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L’histoire pour le plaisir

Jean II de Rohan

vendredi 15 décembre 2017

Jean II de Rohan (1452-1516)

Seigneur de Bretagne de la fin du 15ème siècle

Membre de la maison de Rohan, il est le fils d’ Alain IX de Rohan  et de Marie de Lorraine-Vaudémont. Il fut vicomte de Rohan [1], de Léon [2] et comte de Porhoët [3]. Il épousa Marie de Bretagne, fille du duc François 1er de Bretagne. Il commença la construction du château de Pontivy [4] et fit bâtir le Pont habité de Landerneau [5].

Il s’opposa souvent au duc François II dont Marie de Bretagne était la petite-cousine et la belle-sœur. Selon la tradition successorale bretonne antérieure aux traités de Guérande [6], de par son mariage, il aurait pu devenir duc à la mort de sa belle-sœur la duchesse Marguerite de Bretagne.

À la mort de François II, il s’allia au roi de France Charles VIII et conquit une partie du domaine ducal [7]. Il se prétendit et s’intitula alors duc de Bretagne, ce que Charles VIII dut lui interdire expressément.

Il était, avec Jean de Chalon , prince d’Orange [8], l’héritier présomptif de la duchesse Anne, jusqu’à ce que celle-ci mette au monde ses enfants. Sa vie entière fut consacrée à se rapprocher de la couronne ducale.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Yvonig Gicquel, Jean II de Rohan ou l’indépendance brisée de la Bretagne, Jean Picollec éditeur, 1994, ISBN 2-86477-140-3.

Notes

[1] La maison de Rohan est une famille princière du duché de Bretagne, qui a marqué l’histoire de France. Elle fut, avec la maison de Clisson et la maison de Laval, l’une des plus puissantes familles du duché. Elle doit son nom à la ville de Rohan dans le Morbihan. C’est l’une des plus anciennes familles subsistantes de la noblesse française.

[2] La vicomté de Léon, dans le nord-ouest de la Bretagne, a existé depuis au moins le milieu du 11ème siècle et a disparu à la fin du 13ème siècle. Son territoire correspondait peu ou prou avec celui de l’évêché de Léon et à la majeure partie de l’ancien pays de Léon, dénommé alors comté de Léon avant la partition de 1176 qui donne naissance à la vicomté de Léon et, au profit d’une branche cadette, à la seigneurie de Léon

[3] La vicomté puis comté de Porhoët a pour origine un fief constitué dans l’ouest du comté de Rennes par le vicomte Eudes ou Eudon cité en 987 qui vivait sous le règne de Conan Ier de Bretagne. Le Comté ne compte plus que 59 paroisses au 15ème siècle. Il s’étend alors des landes de Lanvaux jusqu’au Méné, le pays de Boquen et du cours de l’Oust aux environs de Ploërmel avec comme principaux centres Uzel, Loudéac et La Chèze.

[4] Le château de Pontivy (Morbihan), appelé château des Rohan, a été bâti aux 15ème et 16ème siècles par la famille de Rohan. En 1456, le site est donné aux Cordeliers qui y édifient leur monastère. Le vicomte Jean II de Rohan (comte de Porhoët, gendre et opposant au duc de Bretagne François II et gouverneur de Bretagne pour Charles VIII), veut y édifier une nouvelle forteresse grâce au régime de la corvée. Unissant aux avantages d’une solide forteresse, ceux d’une résidence agréable pour un grand seigneur cultivé et même raffiné, il construit le château actuel entre 1479 et 1485 sur un nouveau site castral qui englobe probablement celui de Jean 1er de Rohan, son arrière-grand-père : il fait creuser une vaste cuvette sur les flancs d’un coteau5 contrôlant l’accès principal au bourg, en retrait du Blavet, et qui domine la ville à l’Est

[5] Le pont de Rohan est un pont habité franchissant l’Elorn au centre de Landerneau, dans le Finistère. C’est l’un des plus vieux des 45 ponts garnis de maisons d’Europe. Construit au 16ème siècle au fond de l’aber qui servait de port, il a l’originalité supplémentaire de subir la marée et de séparer l’eau douce de l’eau saumâtre.

[6] Le premier traité de Guérande est signé en 1365. Il met fin à la première guerre de Succession de Bretagne qui opposait Jeanne de Penthièvre, nièce du dernier duc Jean III, soutenue par son époux Charles de Blois, à Jean de Montfort, demi-frère du précédent. Après la mort de celui-ci, son fils Jean IV reprend sa revendication et finit par triompher à la bataille d’Auray. Le traité établit Jean IV comme héritier légitime. Il ne repousse pas totalement les prétentions des Penthièvre, puisqu’il établit ainsi la loi successorale en Bretagne : le duché se transmettra de mâle en mâle dans la famille des Montfort ; si l’héritage tombe en quenouille, il passera à la famille de Penthièvre, par l’intermédiaire des femmes, de préférence. La succession de Bretagne est assurée pour plus d’un siècle. Mais le traité n’évoque pas le cas où, dans les deux familles, il n’y aurait plus que des femmes. C’est ce qui se produit à la fin du 15ème siècle

[7] assauts sur Guingamp et Concarneau en 1488 et 1489

[8] La principauté d’Orange est une ancienne principauté souveraine créée en 1181, date à laquelle Bertrand 1er des Baux fait reconnaître son titre de prince par l’empereur Frédéric 1er Barberousse. Elle était presque entièrement enclavée dans le Comtat Venaissin et avait sa capitale dans la ville d’Orange, dans l’actuel département de Vaucluse.