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L’histoire pour le plaisir

Simon IV de Montfort

dimanche 1er mars 2015, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 29 avril 2012).

Simon IV de Montfort (1160-1218)

comte de Montfort-Homme d’armes

Simon IV de Montfort, par Jean-Jacques Feuchère. Galerie des batailles, Versailles.

Issu d’une famille qui possédait tout l’ouest du Hurepoix [1] depuis le 10ème siècle, il était l’un des principaux vassaux du roi en Île-de-France et joignait à son titre de baron de Montfort celui de comte de Leicester qu’il tenait de sa mère Amicia de Beaumont, sœur et cohéritière de Robert de Leicester. Il prit part à la 4ème croisade [2] en 1204 prêchée par Foulques de Neuilly, refusa de s’associer aux Vénitiens pour conquérir Constantinople et rentra en France. Il en revient auréolé par le prestige que lui vaut sa bravoure. Champion de la foi, serviteur de l’église, c’est à une autre croisade qu’il prend part en France même, celle qu’il mène contre l’hérésie cathare à l’appel du pape Innocent III.

Il se signala bientôt par son zèle et par son courage.

En 1208, il participe au siège de Béziers [3]. Après le massacre de Béziers et la prise de Carcassonne [4] il fut élu chef de la croisade contre les Albigeois le 22 juillet 1209.

Le 12 septembre 1213, après s’être emparé des châteaux d’Agen, de Moissac et d’Auterive dont les populations sont décimées comme celle de Béziers, il engage une bataille à Muret [5] contre Pierre II d’Aragon et Raymond VI de Toulouse. Après avoir gagné la bataille et s’être incliné devant le corps de Pierre II d’Aragon qu’il vient de vaincre, il entre dans l’église de Toulouse pieds nus, pour rendre grâce à Dieu de sa victoire.

Après que le concile du Latran eu déposé Raymond VI et donné son comté de Toulouse à Simon de Montfort, et lui octroya les titres de comte de Toulouse, duc de Narbonne, vicomte de Béziers, de Carcassonne, la population de la ville se dressa contre celui que le roi de France, Philippe II Auguste, avait pourtant investi. Les combats ne cessèrent dans la ville que parce que l’évêque Foulques s’est entremis. Mais les conditions imposées par Simon, le démantèlement de la cité, provoquent chez les Toulousains une rancœur que seule peut apaiser la vengeance. Le retour de Raymond VI, le 13 septembre 1217, en est l’occasion. Simon doit mettre le siège devant la ville qui a accueilli son comte par ce cri de joie : “ Toulouse ! Toulouse ! Jésus-Christ est parmi nous ! ” Le siège dure jusqu’au 22 juillet 1218. Lors d’une échauffourée, le 25 juin, Simon de Montfort, qui a juré à propos de Toulouse : “ Elle me tuera ou je la tuerai”, meurt auprès de son frère Guy, frappé à la tête par la pierre lancée par une catapulte.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Encyclopédie larousse /personnage/Simon IV le Fort, sire de Montfort/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 895

Notes

[1] Le Hurepoix est un ancien pays de France devenu une petite région naturelle française, situé dans le sud-ouest de l’Île-de-France, principalement dans le département de l’Essonne. La capitale historique en est Dourdan, mais le principal centre urbain est Évry, préfecture du département. Outre l’Essonne, le Hurepoix inclut une partie du territoire des Yvelines, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne. Il est délimité au nord par Paris, à l’ouest par la forêt de Rambouillet dans le Mantois, à l’est par la Seine, les forêts de Fontainebleau dans le Gâtinais et de Sénart dans la Brie, au sud par les plaines de la Beauce. Le sol du Hurepoix est principalement marneux, sablonneux et argileux permettant l’extraction de meulière. Résidus des recouvrements par la mer du bassin parisien, certains plateaux sont couverts de Lœss.

[2] La 4ème Croisade destinée à délivrer le tombeau de Palestine est détournée sur Byzance par les marchands vénitiens et se solda par la prise de la métropole orthodoxe, le 12 avril 1204 et la création des Etats latins de Grèce.

[3] Le siège de Béziers, est une opération militaire particulièrement meurtrière de la croisade des Albigeois et de l’histoire de France.

[4] Le siège de Carcassonne est une opération militaire qui met fin à la première croisade des Albigeois.

[5] La bataille de Muret eut lieu le 12 septembre 1213 près de Muret, dans la plaine à 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des Albigeois. Lassé de l’ingérence et des assauts du parti du pape et des croisés, renforcé par le prestige de la victoire de Las Navas de Tolosa sur les Maures (1212), le roi d’Aragon ose finalement soutenir son allié toulousain, tolérant envers les cathares. Aussi, Raymond VI, comte de Toulouse et ses alliés comme Raymond-Roger, comte de Foix et Pierre II, roi d’Aragon lancent une contre-attaque. Prenant ce prétexte ils attaquent la forteresse de Muret dans le Comté de Comminges, résidence favorite des Comtes même si leur capitale est à Saint-Gaudens. Le Comte étant absent les assiégés envoient un messager à Simon de Montfort qui n’est pas très loin dans l’Aude actuelle. Mais la place tient, Pierre II d’Aragon est tué dans la bataille, son fils est fait prisonnier par les croisés et les milices toulousaines qui voulaient envahir le voisin, sont massacrées.