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Artaxerxès III Ochos

vendredi 23 janvier 2015 (Date de rédaction antérieure : 26 juillet 2011).

Artaxerxès III Ochos (425-338 av.jc)

Empereur de l’Empire achéménide et Pharaon de la 31ème dynastie

Fils et successeur d’Artaxerxès II et de Statira. Avant de monter sur le trône, il est satrape [1] et commandant de l’armée de son père. Artaxerxès épouse sa nièce, la fille d’Oxathres, frère du futur roi Darius III.

En 359, juste avant de monter sur le trône, il attaque l’Égypte en réaction à des tentatives de raids sur les régions côtières de Phénicie [2] en 358. Il arrive au pouvoir après la mort de ses frères aînés et de son père Artaxerxès II à l’âge de 86 ans.

Peu de temps après son avènement, Il commence par faire exécuter plus de 80 de ses plus proches parents pour assurer son pouvoir. Il lance deux grandes campagnes contre l’Égypte. La première échoue et est suivie par des rébellions dans tout l’ouest de l’empire.

En 355, il force Athènes à conclure une paix qui obligeait la ville à quitter l’Asie mineure [3] et à reconnaître l’indépendance de ses alliés rebelles. Artaxerxès mène une campagne contre les rebelles cadusiens [4] mais réussit à réunir les deux rois.

Darius Codoman, qui occupa par la suite le trône de Darius III s’est particulièrement illustré durant cette campagne. Il ordonne ensuite la dissolution de toutes les armées des satrapes d’Asie mineure car il estimait qu’elles ne pouvaient plus conserver la paix à l’ouest et qu’elles donnaient les moyens de se révolter. Cet ordre est toutefois ignoré par Artabaze, satrape de Lydie [5], qui demande l’aide d’Athènes dans sa rébellion contre le roi. Athènes envoie de l’aide à Sardes [6]. Orontès 1er , satrape d’Arménie, rejoint également Artabaze et leurs forces battent celle d’Artaxerxès en 354.

Cependant, en 353, les satrapes sont défaits et dispersés. Orontès est gracié par le roi tandis qu’Artabaze se réfugie à la cour de Philippe II.

Vers 351, il lance une campagne visant à reprendre l’Égypte, qui s’était révoltée sous son père, Artaxerxès II. En même temps, une rébellion éclate en Asie Mineure, qui, étant appuyé par Thèbes, menace de devenir sérieuse. Levant une grande armée, il entre en Égypte.

Après une année de lutte contre le pharaon égyptien Nectanébo II , ce dernier, aidé des généraux grecs Diophante et Lamius inflige une cuisante défaite aux Perses. Artaxerxès est contraint de se retirer et d’annuler son entreprise. Peu après cette défaite, les dirigeants de Phénicie, d’Asie Mineure et Chypre déclarent leur indépendance.

En 343, il défait Nectanébo II et mate une révolte en Phénicie. A cette époque, mis à part ses 330 000 Asiatiques, il avait maintenant 14 000 Grecs fournis par les cités grecques d’Asie Mineure, 4 000 de Mentor de Rhodes, 3 000 envoyés par Argos [7], et 1 000 de Thèbes. Il divisa son armée en 3 corps, commandés chacun conjointement par un Perse et un Grec.

Les commandants grecs sont Lacrates de Thèbes, Mentor de Rhodes et Nicostrate d’Argos tandis que les Perses sont Rhossaces, Aristazanes et Bagoas, chef des eunuques.

Après sa défaite, Nectanébo s’enfuit précipitamment à Memphis, laissant les villes fortifiées à la défense de leurs garnisons composées de Grecs et d’Égyptiens entre lesquels les généraux perses sèment la suspicion et la jalousie. Par ces moyens, les Perses prennent rapidement les villes secondaires de la Basse-Égypte, et s’avancent vers Memphis, quand Nectanébo quitte le pays et fuit en Éthiopie. L’armée perse met complètement en déroute les Égyptiens et occupe le bas delta du Nil. L’ensemble de l’Égypte se soumet à Artaxerxès et les Juifs du territoire sont envoyés sur la côte sud de la mer Caspienne et à Babylone.

Après son succès en Égypte, il retourne en Perse et passe les quelques années suivantes à réprimer efficacement des insurrections dans diverses parties de l’Empire. L’Égypte est intégrée à l’Empire perse jusqu’à la conquête d’Alexandre le Grand.

Pendant les dernières années de son règne, Philippe II de Macédoine, de plus en plus puissant en Grèce, tente de pousser à la révolte les cités grecques sous domination perse. Artaxerxès l’en empêche et protège la ville de Périnthe [8] contre un siège macédonien. Il entreprend des travaux à Persépolis [9], où il érige un nouveau palais et construit son propre tombeau.

Artaxerxès est empoisonné en 338 par Bagoas avec l’assistance d’un médecin. Il fut remplacé par son fils, Arsès aussi connu sous le nom d’Artaxerxès IV.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de l’Europe/ Artaxerxès III Ochos/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 94

Notes

[1] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[2] Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et de la Palestine. Les Phéniciens étaient un peuple antique d’habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités États en Phénicie, ils fondèrent dès 3000 av jc de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage en 814. Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au 2ème millénaire av jc, ils furent d’après ce qu’on en sait les meilleurs navigateurs de l’Antiquité. L’invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les autres territoires qu’ils traversent, mais c’est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers. Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en 332 av jc.

[3] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[4] Peuples d’Asie, qui habitaient quelques contrées voisines du Pont-Euxin ; selon Strabon, ils occupaient la partie septentrionale de la Médie Atropatène, pays montagneux et assez semblable à la description que Plutarque fait de celui des Cadusiens.

[5] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops. La Lydie était une région occidentale de l’Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie et à l’est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

[6] Sardes est une ancienne ville d’Asie Mineure, capitale de la Lydie, sur la rivière Pactole, dans la vallée de l’Hermos.

[7] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[8] Marmara Ereğli est une ville et un district de la province de Tekirdağ, en Thrace, en Turquie. Ereğli est située à 30 km à l’est de la ville de Tekirdağ et à 90 km à l’ouest d’Istanbul, près d’un petit cap sur la côte nord de la Mer de Marmara.

[9] Persépolis, était une capitale de l’empire perse achéménide. Le site se trouve dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kuh-e Rahmat, à environ 70 km au nord-est de la ville de Shiraz, province de Fars, Iran.