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Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er

mardi 20 janvier 2015 (Date de rédaction antérieure : 17 mai 2012).

Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er (1208-1276)

Roi d’Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier

Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er Roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier

Né le 2 février 1208 à Montpellier, fils et successeur de Pierre II. L’année de ses 5 ans, son père meurt à la bataille de Muret [1], le laissant seul héritier des territoires de la couronne d’Aragon. L’enfant est déjà depuis quelques temps aux mains de Simon IV de Montfort, le vainqueur de Muret. En 1214, Simon de Montfort accepte sous la pression du pape de le rendre aux Catalans. Durant toute son enfance, la régence de la couronne d’Aragon est assurée par son grand-oncle le comte Sanche de Majorque, puis par le fils de ce dernier, Nuno Sanche.

Il chassa les Maures des îles Baléares, conquit les royaumes de Valence [2] et de Murcie [3]. Par le traité de Corbeil [4] en 1258 il obtint de Saint Louis la renonciation aux comtés de Barcelone [5] et du Roussillon et renonça lui-même à ses prétentions en Languedoc, hormis Montpellier.

En 1262, il partage ses possessions en 2 ensembles, destinés à chacun de ses fils. L’aîné, l’infant Pierre, reçoit les royaumes d’Aragon et de Valence, ainsi que le comté de Barcelone. Le cadet, l’infant Jacques II de Majorque, reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. La même année, il marie l’infant Pierre avec Constance de Hohenstaufen, la fille de Manfred de Hohenstaufen, roi de Sicile, lui assurant des droits sur l’île.

Il renforce le pouvoir royal en menant avec fermeté la normalisation du droit dans chacun des territoires de la couronne d’Aragon. Il charge ainsi l’évêque d’Osca, Vidal de Canyelles, de codifier le droit coutumier du royaume d’Aragon, entreprise qui aboutit lors des cortes d’Osca de 1247, qui imposent un droit unique au royaume au-dessus des droits particuliers. En Catalogne, ce sont les Usages de Barcelone qui s’imposent peu à peu à tout le pays. Enfin dans le royaume de Valence, le roi accorde une ordonnance de gouvernement en 1251, révisée en 1271, les “Foris et consuetudines Valentiae”. D’autre part, il développe le système des cortes, des sortes de parlements généraux, réunissant des délégués nobles, ecclésiastiques et citadins autour du roi.

Chacun des royaumes de la couronne a ses propres cortes, excepté le royaume de Majorque, qui envoie des délégués aux cortes de Catalogne.

Il meurt en 1276 lors d’une campagne contre les musulmans révoltés de Valence. Il est enterré à l’abbaye de Poblet [6].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jacques Ier d’Aragon/ Portail de l’Aragon/ Roi d’Aragon

Notes

[1] La bataille de Muret eut lieu le 12 septembre 1213 dans la plaine à 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des Albigeois. Lassé de l’ingérence et des assauts du parti du pape et des croisés, renforcé par le prestige de la victoire de Las Navas de Tolosa sur les Maures (1212), le roi d’Aragon ose finalement soutenir son allié toulousain, tolérant envers les cathares. Aussi, Raymond VI, comte de Toulouse et ses alliés occitans comme Raymond-Roger, comte de Foix et Pierre II, roi d’Aragon lancent une contre-attaque. Ils s’attaquent à la forteresse de Muret tenue par les croisés sous les ordres de Simon IV de Montfort pour le compte du pape Innocent III. Mais la place tient, Pierre II d’Aragon est tué dans la bataille, son fils est fait prisonnier par les croisés et les milices toulousaines sont massacrées.

[2] Le royaume de Valence a été fondé en 1238 par le roi Jacques 1er d’Aragon surnommé « le Conquérant », dans le cadre de la Reconquista, après avoir conquis l’ancienne taïfa de Balansiya. Il fut augmenté par des annexions postérieures d’autres territoires.

[3] Le Royaume de Murcie fut une des taïfas d’Al-Andalus, située dans le Levant espagnol et dont le territoire fut partagé entre la Couronne de Castille et la Couronne d’Aragon qui l’intégra au Royaume de Valence à la suite de la Reconquista.

[4] Le traité de Corbeil de 1258 est le traité signé le 12 mai 1258 à Corbeil, entre les représentants du roi d’Aragon, Jacques 1er et ceux du roi de France, Louis IX. Par ce traité, le roi de France renonce à ses prétentions sur la Catalogne et le roi d’Aragon renonce de son côté à certaines de ses prétentions dans le Languedoc (sauf Montpellier entre autres).

[5] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’ Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche.

[6] L’abbaye de Poblet est une référence typique des abbayes cisterciennes espagnoles et le panthéon des rois d’Aragon depuis Alphonse 1er d’Aragon. Il se situe dans la vallée fertile de Conca de Barberà, plus précisément à Vimbodí i Poblet, en Catalogne.