronne, François 1er possédait une compagnie des ordonnances qui était commandée par un capitaine-lieutenant, Raoul de Vernon, seigneur de Montreuilbouyn. Il avait aussi une garde personnelle commandée par Louis Leroy de Chavigny. Souhaitant disposer de cinq compagnies des gardes du corps, toutes organisées sur le pied de la compagnie écossaise, il transforma donc en 1515, les deux compagnies d’archers de la petite garde de Louis XI, et en ajouta deux autres formées avec ses gardes personnelles et avec des détachements de compagnies d’archers de Crussol et de La Chatre. En 1545, il remania l’organisation des gardes du corps, et il n’en conserva que 4 compagnies. La 4e compagnie avait ses étendards, bandoulières et équipages de couleur jaune. Elle faisait le service à la cour du 1er octobre au 31 décembre, et était habituellement casernée à Dreux.

[6] Le grand maître de l’artillerie était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime. La charge de grand maître de l’artillerie apparaît au début de l’époque moderne en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur de Sully. Le grand maître avait juridiction, au début du 17ème siècle, sur tous les officiers de l’artillerie des armées, ainsi que la charge de conduire les travaux des sièges et des campements, la fabrication de la poudre et des canons et la gestion des arsenaux. Dès la fin du siècle, il n’exerce plus qu’un pouvoir symbolique, ses compétences étant passées à des officiers spécialisées, le surintendant des fortifications notamment. La charge de grand maître de l’artillerie est supprimée en 1755.

[7] Pignerol est une ville italienne de la province de Turin, dans la région du Piémont. Du 12 au 16ème siècles, l’église vaudoise en fit son centre religieux. La ville fut française à différentes époques avant d’être savoyarde puis italienne. Conquise en 1630, la ville et ses environs sont attribués à la France par le traité de Cherasco le 30 mai 1631. Pignerol est soigneusement fortifiée par Jean de Beins, et constitue jusqu’à la fin du siècle une défense importante du royaume de France.

[8] Le comté d’Eu était l’un des comtés constitutifs du duché de Normandie. Plusieurs maisons princières vont posséder le comté jusqu’à la Révolution, les familles de Lusignan, d’Artois, de Bourgogne, de Clèves, de Lorraine, puis enfin d’Orléans.

[9] La Dombes est un des pays du département de l’Ain. Région naturelle et historique. À partir de l’avènement d’Humbert V de Thoire-Villars en 1300, la seigneurie s’oriente progressivement vers la France ; les trois derniers sires de Villars servent les rois de France durant la guerre de Cent Ans. Humbert VI est l’un des principaux artisans du rattachement du Dauphiné à la France en 1349. La Dombes souffre de guerres entre les comtes de Savoie et les sires de Villars (alliés au Dauphin et au comte de Chalon contre la Savoie) à partir de la fin du 13ème siècle. En voulant aider Édouard, comte de Savoie contre Guigue V dauphin de Viennois, Humbert 1er de Beaujeu est fait prisonnier à la bataille de Varey en 1325. Il est contraint de prêter hommage pour les seigneuries de Meximieux, Miribel et Bourg-Saint-Christophe à l’est de la Dombes, et demande au comte de Savoie un dédommagement. Les terres des sires de Villars subissent, quant à elles, plusieurs chevauchées parties des terres des comtes de Savoie, jusqu’à ce que le climat ne s’apaise, aux alentours de 1355. En 1400, le dernier des Beaujeu, Édouard II cède ses États au duc de Bourbon, Louis II. De son côté, Humbert VII de Thoire-Villars, n’ayant pas vu son fils unique lui survivre et se trouvant menacé par le duc de Bourgogne à qui il refuse de prêter hommage, vend ses terres en 1402, les partageant entre les ducs de Savoie et de Bourbon, se plaçant ainsi sous la protection de ces grands princes. Humbert VII garde toutefois l’usufruit de ses terres jusqu’à sa mort en 1423. En 1523, François 1er accuse le connétable de Bourbon de félonie, en vertu de quoi il confisque ses terres dans le royaume de France et dépêche des troupes pour confisquer la partie de la Dombes lui appartenant, bien que ces terres se trouvent côté Empire, la Saône marquant la frontière entre le royaume de France et le Saint Empire romain germanique. Il institue alors la fonction de gouverneur afin d’administrer la Dombes en son nom, ainsi qu’un parlement de Dombes qui siège d’abord à Lyon, par « territoire emprunté ». L’occupation royale par François 1er dure du 17 septembre 1523 au 31 mars 1547, suivit par celle d’Henry II du 31 mars 1547 au 10 juillet 1559 puis par celle de François II du 10 juillet 1559 au 27 septembre 1560. En 1560, François II rend leurs possessions au duc de Montpensier, héritier du connétable de Bourbon, qui récupère également ses possessions de Dombes. L’empereur n’ayant pas eu l’ambition de contrer le roi de France lorsqu’il avait confisqué ce territoire relevant pourtant de sa juridiction, les Montpensier érigent la Dombes en petite souveraineté indépendante dont Trévoux devient, suite logique à l’ampleur prise par la ville à la fin du Moyen Âge, la capitale. On rassemble dès lors dans cette cité tous les organes nécessaires à la bonne administration d’un petit État.

[10] La Glorieuse Révolution d’Angleterre, aussi appelée Seconde Révolution anglaise, fut une révolution faussement décrite dans un premier temps comme « pacifique » (1688-1689). Terme à nuancer tout d’abord en raison des combats sévères qui opposèrent les partisans catholiques à l’armée néerlandaise de Guillaume III, ainsi qu’à cause de la sanglante contre-révolution qui s’ensuivit en Irlande peu de temps après. Elle eut pour conséquence de renverser le roi Jacques II (Jacques VII d’Écosse) et provoqua l’avènement de la fille de celui-ci, Marie II, et de son époux, Guillaume III prince d’Orange, à la suite de l’invasion néerlandaise de l’Angleterre menée par ce dernier. La révolution renforça la monarchie mixte et réaffirma le rôle du parlement face à la couronne.

[11] Le très noble ordre de la Jarretière est le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques, fondé le 23 avril 1348 le jour de la Saint Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III. Cet ordre de chevalerie, le plus ancien qui subsiste encore au 21ème siècle, rassemblait autour du souverain 25 chevaliers, membres à part entière. Les hommes sont appelés « chevaliers compagnons ». Des femmes ont été associées à l’ordre, mais n’ont jamais été membres avant le règne d’Édouard VII. Elles sont alors nommées « dames de la Jarretière ».