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Naissance d’une nouvelle religion

samedi 24 mars 2012

Naissance d’une nouvelle religion

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La Palestine au début de l’ère chrétienne

C’est le 25 janvier 42 qu’a lieu la Conversion de Paul. Né à Tarse [1], en Anatolie, vers l’an 9, Saul est un citoyen romain d’origine juive et de langue grecque. Il fait de solides études hébraïques à Jérusalem, auprès d’un célèbre rabbin, Gamaliel.

Devenu rabbin, il enseigne les Écritures dans la Ville sainte. C’est l’époque où des prédicateurs évoquent un homme nommé Jésus et crucifié par les Romains quelques années plus tôt pour des raisons peu compréhensibles.

Il prend violemment parti contre ces gens que l’on nommera plus tard “chrétiens”, en référence au surnom de Jésus Christ. Il approuve la condamnation du diacre Étienne et assiste à sa lapidation. Il obtient là-dessus du Sanhédrin, le tribunal juif qui siège au Temple, la mission de pourchasser les chrétiens de Syrie. Sur le chemin de Damas, si l’on en croit son propre témoignage, il est alors terrassé par une force surnaturelle. Le futur prédicateur considère l’événement qui lui est arrivé sur le chemin de Damas comme un appel du Christ faisant de lui l’un des Apôtres.

Il prend le nom de Paul, traduction latine de l’hébreu Saul, pour être mieux accepté des Grecs qu’il se propose de convertir à leur tour. Avec deux compagnons, Barnabé et Marc, Paul part pour un premier voyage missionnaire à Chypre et en Pamphylie [2]. Il y manque d’être tué à coup de pierres mais n’en obtient pas moins de nombreuses conversions.

La prédication de Paul et des autres disciples du Christ entraîne la multiplication de petites communautés de croyants. On les appelle Églises, du grec ekklésia, assemblée. La plus importante de ces communautés est celle de Jérusalem. Elle est dans les premiers temps animée par d’anciens compagnons du Christ : Simon dit Pierre, et Jacques dit le Juste.

Cette communauté se montre attachée à la Loi hébraïque et aux rituels juifs. Ses membres fréquentent assidûment le Temple. En l’an 48 se tient à Jérusalem ce qu’il est convenu d’appeler le premier concile, ou concile des Apôtres. Venus de différents endroits de l’empire romain, les participants s’inquiètent d’être confondus avec l’une des nombreuses sectes messianiques caractéristiques du judaïsme.

Alors, Paul plaide avec succès l’abandon des rituels juifs, en particulier de la circoncision, au nom de l’universalité du message de Jésus.

À la différence des juifs qui admettaient parfaitement que des Gentils se convertissent à leur foi mais exigeaient d’eux qu’ils commencent par se faire circoncire, les chrétiens évacuent donc la circoncision et s’en tiennent au sacrement de baptême par l’eau comme rite d’entrée dans leur religion. Ils évacuent également les interdits alimentaires, nombreux chez les juifs, ces interdits purement formels ayant été désapprouvés par Jésus-Christ. C’est ainsi que les chrétiens fondent une religion véritablement nouvelle et ouverte à tous les hommes. Vers 50, il part pour un 2ème voyage d’évangélisation en Asie mineure et en Grèce avec  [3], Timothée et Luc. Il débat à Athènes, devant l’Aréopage, avec les philosophes de la tradition païenne. Les Athéniens l’écoutent avec intérêt mais restent circonspects.

Entre les années 52 et 57, il accomplit un 3ème et dernier voyage en Galatie, au centre de la Turquie actuelle, et à Corinthe sans jamais cesser d’être en butte à l’hostilité des communautés juives. Il écrit ses épîtres aux Galates, aux Corinthiens, aux Philippiens et aux Romains. De toutes les cités grecques qu’il visite, Corinthe est celle qui se montre la plus réceptive à son message malgré ou à cause de sa réputation de débauche et de luxure.

De passage à Jérusalem, Paul est arrêté à l’instigation des juifs. Mais il fait valoir sa qualité de citoyen romain et ce statut privilégié lui vaut d’être jugé à Rome. Indifférents aux luttes entre factions juives, les juges romains le libèrent sans difficulté.

C’est à Rome, au temps de Néron, que Paul rencontre le martyre après 15 ans d’apostolat autour de la Méditerranée. Il est décapité et enseveli en un lieu où s’élève aujourd’hui la superbe basilique de Saint-Paul hors les murs.

Saint Paul a contribué de façon décisive à la diffusion du christianisme dans les provinces de langue grecque, en-dehors des communautés juives. La nouvelle religion lui doit sa séparation d’avec le judaïsme et sa vocation à l’universalité.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de la gaule (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)

Notes

[1] Tarse est située sur la rivière Tarsus. À l’origine, Tarse était un port maritime important. Aujourd’hui, ce port se trouve à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur des terres, à cause d’un envasement important. D’origine hittite, comme la plupart des villes de Cilicie, Tarsus fut tour à tour assyrienne, perse, grecque, romaine, byzantine, arabe, arménienne et, pour terminer, ottomane et turque. La ville fut un haut lieu de la philosophie stoïcienne. Marc Antoine, lors du second triumvirat, y établit sa capitale après la bataille de Philippes. Tarse est aussi connu pour être le lieu de la première rencontre entre Cléopâtre et Antoine. Elle abrita l’une des premières églises chrétiennes d’Asie Mineure. Tarse est la ville natale de saint Paul, dit de Tarse, un juif et citoyen romain du nom de Saül.

[2] La Pamphylie est le nom donné dans l’Antiquité à une région du sud de l’Asie mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l’est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l’ouest. Son nom signifie « toutes les tribus », allusion à la diversité des populations qui colonisent cette région dès la seconde moitié du millénaire. Les Grecs fondent des ports sur la côte tels Aspendos ou Pergé, les Phéniciens s’établissent à Sidé. Devenue province de l’empire des Achéménides, la Pamphylie est conquise par Alexandre le Grand en 334 av. J.-C. Devenue ensuite un territoire du royaume des Séleucides, elle est donnée par les Romains au royaume de Pergame en 188 av. J.-C. avant de devenir une province romaine en 133 av. J.-C. Marc Antoine la cède en partie au Galate Amyntas et elle ne redevient province romaine qu’à la mort de celui-ci en 24 av. J.-C. Elle forme, sous Claude, une province impériale avec la Lycie. Enfin sous la réorganisation de Dioclétien, elle est comprise dans le diocèse d’Asie et la préfecture d’Orient avec Aspendos comme capitale.

[3] 461