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L’histoire pour le plaisir

Sarah Churchill

vendredi 9 décembre 2016

Sarah Churchill (1660-1744)

Duchesse de Marlborough

Née probablement à Holywell House [1], à St Albans [2], dans le Hertfordshire [3]. Fille de Richard Jennings , membre de la Chambre des communes [4]. Son oncle, Martin Lister , était un biologiste réputé.

En 1673 Sarah rentre à la cour en tant que demoiselle d’honneur de la seconde femme de Jacques II, Marie de Modène .

Dans les années 1675, Sarah devient très proche de la jeune princesse Anne, et leur amitié grandit au fur et à mesure des années. Alors qu’elle a seulement 15 ans, elle commence à fréquenter John Churchill , avec qui elle a dansé à l’occasion de divers bals.

Ils sont tous les deux protestants, au cœur d’une cour dominée par les Catholiques, une position qui influencera plus tard leurs alliances politiques. Bien qu’aucune date ne soit définie, le mariage est annoncé à la duchesse d’York et à un groupe restreint d’amis. De cette manière, Sarah peut conserver sa position de demoiselle d’honneur à la cour.

En 1677, elle épouse John Churchill, premier duc de Marlborough [5]. Elle est considérée comme l’une des femmes les plus influentes de l’histoire des îles Britanniques, du fait de sa proximité avec la reine Anne de Grande-Bretagne.

L’amitié entre les deux femmes et l’emprise qu’exerce alors Sarah Churchill sur Anne de Grande-Bretagne sont connues de tous et de nombreuses personnalités influentes approchent Sarah pour lui demander d’intercéder en leur faveur auprès de la reine.

Lorsqu’elle tombe enceinte, son mariage est annoncé publiquement le 1er octobre 1678 et elle se retire de la cour pour donner naissance à son premier enfant, Harriet, qui meurt quelques semaines après sa naissance. Quand le duc d’York décide de partir en exil en Écosse à la suite du scandale du complot papiste [6], John et Sarah l’accompagnent, et Charles II récompense la fidélité de John en le nommant baron Churchill d’Eyemouth [7] en Écosse. Sarah devient Lady Churchill. Le duc d’York revient en Angleterre après l’apaisement des tensions religieuses et Sarah devient Lady of the Bedchamber [8] de la reine Anne après son mariage en 1683.

Lorsque Anne monte sur le trône, la connaissance parfaite qu’a Sarah du gouvernement et son intimité avec la nouvelle reine lui permettent de devenir une amie puissante et une ennemie dangereuse, la dernière de la longue lignée des favoris des Stuart.

Sarah représente Anne auprès de son père, Jacques II d’Angleterre, déchu pendant la Glorieuse Révolution [9], et défend ses intérêts lors des règnes des successeurs de celui-ci, Guillaume III d’Angleterre et Marie II d’Angleterre .

La vie de Sarah pendant le règne de Marie et Guillaume est difficile. Bien que le nouveau roi accorde à John le titre de comte de Marlborough, lui et sa femme jouissent de moins de faveurs que sous le règne de Jacques II. Le nouveau duc de Malborough avait soutenu le roi Jacques, maintenant exilé. Et à ce moment-là, l’influence de Sarah sur Anne et ses tractations avec les membres du gouvernement pour promouvoir les intérêts d’Anne étaient largement connus. Marie II réagit en demandant à Anne de renvoyer Sarah, ce qu’elle refuse. Ce refus crée une profonde mésentente entre Mary et Anne, qui ne sera jamais apaisée.

Quand Anne monte sur le trône après la mort de Guillaume III en 1702, le duc de Marlborough, aidé de Sidney Godolphin , 1er comte de Godolphin [10], prend la tête du gouvernement, en partie grâce à l’amitié de sa femme avec la reine.

Quand le duc se trouve hors du royaume durant la guerre de Succession d’Espagne [11], Sarah le tient informé des intrigues de la cour tandis qu’il lui envoie ses demandes et conseils politiques qu’elle transmet à la reine. Sarah a particulièrement soutenu le Parti whig [12] et s’est beaucoup investie dans la construction du palais de Blenheim [13].

Anne cependant s’attendait à de la bonté et de la compassion de le part de son amie la plus proche. Un de leurs principaux désaccords politiques se produisit quand Sarah insista pour que son gendre, Charles Spencer 3ème comte de Sunderland soit admis au conseil privé. Sarah s’était alliée fortement aux Whigs, qui soutenaient le duc de Marlborough durant la guerre, et ces dernier espéraient se servir de la position de Sarah comme favorite royale. Anne refusa d’admettre Sunderland au conseil. Elle n’aimait pas le parti Whig qu’elle considérait comme une menace pour ses prérogatives royales. Sarah usa de son amitié avec le comte de Godolphin, en qui Anne avait confiance, pour assurer ces nominations, mais continua à faire elle-même pression sur Anne. Elle envoya à Anne un programme du parti Whig à lire, pour la convaincre de lui donner sa préférence.

Sarah doit se rendre en 1703 à Cambridge [14], au chevet de son seul fils, John, marquis de Blandford, qui a contracté la variole. Le duc de Marlborough rentre lui aussi de la guerre et est au côté de son fils lors de sa mort, le 20 février 1703. Sarah est durement éprouvée par la mort de son fils et vit en recluse pendant un certain temps, exprimant sa douleur en se coupant de la vie publique et d’Anne, ne répondant pas à ses lettres ou alors seulement d’une manière froide et cérémonieuse. Elle ne permet néanmoins pas à Anne de faire de même quand celle-ci subit la même perte.

Après la mort du mari d’Anne, Georges de Danemark , en 1708, Sarah arrive à l’improviste au palais de Kensington [15], où elle trouve Anne auprès de la dépouille du prince. Elle fait pression sur la reine éplorée pour pouvoir partir au palais St. James [16] à Londres, ce que la reine refuse adroitement, et au lieu de cela, elle ordonne à Sarah de demander à Abigail Masham de la suivre. Consciente de l’influence grandissante de cette dernière sur la reine, Sarah lui désobéit et lui fait la morale pour la peiner de la mort du prince. Bien qu’Anne se soit finalement résignée à rentrer à Saint James, l’insensibilité de Sarah l’a gravement offensée et a tendue encore davantage leur relation

En juillet 1708, John Churchill, avec son allié Eugène de Savoie-Carignan, remporte la bataille d’Audenarde [17]. Sur la route les conduisant à la célébration d’une action de grâce, à la cathédrale Saint-Paul [18], Sarah a une violente altercation avec Anne sur le choix des joyaux qu’Anne porte pour la cérémonie et elle lui montre une lettre du duc de Marlborough où il dit expressément qu’il espère que la reine saura exploiter politiquement sa victoire. Cette insinuation de Marlborough à vouloir que la reine exprime publiquement son soutien aux Whigs l’offusque et, pendant la cérémonie, Sarah dit à la reine de « se taire » alors qu’Anne continue à discuter, contrevenant ainsi aux règles de respect qui lui sont dues.

Anne a expliqué plus tard qu’elle ne voulait pas que le public sache que ses relations avec Sarah étaient mauvaises, car un seul signe que Sarah n’était plus en grâce à la Cour aurait un impact négatif sur l’autorité du duc de Marlborough en tant que capitaine général [19]. Sarah est maintenue dans toutes ses fonctions, par simple volonté d’assurer la position de son mari, le capitaine-général de l’armée et les tensions entre les deux femmes persistent ainsi jusqu’au début de 1711. Cette année-là va voir la fin de leurs relations.

En janvier 1711, Sarah est démise de ses fonctions de maîtresse de la garde-robe [20] et Groom of the Stole [21] et remplacée par Elizabeth Seymour duchesse de Somerset . Abigail est nommée gardienne de la bourse privée. Cette promotion trompe la promesse faite par Anne à Sarah de nommer ses enfants à ces fonctions de cour.

Les Marlborough perdent aussi leurs aides financières pour la construction du palais de Blenheim. La construction est donc interrompue pour la première fois depuis le début des travaux, en 1705. Maintenant en disgrâce, le couple quitte l’Angleterre et parcourt l’Europe. Grâce aux succès du duc dans la guerre d’Espagne, la famille est accueillie avec les honneurs par la cour allemande et le Saint Empire romain germanique.

Anne meurt le 1er août 1714 au palais de Kensington. Les conseillers privés protestants Whig ont insisté pour être présents, empêchant ainsi Henri Saint Jean 1er vicomte de Bolingbroke , de nommer Jacques François Stuart successeur d’Anne. Les Marlborough rentrent en Angleterre l’après-midi suivant la mort de la Reine.

L’acte d’établissement de 1701 [22] garantit un successeur protestant à Anne. Cet acte permet donc à Georges Ludwig, électeur de Hanovre de devenir le roi George 1er de Grande-Bretagne.

Le nouveau roi est soutenu par les Whigs, qui sont pour la plupart des protestants loyaux. Les Tories [23] sont suspectés d’avoir soutenu le prétendant catholique. George 1er récompense les Whigs en leur faisant former le gouvernement. Lors de son accueil à la Maison de la Reine [24] à Greenwich [25], il s’entretient avec eux mais ne parle pas aux Tories. Sarah approuve ce choix.

Le roi a aussi beaucoup d’amitié pour les Marlborough ; le duc s’est battu à ses côtés lors de la guerre d’Espagne et le couple a souvent été reçu à la cour d’Hanovre pendant son exil. Marlborough reprend ses anciennes fonctions de capitaine général des armées

Son mari devient un des proches conseillers du roi et elle se retire à Marlborough House [26] où elle affiche sa petite fille, Henrietta Godolphin , avec l’intention de lui faire faire un mariage arrangé. Elle finit par lui faire épouser Thomas Pelham-Holles 1er duc de Newcastle en avril 1717. Ses autres petits-enfants feront également des mariages heureux.

John Churchill meurt à Windsor en 1722 et Sarah lui organise des funérailles grandioses. Sa fille, Henrietta, devient duchesse de droit et Sarah l’une des gérantes des biens des Marlborough. Elle utilise son sens des affaires pour gérer la fortune familiale et en répartir les revenus, y compris pour Henrietta. La fortune de Sarah est maintenant considérable et elle se sert de son argent pour investir dans les propriétés foncières. Elle espère ainsi se protéger de la dévaluation de la monnaie.

Elle meurt en 1744 à l’âge de 84 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Ophelia Field, Sarah Churchill, Duchess of Marlborough : the queen’s favourite, St. Martin’s Press, New York, 2003, 560 p. (ISBN 9780312314668)

Notes

[1] Holywell House était une maison située à St Albans dans le Hertfordshire, en Angleterre. Le manoir était appelé à l’origine Hallywell. L’autre origine possible du nom vient de la légende de Saint Alban, Holywell Hill était le nom de la colline ou il fut exécuté. Le manoir appartenait à Sir Ralph Rowlett depuis 1571 et à sa mort, devient propriété de son neveu, Robert Jenyns (ou Jennings). Il a été conservé par la famille et c’est là qu’est née Sarah Churchill en 1660. Après la mort de leur père, Richard, la maison appartenait conjointement à Sarah et à sa sœur, Frances, avant que Sarah n’en soit définitivement propriétaire. Elle et son mari John Churchill y demeuraient souvent.

[2] St Albans est la principale ville de la Cité de St Albans dans le sud du Hertfordshire, en Angleterre, à 35 km environ au nord de Londres. Elle est, sous le nom de Verulanium ou Verulamium, la première cité édifiée le long de la voie romaine allant vers le nord de la Bretagne. Sous la domination saxonne, une abbaye voisine, qui prend le relais de la ville chrétienne désormais abandonnée, est nommée Verlamchester ou Wæclingacaester, avant que l’ensemble prenne le nom anglo-normand générique de St Albans.

[3] Le Hertfordshire est un comté qui se trouve à l’intérieur du Royaume-Uni. Situé au nord de Londres, une grande partie sud du comté se trouve à la périphérie nord de la capitale. Le comté est entouré des comtés d’Essex à l’Est, Buckinghamshire à l’ouest et Bedfordshire et Cambridgeshire au nord.

[4] La Chambre des communes est la chambre basse du Parlement du Royaume-Uni. Le Parlement comprend également la reine et la chambre haute, la Chambre des lords. La Chambre des communes est élue au suffrage universel direct : elle est composée de 650 députés, représentant chacun une circonscription et élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour.

[5] Les titres de comte de Marlborough puis duc de Marlborough ont été créés plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre. Ils sont nommés d’après la ville de Marlborough

[6] Le Complot papiste ou encore Complot d’Oates est une fausse conspiration perpétrée en Angleterre en 1678 par les protestants anglicans, en vue de discréditer les catholiques par un scandale public. En 1678, un ecclésiastique anglican corrompu du nom de Titus Oates annonça avoir découvert un « complot papiste » visant à assassiner le roi Charles II d’Angleterre et à le remplacer par Jacques, son frère, de confession catholique. La foule londonienne massacra 19 catholiques. La plupart des sectes protestantes accordèrent en réaction un soutien massif aux whigs anglicans, qui remportèrent une grande majorité des sièges à la Chambre des communes. En 1679, les whigs voulurent adopter l’Exclusion Bill afin d’interdire à Jacques l’accès au trône, mais le Parlement fut dissout par Charles à chaque fois que le projet de loi se représentait. Qui plus est, la Chambre des lords, et au premier chef le duc Henry Somerset, était hostile à cette loi. À partir de 1681, on découvrit qu’Oates avait menti ; la popularité du parti whig déclina, la cause perdit toute assise populaire et le projet de loi fut définitivement abandonné. Cependant, l’angoisse de voir s’instaurer au Royaume-Uni une monarchie catholique absolue et de droit divin resta dans les esprits. Cela motiva après la Glorieuse Révolution de 1688 l’adoption de l’acte d’établissement, une loi toujours active qui interdit aux catholiques la succession au trône.

[7] Eyemouth est une petite ville et paroisse située dans le comté de Berwickshire, dans la région des Scottish Borders.

[8] La Lady of the Bedchamber (Dame de la Chambre) est la dame de compagnie qui accompagne la reine régnante ou consort à la cour britannique. C’est une fonction distincte de la Maîtresse de la garde-robe, qui désigne l’aînée des dames de compagnies de la reine. Elle est aussi à distinguer de la Woman of the Bedchamber qui reste en permanence auprès de la reine. La Lady of the Bedchamber occupe des fonctions ponctuelles.

[9] La Glorieuse Révolution d’Angleterre, aussi appelée Seconde Révolution anglaise, fut une révolution faussement décrite dans un premier temps comme « pacifique » (1688-1689). Terme à nuancer tout d’abord en raison des combats sévères qui opposèrent les partisans catholiques à l’armée néerlandaise de Guillaume III, ainsi qu’à cause de la sanglante contre-révolution qui s’ensuivit en Irlande peu de temps après. Elle eut pour conséquence de renverser le roi Jacques II (Jacques VII d’Écosse) et provoqua l’avènement de la fille de celui-ci, Marie II, et de son époux, Guillaume III prince d’Orange, à la suite de l’invasion néerlandaise de l’Angleterre menée par ce dernier. La révolution renforça la monarchie mixte et réaffirma le rôle du parlement face à la couronne.

[10] Comte de Godolphin est un titre de la pairie d’Angleterre. Il fut créé en 1706 pour Sidney Godolphin, 1er baron de Godolphin et lord trésorier.

[11] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[12] Le parti Whig est un parti politique apparu au 17ème siècle en Angleterre qui, à compter de la fin du 17ème siècle, militait en faveur d’un parlement fort en s’opposant à l’absolutisme royal. Il s’opposait au parti Tory de l’époque.

[13] Le palais de Blenheim est une grande et monumentale résidence de campagne anglaise située à Woodstock dans l’Oxfordshire. Il s’agit de la seule résidence de campagne non royale d’Angleterre à bénéficier du titre de « palais ». Blenheim, un des plus grands du pays, fut construit entre 1705 et 1722. Il est construit sur le domaine où était le palais de Woodstock, résidence royale détruite au temps de la guerre civile. Il doit son nom au village bavarois de Blenheim qui fut le théâtre de la seconde bataille de Höchstädt (ou bataille de Blenheim) qui en 1704 vit la victoire de John Churchill, premier duc de Marlborough, contre les Français, durant la guerre de Succession d’Espagne. L’édifice était à l’origine un cadeau destiné au duc, de la part de la collectivité nationale, en récompense des victoires militaires qu’il remporta contre la France. Le palais devint toutefois vite la source d’intrigues politiciennes, lesquelles entraînèrent l’exil de Marlborough, la disgrâce de la duchesse et un dommage irréparable pour la réputation de l’architecte, Sir John Vanbrugh. Conçu dans un style baroque typiquement anglais et pour cette raison très rare, le palais fait aujourd’hui l’objet d’appréciations aussi divergentes que dans les années 1720. La combinaison qu’il opère entre maison de famille, mausolée et monument national est en effet unique à plus d’un titre. Winston Churchill, petit-fils du septième duc de Marlborough, y naquit en 1874.

[14] Cambridge est une ville d’Angleterre, au Royaume-Uni, située à 80 km au nord de Londres. Elle est connue pour son université de renommée mondiale, la deuxième plus ancienne d’Angleterre après celle d’Oxford.

[15] Le palais de Kensington est une résidence royale située, ainsi que les jardins de Kensington attenants, dans le district royal de Kensington et Chelsea, arrondissement de Londres. Ce fut, jusqu’au 17ème siècle, la résidence de la monarchie britannique. Aujourd’hui, il loge divers membres de la famille royale dont le duc et la duchesse de Cambridge, le duc de Gloucester, le duc et la duchesse de Kent, le prince et la princesse Michael de Kent.

[16] Le palais Saint James est l’un des plus vieux palais de Londres. Il est situé entre Pall Mall et The Mall, juste au nord de St James’s Park. Bien que les souverains britanniques n’y résident plus depuis 1837, date de l’accession au trône de la reine Victoria, il reste la résidence administrative officielle de la Couronne, toujours appelée Court of St. James’s.

[17] La bataille d’Audenarde eut lieu aux abords de la ville flamande du même nom, en Belgique, le 11 juillet 1708. L’armée française du duc de Vendôme y fut battue par les Impériaux du Prince Eugène et les Anglais du duc de Marlborough.

[18] La cathédrale Saint-Paul de Londres a été construite après la destruction de l’ancien édifice lors du Grand incendie de Londres de 1666. Elle couronne Ludgate Hill et se trouve dans la City, le cœur historique de la ville, devenue aujourd’hui le principal quartier d’affaires londonien. Elle est considérée comme étant le chef-d’œuvre du célèbre architecte anglais, Sir Christopher Wren.

[19] Le capitaine général est une dénomination militaire ancienne pour une sorte de commandant en chef, le plus souvent supérieur au grade moderne de général d’armée, qui rappelle surtout un usage en Espagne, également dans certains états de l’Italie, dans la milice piémontaise, en France, etc.

[20] La maîtresse de la garde-robe est désignée parmi les dames les plus âgées de la cour britannique. Autrefois responsable des vêtements de la reine et de ses bijoux, elle a, de nos jours, la responsabilité du tableau de service des dames de compagnies de la reine, et accomplit des devoirs divers lors des cérémonies officielles. Par le passé, quand la reine occupait le trône, la maîtresse de la garde-robe était une nomination politique, qui changeait en fonction du gouvernement en place.

[21] Le Groom of the Stole autrement dit le premier gentilhomme de la chambre du roi ou de la reine est une nomination datant de la période des Stuart (environ 1603), mais qui s’est développée à partir de la fonction de Groom of the Stool, une fonction déjà existante lors de l’accession au trône d’Élisabeth 1ère. L’expression vient de la chaise utilisée pour l’exécution de la fonction (stul signifie chaise en vieil anglais).

[22] L’Acte d’Établissement, est une loi anglaise promulguée par le Parlement de Westminster en 1701, qui garantissait la succession de la couronne d’Angleterre aux membres de la famille protestante de Hanovre qui était liée aux Stuart par une fille de Jacques 1er. Cette disposition visait à exclure l’intronisation d’un roi favorable au catholicisme et à couper la route du pouvoir au prétendant Jacques Francis Édouard Stuart catholique, que Louis XIV reconnut roi d’Angleterre en 1701, sous le nom de Jacques III. Lorsque la reine Anne Stuart, la dernière des Stuart protestants, mourut sans héritier, George, Électeur de Hanovre, devint roi de Grande-Bretagne et d’Irlande sous le nom de Georges 1er en 1714 en vertu des termes de l’Acte d’Établissement.

[23] Le terme Tories désigne les partisans d’une philosophie politique traditionaliste anglo-saxonne. Au Royaume-Uni, les Tories constituaient l’un des deux groupes parlementaires britanniques à partir du 17ème siècle, ancêtres du Parti conservateur. Réputés proches de la dynastie Stuart, ils étaient favorables à un pouvoir royal fort et défendaient les intérêts de l’aristocratie foncière. Inspirant la méfiance de la Maison de Hanovre, qui les suspectait de collusion avec la dynastie précédente, les rois du 18ème siècle leur préféraient les Whigs.

[24] La Maison de la Reine à Greenwich, construite de 1614 à 1617 a été conçue par l’architecte Inigo Jones, au début de sa carrière, pour la reine Anne de Danemark, épouse du roi Jacques 1er d’Angleterre. Elle a été modifiée et terminée par Jones, dans une deuxième campagne de construction vers 1635 pour la reine Henriette de France, épouse du roi Charles 1er.

[25] Greenwich est un quartier situé à Londres, sur la rive sud de la Tamise. Elle donne son nom au borough londonien de Greenwich comprenant également les quartiers de Charlton, Eltham, Plumstead, Thamesmead et Woolwich. La ville est plus connue pour son histoire maritime et a donné son nom au méridien de Greenwich (longitude 0°) et au temps moyen de Greenwich.

[26] Marlborough House est un palais du quartier de Westminster, à Londres, au Royaume-Uni. Le palais est situé entre Pall Mall et The Mall, à proximité du palais Saint James, dont il est séparé par « Marlborough Road ». La résidence est construite par Christopher Wren au début du 18ème siècle, pour Sarah Churchill, duchesse de Marlborough, une amie intime de la reine Anne Stuart.