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Pierre III d’Aragon

mardi 24 novembre 2020 (Date de rédaction antérieure : 28 mai 2012).

Pierre III d’Aragon (1239-1285)

Roi d’Aragon et de Valence de 1276 à 1285-Comte de Barcelone de 1276 à 1285

Pierre III d'Aragon Roi d'Aragon et de Valence de 1276 à 1285-Comte de Barcelone de 1276 à 1285

Premier fils du second mariage du roi Jacques 1er le Conquérant avec Yolande de Hongrie , il reçoit dans un premier projet de partage daté de 1241 l’héritage de Valence [1], des Baléares [2], du Roussillon [3] et de la Cerdagne [4]. Après la mort de sa mère en 1251, il est confié aux soins de Jaspert IV vicomte de Castelnou [5], de Guillaume de Castelnou, de Gilabert de Cruïlles et d’Alón de Hostes.

En 1262, il épousa Constance de Sicile, fille et héritière de Manfred de Hohenstaufen. Il revendique au nom des droits de son épouse, Constance, les possessions des Hohenstaufen en Italie du Sud

Après les Vêpres Siciliennes [6] il s’empara de l’île de Sicile et devint roi de Sicile [7] de 1282 à 1285 sous le nom de Pierre 1er.

La guerre contre Charles 1er d’Anjou, replié à Naples, continua jusqu’en 1285. Cette année-là, le roi de France Philippe III le Hardi mena une expédition appelée croisade d’Aragon, visant à remettre à Charles, fils du roi, le trône d’Aragon [8]. Cette croisade fut un échec pour le roi de France. La maladie décima son armée. Lui-même, atteint de dysenterie, ne dut qu’à la générosité de son adversaire de pouvoir arriver à Perpignan [9] pour y mourir. Malgré ce succès, Pierre III, miné par les guerres continuelles de son règne, mourut quelques mois après.

Après sa mort, il laissa l’Aragon, Valence et Barcelone à son fils aîné Alphonse III, tandis que le cadet, sous le nom de Jacques , recevait la Sicile.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Reines et princesses au Moyen Age : actes du Cinquième Colloque international de Montpellier, Université Paul-Valéry, 24-27 novembre 1999, vol. 1, Centre de recherche interdisciplinaire sur la société et l’imaginaire au Moyen Âge, Université Paul-Valéry-Montpellier, coll. « Les Cahiers du C.R.I.S.I.M.A », 2001, 860 p. (ISBN 978-2-84269-460-9)

Notes

[1] Valence (Valencia) est une ville d’Espagne, située dans l’est du pays sur la côte méditerranéenne. Fondée en 138 av. jc par le consul romain Decimus Junius Brutus Callaicus sous le nom de Valentia Edetanorum, Valence devient, au Moyen Âge, la capitale du royaume de Valence.

[2] Les îles Baléares sont l’une des communautés autonomes d’Espagne. Il s’agit d’un archipel situé en mer des Baléares qui comprend cinq îles principales, dont quatre habitées, ainsi que de nombreux îlots

[3] Le comté de Roussillon est une ancienne principauté féodale située dans les Pyrénées orientales. Le comté de Roussillon serait né à l’époque wisigothique comme une subdivision administrative du royaume wisigoth. Ses limites correspondaient à la civitas Ruscinonensis antique (d’où il tient son nom), c’est-à-dire l’actuel département des Pyrénées-Orientales sans la Cerdagne ni le Capcir. Probablement détruit par l’invasion arabe de 721, le comté renaquit au moment de la reconquête carolingienne, et fut intégré à la Marche d’Espagne, puis au marquisat de Gothie. Le Roussillon est alors aux mains de comtes nommés ou reconnus par le pouvoir impérial, mais cette tutelle se fait moins forte au cours du 9ème siècle, et après la fin de la dynastie carolingienne, il est considéré comme un bien patrimonial qui passe au tout début du 10ème siècle aux mains de la dynastie d’Empuries. À ce moment, son territoire se réduit à la partie orientale de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. La capitale de ce comté est d’abord Château-Roussillon, puis la ville de Perpignan. Le comté reste dans les mains de cette dynastie jusqu’en 1172, à la mort du comte Girard II de Roussillon, qui lègue son comté à son parent et suzerain le roi Alphonse II d’Aragon.

[4] Le comté de Cerdagne est un ancien fief féodal situé dans la partie orientale des Pyrénées. Le comté de Cerdagne fut constitué au début du 9ème siècle. À l’origine charge temporaire, la fonction de comte devint héréditaire à la fin du même siècle. Guifred le Velu fut le premier comte héréditaire de Cerdagne ; de lui sont issus les comtes de Barcelone, futurs rois d’Aragon.

[5] La vicomté de Castelnou ou de Vallespir est une institution politique mise en place à la fin du 10ème siècle. La juridiction de la vicomté était l’ancien pagus de Vallespir, sous la suzeraineté des comtes de Besalú. Le nom de Castelnou vient du château neuf (castellus novus en latin, castell nou en catalan), construit sur le vicus de Camélas, qui devint le siège des vicomtes. Les vicomtes de Castelnou jouèrent un rôle important dans le Roussillon et le Vallespir des 11 et 12ème siècles, notamment par l’importance de leur réseau féodal et la mainmise qu’ils assurèrent sur les terres de l’évêché d’Elne.

[6] Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaire de l’île de Sicile contre la domination féodale du roi d’origine française Charles d’Anjou, survenu à Palerme et Corleone, le 31 mars 1282, mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d’Aragon Pierre III1. L’événement est donc à la fois un moment clef de l’histoire nationale sicilienne et un tournant géopolitique.

[7] Le royaume de Sicile, également appelé royaume normand de Sicile, est créé en 1130 par Roger II sur l’île de Sicile, la Calabre, les Pouilles, et Naples. Ce royaume traverse plusieurs phases marquées par les dominations successives des Normands, des Souabes (autre nom pour la dynastie des Hohenstaufen, descendants de Frédéric de Souabe), des Angevins et des Aragonais. Le royaume de Sicile a dans le passé recouvert plusieurs zones géographiques différentes au fil du temps. Le royaume de Sicile ne s’est pas limité à la seule île de Sicile. Il a été l’objet de convoitises de la part des plus grandes familles européennes, qui se sont battues pour s’en assurer la possession. L’histoire du royaume a été particulièrement mouvementée, marquée par des assassinats, des guerres de succession, des séparations. Les rois de Sicile n’ont donc pas tous régné sur un territoire identique. On a même pu parler, lors des périodes au cours desquelles les royaume de Sicile et de Naples ont été réunis, de Royaume des Deux-Siciles

[8] Le royaume d’Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l’union des comtés d’Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d’Espagne par les décrets de Nueva Planta.

[9] Perpignan est une commune du sud de la France, préfecture du département des Pyrénées-Orientales et quatrième ville la plus peuplée de la région Occitanie. Ancienne capitale continentale du Royaume de Majorque, la ville est annexée par le Royaume de France en 1659. Dernière ville française méditerranéenne importante avant l’Espagne, elle est marquée par une forte identité catalane. En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. Du 15 novembre 1408 au 26 mars 1409, Benoît XIII tient un concile à Perpignan. À la mi-septembre 1415, l’empereur Sigismond 1er se rend à Perpignan pour un pseudo-concile avec le roi d’Aragon Ferdinand 1er et l’antipape Benoît XIII. Il en repart le 5 novembre 1415 sans avoir convaincu ce dernier d’abdiquer. En 1463, Louis XI occupe Perpignan en confirmant leurs anciens droits, mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475, le titre de « Fidelíssima vila de Perpinyà » (Très fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659.