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Sédentarisation des hommes et naissance de l’agriculture

lundi 18 novembre 2019

Sédentarisation des hommes et naissance de l’agriculture

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Carte du Croissant fertile par James Henry Breasted, 1916.

Tout change vers 12.500 ans av. jc. Le Moyen-Orient se couvre de graminées [1] et l’« on a pu calculer qu’une personne pouvait récolter en deux semaines assez d’engrain sauvage pour nourrir une famille de 4 personnes pendant un an ».

Entre l’an 12.500 et l’an 7.500 av. jc, de petites communautés humaines commencent de se grouper dans des villages permanents.

Au Proche-Orient, dans la région du Jourdain [2], certaines communautés profitent de cette nourriture abondante à portée de main pour habiter à plusieurs familles dans un village permanent plutôt que de se déplacer sans cesse et de dormir dans des abris de fortune. Ils choisissent de vivre groupés mais sans rien changer à leur pratique de chasseur-cueilleur.

La mise à jour près du Mont Carmel et sur le site de Ouadi en-Natouf [3] d’où l’appellation de Natoufiens donnée par les savants aux représentants de cette lointaine culture.

Dès 4 500 ans av. jc, les hommes du Levant s’aperçoivent qu’en faisant fondre certaines roches, ils obtiennent un matériau mou et malléable à chaud qui devient très dur et résistant en refroidissant. Quand il est bien modelé à chaud, ce matériau rend plus de services que la pierre taillée ou polie. Le premier métal qu’apprennent à travailler les hommes est le cuivre, produit à partir de la malachite [4].

Les hommes apprennent également à produire de l’étain à partir de la cassitérite [5] et, en mélangeant le cuivre et l’étain, obtiennent du bronze, un alliage aux vertus intéressantes, qui se prête à la fabrication d’armes et d’outils. C’est ainsi qu’après l’époque néolithique vient l’Âge des métaux.

Les paysans font appel à des artisans spécialisés pour leur fournir les outils et les vêtements dont ils ont besoin. Ces artisans tissent la laine du mouton ainsi que des fibres végétales comme le lin ou le chanvre, pour en faire des vêtements. D’autres fabriquent des poteries en terre cuite pour conserver les céréales et l’huile ainsi que pour cuire les aliments...

Puis elles développent l’agriculture en complément de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Elles pratiquent ensuite l’élevage et enfin cultivent les arts du feu, notamment la poterie et la métallurgie du bronze.

Pour travailler la terre, les paysans utilisent des outils de plus en plus spécialisés : houe, faucille... Ces outils sont en bois, en pierre polie, voire en bronze.

Au Moyen-Orient, au bout de quelques milliers d’années, les pluies se faisant plus rares, les populations d’agriculteurs se concentrent dans une région en forme de croissant que nous appelons pour cette raison Croissant fertile [6].

Dans ce Croissant fertile, de grands fleuves favorisent l’irrigation des champs et compensent la raréfaction des pluies. Ces fleuves sont le Nil [7], qui traverse l’Égypte, le Jourdain, qui baigne la Palestine et surtout le Tigre [8] et l’Euphrate [9] dont le bassin forme la Mésopotamie [10].

L’écriture, apparaît presque simultanément en Mésopotamie et en Chine, 3 à 4 000 ans avant notre ère et engendre les premiers États avec un embryon d’administration.

Ce changement est observé au Moyen-Orient et presque simultanément en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes.

Des deux millénaires qui s’écoulent entre 9500 et 7500 avant notre ère, il nous reste des vestiges remarquables sur le site de Jéricho [11], la plus ancienne des villes actuelles, comme sur celui de Mureybet [12], au bord de l’Euphrate.

P.-S.

Ces données reprennent en partie le travail effectué par heredote net et Histoire de l’Europe/Préhistoire de l’Europe/ wikibooks

Notes

[1] céréales

[2] Le Jourdain est un fleuve du Moyen-Orient, qui a donné son nom à la Jordanie, à la Cisjordanie et à la ville de L’Isle-Jourdain en France. Du mont Hermon à la mer Morte, le Jourdain s’écoule sur 360 km et sa vallée est la plus basse du monde puisqu’il rejoint la mer Morte à l’altitude de - 421 m sous le niveau des océans.

[3] en Cisjordanie.

[4] La malachite est une espèce minérale du groupe des carbonates minéraux et du sous-groupe des carbonates anhydres.

[5] La cassitérite est une espèce minérale composée de dioxyde d’étain de formule SnO2, pouvant contenir des traces d’autres éléments métalliques

[6] Le Croissant fertile est une expression désignant une région (non officielle) biogéographique du Proche-Orient formant une bande de terres cultivables grâce à un climat suffisamment pluvieux, délimitée au sud par le désert de Syrie (la partie nord du désert d’Arabie), à l’ouest par la mer Méditerranée, et par les montagnes du Taurus et du Zagros au nord et à l’est1. Il traverse les États actuels d’Israël, la Palestine, la Jordanie, la Syrie, le Liban, le sud-est de la Turquie, le nord et l’est de l’Irak, et le bord ouest de l’Iran2. Le terme fut introduit en 1916 par l’archéologue James Henry Breasted car l’arc formé ressemble à un croissant.

[7] Le Nil est un fleuve d’Afrique. Avec une longueur d’environ 6 700 km, c’est avec le fleuve Amazone, le plus long fleuve du monde. Il est issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le Nil blanc (Nahr-el-Abiad) prend sa source au lac Victoria (Ouganda, Kenya, Tanzanie) ; le Nil bleu (Nahr-el-Azrak) est issu du lac Tana (Éthiopie). Ses deux branches s’unissant à Khartoum, capitale du Soudan actuel, le Nil se jette dans la Méditerranée en formant un delta au nord de l’Égypte. Le Nil est la voie qu’empruntaient les Égyptiens pour se déplacer. Il apporte la vie en fertilisant la terre et garantit l’abondance. Il joua un rôle très important dans l’Égypte antique, du point de vue économique, social (c’était autour de lui que se trouvaient les plus grandes villes), agricole (grâce au précieux limon des crues) et religieux. La crue du Nil, qui avait lieu chaque été et qui apportait le limon noir permettant la culture de ses rives. Le Nil est la voie qu’empruntaient les Égyptiens pour se déplacer. La crue du Nil, qui avait lieu chaque été et qui apportait le limon noir permettant la culture de ses rives

[8] Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l’autre grand fleuve de la région l’Euphrate.

[9] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[10] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[11] L’occupation du site remonterait au 10ème millénaire av. jc, à une période où le niveau de la mer Morte était vraisemblablement beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui. D’une superficie de 2 à 3 ha, Jéricho est parfois considérée comme l’une des plus anciennes cités du monde, bien que le terme de « ville », au sens d’une agglomération importante présentant une diversité économique et sociale, ne puisse être employé réellement qu’à partir du 4ème millénaire av. jc pour la Mésopotamie, la Syrie et l’Iran. Les plus anciennes traces d’habitation ont été retrouvées près de la source de ’ēn es-Sultān. Elles se composent de murs défensifs imposants (3,5 m de large, 5 m de haut, eux-mêmes protégés par un fossé de 2 m de profondeur et 8 m de large), d’un lieu de culte et d’une tour de 8,5 m datée de 9000 av. jc et considérée jusqu’en 2007 comme le vestige d’édifice public le plus ancien au monde, avant la découverte des tours de Tell Qaramel. Le terme de Néolithique précéramique, introduit à l’occasion des découvertes archéologiques faites à Jéricho a été par la suite adopté pour l’ensemble du Néolithique du Proche-Orient.

[12] Le site archéologique de Mureybet est situé sur la rive gauche de l’Euphrate, en Syrie. Il remonte au Néolithique précéramique (9000 à 8500 av. jc), c’est-à-dire à la mise en place de l’agriculture avant même l’utilisation de la céramique.