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Jacques II de Majorque

samedi 7 juillet 2012

Jacques II de Majorque (1243-1311)

Roi de Majorque-Comte de Roussillon et de Cerdagne-Seigneur de Montpellier de 1276 à sa mort

3ème fils du roi d’Aragon Jacques 1er le Conquérant, il reçut une éducation soignée conduite sans doute par Raymond Lulle. Après la mort de ses frères Alphonse et Ferdinand, il devient le second dans la succession à la couronne. Par testament de 1262, son père divise ses possessions, le frère aîné de Jacques, l’infant Pierre reçoit les royaumes d’Aragon et de Valence avec le comté de Barcelone, alors que Jacques reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. À cette date il semble également que son père lui reconnaît la fonction de procureur général dans son héritage. Il peut donc s’initier à l’exercice du pouvoir, qui lui revient à la mort du Conquérant en 1276. Devenu roi, il doit faire face aux appétits de ses puissants voisins, le roi de France au nord et son frère Pierre, fâché de n’avoir pu récupérer tout l’héritage du Conquérant, au sud. Les rapports entre Pierre III d’Aragon, l’aîné, et Jacques II de Majorque, le cadet, tous 2 fils de Jacques 1er le Conquérant, furent toujours tendus. Le roi d’Aragon voyait les terres de son frère comme une verrue dans les siennes, alors que le roi de Majorque y voyait une entité cohérente. Dès 1279 il doit se reconnaître vassal de Pierre d’Aragon pour les Baléares et de Philippe III de France pour la seigneurie de Montpellier. Le danger le plus menaçant semblant être la couronne d’Aragon, Jacques II choisit le parti de Philippe III dans la croisade d’Aragon de 1284-1285, menée contre Pierre III d’Aragon. Après la déroute de cette expédition, Pierre III confisque en représailles les Baléares. En 1286, Jacques II mène une expédition contre le principal allié de Pierre III au nord des Pyrénées, le vicomte de Castelnou, vassal nominal de Jacques II, expédition qui se conclut par la prise du château de Castelnou. L’hostilité entre le royaume de Majorque et la couronne d’Aragon se poursuit sous le règne de Pierre III, celui de son fils et successeur, Alphonse III. Ce n’est qu’en 1295, au traité d’Anagni que le principe de la restitution de Majorque et d’Ibiza, augmentée de l’île de Minorque, est accepté par le roi Jacques II d’Aragon, autre fils de Pierre III. Cette restitution ne fut effective qu’en 1298, et Jacques de Majorque dut se considérer vassal de Jacques d’Aragon pour toutes ses possessions.

La paix obtenue, Jacques II va tenter de réorganiser son royaume en établissant de nouvelles impositions, en soumettant les institutions majorquines au pouvoir royal. Il met également en place une politique de prestige, fondée sur des grands travaux, comme celui du palais des rois de Majorque à Perpignan et celui de la cathédrale de Palma de Majorque, ou encore le château de Bellver à Majorque. La plupart de ces travaux étaient encore en cours quand Jacques II mourut le 29 mai 1311.

De son mariage de 1275 avec Esclarmonde, fille du comte de Foix, il eut une fille Sancia, qui fut reine de Naples et comtesse de Provence, et quatre fils, les infants Jacques, Sanche, Ferdinand et Philippe. L’aîné, l’infant Jacques, refusa le trône pour devenir franciscain, comme le fit l’infant Philippe. C’est donc le second fils de Jacques II, l’infant Sanche, qui lui succéda. Le cadet, l’infant Ferdinand, figure aventureuse, se tailla une principauté en Grèce et fut le père de Jacques III, le dernier roi « indépendant » de Majorque.