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Ermengarde Fille de Louis II le Jeune

dimanche 26 avril 2020 (Date de rédaction antérieure : 18 octobre 2011).

Ermengarde (852/855-896)

Cathédrale Saint-Maurice de Vienne (38) (photolj2017)Fille de l’empereur d’Occident Louis II le Jeune et d’Engelberge. En 876, elle épouse, le duc Boson V de Provence. En mai 878, le pape Jean VIII menacé par les Sarrasins [1] et des nobles italiens, vient se réfugier à Arles [2] auprès d’elle et de son époux le duc Boson.

Après le coup d’Etat de Boson en octobre 879, elle participe à la défense de la Provence contre les tentatives de reconquête des rois carolingiens. Fin 880, elle défend avec succès la ville de Vienne [3], dans la vallée du Rhône, capitale du royaume de Burgondie [4] que son époux Boson avait tenté de restaurer, et assiégée par les troupes de l’alliance des rois carolingiens Charles III le Gros, Louis III de France et Carloman II de France

En août 881, lors du 2ème siège de Vienne, les troupes de Charles III le Gros, nouvellement élu empereur germanique d’Occident, réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend alors sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce et les emmène à Autun [5], tandis que son époux Boson se réfugie en Provence.

En 887, après la mort, de son époux, le roi Boson, elle devient régente du royaume de Provence avec l’aide de Richard le Justicier. En mai 887, elle conduit son fils, le futur empereur Louis III l’Aveugle, auprès de l’empereur Charles III le Gros, pour qu’il l’adopte, ce qu’il fait. En mai 889 elle va faire acte de soumission à Arnulf de Carinthie, le nouveau roi de Francie orientale.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, Lafitte Reprints, 1974.

Notes

[1] Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi Arabes, Ismaélites ou Agaréniens. D’autres termes sont employés également comme Maures, qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de Sarrasin se cristallise finalement sur l’opposition avec l’ennemi dans le contexte des Croisades menées par l’Occident chrétien en Terre sainte.

[2] Arles est une commune du département des Bouches-du-Rhône. Cette ville, dont les habitants sont appelés Arlésiens, a plus de 2 500 ans. Des monuments remarquables ont été construits pendant l’Antiquité à l’époque romaine, comme le théâtre antique, les arènes, les Alyscamps ou encore le cirque romain. A la mort de Charlemagne, l’histoire d’Arles s’inscrit dans le processus de désagrégation de l’Empire carolingien. Au gré des successions apparaît un territoire autonome appelé royaume de Provence. Des ducs turbulents dirigent alors successivement la région d’Arles pillée en 842 et 850 par les Sarrasins puis en 859 par les Normands. Finalement le 15 octobre 879, Boson se fait couronner roi de Provence et de Bourgogne. Ayant pris Vienne pour capitale, il doit alors affronter l’opposition de son frère Richard le Justicier, installé à Autun. Boson manque de légitimité. Son fils Louis, aveuglé en 905 par son ennemi Bérenger d’Italie, prend pour régent Hugues d’Arles. Au début du 10ème siècle, Hugues d’Arles s’installe dès 911 à Arles dont il fait la capitale du royaume dont il est régent pour Louis l’Aveugle.

[3] En 880, le siège de Vienne, en Dauphiné, oppose une coalition carolingienne à la capitale de Boson, roi auto-proclamé de Provence.

[4] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[5] Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire. Fondée par les Romains comme Augustodunum, sœur et émule de Rome au début du règne de l’empereur Auguste, capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, évêché dès l’Antiquité, Autun a été jusqu’à la fin du 15ème siècle une cité prospère et un centre culturel influent, en dépit des pillages et des invasions.