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Naissance d’une nouvelle religion

samedi 28 août 2021 (Date de rédaction antérieure : 24 mars 2012).

Naissance d’une nouvelle religion

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La Palestine au début de l’ère chrétienne

C’est le 25 janvier 42 qu’a lieu la Conversion de Paul. Né à Tarse [1], en Anatolie [2], vers l’an 9, Saul est un citoyen romain d’origine juive et de langue grecque. Il fait de solides études hébraïques à Jérusalem [3], auprès d’un célèbre rabbin, Gamaliel.

Devenu rabbin, il enseigne les Écritures dans la Ville sainte. C’est l’époque où des prédicateurs évoquent un homme nommé Jésus et crucifié par les Romains quelques années plus tôt pour des raisons peu compréhensibles.

Il prend violemment parti contre ces gens que l’on nommera plus tard “chrétiens”, en référence au surnom de Jésus Christ. Il approuve la condamnation du diacre Étienne et assiste à sa lapidation. Il obtient là-dessus du Sanhédrin [4], le tribunal juif qui siège au Temple, la mission de pourchasser les chrétiens de Syrie [5]. Sur le chemin de Damas [6], si l’on en croit son propre témoignage, il est alors terrassé par une force surnaturelle. Le futur prédicateur considère l’événement qui lui est arrivé sur le chemin de Damas comme un appel du Christ faisant de lui l’un des Apôtres.

Il prend le nom de Paul, traduction latine de l’hébreu Saul, pour être mieux accepté des Grecs qu’il se propose de convertir à leur tour. Avec deux compagnons, Barnabé et Marc, Paul part pour un premier voyage missionnaire à Chypre [7] et en Pamphylie [8]. Il y manque d’être tué à coup de pierres mais n’en obtient pas moins de nombreuses conversions.

La prédication de Paul et des autres disciples du Christ entraîne la multiplication de petites communautés de croyants. On les appelle Églises, du grec ekklésia, assemblée. La plus importante de ces communautés est celle de Jérusalem. Elle est dans les premiers temps animée par d’anciens compagnons du Christ : Simon dit Pierre, et Jacques dit le Juste.

Cette communauté se montre attachée à la Loi hébraïque et aux rituels juifs. Ses membres fréquentent assidûment le Temple. En l’an 48 se tient à Jérusalem ce qu’il est convenu d’appeler le premier concile, ou concile des Apôtres. Venus de différents endroits de l’empire romain, les participants s’inquiètent d’être confondus avec l’une des nombreuses sectes messianiques caractéristiques du judaïsme.

Alors, Paul plaide avec succès l’abandon des rituels juifs, en particulier de la circoncision, au nom de l’universalité du message de Jésus.

À la différence des juifs qui admettaient parfaitement que des Gentils se convertissent à leur foi mais exigeaient d’eux qu’ils commencent par se faire circoncire, les chrétiens évacuent donc la circoncision et s’en tiennent au sacrement de baptême par l’eau comme rite d’entrée dans leur religion. Ils évacuent également les interdits alimentaires, nombreux chez les juifs, ces interdits purement formels ayant été désapprouvés par Jésus-Christ. C’est ainsi que les chrétiens fondent une religion véritablement nouvelle et ouverte à tous les hommes.

Vers 50, il part pour un 2ème voyage d’évangélisation en Asie mineure et en Grèce avec [Silas ou Silvanus dit Saint Silvain], Timothée et Luc. Il débat à Athènes [9], devant l’Aréopage [10], avec les philosophes de la tradition païenne. Les Athéniens l’écoutent avec intérêt mais restent circonspects.

Entre les années 52 et 57, il accomplit un 3ème et dernier voyage en Galatie [11], au centre de la Turquie actuelle, et à Corinthe [12] sans jamais cesser d’être en butte à l’hostilité des communautés juives. Il écrit ses épîtres aux Galates, aux Corinthiens, aux Philippiens et aux Romains. De toutes les cités grecques qu’il visite, Corinthe est celle qui se montre la plus réceptive à son message malgré ou à cause de sa réputation de débauche et de luxure.

De passage à Jérusalem, Paul est arrêté à l’instigation des juifs. Mais il fait valoir sa qualité de citoyen romain et ce statut privilégié lui vaut d’être jugé à Rome. Indifférents aux luttes entre factions juives, les juges romains le libèrent sans difficulté.

C’est à Rome, au temps de Néron, que Paul rencontre le martyre après 15 ans d’apostolat autour de la Méditerranée. Il est décapité et enseveli en un lieu où s’élève aujourd’hui la basilique de Saint-Paul hors les murs [13].

Saint Paul a contribué de façon décisive à la diffusion du christianisme dans les provinces de langue grecque, en-dehors des communautés juives. La nouvelle religion lui doit sa séparation d’avec le judaïsme et sa vocation à l’universalité.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de la gaule (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)

Notes

[1] Tarse est située sur la rivière Tarsus. À l’origine, Tarse était un port maritime important. Aujourd’hui, ce port se trouve à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur des terres, à cause d’un envasement important. D’origine hittite, comme la plupart des villes de Cilicie, Tarsus fut tour à tour assyrienne, perse, grecque, romaine, byzantine, arabe, arménienne et, pour terminer, ottomane et turque. La ville fut un haut lieu de la philosophie stoïcienne. Marc Antoine, lors du second triumvirat, y établit sa capitale après la bataille de Philippes. Tarse est aussi connu pour être le lieu de la première rencontre entre Cléopâtre et Antoine. Elle abrita l’une des premières églises chrétiennes d’Asie Mineure. Tarse est la ville natale de saint Paul, dit de Tarse, un juif et citoyen romain du nom de Saül.

[2] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[3] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[4] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siège normalement à Jérusalem. Son nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée siégeante ». Composé de 71 sages experts en Loi Juive, il doit comporter 23 membres pour décider en matière judiciaire ; il est alors nommé petit sanhédrin et siège dans les principales villes.

[5] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[6] Damas est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées. Elle est aussi la ville la plus peuplée de la grande Syrie (Assyrie) (des traces archéologiques remontent au 4ème millénaire av. jc). Elle est citée dans la Bible, dans le livre de la Genèse, et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes. Damas connut l’influence de nombreuses civilisations dont celles des Assyriens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Arabes et Turcs. De la fin du 12ème siècle av. jc à 734 av. jc, elle est la capitale du royaume d’Aram-Damas. Elle fut l’un des berceaux du christianisme et vit saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans la maison d’Ananie, où celui-ci a ouvert une église domestique dès l’année 37. Cette dernière est la plus vieille de Syrie (aujourd’hui dans le quartier chrétien de Bab Touma). En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l’adoption de la langue arabe, elle devint le centre culturel et administratif de l’empire musulman durant près d’un siècle. Par la suite, elle demeura un foyer culturel majeur et un pôle économique de premier plan profitant de sa situation géographique privilégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie en direction de la Chine et du commerce des épices avec l’Inde).

[7] L’île de Chypre, que les anciens Égyptiens nommaient « Alachia », les anciens Assyriens « Iatnana » et les Phéniciens « Enkomi », était dès l’Antiquité au carrefour d’importants courants commerciaux, assimilant au fil des siècles différentes cultures provenant de la Crète minoenne, de la Grèce mycénienne et de tout le pourtour du bassin Levantin ; son nom de « Kupros » signifie cuivre, en référence aux importants gisements de ce métal, qui assurèrent sa renommée et sa prospérité dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Chypre était aussi connue pour ses nombreuses épices et plantations. L’histoire de Chypre fut très mouvementée et l’île subit de nombreuses tutelles : hellénistique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane et enfin britannique.

[8] La Pamphylie est le nom donné dans l’Antiquité à une région du sud de l’Asie mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l’est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l’ouest. Son nom signifie « toutes les tribus », allusion à la diversité des populations qui colonisent cette région dès la seconde moitié du millénaire. Les Grecs fondent des ports sur la côte tels Aspendos ou Pergé, les Phéniciens s’établissent à Sidé. Devenue province de l’empire des Achéménides, la Pamphylie est conquise par Alexandre le Grand en 334 av. J.-C. Devenue ensuite un territoire du royaume des Séleucides, elle est donnée par les Romains au royaume de Pergame en 188 av. J.-C. avant de devenir une province romaine en 133 av. J.-C. Marc Antoine la cède en partie au Galate Amyntas et elle ne redevient province romaine qu’à la mort de celui-ci en 24 av. J.-C. Elle forme, sous Claude, une province impériale avec la Lycie. Enfin sous la réorganisation de Dioclétien, elle est comprise dans le diocèse d’Asie et la préfecture d’Orient avec Aspendos comme capitale.

[9] Athènes est l’une des plus anciennes villes au monde, avec une présence humaine attestée dès le Néolithique. Fondée vers 800 av. jc autour de la colline de l’Acropole par le héros Thésée, selon la légende, la cité domine la Grèce au cours du 1er millénaire av. jc. Elle connaît son âge d’or au 5ème siècle av. jc, sous la domination du stratège Périclès

[10] un conseil composé d’anciens archontes qui était une force traditionnellement conservatrice

[11] La Galatie est une région historique d’Anatolie (autour de l’actuelle Ankara), dont le nom vient d’un peuple celte (les Galates) qui y a migré dans l’Antiquité, aux alentours de 279 av. jc. Géographiquement, elle est délimitée par le royaume du Pont et la Paphlagonie au nord, la Cappadoce à l’est, le royaume de Pergame au sud et la Bithynie à l’ouest.

[12] Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[13] La basilique Saint-Paul-hors-les-Murs est une des quatre basiliques majeures de Rome, les trois autres étant les basiliques Saint Jean de Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Pierre. D’après le catalogue de Pietro Mallio, rédigé sous le pontificat d’Alexandre III, la basilique Saint-Paul-hors-les-murs était le siège du titre cardinalice Saint Sixte - titre aujourd’hui lié à la basilique San Sisto Vecchio dans le rione Celio dans le centre de Rome.