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Amazap II d’Ibérie

dimanche 3 juin 2018, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 7 août 2011).

Amazap II d’Ibérie (mort vers 187)

Roi d’Ibérie de 183 à 187

Royaume d'Ibérie de 299 av. jc à 600Fils de Pharasman III, qui régnait sur le royaume d’Ibérie [1], il doit durant son règne affronter les envahisseurs Alains [2] tout en s’alignant sur la Parthie [3], abandonnant ainsi la politique pro-romaine de ses prédécesseurs. Ce changement de politique cause son renversement par les forces réactionnaires et pro-romaines d’Ibérie après 4 années de règne.

Peu après le début de son règne, les Alains s’emparent de la région de Dvaleti [4], avant de franchir les montagnes du Grand Caucase pour s’établir dans la vallée du Liakhvi [5]. Il n’apprend la présence des Nord Caucasiens dans son royaume que tardivement et profite du court arrêt des Alains dans la vallée pour réunir une armée. Toutefois, seuls ses gouverneurs de Kakhétie [6], du Khounan et de Samchvilde acceptent de confier leurs troupes au spaspet [7]. Les Alains reprennent leur chemin vers Mtskheta [8], la capitale de l’Ibérie, après une semaine de repos, et rencontrent les forces armées ibères, composées de 30 000 soldats et 10 000 cavaliers, à Sapourtzle, dans le Moukhran [9].

La bataille de Sapourtzle se solde par une victoire des Ibères et d’importantes pertes alanes. Le roi et ses troupes retournent alors à Mtskheta où, durant la nuit, ils reçoivent des renforts venant de ses eristavis [10]. Plus tard, dans un combat non loin de la capitale, durant lequel le général ossète [11] Khouankhoua est tué par le roi dans un combat singulier.

Le lendemain, grâce à de nouveaux renforts de cavalerie, il parvient à vaincre définitivement l’armée des Alains en tuant leur roi. Les envahisseurs se réfugient au-delà du Grand Caucase mais il les poursuit pendant 1 an avant de les vaincre et d’annexer l’Alanie.

À la suite de ces victoires, il devient odieux et se comporte en tyran, en faisant tuer plusieurs nobles hostiles à son pouvoir. Brisant l’alliance que ses prédécesseurs avaient conclue avec l’Arménie et l’Empire romain, il se tourne vers la Parthie, ce qui fâche la haute noblesse du pays. Ainsi, les eristavis des provinces occidentales de l’Ibérie se révoltent contre leur roi et s’allient à Vologèse II d’Arménie, à l’Empire romain et aux Alains désireux de vengeance.

Une importante invasion de l’Ibérie se déroule alors. D’un côté, les troupes arméniennes, renforcées par des auxiliaires romains, interviennent par le sud. Au nord, les Alains s’unissent avec les Mingréliens [12] et se mettent en route vers Mtskheta à partir de Tavcveri. Il fait appel au grand-roi des Parthes Vologèse IV qui lui envoie des troupes en renfort. Les Arméniens, les Alains-Mingréliens et les Géorgiens révoltés se rencontrent dans la vallée du Pinezaouri, à Goutis-Khevi. Amazap II y rencontre ces troupes et une bataille est engagée. Son armée est finalement vaincue et Amazap est tué.

Après cette défaite, la dynastie des Artaxiades [13] d’Ibérie est déposée et le roi d’Arménie place, à la demande des nobles ibères, son propre fils,Rev, sur le trône.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail de la Géorgie/ Roi d’Ibérie

Notes

[1] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[2] Les Alains étaient un groupe de nomades scythes. Les Alains forment un peuple scythique, probablement originaire d’Ossétie. D’ailleurs, les Ossètes d’aujourd’hui se présentent comme les descendants directs des Alains. Ce sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates et très proches des Iazyges, des Roxolans et des Taïfales.

[3] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[4] Les Dvals étaient un ancien peuple du Caucase, leurs terres se trouvant des deux côtés des montagnes du Grand Caucase central , quelque part entre les gorges de Darial et de Mamison . Ce territoire historique couvre principalement l’Ossétie du Sud d’aujourd’hui, une région sécessionniste de la Géorgie, et une partie de l’Ossétie du Nord-Alanie, de la Russie, et des parties de Racha et de Khevi. régions historiques en Géorgie.

[5] La Liakhvi est une rivière située dans la région centrale de la Géorgie, dans le Caucase. La rivière prend sa source dans la région d’Ossétie du Sud pour se jeter dans la rivière Koura à Gori.

[6] La Kakhétie est une région du sud-est de la Géorgie, dans le Caucase. Elle est bordée par la petite province montagneuse de Touchétie, et la chaîne de montagne du grand Caucase au nord, l’Azerbaïdjan à l’est et au sud, et la Karthlie à l’ouest.

[7] gouverneur militaire du Karthli

[8] Mtskheta est l’une des plus vieilles villes de Géorgie. Situé dans la province de Karthlie, dans l’est du pays, près de Tbilissi, Mtskheta fut la capitale du royaume géorgien d’Ibérie du 3ème siècle av. jc. au 5ème siècle. C’est à Mtskheta que les Géorgiens commencèrent à se convertir au christianisme ; le Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie y est encore basé.

[9] Le Moukhran ou Moukhrani (originellement connu sous le nom de Moukhnar) est une région historique de Géorgie orientale, aujourd’hui au sein de la région de Mtskheta-Mtianeti, au nord de la ville de Mtskheta. Celle-ci est située dans les frontières historiques du Karthli et est bordée par le Mtkvari et ses deux affluents : le Ksani et l’Aragvi. Stratégiquement situé au milieu de routes traversant l’ancien royaume de Géorgie, facilement irrigable et fertile, le Moukhran fut une région économiquement avancée et, dans un certain sens, un lien entre les districts de basse-terre et les régions montagnardes du Karthli. Entre le 2ème et le 4ème siècles, la région avait pour centre la ville de Dzalissi, l’un des plus importants établissements du royaume d’Ibérie.

[10] gouverneur

[11] Les Ossètes, ou Osses, forment un peuple vivant dans le Caucase, en Russie et en Géorgie. Descendant des Alains (peuple lui-même descendant des Scythes), ils en seraient les derniers représentants. Leur langue, l’ossète, appartient au groupe iranien de la famille des langues indo-européennes, qui a été étudiée par le linguiste russe Vsevolod Miller puis par Georges Dumézil, à travers leurs légendes (notamment celle des Nartes). La population ossète est en majorité chrétienne orthodoxe.

[12] Les Mingréliens sont un sous-groupe ethnique des Géorgiens qui vivent majoritairement en Samegrelo (ou Mingrélie), région de la Géorgie. Ils sont également nombreux en Abkhazie et à Tbilissi.

[13] Les Artaxiades ou Artašesian sont des rois d’Arménie qui ont régné sur ce royaume d’environ 189 av. jc à environ 12 après jc. Sous cette dynastie, le pays subit deux influences majeures : une influence perse, qui poursuit son action, et une influence hellénistique croissante ; il s’ouvre en outre au commerce international. Sous l’un des rois artaxiades, Tigrane II, l’Arménie va connaître son expansion maximale, avant de devenir un enjeu, sous ses successeurs, entre Parthes et Romains. À la fin de cette dynastie, au début de l’ère chrétienne, le royaume est au bord de l’anarchie et sera pendant plusieurs décennies gouverné par des souverains étrangers, avant de connaître l’avènement d’une nouvelle dynastie, la dynastie arsacide.