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Anne de Pisseleu

jeudi 15 avril 2021 (Date de rédaction antérieure : 7 novembre 2012).

Anne de Pisseleu (1508-1580)

Anne de Pisseleu

Elle est née à Fontaine-Lavaganne [1] dans l’Oise. Elle est issue d’une famille noble, fille de Guillaume de Pisseleu, chevalier d’Heilly [2] et de Anne Sanguin.

Très tôt, après le décès de sa mère, elle vit au château d’Heilly, celui de Fontaine-Lavaganne étant délabré. Elle reçoit de sa belle-mère, Madeleine de Laval, une éducation complète, sachant lui donner le goût de la littérature, des arts et de la science. Elle arrive à la cour dès son adolescence, en 1522. L’année suivante, elle devient demoiselle d’honneur de Louise de Savoie, mère de François 1er. Pendant 3 ans, elle fait l’apprentissage de la galanterie et de l’art de séduire.

En 1526, François 1er est libéré de sa captivité en Espagne. Il rejoint le royaume de France. Sa mère, Louise de Savoie, vient à sa rencontre à Bayonne [3]. Elle est accompagnée de ses demoiselles d’honneur. Françoise de Foix, la favorite en titre de François 1er n’est pas venue. Ce qui plait plutôt à Louise de Savoie qui ne l’aime pas beaucoup, souhaitant diminuer son influence sur le roi. Cela lui permet de mettre en avant Anne de Pisseleu.

François 1er ne peut que succomber à cette jeune femme blonde, aux yeux bleus, au corps harmonieux et arborant un air faussement candide. On disait d’Anne de Pisseleu qu’elle était très ambitieuse et que ses actes étaient souvent calculés. Son souhait était de devenir la favorite du roi. Françoise de Foix qui vient rejoindre le roi à Bordeaux s’en rend compte, pendant plusieurs mois, les deux femmes vivront en froid. Finalement, en 1528, Anne de Pisseleu devient la favorite du roi. Elle le sera jusqu’à la mort du monarque.

Réputée pour sa beauté et son intelligence, elle réussit à imposer ses idées au roi. Elle émet des avis qui sont écoutés. En effet, plus que par son physique, c’est par sa vivacité d’esprit et par son intelligence qu’elle retient François 1er. Elle sait se faire respecter de la Cour, gardant une certaine distance. Ainsi n’habite-t-elle pas dans la demeure royale. Elle apprécie la compagnie des gens de lettres.

En 1534, François 1er accorda la main de Anne de Pisseleu à Jean de Brosse. Ce dernier, fils de proscrit, est heureux de se refaire une situation. Il retrouve ses terres en Bretagne. François 1er leur offre le comté d’Étampes [4] qui deviendra duché en 1537. Elle portera dès lors le titre de duchesse d’Étampes. François 1er se montrera généreux avec le couple. Nomma Jean de Brosse gouverneur de Bretagne et offrit à Anne de Pisseleu des terres sur Meudon [5].

Dès 1539, elle sent qu’elle n’a plus la même influence, et ce au profit de Diane de Poitiers. Elle la contre, jusque dans la religion, se faisant protestante et répandant les idées de Calvin avec Marot, Dolet. En 1545, François octroie à Jean de Brosse et Anne de Pisseleu de nombreux fiefs qui sont saisis au chancelier Guillaume Poyet, abbé de Bardonet. Elle aimait tellement s’introduire dans la vie politique du pays qu’elle fut, en 1547, à la mort de François 1er, accusé d’avoir vendu des secrets d’état à Charles Quint. Ses démêlés avec Diane de Poitiers la rattrapèrent. Cette dernière lui fait saisir ses biens et ses bijoux et sera renvoyée dans son duché. Toutes les personnes sous sa protection furent écartées d’elle. Son mari la séquestra 18 ans durant en Bretagne dans le château de la Hardouinaye [6]. En 1576, elle reçoit les chefs protestants.

En 1580, après avoir vécu la mort de François 1er en 1547, celle de son ennemi Henri II en 1559, celle de sa rivale Diane de Poitiers en 1566, elle s’éteint à Heilly dans les premiers jours de septembre. Elle fut la protectrice des artistes tel que Clément Marot.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Potter, David, « Anne de Pisseleu (1508-1580). Duchesse d’Étampes, maîtresse et conseillère de François Ier », dans Cédric Michon (dir.), Les conseillers de François Ier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011

Notes

[1] Fontaine-Lavaganne est une commune française située dans le département de l’Oise

[2] Heilly est une commune française située dans le département de la Somme. Au 13ème siècle, la seigneurie d’Heilly passa par mariage à la famille de Créquy, puis, au 15ème siècle, à la famille de Pisseleu.

[3] Bayonne est située au point de confluence de l’Adour et de la Nive, non loin de l’océan Atlantique, aux confins nord du Pays basque et sud de la Gascogne, là où le bassin aquitain rejoint les premiers contreforts du piémont pyrénéen. Elle est frontalière au nord avec le département des Landes, et la limite territoriale franco-espagnole se situe à une trentaine de kilomètres au sud.

[4] Le comté d’Étampes fut donné en apanage par Philippe III à son fils Louis, comte d’Évreux. En 1327, le comté d’Étampes est érigé en comté-pairie. En 1375 la comtesse d’Étampes, Jeanne de Brienne-Eu, soumise à des difficultés financières, passa un accord avec Jean de Berry. Ce dernier lui apportait l’argent nécessaire à surmonter ses difficultés et obtenait un droit de préemption sur ses héritages s’il n’y avait pas de descendance. La comtesse mourut en 1368 et le comte d’Étampes en 1400. Jean de Berry avait à son tour promis de léguer le comté d’Étampes au duc de Bourgogne, mais il annula cette donation en 1407 à la suite de l’assassinat du duc d’Orléans.

[5] Le château de Meudon, dit château royal de Meudon, palais impérial de Meudon ou Domaine national de Meudon, est un château français situé à Meudon, dans le département des Hauts-de-Seine. Il est notamment la résidence de la duchesse d’Étampes, du cardinal de Lorraine, d’Abel Servien, de Louvois ainsi que de Monseigneur, dit le Grand Dauphin, qui lui adjoint en annexe le château de Chaville.

[6] C’est à l’orée de la forêt de la Hardouinaye en la paroisse de Saint Launeuc que fut aménagée cette forteresse au cours du 14ème siècle.