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Toutânkhamon

mardi 23 juillet 2019, par ljallamion

Toutânkhamon (vers 1345-vers 1327 av. jc)

Onzième pharaon de la XVIIIème dynastie de 1336 /1335 à 1327 av.jc

Toutânkhamon Onzième pharaon de la XVIIIème dynastieSelon les dernières études génétiques, il est le fils de Akhénaton et de la propre sœur de ce dernier, dont l’identité est inconnue, mais baptisée Younger Ladyn. Manéthon l’appelle Chebres.

On ne sait pas pourquoi ce n’est pas lui qui succède directement à son père. Peut-être est-ce à cause de son trop jeune âge à l’époque, environ 9 ans, dans une période de troubles, de remises en cause des religions, de bouleversement des valeurs traditionnelles et de risque de guerre avec les Hittites [1].

Il va régner jusqu’à l’âge de 18 ou 19 ans. Il doit sa célébrité à la découverte de sa sépulture en 1922 et au fabuleux trésor qu’elle recèle.

Toutânkhamon naît en l’an XII du règne d’Akhénaton à Thèbes [2] où à Akhetaton [3], où il grandit dans le cercle de la famille royale.

Les deux parents de Toutânkhamon sont frère et sœur pour être les enfants du pharaon Amenhotep III et de la reine Tiyi.

Après sa naissance, il est éduqué par la « nourrice royale » Maïa ou Maya, dont la tombe a été trouvée à Saqqarah [4]. Son éducation se poursuit sous l’autorité d’un précepteur, Sennedjem, dont la tombe a été trouvée à Akhmîm [5], en Haute-Égypte [6].

Toutânkhamon a emporté dans sa tombe ses fournitures de petit écolier : une palette de scribe [7] en ivoire à son nom, dans laquelle subsistent des pains d’encre rouge et noir-bleu ainsi que sept calames permettant d’écrire ; un étui à calames en bois plaqué d’or et incrusté de cornaline, d’obsidienne et de pâtes de verre colorées dont le couvercle est en ivoire ; un lissoir permettant de rendre son intégrité au papyrus après en avoir gommé les erreurs. L’entraînement physique, comme le tir à l’arc, la course en char, la chasse dans le désert, fait également partie de son éducation.

Il est élevé dans le culte du dieu unique Aton .

Il accède au trône vers 1335 av. jc. Il épouse alors sa sœur Ânkhésenamon .

Il est le père de deux filles mort-nées. Vers 1338, Akhénaton meurt. Lui succède alors la reine Ânkh-Khéperourê , reconnue aujourd’hui comme la demi-sœur aînée de Toutânkhaton, Mérytaton . Elle disparaît rapidement pour des raisons inconnues.

Bien qu’il ne soit encore qu’un enfant de neuf ans, Toutânkhaton monte sur le trône de la Haute et Basse Égypte. Il est légitimé en épousant Ânkhésenpaaton, née à la fin de l’an VII d’Akhénaton, la troisième fille de Néfertiti et d’Amenhotep IV, qui devient son épouse royale après le changement de son nom en Ânkhésenamon.

Compte tenu de son âge, le roi a probablement des conseillers puissants, en particulier, Aÿ et le général Horemheb . Comme il est trop jeune pour régner, c’est probablement eux qui détiennent le véritable pouvoir administratif et militaire.

Dans la troisième année de son règne, Toutânkhaton se détourne de certains des changements apportées par Akhénaton.

Il délaisse le culte d’Aton et restaure la suprématie du dieu Amon . Le bannissement d’Amon est levé et les privilèges traditionnels sont rendus au Grand prêtre d’Amon [8] et à son clergé. Il change d’ailleurs son nom en Toutânkhamon afin d’affermir la restauration du dieu, tandis que son épouse devient Ânkhésenamon, comme l’indique la stèle de restauration du culte d’Amon retrouvée dans le temple de Karnak [9].

La ville d’Akhetaton est abandonnée et la capitale est déplacée à Thèbes. Le roi initie la construction de nouveaux bâtiments, en particulier à Thèbes et à Karnak où il consacre un temple à Amon.

Les fêtes traditionnelles sont célébrées à nouveau, en particulier celles consacrées au dieu Apis , ainsi que la belle fête d’Opet [10].

Cependant, il ne semble pas que le couple royal ait abandonné totalement la religion atonienne, comme en témoigne le trône où l’on peut apercevoir, dans un cartouche ciselé sur un accoudoir, le disque solaire Aton tendre la croix de vie au pharaon et à sa femme.

À la suite du règne d’Akhénaton, le pays est faible et instable. Les relations diplomatiques avec les autres royaumes ont été négligées et Toutânkhamon s’emploie à les restaurer, en particulier avec le Mitanni [11]. Les cadeaux, provenant de divers pays, trouvés dans sa tombe, semblent prouver son succès.

Malgré ses efforts pour améliorer leurs relations, des batailles avec les Nubiens [12] et les Asii [13] sont rapportées dans son temple funéraire à Thèbes.

Décrit comme le « souverain qui restaure », Toutânkhamon a initié une certain nombre de constructions et a œuvré à la restauration des sanctuaires abandonnés pendant le règne d’Akhénaton.

Le fabuleux trésor retrouvé dans le tombeau de Toutânkhamon, l’une des seules sépultures pharaoniques à avoir été découverte quasi intacte, laisse augurer de la richesse des autres tombeaux dans leur état d’origine.

La tombe de Toutânkhamon recelait des milliers d’objets : du mobilier dont un splendide trône, plusieurs lits dont un surprenant lit aux deux longues vaches dorées, qui témoignent d’une habileté technique rarement égalée, mais aussi des bijoux, des statuettes, têtes et masques, des cannes, des vases, des éventails, etc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tutankhamun »/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1323

Notes

[1] Les Hittites sont un peuple ayant vécu en Anatolie au 2ème millénaire av. jc. Ils doivent leur nom à la région dans laquelle ils ont établi leur royaume principal, le Hatti, situé en Anatolie centrale autour de leur capitale, Hattusan. À partir de la seconde moitié du 17ème siècle avant notre ère, les rois du Hatti construisent un des plus puissants royaumes du Moyen-Orient, dominant l’Anatolie jusqu’aux alentours de 1200 av. jc. À partir du 14ème siècle avant notre ère, ils réussissent à faire passer la majeure partie de la Syrie sous leur coupe, ce qui les met en rivalité avec d’autres puissants royaumes du Moyen-Orient : l’Égypte, le Mitanni et l’Assyrie.

[2] Thèbes (aujourd’hui Louxor) est le nom grec (Thebai) de la ville d’Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute Égypte. D’abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIème dynastie. Elle est en effet la ville d’origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIème dynastie avec Montouhotep 1er et Montouhotep II, liquidateurs de la Première Période intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres, c’est-à-dire de la Haute Égypte et de la Basse Égypte.

[3] Akhetaton, à mi-chemin entre Memphis et Thèbes, fut la capitale éphémère de l’Égypte antique durant le règne du pharaon Akhénaton. Elle fut fondée vers 1353 av. jc. Elle était située sur le site d’Amarna. Akhénaton fonde la ville en l’an 9 de son règne, sur un site de Moyenne Égypte encore vierge de tout culte. Toute la cour et l’administration égyptienne déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d’y pénétrer. Après la chute d’Akhénaton et le retour à l’orthodoxie religieuse (le culte d’Amon), Akhetaton est livrée à l’abandon et ses édifices de pierre servent de carrière pour la ville voisine d’Hermopolis Magna.

[4] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[5] Akhmîm est une ville de Haute Égypte, située sur la rive droite du Nil en face de Sohag, à environ 130 kilomètres au sud d’Assiout. L’antique cité d’Akhmîm, connue sous le nom d’Ipou ou Khent-Menou sur les listes géographiques égyptiennes, était le chef-lieu du IXème nome de Haute Égypte, le nome du dieu Min. À l’époque gréco-romaine, son appellation était Panopolis, la cité de Pan car on y vénérait le dieu ithyphallique Min, que les Grecs assimilaient à leur dieu Pan. Avec Coptos, Akhmîm était l’un des points de départ des expéditions minières vers le désert oriental. Outre le dieu de la fertilité Min, patron des caravaniers, une déesse locale, Aprit-Isis ou Triphis, y était adorée en tant que « souveraine de Panopolis » et mère d’Horus l’enfant.

[6] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.

[7] Le scribe désigne dans l’Égypte antique un fonctionnaire lettré, éduqué dans l’art de l’écriture et de l’arithmétique. Omniprésent comme administrateur, comptable, littérateur ou écrivain public, il fait fonctionner l’État de Pharaon au sein de sa bureaucratie, de son armée ou de ses temples. Le scribe royal domine l’administration centrale. Les scribes supérieurs font partie de la cour de pharaon, ils ne paient pas d’impôts et n’ont pas d’obligations militaires.

[8] Le grand prêtre d’Amon est le plus haut rang de prêtre dans le sacerdoce du dieu Amon. Les premiers grands prêtres d’Amon apparaissent au début de la XVIIIe dynastie. Le sacerdoce d’Amon augmente en puissance au cours de cette dynastie par l’importance des hommages au dieu Amon d’Hatchepsout et surtout Thoutmôsis III.

[9] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[10] La « belle fête d’Opet », heb nefer en Ipet, au cours de laquelle l’Amon-Rê de Karnak, accompagné de son épouse Mout et de leur fils Khonsou, était porté en procession à Louxor, où il prenait la forme d’Amon-Min, était l’une des fêtes religieuses les plus somptueuses de l’Égypte pharaonique. Elle fut célébrée tous les ans au mois de Paophi, 2e mois de la saison akhet. Attestée à partir du règne d’Hatchepsout, elle se maintint jusqu’à la XXVe dynastie. À l’origine, les festivités duraient onze jours, mais finirent par s’étaler sur près d’un mois sous les Ramessides.

[11] Mitanni (ou Mittani) était un royaume du Proche-Orient ancien dont le centre était situé au nord-est de la Syrie actuelle, dans le triangle du Khabur, à peu près entre le 17ème siècle et le 13ème siècle avant notre ère. Il était peuplé en majorité de Hourrites, peuple qui doit son nom actuel à la région appelée Hurri, qui semble recouvrir une grande partie de la Haute Mésopotamie. Son élite et sa dynastie régnante, bien que hourrites, préservent cependant des traits archaïques indo-aryens qui traduisent peut-être des origines de ce peuple. Le nom du royaume provient peut-être du nom d’un certain Maitta. Ses voisins l’appelaient de différentes façons : Naharina pour les Égyptiens, Hanigalbat pour les Assyriens, ou encore Subartu dans certains cas. À son apogée, le Mitanni domine un vaste espace allant de la mer Méditerranée jusqu’au Zagros, dominant alors de riches royaumes, notamment en Syrie (Alep, Ugarit, Karkemish, Qatna, etc.). Il rivalise avec les autres grandes puissances du Moyen-Orient de la période, les Égyptiens et les Hittites, avant que les conflits contre ces derniers et les Assyriens ne causent sa chute.

[12] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[13] Les Asii, ou Asioi, était l’une des tribus indo-européennes responsables, selon des sources grecques et romaines, de la chute de la Bactriane aux environs de l’an 140 av. jc. Ces tribus sont généralement identifiées comme membres des Scythes, des Sakas ou des Tokhariens.