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Stasanor

mardi 5 novembre 2019

Stasanor

Général d’Alexandre le Grand-Satrape d’Arie et de Drangiane puis celui de Bactriane et de Sogdiane

Stasanor est originaire de Soles [1] à Chypre [2]. Sa première mention date de la campagne menée en Arie [3] en 330 av. jc contre l’insurrection du satrape [4], Arsamès, déclenchée sous l’impulsion de Bessos.

En compagnie de Phrataphernès, le satrape d’Hyrcanie [5] et de Parthie [6], Stasanor accomplit sa mission avec succès en livrant Arsamès et Baranès le satrape de Parthie désigné par Bessos à Alexandre à l’automne 328.

En récompense de ses hauts faits, Stasanor reçoit la satrapie d’Arie, puis celle de Drangiane [7] en remplacement. Lors du retour d’Inde du souverain, il lui vient en aide en avançant en Carmanie [8] à la tête d’un convoi de chameaux et d’autres bêtes de somme.

À l’issue des accords de Babylone [9] conclus à la mort d’Alexandre en 323 av. jc, Stasanor est confirmé à la tête de la Drangiane et de l’Arie ; les accords de Triparadisos [10] de 321 lui octroient un gouvernement plus conséquent : la Bactriane [11] et la Sogdiane [12].

Il semble avoir penché en faveur d’Eumène de Cardia dans le conflit contre Antigone le Borgne, mais sans véritablement s’engager. Sa prudence est récompensée par ce dernier qui en 316 le maintient à la tête de sa province, où il mène une politique juste et modérée envers la population qui lui permet de s’établir fermement.

Son nom disparait ensuite de l’histoire. Néanmoins vers 305, Séleucos fait la conquête de la Bactriane et élimine soit Stasanor, soit son éventuel successeur.

Il est un contemporain et un compatriote de Cléarque de Soles, un philosophe péripatéticien [13], apparemment impliqué dans la fondation de la cité d’Alexandrie de l’Oxus [14].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Waldemar Heckel, The Marshals of Alexander’s Empire, Routledge, 1992 (ISBN 978-0415642736)

Notes

[1] Soles est une cité grecque de Chypre. Ses ruines sont situées au fond de la baie de Morphou (sous contrôle de la République turque auto-proclamée du Nord de Chypre, qui n’est pas reconnue par les États membres de l’ONU, sauf par la Turquie.), près du village de Potamos tou Kampou.

[2] Chypre, est une île située dans le bassin Levantin qui constitue la partie la plus orientale de la mer Méditerranée, souvent considérée comme européenne (politiquement et culturellement) mais située à 69 kilomètres au sud de l’Anatolie (partie asiatique de la Turquie moderne) et à 104 km à l’ouest de la Syrie.

[3] L’Arie est le nom de l’une des satrapies de l’Empire perse Achéménide. Elle était située au Nord de la Drangiane et au Sud-est de la Parthie. Elle correspondait à la partie orientale du Khorāsān Iranien et à la région de Hérat dans l’Afghanistan actuel. Elle bordait principalement la vallée de la rivière Hari qui, dans l’antiquité, était considérée comme particulièrement fertile et riche en vin. Cette satrapie fut conquise par Alexandre le Grand en 330 av. jc qui y fonda la ville d’Alexandrie d’Arie qui correspond à Hérat. Satibarzane, le satrape d’Arie se révolta après avoir fait semblant de se soumettre. Alexandre le Grand dut envoyer deux corps d’armée, dont l’un fut vaincu, pour venir à bout de sa résistance.

[4] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[5] L’Hyrcanie est le nom qui dans l’Antiquité est donné aux régions d’Asie situées au sud-est de la Mer Caspienne (anciennement l’Océan Hyrcanien) au nord-est de l’Iran actuel, autour de l’actuelle Gorgan. L’Hyrcanie est une province de la Médie puis de l’empire perse des Achéménides et c’est à la frontière entre cette satrapie et la Parthie que Darius III, en fuite devant Alexandre le Grand, est assassiné en 330 av. jc. Plus tard cette région est englobée dans le royaume des Parthes.

[6] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[7] La Drangiane ou Tzarangiane, était une province et une satrapie de l’Empire achéménide. Elle recouvrait la région du Lac Hamoun, les marais du bassin endorhéique du Sistan, aux confins de l’Iran, de l’Afghanistan et du Pakistan, et son principal bassin versant, la vallée de Helmand, dans le sud-ouest de l’actuel Afghanistan et le « méplat » (Nok Kondi) de l’ouest du Pakistan. Elle correspond à l’actuelle région du Seistān au sud-ouest de l’Afghanistan. Sa capitale était Prophtasie. C’est dans cette ville, lors de la conquête de cette province en 330 av. jc par Alexandre le Grand, que Philotas fut exécuté.

[8] La Province de Kerman est une des 30 provinces d’Iran. Cette région peut être considérée comme une des plus anciennes régions d’Iran, et avec le cours du temps, des ruines historiques de grande valeur ont pu être découvertes. Jiroft en est un exemple, où les traces d’une civilisation humaine datant d’environ 2500 ans av.jc ont été découverts par des archéologues.

[9] Les accords de Babylone ou partage de Babylone ou partition de Babylone désignent l’attribution des territoires d’Alexandre le Grand à ses généraux après sa mort en juin 323 av. jc.

[10] Les accords de Triparadisos sont conclus en 321 av.jc en vue de réorganiser le commandement et les satrapies de l’ancien empire d’Alexandre le Grand, mort en 323. Cette réorganisation a lieu au nord de la Syrie après la campagne malheureuse de Perdiccas en Égypte. Les diadoques qui ratifient cet accord sont Antipater et Antigone le Borgne. Antipater est confirmé comme régent de Macédoine. Il est aussi attentif à contenir les ambitions d’une autre femme, l’épouse de Philippe III, Eurydice. Le principal bénéficiaire de cet accord est Antigone le Borgne.

[11] La Bactriane ou Bactrie est une région à cheval sur les États actuels d’Afghanistan, du Pakistan, de la Chine, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et aussi un peu du Turkménistan, située entre les montagnes de l’Hindū-Kūsh et la rivière Amou-Daria. Elle était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes : au sud les Paropamisades et l’Inde ; au nord, la Sogdiane ; à l’est, la Scythie extra Imaum ; à l’ouest, l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens.

[12] La Sogdiane ou Sogdie est une région historique recouvrant en partie l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Afghanistan et englobant les villes historiques de Samarcande et Boukhara et la vallée irriguée de Zeravchan (ancienne Polytimetus). Elle se situe au nord de la Bactriane, à l’est de Khwarezm et au sud-est de Kangju entre l’Oxus (Amou-Daria) et le Jaxartes (Syr-Daria). La Sogdiane fut la 18ème province de l’Empire perse achéménide, selon l’Inscription de Behistun de Darius 1er.

[13] L’école péripatéticienne, ou école péripatétique, est l’école philosophique fondée par Aristote en 335 av.jc au Lycée d’Athènes. Elle désigne également par extension ses sectateurs, tant juifs que musulmans. Aristote enseignait au Lycée d’Athènes en marchant avec ses élèves.

[14] actuelle Aï Khanoum en Afghanistan