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Néolithique : Sédentarisation et agriculture

vendredi 25 octobre 2019

Néolithique : Sédentarisation et agriculture

Les premiers hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette... Ainsi vivaient par exemple les hommes qui décorèrent les grottes de Lascaux [1] et d’Altamira [2] 16 000 ans avant notre ère.

Nomades et peu nombreux, ils parcouraient la terre en quête de nourriture. Ils jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre, d’autant qu’après la dernière glaciation, qui remonte à 16 000 ans av. jc, le réchauffement du climat avait favorisé dans les zones tempérées la prolifération du gibier, des céréales [3] et des légumineuses [4].

Ces premiers hommes utilisaient des pierres et des os pour se défendre, découper la viande et déterrer les racines. Pour rendre ces outils rudimentaires plus coupants et plus pointus, ils les taillaient avec des pierres dures [5].

Au cours du demi millénaire suivant entre 10 000 à 9 500 av. jc., dans la même région, les Khiamiens [6] multiplient les représentations de femmes. Il s’agit de figurines en calcaire assimilables à une déesse Mère. Elles cohabitent avec des représentations de taureaux, le taureau étant le symbole de la force virile et indomptable.

Avec les Natoufiens [7] du Mont Carmel en Israël  [8], qui vécurent 10 000 ans av. jc, nous découvrons le plus ancien ami de l’homme : le chien. C’est le premier exemple de domestication animale... Les hommes du Mésolithique ont attendu 3 000 ans avant de domestiquer un nouvel animal : la chèvre.

Le Néolithique est la dernière période de la Préhistoire, après le Paléolithique supérieur. Elle est caractérisée par la naissance de l’agriculture et de l’élevage ainsi que la mise au point de techniques raffinées pour la taille des outils en pierre. Mais aussi par l’apparition des premiers villages.

Dans la période qui s’étire entre 12 500 et 7 500 av. jc et au-delà, l’humanité connaît une première expansion démographique, de quelques centaines de milliers à quelques dizaines de millions d’individus.

De petites communautés humaines commencent à se grouper dans des villages permanents. Puis elles développent l’agriculture en complément de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Elles pratiquent ensuite l’élevage et enfin cultivent les arts du feu, notamment la poterie et la métallurgie du bronze.

Les hommes cessent d’être seulement des prédateurs qui puisent leur subsistance dans la nature. Ils deviennent des producteurs qui renouvellent ce qu’ils consomment [9] par les semis et l’élevage. Ce changement est observé au Moyen-Orient et presque simultanément en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes.

Des deux millénaires qui s’écoulent entre 9 500 et 7 500 av. jc, il nous reste des vestiges remarquables sur le site de Jéricho [10], comme sur celui de Mureybet [11].

Une nouvelle architecture émerge avec des maisons à plan rectangulaire. La forme ronde est dès lors réservée aux maisons communautaires ou aux sanctuaires. Les maisons rectangulaires non enterrées et les premières chèvres domestiquées témoignent de la volonté des hommes de s’affranchir des éléments naturels et de les dominer.

La révolution néolithique se diffuse assez vite du Levant [12] vers l’Anatolie [13]. On en trouve les traces à Cayönu [14] et Nevali [15] ainsi qu’à Catal Hüyük [16]. Ce dernier montre des maisons resserrées, auxquelles on accède par le toit à cause du climat froid de la région. Ce village aurait été fondé vers 7 500 avant notre ère.

La révolution néolithique se clôt avec l’apparition de la poterie et des premiers objets métalliques.

Moulées à la main et cuites au four, les premières poteries sont fragiles. Elles n’en permettent pas moins des changements culinaires importants en autorisant la préparation de soupes et bouillies.

La poterie surgit au Japon dès le 12ème millénaire avant notre ère et dans le Sahara au 9ème millénaire, soit bien avant l’invention de l’agriculture !

P.-S.

source : texte écrit par André Larané Herodote.net

Notes

[1] La grotte de Lascaux, située sur la commune de Montignac en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, est l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l’art pariétal » ou « chapelle Sixtine du Périgordien » selon une expression attribuée à Henri Breuil

[2] La grotte d’Altamira est une grotte ornée située en Espagne à Santillana del Mar, près de Santander (Cantabrie). Elle renferme l’un des ensembles picturaux les plus importants de la Préhistoire. Il date de la fin du Paléolithique supérieur, du Magdalénien. Son style artistique relève de ce que l’on appelle l’art préhistorique franco-cantabrique, caractérisé notamment par le réalisme des représentations et par ses thèmes animaliers.

[3] blé et orge

[4] pois ou lentilles

[5] silex ou quartzite

[6] Le Khiamien est une culture mésolithique du Proche-Orient. Il marque la transition entre le Natoufien et le Néolithique au sens strict, tout en étant parfois rattaché à ce qu’on appelle le Néolithique précéramique. Le Khiamien s’étend selon les auteurs entre environ 10 000 et 9 500 ans av. jc ou entre 10 200 et 8 000 ans av. jc. Son nom vient du site archéologique d’El Khiam, au sud de la Cisjordanie.

[7] Le Natoufien est une culture archéologique de l’Épipaléolithique, attestée au Levant entre 14 500 et 11 500 avant notre ère, et caractérisée par les premières expériences de sédentarisation.

[8] Le mont Carmel, en hébreu Har HaKarmel, littéralement en français « le vignoble de Dieu », est une montagne côtière d’Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de Haïfa se trouve en partie sur le flanc du mont Carmel, ainsi que quelques petites villes, comme Nesher ou Tirat Carmel.

[9] graines, gibier

[10] la plus ancienne des villes actuelles

[11] au bord de l’Euphrate dans l’Irak actuel

[12] la région du Jourdain

[13] L’Anatolie ou Asie Mineure (Anadolu en turc) est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire. Dans le sens politique donné par les autorités turques, elle désigne toute la partie asiatique de la Turquie (97 % du territoire du pays, les 3 % restants étant situés en Thrace orientale).

[14] Site mésolithique et néolithique du sud-est de la Turquie localisé à environ 40 km au nord-ouest de Diyarbakır, au pied du Taurus. Occupé à partir de 10 200 avant notre ère, il a livré des vestiges très importants pour comprendre le développement de l’agriculture et de l’élevage, mais aussi le développement d’autres techniques durant le Néolithique précéramique.

[15] Site archéologique situé dans le sud-est de la Turquie, dans la vallée du Moyen Euphrate, dans la province de Şanlıurfa.

[16] Site archéologique de Turquie. Situé en Anatolie centrale, dans la plaine de Konya, sur les bords de la rivière Çarşamba, c’est l’un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Fondé à la fin du 8ème millénaire av. notre ère, il atteint son extension maximale entre le milieu du 7ème et le début du 6ème millénaire av. notre ère et couvre une superficie d’environ 13 ha. Sa population est alors estimée à plusieurs milliers de personnes.