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Hunéric

jeudi 26 janvier 2017, par ljallamion

Hunéric (avant 430-484)

Roi des Vandales et des Alains d’Afrique de 477 à 484

Hunéric Roi des Vandales et des Alains d'Afrique de 477 à 484Fils aîné et successeur du roi Genséric.

Son père et l’empereur Valentinien III scellent un traité à la suite duquel ils fiancent Hunéric avec Eudocia, fille de l’empereur. Pour sceller la paix, Hunéric est envoyé comme otage à Ravenne [1].

Encore prince, il épouse, avant 450, une princesse wisigothe [2], fille du roi Théodoric. Cette dernière, accusée de complot, est sauvagement mutilée au visage en 442, avant d’être renvoyée en Gaule chez son père.

Genséric saccage Rome en 455 et retourne à Carthage avec un énorme butin et de nombreux otages dont l’impératrice, Eudoxie et ses filles, Eudocia et Placidia.

Vers 460, il épouse sa promise gardée sept années prisonnière de Genséric avant que le roi ne renvoie sa mère et sa sœur à Constantinople. De cette union, naît le futur roi Hildéric. En 472, Hunéric répudie sa femme qui s’enfuit à Jérusalem pour y mourir.

En janvier 477, Genséric meurt octogénaire après un règne d’un demi-siècle sur les Vandales [3] dont quarante années en Afrique et Hunéric peut enfin monter sur le trône vandale. Il prend la précaution de faire assassiner deux de ses frères encore vivants, les princes Théudric et Théodéric, ainsi que leurs femmes et leurs enfants.

Il mène au début de son règne une politique religieuse d’ouverture. Il autorise par exemple, l’élection d’un nouvel évêque de Carthage en 480, Eugène de Carthage , après 24 ans de vacance du siège, Genséric ayant interdit l’élection d’un nouvel évêque après le décès, en 456, de l’évêque Deogratias .

Au début de 484, le roi organise, à Carthage, une conférence entre théologiens ariens [4] et évêques orthodoxes. L’évêque Eugène de Carthage écrit pour l’occasion un exposé de la foi orthodoxe, le “Liber Fidei” [5]. La conférence, tourne court avec le départ de Cyrila, chef des évêques ariens.

Hunéric est furieux et par un édit du 25 février 484 il abolit le culte orthodoxe, transfère toutes les églises et les biens de l’Église aux ariens, envoie en exil les évêques et le clergé, et prive de droits civils à tous ceux qui ne reçoivent pas le baptême arien, notamment le proconsul Victorien de Carthage.

Les persécutions, qui n’avaient jamais vraiment cessé, reprennent alors de plus belle et de façon encore plus violente. Hunéric accuse les catholiques de comploter avec Byzance contre lui. Il déchargea également le poids de sa fureur sur les Vandales qui avaient abjuré l’arianisme et les rues de Carthage n’offraient partout que de tristes spectacles de sa cruauté. Selon Victor de Vita , on voyait partout des hommes mutilés, sans mains, sans yeux, sans nez ou sans oreilles ; d’autres avaient la tête enfoncée dans les épaules pour avoir été suspendus par les mains au haut des maisons où ils servaient de jouets aux barbares. Sa tyrannie atteint son paroxysme lorsqu’il oblige toutes les personnes s’adonnant au commerce à recevoir le baptême arien.

Lorsqu’il ne fait pas torturer et jeter aux flammes ou aux bêtes sauvages ses opposants, il fait exiler ou emprisonner de nombreux prêtres qu’il parque dans de véritables camps de concentration situés dans le Sud de son royaume. C’est ainsi qu’en 484, pas moins de 466 évêques sont internés dans des baraquements au sud de Gafsa [6], après avoir parcouru le chemin du désert à pied, sous bonne escorte. 88 périssent en chemin. Les survivants sont rappelés en 487 sous le règne du roi Gunthamund . D’autres opposants sont exilés en Gaule, en Sardaigne, jusqu’en Corse ou sont condamnés à travailler dans des mines. Enfin, beaucoup s’exilent volontairement en Italie, en Espagne et en Gaule.

Hunéric doit également combattre la secte des Manichéens [7] qui s’est propagée en Afrique. Atteint par la peste à la fin de l’année 484, il meurt le 23 décembre de la même année, mettant ainsi fin à une persécution d’une rare violence, jamais atteinte dans les autres royaumes romano-barbares et sous ses successeurs.

Son neveu, Gunthamund, fils de Gento , lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Hunéric/ Portail du Haut Moyen Âge/ Roi des Vandales/

Notes

[1] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[2] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.

[3] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage ». L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.

[4] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[5] Livre de la Foi

[6] Gafsa est une ville du sud de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle est située dans une trouée au milieu d’un alignement montagneux, appelé « monts de Gafsa », entre le Djebel Bou Ramli et le Djebel Orbata qui culmine à 1 165 mètres. De par son emplacement, elle joue un rôle de carrefour sur les axes routiers reliant Tunis à Nefta et le nord de l’Algérie à la Libye.

[7] Le manichéisme est une religion fondée par le perse Mani au 3ème siècle. C’est un syncrétisme du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme ; les partisans de ce dernier le combattirent avec véhémence. Par dérivation et simplification du terme, on qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuances, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.