Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > De 300 av.jc à 100 av. notre ère > Eusébès Philopatôr dit Ariarathe V

Eusébès Philopatôr dit Ariarathe V

dimanche 31 mars 2019, par ljallamion

Eusébès Philopatôr dit Ariarathe V (mort en 130 av. jc)

Roi de Cappadoce de 163 à 159 et de 157 à 130 av. jc

Monnaie d'argent d'Ariarathe V.Fils d’ Ariarathe IV et d’ Antiochis III , une fille d’Antiochos III Megas, roi de Syrie [1].

Il est associé au trône par son père. Après son avènement, il envoie des ambassadeurs chargés de renouveler le traiter d’amitié existant entre son royaume et Rome. Conforté par la réponse bienveillante du Sénat, il envoie des émissaires auprès de Lysias, qui dirige comme régent le royaume des Séleucides [2], afin de lui réclamer les restes de sa mère et de sa sœur.

Deux envoyés du sénat, Cneius Octavius et Sp. Lucretius, règlent le différend qui oppose le royaume de Cappadoce [3] et les Trocmes Galates [4]. Le roi Ariarathe V intervient également auprès d’ Artaxias 1er d’Arménie , qui se conduit en chef d’État indépendant depuis la mort du roi séleucide Antiochos IV, pour le dissuader d’annexer la Sophène [5] du roi Mithrobazane .

Le roi de Cappadoce envoie ensuite une nouvelle ambassade au Sénat de Rome pour l’assurer de sa soumission et offre un présent de 10 000 pièces d’or. Afin de ne pas mécontenter Rome, Ariarathe V a refusé la main de Laodicé V, veuve de Persée de Macédoine et sœur de Démétrios 1er Sôter de Syrie.

Ce dernier soutient en 159 av. jc les prétentions d’ Oropherne , un frère d’Ariarathe qui revendique le trône.

En 158, Ariarathe V s’enfuit à Rome pour plaider sa cause directement auprès des consuls Sex Julius Caesar et L. Aurelius Orestès contre les deux envoyés d’Oropherne. Il obtient l’aide de Rome qui charge son allié local Attale II, nouveau roi de Pergame [6], de le rétablir.

Ariarathe V demeure ensuite un allié fidèle de Rome et il envoie des troupes commandées par l’un de ses fils, Démétrios, soutenir Attale II contre le roi Prusias II de Bithynie.

Il meurt en 130 av. jc, tué au cours de la guerre contre Eumène III Aristonikos de Pergame dit Eumène III . En compensation, Rome accorde la Phrygie [7] aux fils d’Ariarathe.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Annales de l’Est, Nancy, 1967, tome II

Notes

[1] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[2] Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos 1er, l’un des diadoques d’Alexandre le Grand, qui a constitué un empire formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de l’Anatolie à l’Indus. Le cœur politique du royaume se situe en Syrie, d’où l’appellation courante de « rois de Syrie ». Les Séleucides règnent jusqu’au 2ème siècle av. jc sur la Babylonie et la Mésopotamie dans la continuité des Perses achéménides.

[3] Bien que vassale de l’Empire perse, la Cappadoce continue à être gouvernée par ses propres dirigeants, organisés en une aristocratie de type féodal. En 330 av. jc, elle devient indépendante sous le roi Ariarathe 1er, qui reconnaît symboliquement la suzeraineté d’Alexandre le Grand et fonde une dynastie. Sous Ariarathe IV ont lieu les premiers contacts avec Rome. La Cappadoce devient alors l’alliée des Romains contre les Séleucides, mais elle est vaincue. Suit une période confuse, au terme de laquelle la dynastie d’Ariarathe disparaît dans les guerres contre le royaume du Pont. En 92 av. jc, Rome vient au secours du royaume de Cappadoce pour repousser le roi du Pont Mithridate VI, qui s’en était emparé, et rétablir le pouvoir d’Ariobarzane 1er, appelé par les Grecs Philoromaios (« ami des Romains »). La Cappadoce, avec opportunisme, soutient successivement Pompée, Jules César, Marc Antoine et enfin Octave. En 17, par suite de la disgrâce du roi Archélaos, la Cappadoce est intégrée par Tibère à l’Empire romain, dont elle devient une province impériale, à laquelle sont bientôt incorporées les régions du Pont et de l’Arménie Mineure.

[4] Les Galates sont des peuples celtes qui, dans l’Antiquité, ont migré dans le centre de l’Asie Mineure. De Gaule cisalpine, des troupes celtes ont pris la route des Balkans, ils ont traversé la Macédoine et gagné la Grèce, pillant au passage le temple de Delphes, lors de la Grande expédition. À ce moment ils se divisent, certains d’entre eux retournant en Gaule dans les Cévennes et autour de Toulouse où ils sont désormais désignés comme Volques Tectosages. Les autres, ayant franchi l’Hellespont, les Galates, commandés par Lutérios et Léonorios, arrivent dans ce pays vers 278 av. jc à l’invitation du roi Nicomède 1er de Bithynie afin de combattre Antiochos 1er, roi séleucide. Leur appui lui assura le trône, et il leur donna en récompense des terres situées au sud de son royaume, sur les bords du Sangarius. Avant de s’y établir, les Gaulois dévastèrent toute la partie de l’Asie Mineure baignée par la mer Egée, depuis la Troade jusqu’à la Carie. Vaincus par Antiochos 1er, roi de Syrie en 277 et par Attale 1er, roi de Pergame en 241, ils se concentrèrent dans la partie nord de la Grande Phrygie, lui donnèrent le nom de Galatie, et reçurent eux-mêmes le nom de Gallo-Grecs, parce qu’ils se mêlèrent à la population grecque et phrygienne du pays. Géographiquement, leur implantation est délimitée par le royaume du Pont et la Paphlagonie au nord, la Cappadoce à l’est, le royaume de Pergame au sud et la Bithynie à l’ouest.

[5] La Sophène est un ancien royaume arménien situé dans le sud-est de l’actuelle Turquie. L’annexion de la Sophène en 90 av. jc marque le début de la première vague d’expansion de l’Arménie de Tigrane II. Néanmoins, son alliance avec Mithridate VI du Pont, ses démêlés avec les Romains et les intrigues de son fils Tigrane le Jeune finissent par lui coûter. Face à la pression de Pompée et de ses légions, Tigrane II cède la Sophène à son fils en 66 av.jc. Ce dernier s’y maintient à peine une année. En 54, Néron détache la Sophène de l’Arménie et fait de Sohaemus d’Émèse son roi, jusqu’après 60 (probablement jusqu’au traité de Rhandeia en 63), lorsqu’elle retourne à l’Arménie.

[6] Pergame est une ancienne ville d’Asie Mineure, en Éolide située au nord de Smyrne, au confluent du Caïque et du Cétios, à environ 25 km de la mer Égée. À l’heure actuelle, son nom est Bergama (Turquie, province d’Izmir).

[7] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.