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Frédéric II de Sicile ou Frédéric III d’Aragon

dimanche 16 avril 2017 (Date de rédaction antérieure : 23 mars 2017).

Frédéric II de Sicile ou Frédéric III d’Aragon (1272-1337)

Roi de Sicile de 1295 à 1337

Troisième fils de Pierre III d’Aragon-Catalogne et de Sicile, et de Constance de Sicile, fille de Manfred. Après la conquête de l’île par son père, il s’y rendit en compagnie de la reine Constance et de son frère Jacques, au printemps 1283.

Alphonse III d’Aragon , le fils aîné de Pierre III, mort sans descendance en 1291, légua ses États à son frère Jacques, le deuxième fils de Pierre III, à la condition qu’il renonce à la couronne de Sicile en faveur de son frère puîné Frédéric. Jacques tenta néanmoins de conserver la souveraineté de l’île en dépit de cette clause, en ne nommant Frédéric que lieutenant général du royaume.

La guerre contre les Angevins pour la possession de la Sicile faisait encore rage, et bien que l’Aragon fût vainqueur sur le terrain, les difficultés rencontrées dans la conquête de Murcie [1], auxquelles s’ajoutaient les attaques des Français, lancés dans la Croisade d’Aragon [2] au nord, obligèrent Jacques le Juste, dès la mort de son père, à entamer des pourparlers de paix avec Charles II d’Anjou .

En 1295, cédant aux injonctions du pape Boniface VIII, Jacques accepta, par le traité d’Anagni [3], de remettre le Royaume de Sicile aux Angevins, en échange d’une investiture sur la Corse et la Sardaigne, et la levée de l’excommunication dont il était frappé.

Les Siciliens refusèrent de retomber sous le joug des Français, qu’ils avaient chassés de l’île en 1282, lors des Vêpres siciliennes [4], et le 11 décembre 1295 le Parlement sicilien réuni au château d’Ursino de Catane [5] proclama Frédéric II roi de Sicile.

Le pape tenta, sans succès, de les faire revenir sur leur décision en leur faisant miroiter des privilèges. Frédéric n’abandonna pas non plus ses prétentions, et il fut couronné roi dans la cathédrale de Palerme [6] le 25 mars 1296.

Proche de son peuple, Frédéric sut réformer l’administration et accroître les prérogatives du Parlement sicilien, composé de barons, de prélats et de représentants de toutes les villes de l’île.

Son refus des prétentions papales fut à l’origine d’une nouvelle guerre, au cours de laquelle Frédéric mit le pied en Calabre, assiégeant diverses villes et incitant à la révolte les sujets du Royaume de Naples.

Il négocia avec les Gibelins [7] de Toscane et de Lombardie et appuya les Colonna contre Boniface VIII.

Entre-temps le Pape envoya Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, envahir la Sicile, tandis que Jacques le Juste, qui reçut diverses faveurs du Saint-siège, mariait sa sœur Yolande d’Aragon à Robert 1er de Naples , troisième fils de Charles II d’Anjou, et se préparait aussi à débarquer en Sicile pour renverser son frère.

Lorsque Frédéric apprit ce que préparait Jacques, il envoya un messager en Catalogne afin de convaincre les barons, les chevaliers et les villes d’inciter le roi à renoncer à son attaque. Malheureusement pour Frédéric, une partie des nobles aragonais et siciliens rejoignirent les troupes de Jacques le Juste. Jean de Procida et Roger de Lauria , les héros des Vêpres siciliennes, l’abandonnèrent et, plus tard, vainquirent la flotte sicilienne au cap d’Orlando [8].

Les fils de Charles le Boiteux, Robert et Philippe 1er de Tarente , débarquèrent en Sicile, mais ils furent mis en déroute par Frédéric avant d’avoir pu s’emparer de Catane [9]. C’est ainsi que Philippe, prince de Tarente, fut fait prisonnier, en 1299, et que plusieurs villes de Calabre furent prises par les Siciliens.

La guerre dura encore deux ans, avec des hauts et de bas. En 1301, tandis que la flotte sicilienne conduite par l’amiral Doria qui défendait Messine [10] était vaincue par Roger de Lauria, l’intervention opportune de Roger de Flor empêcha la ville de tomber entre les mains de son ennemi intime, Robert d’Anjou, duc de Calabre, héritier du roi de Naples Charles II, jusqu’à ce que Charles de Valois fut dans l’obligation de demander la paix, car son armée était décimée par les maladies.

C’est ainsi que fut signée la Paix de Caltabellotta [11], en 1302, par laquelle Frédéric fut reconnu roi de Trinacrie [12]. Il s’engagea par le même traité à épouser Éléonore , fille de Charles II d’Anjou et à rendre la Sicile à la Maison d’Anjou à sa mort, clause qui ne fut jamais appliquée. Le Pape insista auprès de Charles pour l’obliger à rompre l’accord, mais ce dernier y tenait vraiment, et finalement Boniface VIII le ratifia en 1303, à la condition que Frédéric lui payât un tribut.

Le roi Jacques d’Aragon craignait de voir la Sicile revenir aux Angevins selon les clauses du traité de Caltabellotta. Il envoya en 1303 un de ses conseillers les plus fidèles, le vicomte Jaspert V de Castelnou auprès de son frère afin de conclure un traité secret stipulant que la succession de Sicile resterait dans la maison d’Aragon, même en cas d’extinction de la descendance de Frédéric II.

La paix de Caltabellotta fut rompue lorsque Frédéric revendiqua le trône pour son fils Pierre II de Sicile , en 1313. Ce fut le début d’une nouvelle ère de combats pendant laquelle Robert de Naples tenta, sans succès, de s’emparer de l’île, et en 1317 une nouvelle trêve fut signée, reconnaissant la succession de la maison d’Aragon en Sicile.

Lorsque les Almogavres [13] se furent emparés du duché d’Athènes [14], ils en proposèrent la souveraineté au roi Frédéric II, qui nomma duc son fils Manfred , alors âgé de cinq ans, en 1317. Vu l’âge du prince, Frédéric envoya Alphonse-Frédéric , l’un de ses fils naturels, gouverner à sa place à Athènes. Alphonse-Frederic fut vicaire général du duché, de 1317 à 1330, d’abord au nom de l’infant Manfred, puis, à la mort de celui-ci le 9 novembre 1317, au nom de son frère l’infant Guillaume .

Frédéric fut excommunié par le pape Jean XXII pour s’être emparé de possessions du Saint-Siège. Mais l’élection en 1334 d’un nouveau pape, Benoît XII, qui entretenait de bonnes relations avec Frédéric, mit fin à l’animosité du Saint-siège contre sa personne.

Frédéric mourut le 25 juin 1337, à Paternò [15], près de Catane, et son fils Pierre II de Sicile lui succéda, en dépit des termes de la Paix de Caltabellotta. L’intérêt qu’il prit à l’indépendance de l’île lui valut l’estime de tous ses sujets.

Sa tombe se trouve dans la cathédrale Sainte-Agathe de Catane [16], avec tous les souverains siciliens de la dynastie catalane jusqu’à Marie 1ère de Sicile .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Frédéric II de Sicile/ Portail de la Sicile/ Roi de Sicile

Notes

[1] La région de Murcie est une communauté autonome mono provinciale du sud-est de l’Espagne. Sa capitale est la ville de Murcie mais le siège de l’Assemblée Régionale est à Cartagène. Le royaume de Murcie devint indépendant après l’effondrement du califat de Cordoue. C’était une taïfa qui avait pour centre la ville de Murcie. La taïfa maure de Murcie incluait Albacete et une partie de la région d’Almería. Après la bataille de Sagrajas, en 1086, la dynastie almoravide reprit le contrôle des taïfas et réunifia l’Espagne musulmane. Ferdinand III de Castille obtint la soumission du roi maure de Murcie en 1243 ; comme dans le reste du pays, les musulmans furent expulsés des villes. Le successeur de Ferdinand III, Alphonse X, afin de rendre plus facile l’administration de la région, la divisa en trois parties, gouvernées par des consejos de realengro, des señores seculares, qui se voyaient ainsi remerciés de leur contribution à la Reconquista, et des ordres militaires comme celui de Calatrava. Alphonse X annexa définitivement le royaume de Murcie et la seigneurie de Cartagène en 1266 ; le royaume resta juridiquement un vassal du royaume d’Espagne jusqu’aux réformes prévues par la constitution libérale de 1812.

[2] La Croisade d’Aragon est un conflit opposant entre 1284 et 1285 les armées du roi de France Philippe III le Hardi à celles du roi d’Aragon Pierre III.

[3] Le traité d’Anagni, qui n’était qu’un avenant au traité de Tarascon de 1291, fut signé le 20 juin 1295, sur l’initiative de Boniface VIII, pour mettre un terme à la guerre opposant la couronne d’Aragon à la France au sujet de la Sicile, à la suite de la conquête de l’île par Pierre III d’Aragon, qui avait entraîné la Croisade d’Aragon. Il fut élaboré par le Pape et les ambassadeurs de Jacques II d’Aragon, de Philippe IV de France et de Charles II de Naples, dit le Boiteux.

[4] Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaire de l’île de Sicile contre la domination féodale du roi d’origine française Charles d’Anjou, survenu à Palerme et Corleone, le 31 mars 1282, mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d’Aragon Pierre III1. L’événement est donc à la fois un moment clef de l’histoire nationale sicilienne et un tournant géopolitique.

[5] Le château d’Ursino est un château du 13ème siècle situé à Catane, en Sicile, et autrefois réputé inexpugnable. Construit aux environs de l’an 1239, il appartenait au roi Frédéric II de Sicile. Il s’agit de l’un des rares édifices de Catane à avoir survécu au tremblement de terre de 1693. Le château est organisé selon un plan rectangulaire, avec de larges tours circulaires à chaque coin. À l’époque où le château a été construit, il se situait sur une falaise dominant la mer. À la suite des éruptions volcaniques et des séismes, il se trouve désormais un kilomètre à l’intérieur des terres. Les anciennes fosses du château furent par ailleurs remplies de lave au début du 17ème siècle, à la suite d’une éruption de l’Etna. L’édifice abrite aujourd’hui le musée municipal de Catane, ainsi qu’une galerie d’art.

[6] La cathédrale de Palerme est une église catholique romaine du 12ème siècle, dédiée à Notre-dame de l’Assomption, de style arabo-normand propre à la Sicile, située à Palerme, capitale de la province italienne de Sicile. La cathédrale fut construite par l’archevêque normand de Palerme Gautier Ophamil, à l’emplacement d’une très ancienne basilique de l’empire romain transformée en mosquée au 9ème siècle par les Arabes. Les tours datent des 14 et 15ème siècles et le porche gothique catalan du 15ème siècle. La nef baroque fut élargie à la fin du 18ème siècle. Le couronnement du premier roi de Sicile Roger II de Sicile y fut célébré à Noël 1130. La cathédrale contient les sépultures de l’empereur Frédéric II du Saint Empire et de son épouse Constance d’Aragon ; du roi Roger II de Sicile qui au 12ème siècle fut à l’origine du Royaume de Sicile ; de Sainte Rosalie de Palerme, patronne de Palerme.

[7] Les gibelins (la pars gebellina), soutiennent la dynastie des Hohenstaufen, au-delà, celles du Saint Empire romain germanique.

[8] Capo d’Orlando est une commune italienne dans la province de Messine en Sicile. Capo d’Orlando est considérée comme la capitale du district du Nebrodi.

[9] Catane est une ville de la province du même nom en Sicile en Italie. C’est la deuxième ville la plus peuplée de l’île derrière Palerme. Le 4 février 1169, un séisme provoqua la mort de milliers de personnes. L’empereur Frédéric II fit construire le Castello Ursino (fort militaire) entre 1239 et 1250. La ville subit des destructions lors de la guerre des Vêpres siciliennes en 1282. À partir de 1282, sous l’influence aragonaise, Catane devint la capitale du royaume de Sicile. En 1376, les reliques de sainte Agathe furent déposées dans la cathédrale de Catane. La première université sicilienne fut fondée à Catane en 1434.

[10] Messine est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Sicile. Ville très ancienne, Messine a atteint son apogée entre la fin du Moyen Âge et le milieu du 17ème siècle. Au 12ème siècle, les souverains normands font construire une belle cathédrale et l’église Annunziata dei Catalani. Admirateur d’Ignace de Loyola, le vice-roi de Sicile Juan de Vega favorise l’arrivée des Jésuites dans l’île et c’est ainsi qu’en 1547 Messine voit l’ouverture d’un des premiers collèges de la Compagnie de Jésus. Cet établissement devient un modèle et d’autres villes d’Europe sollicitent par la suite l’ouverture d’un collège jésuite. En 1571, une flotte chrétienne unie (Vénitienne, espagnole, pontificale et d’autres États italiens), appareilla de Messine, sous le commandement du jeune infant Juan d’Autriche, pour rencontrer la flotte turque à la bataille de Lépante, qui mit fin à l’expansionnisme turc menaçant les états chrétiens situés sur les rives nord de la Méditerranée. En 1674, une révolte éclate, un temps soutenue par Louis XIV. En 1783, un séisme ravage la ville.

[11] La Paix de Caltabellotta, qui fut signée le 31 août 1302, mit fin à la longue lutte opposant la Couronne d’Aragón à la Maison d’Anjou, appuyée par la papauté, pour la possession de la Sicile, après la mort héroïque de Manfred, fils naturel de Frédéric II, dans la bataille de Bénévent en 1266, et dont l’insurrection des Vêpres de Palerme du 31 mars 1282 fut l’un des épisodes les plus fameux. Les bonnes relations entre la France et Boniface VIII étant rompues, les Angevins décidèrent de se réconcilier avec leurs ennemis et reconnurent à Frédéric II de Sicile la souveraineté sur la Sicile, avec le titre de roi de Trinacrie, la Sicile devant passer après sa mort à Charles d’Anjou, lequel s’engageait à payer à Frédéric cent mille onces d’or, ou à faire en sorte que le pape lui permît de conquérir la Sardaigne ou Chypre. On décida également du mariage du roi de Trinacrie avec Éléonore, fille de Charles le Boiteux. Frédéric, quant à lui, laissait au roi Charles tout ce qu’il possédait en Calabre et dans le royaume de Naples. Ce fut l’occasion de libérer Philippe, prince de Tarente et fils de Charles le Boiteux, qui était prisonnier à Cefalù. À la suite de cette paix, Roger de Flor et les Almogavres, qui avaient combattu avec le roi Frédéric, se retrouvèrent sans emploi et offrirent leurs services à Andronic II Paléologue. Bernat de Rocafort, l’un des chefs des Almogavres, se fit remarquer en ne voulant pas rendre au roi Charles deux châteaux qu’il occupait en Calabre avant d’être payé de la solde qu’on lui devait. Cela lui attira la haine du roi Robert, fils et successeur du roi Charles II d’Anjou, qui le laissa mourir de faim dans ses oubliettes, lorsque Thibaud de Cepoy le lui remit, en 1309.

[12] Le Royaume de Trinacria est né entre 1282, l’année du couronnement de Pierre III d’Aragon et 1302 années de la paix de Caltabellotta. Quand, à la fin de la première phase de la guerre des Vêpres de Sicile, le royaume de Sicile fut officiellement divisée en deux parties : l’île de Sicile officiellement connu comme le royaume de Trinacria, mais officieusement comme le royaume de Sicile. La partie continentale pris le nom du royaume de Sicile Hither plus communément appelé le royaume de Naples, avec un guide roi Charles II d’Anjou.

[13] Les Almogavres étaient des soldats mercenaires ou miliciens au service de la Couronne d’Aragon, majoritairement catalans et aragonais, constitués en compagnies qui avaient vu le jour dans la péninsule Ibérique à l’occasion des guerres contre les Sarrasins, entre le 13ème et le 15ème siècle. La Reconquête achevée, ils participèrent ensuite à la Guerre de Sicile, au service du roi Frédéric II. Ils étaient réputés pour leur habileté et leur agressivité au combat. En terre ennemie, ils vivaient de pillage, mais en temps de paix ils causaient des problèmes en s’en prenant aux habitants des campagnes.

[14] Le duché d’Athènes était l’un des États des Chevaliers croisés mis en place en Grèce après la 4ème croisade au détriment de l’Empire byzantin. Le duché s’étendait sur l’Attique et la Béotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L’acropole d’Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le centre réel du duché était la ville de Thèbes.

[15] Paterno est une commune italienne d’environ 3 500 habitants, située dans la province de Potenza, dans la région Basilicate, en Italie méridionale.

[16] La cathédrale de Sant’Agata (Duomo di Sant’Agata en italien) est la cathédrale et le principal édifice religieux de la ville de Catane en Sicile. Elle est consacrée à sainte Agathe. Voulu par Roger de Hauteville, le dôme de Catane fut réalisé par l’abbé breton bénédictin Ansger de Sainte Euphémie sur les restes des anciennes Thermes Achilléennes d’époque romaine. Ansger deviendra ensuite le seigneur et « l’évêque-comte » de cette ville et de son démesuré fief. Il sera nommé guide spirituel et pasteur des âmes de la cité etnéenne par les chevaliers normands dans la phase finale de la complète reconquête chrétienne de la Sicile arabe qu’entraînera l’inévitable désagrégation de tous les Émirats territoriaux siculo mahométans. La construction, donnant sur la mer, avait pour but de protéger les citoyens des dangereuses incursions sarrasines.