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L’histoire pour le plaisir

Lysias

vendredi 7 juin 2013 (Date de rédaction antérieure : 25 juillet 2011).

Lysias (440-380 av jc)

Né à Athènes, il est un métèque [1]. Son père, Képhalos ou Céphale de Syracuse , est un marchand d’armes syracusain appelé à Athènes par Périclès. Lysias par la suite devint isotèle [2], c’est-à-dire étranger privilégié.

Il fut élevé avec les fils de la haute société athénienne puis à 15 ans part à Thourioi [3] rejoindre la colonie nouvellement fondée en Grande Grèce, où il étudie la rhétorique. Cependant l’échec en 412 de l’expédition athénienne en Sicile l’encourage à rentrer à Athènes.

Il y exerce le métier de rhéteur et exploite avec son frère Polémarque une fabrique de boucliers. Ils acquièrent ainsi une fortune qui leur attire des ennuis sous la dictature des Trente Tyrans. Tous 2 sont arrêtés en 404 comme suspects. Il réussit à s’échapper à Mégare [4] mais son frère est mis à mort. Il rend de grands services aux démocrates de Phylè en leur fournissant de l’argent, des boucliers, et environ 300 mercenaires qu’il enrôle à ses frais, participant ainsi au rétablissement de la démocratie.

Pour le récompenser de ses services, une fois la démocratie restaurée, Thrasybule propose de lui accorder le droit de cité. La mesure est votée au peuple, mais la procédure normale n’ayant pas été respectée, le décret est rapporté. Lysias restera isotèle.

En 403, il intente un procès au meurtrier de son frère, Ératosthène, l’un des Trente Tyrans. Cette affaire met en relief son talent d’orateur, et dès lors il se fait logographe [5].

Le discours Contre Ératosthène, est le seul qu’il ait prononcé lui-même. Les autres ont été écrits pour des clients, à charge pour eux ensuite de le prononcer, à l’occasion de procès de plus ou moins grande importance.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Lysias/ Orateur athénien

Notes

[1] Un métèque, est dans la Grèce antique une personne qui habite dans une cité dont il n’est pas originaire.

[2] Les isotèles sont dispensés du paiement de toutes les taxes pesant sur les métèques, au premier rang de laquelle le metoikion, taxe annuelle attestée à partir du 4ème siècle av. jc, du droit de marché pour pouvoir commercer sur l’agora et de la skaphēphoria, une liturgie qui leur est réservée et qui vise à rappeler leur statut inférieur

[3] Thourioi, Thurii ou Thurium était une ville de la Grande Grèce sur le Golfe de Tarente, près du site antique de Sybaris. La fondation de la ville remontait à 452 av. jc, et était l’œuvre d’exilés de Sybaris et de leurs descendants qui souhaitaient repeupler le site de l’antique Sybaris.

[4] Mégare est une ville de la banlieue d’Athènes en Grèce. Située à l’extrémité est de l’isthme de Corinthe, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, elle était connue à l’origine sous le nom de Nisée, d’après le roi éponyme légendaire Nisos.

[5] Le terme de logographe désigne deux catégories distinctes de personnes. En Grèce antique, les chroniqueurs antérieurs à Hérodote ou Thucydide, les rédacteurs professionnels de discours judiciaires.