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Mathilde d’Écosse ou Édith

lundi 22 août 2016

Mathilde d’Écosse ou Édith (1080-1118)

Reine consort de Henri 1er d’Angleterre

Fille cadette du roi Malcolm III d’Écosse et de Marguerite d’Écosse descendante des rois anglo-saxons. Elle est baptisée Édith, et son parrain est Robert Courteheuse, le fils aîné de Guillaume le Conquérant. Elle est éduquée par sa tante Christine au couvent de Romsey, puis à celui de Wilton [1], où cette dernière est nonne. Les supérieures du couvent lui ordonnent de revêtir le voile, sans toutefois prononcer de vœux, ce qui fait croire aux visiteurs qu’elle est nonne.

Guillaume le Roux, soupçonné d’être homosexuel, lui rend visite à l’abbaye de Wilton mais lui aussi croit qu’elle a pris le voile, et il abandonne son projet.

À l’été 1093, son père semble avoir prévu de la donner en mariage à Alain le Roux, lord de Richmond. Toutefois, ce n’est pas certain. Alors qu’il lui rend visite avec Alain le Roux, le roi d’Écosse se rend compte que sa fille porte le voile. Il le lui arrache et déclare qu’il préférerait la voir mariée avec le lord que nonne. Il la ramène alors en Écosse, mais il meurt ainsi que sa femme avant la fin de l’année.

Donald III d’Écosse , le successeur de Malcolm III, la renvoie en Angleterre. L’archevêque Anselme de Cantorbéry ordonne, dans une lettre à l’évêque de Salisbury, de la faire retourner dans son couvent. Pour lui, elle est définitivement nonne. Toutefois, il est connu que dans cet intervalle, elle est convoitée par Guillaume II de Warenne, le 2ème comte de Surrey [2].

Henri 1er d’Angleterre qui vient tout juste de s’emparer du trône d’Angleterre lui propose le mariage. Mais elle doit avant cela convaincre l’archevêque de Cantorbéry qu’elle n’est pas une nonne en fuite. Elle lui explique de vive voix que bien qu’elle ait porté le voile, elle n’a jamais prononcé de vœux. Une assemblée de barons et de membres du clergé se réunit et la déclare libre de se marier. Elle épouse le roi anglais le 11 novembre 1100, et est couronnée par Anselme de Cantorbéry à l’abbaye de Westminster [3]. Le mariage est bien reçu par les sujets anglo-saxons, notamment à Londres, probablement parce qu’elle est une descendante de rois anglo-saxons.

Elle s’investit complètement dans son rôle de reine, assistant à de nombreux conseils de son mari. Il arrive même qu’en son absence elle les dirige. Elle agit aussi sur le plan politique. Avant 1103, elle convainc son beau-frère de renoncer à la pension qui lui a été accordé par le traité d’Alton [4] en1101.

Elle a aussi des relations privilégiées avec le clergé, et correspond notamment avec diverses figures telles qu’Anselme de Cantorbéry, le pape Pascal II, et les évêques Yves de Chartres, Marbode de Rennes et Hildebert de Lavardin du Mans. Elle assiste à divers événements ecclésiastiques telles des consécrations et des translations.

Elle est très religieuse, comme l’était sa mère, et pratique notamment les mortifications corporelles à Pâques. Elle patronne l’un des premiers prieurés augustins, la Sainte-Trinité d’Aldgate [5] à Londres. Elle est aussi l’une des patronnes du prieuré de Merton dans le Surrey [6]. Elle s’intéresse aussi beaucoup aux lépreux. Elle fait construire un hôpital spécialisé pour eux à l’extérieur de Londres et patronne divers établissements qui leur dispensent des soins.

En 1118, elle commande une biographie de sa mère aux moines de Malmesbury [7], ainsi qu’une généalogie de la Maison de Wessex. Il est aussi possible qu’elle soit l’inspiratrice de l’œuvre de Guillaume de Malmesbury la plus célèbre, la Gesta regum Anglorum [8], qu’elle soutient peut-être financièrement. Elle meurt le 1er mai 1118 à l’abbaye de Westminster. Elle est inhumée dans l’abbaye près de la tombe d’Édouard le Confesseur. Après que plusieurs miracles se sont produits sur sa tombe, sa sainteté est envisagée, mais son culte tombe rapidement en désuétude.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Lois L. Huneycutt, « Matilda (1080–1118) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.

Notes

[1] L’abbaye de Wilton est un couvent bénédictin situé à Wilton, dans le Wiltshire, non loin de la ville de Salisbury. Fondé à l’époque anglo-saxonne, il disparaît en 1539, dans le cadre de la Dissolution des monastères. L’abbaye laisse alors place au manoir de Wilton House.

[2] Le titre de comte de Surrey a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre, et le titre duc de Surrey une seule fois. De nos jours, le titre est utilisé comme titre de courtoisie pour l’aîné des fils du duc de Norfolk associé à celui de comte d’Arundel  : comte d’Arundel et Surrey. Le comté de Surrey est au sud de l’Angleterre, très proche de Londres.

[3] L’abbaye de Westminster est l’un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l’essentiel du 13ème siècle, sous Henri III. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le « Coin des poètes » fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye. Le vrai nom de l’abbatiale est église collégiale Saint-Pierre. Westminster signifie « abbaye de l’ouest » car celle-ci se situait à l’ouest de la City (en opposition à Eastminster, monastère cistercien qui se trouvait à l’est, au-delà de la tour de Londres, sur le site de l’actuel Royal Mint).

[4] Le traité d’Alton est un accord signé en juillet 1101, entre Henri 1er d’Angleterre et son frère plus âgé Robert Courteheuse, duc de Normandie. Par ce traité, Robert reconnaît Henri comme roi d’Angleterre, en échange d’une rente annuelle et autres concessions. Cet accord permit de résoudre temporairement la crise de succession des rois anglo-normands.

[5] Aldgate est l’un des 25 Wards (quartier traditionnels) de la Cité de Londres. Elle tient son nom du fait que l’une des six portes permettant de franchir le mur de Londres, enceinte qui avait été construite par les Romains afin de défendre Londinium, était construite sur son axe. Aldgate était la porte située le plus à l’est et menait aux quartiers de Whitechapel et de l’East End.

[6] Le Surrey est un comté du sud-est de l’Angleterre au sud du Grand Londres, qui fait partie des Home Counties et avoisine aussi le Kent, le Sussex de l’Est, le Sussex de l’Ouest, le Hampshire et le Berkshire. Sa capitale traditionnelle est la ville de Guildford, bien que son conseil de comté se trouve à Kingston upon Thames

[7] L’abbaye de Malmesbury, située dans la ville du même nom dans le Wiltshire (Angleterre), est un ancien monastère bénédictin fondé vers 676 par l’érudit et poète Aldhelm, neveu du roi Ina du Wessex.

[8] Les actions des rois d’Angleterre