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Charles VI (empereur des Romains) ou Charles III de Habsbourg

jeudi 11 août 2022, par ljallamion

Charles VI (empereur des Romains) ou Charles III de Habsbourg (1685-1740)

Empereur des Romains-Roi de Hongrie sous le nom de Charles III de 1711 à 1740-Roi de Sardaigne (1713-1720)-Roi de Naples (1714-1738)-Roi de Sicile (1720-1735)-Duc de Parme et de Guastalla (1735-1740)

Il fut également prétendant au royaume d’Espagne de 1703 à 1714. Son règne fut marqué par les questions liées aux querelles de succession des dynasties européennes tandis que la sienne allait ouvrir un conflit généralisé.

Second fils de l’empereur Léopold 1er et d’ Éléonore de Neubourg , il eut pour gouverneur le prince Antoine-Florian de Liechtenstein dont il fit plus tard son premier ministre et pour qui il créa la principauté souveraine de Liechtenstein [1].

Avant cela, il fut désigné par son père pour succéder au dernier des Habsbourg d’Espagne, Charles II.

À la mort de ce dernier en 1700, Charles est âgé de 15 ans et tente de monter sur le trône d’Espagne, mais le défunt roi avait déjà désigné Philippe, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, pour lui succéder. Cela déclencha un conflit européen : la guerre de Succession d’Espagne [2].

Charles fut couronné roi d’Espagne à Vienne en 1703, et se rendit dans ce royaume en 1704. Il se trouva confronté au parti du duc d’Anjou, et ne pu réussir à s’imposer. Cependant les royaumes péninsulaires de la Couronne d’Aragon [3] le reconnurent comme roi, sous le nom de Charles III ; il fut également reconnu roi de Naples en 1707.

La branche espagnole des Habsbourg s’était éteinte en 1700 en la personne de Charles II. L’empereur Léopold 1er mourut en 1705 et son successeur l’empereur Joseph 1er du Saint-Empire, frère aîné de Charles, avait deux filles et ne semblait pas devoir avoir d’autres enfants. Charles était seul héritier mâle de la dynastie. Lorsque son frère aîné Joseph 1er mourut sans descendance masculine en 1711, Charles fut élu empereur, rassemblant sur sa tête l’ensemble de l’Empire de Charles Quint, au grand dam des puissances européennes.

Cette situation hâta la conclusion de la paix. Si Charles dut renoncer à ses prétentions au trône d’Espagne et à l’empire colonial espagnol en 1714 par le traité de Rastatt [4] ; il parvint à conserver le royaume de Naples [5] en 1714, le royaume de Sardaigne [6] qu’il échangea contre le royaume de Sicile [7] en 1720, possessions qu’il échangea en 1738 contre le duché de Parme [8] et le grand-duché de Toscane [9]. Il confia alors le grand-duché à son gendre François de Lorraine ainsi que les Pays-Bas espagnols [10] dont il confia la régence à sa sœur Marie-Élisabeth d’Autriche .

Il ne désirait pas qu’à son décès ses états patrimoniaux soient démembrés au profit des maris de ses nièces, l’Électeur de Bavière et l’Électeur de Saxe Frédéric-Auguste de Saxe dit Auguste III de Pologne , mais qu’ils restent au sein de la Maison de Habsbourg [11].

Le 1er août 1708, Charles VI épouse Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel . Princesse protestante d’une grande beauté et d’un caractère affirmé, pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme, celle-ci s’oppose d’abord à ce mariage, menaçant même de se suicider, avant de se raviser. Dès lors le couple est très uni, et bien qu’elle n’ait pas même 20 ans, Charles lui cède la régence de ses possessions espagnoles tandis qu’il mène ses troupes au combat. Pendant 8 ans, leur union demeure stérile, puis naissent 4 enfants

Au début de son règne en 1711, il mit fin à la révolte menée par François II Rákóczi.

N’obtenant pas de successeur mâle par son mariage, il édicta en 1713 la Pragmatique Sanction [12] autorisant ses filles à lui succéder dans ses domaines patrimoniaux, écartant de fait les prétentions de ses nièces. Les Électeurs, époux de celles-ci, y acquiescèrent, et les différentes puissances européennes finirent par donner leur accord.

Charles fut inauguré, à Mons [13], Comte de Hainaut [14] le 18 octobre 1717, représenté par le Prince de Rubempré.

Sous son règne, les troupes impériales, conduites par le prince Eugène, remportèrent sur les Turcs les victoires de Peterwaradin [15] en 1716 et de Belgrade [16] en 1717, et les forcèrent à signer la paix de Passarowitz en 1718 [17].

Charles VI s’engagea ensuite dans une nouvelle guerre contre le roi d’Espagne Philippe V, après être entré dans la Quadruple Alliance [18]. Ces différends furent arrangés par le traité de Vienne en 1725 [19].

À l’instar de son père, l’empereur fut un grand mélomane. Il était comme ses pairs passionné par la chasse, sport aristocratique par excellence, auquel participait son gendre le grand-duc de Toscane François-Étienne de Lorraine. C’est au cours d’une chasse en 1732, que l’empereur tua accidentellement le prince de Schwarzenberg.

La guerre se ralluma en 1733 à l’occasion de la succession au trône de Pologne [20]. L’Électeur de Saxe Frédéric-Auguste, fils du précédent roi et neveu par alliance de l’empereur Charles VI, fut élu roi de Pologne avec le soutien de l’empereur, tandis que la France soutenait les ambitions de Stanislas Leszczyński, détrôné en 1709, et qui vivait en exil en France aux frais de son gendre Louis XV .

Le traité de Vienne [21] termina cette guerre en 1735, donnant la Lorraine [22] et le Barrois [23] à Stanislas en dédommagement de sa couronne polonaise, tandis que la Toscane où mourait le dernier des Médicis et le duché de Parme et de Plaisance où régnait l’infant Charles d’Espagne, successeur du dernier des Farnèse, revenaient à François III de Lorraine et de Bar qui renonçait à ses duchés héréditaires. Il était enfin autorisé à épouser l’archiduchesse héritière Marie-Thérèse, concrétisation d’une longue aspiration des deux fiancés. L’infant Charles épousa la fille d’Auguste II de Pologne, le vainqueur de Stanislas, et alla régner sur le royaume de Sicile et de Naples. En dernier lieu, la France, ennemi héréditaire, acceptait enfin de garantir la Pragmatique Sanction, victoire diplomatique et morale de l’Empereur vieillissant.

Peu avant la signature du traité de paix mourut le vieux prince Eugène de Savoie, un des plus grands généraux de son temps et principal conseiller de l’Empereur.

Attaqué peu après par les Turcs soutenus par la France, Charles VI dut leur abandonner par le Traité de Belgrade en 1739 [24] la Petite Valachie [25], la Serbie [26] et Belgrade.

Mélomane et musicien passionné au point d’accompagner lui-même au clavecin le castrat [27] Farinelli et d’entretenir de longues conversations avec Antonio Vivaldi lors d’un voyage en Vénétie [28], il mourut en octobre 1740, laissant une succession difficile à sa fille Marie-Thérèse et à son gendre François Étienne de Lorraine, grand-duc de Toscane [29].

Il a laissé des Commentaires sur sa propre vie, qui ont été publiés à Bruxelles en 1862.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Bernd Rill, Karl VI. Habsburg als barocke Großmacht, Graz : Verlag Styria, 1992/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 233/ article de Wikipédia Charles VI (empereur du Saint-Empire)/ Portail du Saint Empire romain germanique/ Catégories : Empereur romain germanique/ Roi de Hongrie/ Roi de Bohême/ Roi de Naples/ Roi de Sardaigne

Notes

[1] Le Liechtenstein, en forme longue la principauté du Liechtensteina, est un pays alpin d’Europe centrale, sans accès à la mer, bordé par la Suisse à l’ouest et au sud et par l’Autriche à l’est et au nord. Sa superficie est de 160 km². Sa capitale est Vaduz et sa plus grande agglomération Schaan. Politiquement, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle, avec un prince pour chef d’État (principauté). Le territoire actuel du Liechtenstein constituait autrefois une petite partie de la province romaine de Rhétie. Pendant des siècles, cette terre resta géographiquement éloignée des intérêts stratégiques européens. Avant l’avènement de la dynastie actuelle, la région était inféodée, à une branche de la maison de Habsbourg dont le chef était l’archiduc d’Autriche et résidait à Vienne. La maison de Liechtenstein tire son nom du château de Liechtenstein, un édifice situé en Autriche, dans la banlieue sud de Vienne et ayant appartenu à la dynastie de 1140 au 13ème siècle, avant de lui revenir définitivement en 1807. Au cours des siècles, les Liechtenstein entrèrent en possession de vastes domaines, notamment en Moravie, en Basse-Autriche et en Styrie, sans toutefois échapper à la tutelle de seigneurs supérieurs, pour la plupart des membres de la maison de Habsbourg lesquels s’attachaient les princes de Liechtenstein.

[2] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[3] Catalogne et Valence

[4] Le traité de Rastatt de 1714 laissa Naples à l’empereur Charles VI, amorçant une courte domination autrichienne sur le royaume, qui continuait d’être gouverné par un vice-roi, nommé par le pouvoir impérial. En 1720, Charles VI annexa la Sicile et réunifia de nouveau le royaume des Deux-Siciles (toujours sans fondre officiellement Naples et la Sicile, qui restèrent nominalement deux royaumes distincts). Les Bourbons d’Espagne conquirent le royaume de Naples en 1734, ce qui marque le retour à l’indépendance pour Naples après plus de deux cents ans : Naples devient la capitale du royaume réunifié, qui prend le nom officiel de royaume des Deux-Siciles seulement au début du 19ème siècle.

[5] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[6] Le Regnum Sardiniæ et Corsicæ (royaume de Sardaigne et de Corse) est créé le 4 avril 1297 par le pape Boniface VIII afin de résoudre les conflits entre les maisons d’Anjou et d’Aragon au sujet du royaume de Sicile, conflits déclenchés par les fameuses Vêpres siciliennes. C’est donc un royaume de compensation, attribué à Jacques II le Juste d’Aragon. La Sardaigne reste toutefois soumise à de puissants seigneurs portant le titre de judex, elles-mêmes sous l’influence des cités de Pise et de Gênes. En 1323, Jacques II forme une alliance avec le juge d’Arborée, d’origine catalane, et la ville de Sassari, et contrôle les judicats de Cagliari et de Gallura, éliminant de l’île les Pisans. Le contrôle royal n’est toutefois définitif qu’au début du 15ème siècle, quand Martin le Jeune, roi de Sicile et procureur de Sardaigne pour le compte de son père le roi d’Aragon Martin le Vieux, défait les derniers juges d’Arborée, dont Éléonore d’Arborée, célèbre pour sa novatrice charte appelée Carta de Logu, et achète les droits sur le Royaume. La Corse n’est pas conquise et les rois d’Aragon cessent d’y prétendre en 1479, après que la mention et Corsicæ est retirée de l’appellation officielle du royaume. La Sardaigne, rattachée à la couronne d’Aragon, passe avec cette dernière, dans la monarchie espagnole au 16ème siècle.

[7] Le royaume de Sicile, également appelé royaume normand de Sicile, est créé en 1130 par Roger II sur l’île de Sicile, la Calabre, les Pouilles, et Naples. Ce royaume traverse plusieurs phases marquées par les dominations successives des Normands, des Souabes (autre nom pour la dynastie des Hohenstaufen, descendants de Frédéric de Souabe), des Angevins et des Aragonais. Le royaume de Sicile a dans le passé recouvert plusieurs zones géographiques différentes au fil du temps. Le royaume de Sicile ne s’est pas limité à la seule île de Sicile. Il a été l’objet de convoitises de la part des plus grandes familles européennes, qui se sont battues pour s’en assurer la possession. L’histoire du royaume a été particulièrement mouvementée, marquée par des assassinats, des guerres de succession, des séparations. Les rois de Sicile n’ont donc pas tous régné sur un territoire identique. On a même pu parler, lors des périodes au cours desquelles les royaume de Sicile et de Naples ont été réunis, de Royaume des Deux-Siciles

[8] Le duché de Parme et de Plaisance était un petit État de la péninsule italienne qui exista entre 1545 et 1802 puis de 1814 à 1859. Les ducs de Parme et de Plaisance furent également ducs de Plaisance excepté dans les premières années du règne d’Octave Farnèse (1549 -1556) et sous le règne des deux ducs choisis par Napoléon Bonaparte en 1808.

[9] La Toscane dirigée d’abord par des margraves et des marquis au 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de Cité États à statut républicain oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle. Le Grand-duché de Toscane est fondé officiellement au début du 16ème siècle, lorsque Cosme de Médicis (1519-1574) reçoit le titre de Duc puis de Grand-Duc. Le Grand-duché disparaît en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte, le transforme en royaume d’Étrurie. Cependant, le titre de grand-duc de Toscane perdure et est toujours porté par une branche cadette de la famille de Habsbourg Lorraine.

[10] Les Pays-Bas espagnols étaient les États du Saint Empire romain rattachés par union personnelle à la couronne espagnole sous le règne des Habsbourgs, entre 1556 et 1714. Cette région comprenait les actuels Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, ainsi que des territoires situés en France et en Allemagne. La capitale était Bruxelles.

[11] La maison de Habsbourg ou maison d’Autriche est une importante Maison souveraine d’Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu’une importante lignée de souverains d’Espagne et de l’empire d’Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie a pris le nom de « Maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.

[12] La Pragmatique Sanction est un édit de l’empereur Charles VI pour s’assurer qu’une femme puisse hériter des territoires héréditaires de la maison de Habsbourg, situés tant à l’intérieur du Saint Empire qu’à l’extérieur. Cette décision fut prise en 1713, réglant la dévolution de sa succession aux possessions héréditaires des Habsbourg. Le chef de cette famille portait le titre d’archiduc d’Autriche et recevait l’archiduché d’Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême, des territoires italiens et les Pays-Bas. Cette mesure ne concernait pas la dignité d’empereur des Romains, souverain du Saint Empire romain germanique, qui restait élective, bien qu’attitrée à l’archiduc d’Autriche, chef des Habsbourg, depuis des siècles.

[13] Mons est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne. Ancienne capitale des comtes de Hainaut, chef-lieu de la province de Hainaut, ville principale de l’arrondissement de Mons, elle est le siège d’une des cinq cours d’appel du pays.

[14] Le comté de Hainaut ou Hainau est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France.

[15] Petrovaradin est une ville et une municipalité urbaine de Serbie situées dans la province autonome de Voïvodine et sur le territoire de la Ville de Novi Sad, dans le district de Bačka méridionale. Le 5 août 1716, Petrovaradin fut le site d’une importante bataille dans laquelle le prince Eugène de Savoie vainquit les Ottomans commandés par le grand vizir Ali Coumourgi. Le Prince Eugène s’empara ensuite de Belgrade en 1717, obligeant les Turcs à signer le Traité de Passarowitz en juillet 1718. Pendant la période autrichienne, Petrovaradin fut rattachée à la Frontière militaire. En 1848-1849, au moment de l’insurrection serbe contre les Habsbourg, la ville fit partie de la Voïvodine de Serbie.

[16] Belgrade est la capitale et la plus grande ville de Serbie. Belgrade est l’une des plus anciennes cités d’Europe, avec une histoire qui s’étend sur plus de 7 000 ans. Selon les historiens, on évalue la destruction de la ville entre 28 et 33 fois, sa position stratégique en Europe étant son bonheur et son malheur

[17] La paix de Passarowitz du 21 juillet 1718 est le traité qui met fin à la guerre de 1714-1718 entre l’Empire ottoman et la république de Venise commencée en 1714. Le Saint Empire était intervenu aux côtés des Vénitiens en avril 1716. Le traité est signé dans la ville serbe de Požarevac (connue des historiens sous son nom allemand de Passarowitz) par Ibrahim Aga et Mehmed Aga, représentants du sultan ottoman Ahmed III, par le baron Damian Hugo von Virmont et le comte Talman, représentants de l’empereur Charles VI, par Carlo Ruzzini pour Venise et par le chevalier Robert Sutton et le comte de Collyer représentant la médiation de la Grande-Bretagne et de la Hollande. Quelques jours après, la république de Venise signe un traité avec les représentants du sultan.

[18] formée contre ce prince par la Grande-Bretagne, la France et les États de Hollande en 1718

[19] Le traité de Vienne de 1725, souvent appelé aussi Premier traité de Vienne, est un ensemble de quatre traités signés entre avril 1725 et novembre 1725 par l’Autriche et l’Espagne bourbonienne. Le traité s’inscrit dans la suite de la guerre de la Quadruple-Alliance (1718-1720), qui avait été provoquée par Philippe V d’Espagne. Celui-ci, désireux de réviser certaines dispositions du traité d’Utrecht, en particulier celle concernant les anciennes possessions espagnoles en Italie, avait envahi la Sicile et la Sardaigne ; la guerre s’était cependant soldée par une défaite pour l’Espagne, et le traité d’Utrecht avait été confirmé. En 1725, devant cet échec, Philippe V chercha un rapprochement avec l’Autriche et missionna Ripperdá pour obtenir à Vienne auprès de l’empereur Charles VI un accord qui mettrait un terme à la rivalité entre les deux souverains à propos de la couronne d’Espagne. Des négociations secrètes aboutirent le 5 novembre 1725 à un traité aux termes duquel : Philippe V renonçait à ses prétentions sur les Pays-Bas du Sud et sur les territoires d’Italie naguère sous la souveraineté espagnole ; les Habsbourgs renonçaient à toute prétention sur le trône d’Espagne ; la main de l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche était promise à l’infant don Carlos, fils de Philippe V et d’Élisabeth Farnèse

[20] La guerre de Succession de Pologne eut lieu de 1733 à 1738. À la mort d’Auguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas 1er, ancien roi de Pologne déchu en 1709, beau-père de Louis XV, se disputent le trône.

[21] Le traité de Vienne de 1738 signé le 18 novembre 1738 entre l’Autriche et la France met fin entre ces deux pays à la Guerre de Succession de Pologne. Il comporte plusieurs dispositions dynastiques qui modifient la carte politique de l’Europe et assurent un nouvel équilibre entre les deux puissances.

[22] Le duché de Lorraine est né du partage de la Lotharingie en 959 par le duc Brunon de Cologne, qui confia la Haute Lotharingie au vice duc Frédéric de Bar. Celui-ci prit le titre de duc de Haute Lotharingie en 977. Au fil du temps, le duché de Haute Lotharingie deviendra le duché de Lorraine, mentionné comme tel en 1067. Les ducs (pour les descendants de Gérard d’Alsace et ceux des Maisons de Vaudémont et d’Anjou jusqu’en 1737) se succédèrent jusqu’en 1766, date de l’annexion par la France où le trône ducal fut occupé par Stanislas Leszczynski, souverain polonais détrôné profitant de la vacance du trône lorrain à la suite du mariage du dernier duc de la maison de Lorraine, François III, avec l’archiduchesse régnante d’Autriche Marie-Thérèse. Ce François III a été élu par la suite roi des Romains et couronné comme Saint Empereur Romain sous le nom de François (premier de ce nom), de sorte qu’on parle de sa femme comme l’Impératrice Marie-Thérèse.

[23] Relevant à la fois du Saint Empire romain germanique mais aussi du domaine royal de France (partie du duché située à l’ouest de la Meuse), le comté, puis duché de Bar, fut formé au 10ème siècle par Ferry d’Ardennes, frère de l’évêque de Metz Adalbéron. Il fut annexé par la France en 1766. Ses villes principales étaient Bar-le-Duc, la capitale, Pont-à-Mousson sur la Moselle, au pied du château de Mousson, Briey et Longwy. Ses frontières bordaient le comté de Champagne, la principauté épiscopale de Verdun, le comté puis duché de Luxembourg, la principauté épiscopale de Metz, le duché de Lorraine et la principauté épiscopale de Toul.

[24] Le traité de Belgrade est un traité de paix signé avec la médiation de la France entre les Habsbourg et l’empire ottoman le 18 septembre 1739 à l’issue de la guerre austro-turque de 1735-1739, fixant la frontière austro-turque sur la Save. Il permet de sauvegarder les intérêts des Turcs face à l’Autriche à la suite de la politique de redressement du grand vizir Mehmed Yeyen. Les diplomates impériaux autrichiens, dirigés par Wilhelm Reinhard de Neipperg rendent deux des trois des territoires acquis en 1718 : aux Turcs Belgrade avec la Serbie septentrionale, aux Valaques la petite Valachie ; ils ne gardent que le Banat.

[25] L’Olténie ou Petite Valachie est une région historique du sud-ouest de la Roumanie délimitée par la rivière Olt à l’est, le Danube au sud et à l’ouest, et par les Carpates au nord. Elle n’a pas d’existence administrative, mais fait partie de la région de développement Sud-Ouest de la Roumanie.

[26] La Serbie est frontalière de la Roumanie à l’est-nord-est, de la Bulgarie au sud-est, de la Macédoine du Nord au sud-sud-est, du Kosovo au sud, du Monténégro au sud-ouest, de la Bosnie-Herzégovine à l’ouest, de la Croatie au nord-ouest et de la Hongrie au nord-nord-ouest. Sa capitale est Belgrade. Les populations slaves, dont les Serbes, s’installèrent au début du 7ème siècle dans la région des Balkans. Auparavant, la population était constituée d’Illyriens (Albanais aujourd’hui), de Grecs Macédoniens et Thraces, et de petites ethnies montagnardes. Au Moyen Âge, un puissant État serbe se constitua progressivement, qui atteignit son apogée au 14ème siècle

[27] Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté, dans le but de conserver le registre aigu de sa voix enfantine, tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique d’un adulte. Le phénomène musical des castrats apparaît dans la deuxième moitié du 16ème siècle en Occident. Il se développe principalement en Italie et disparaît entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Les historiens rapportent que les meilleurs castrats pouvaient rivaliser en puissance, technique et hauteur avec une petite trompette. Le mot désigne également le type de voix obtenu au moyen de cette opération.

[28] La région de la Vénétie est une région du nord-est de l’Italie. Sa capitale est Venise. le territoire régional appartint pendant des siècles à la République de Venise. En 1797, après environ un millénaire d’indépendance, la république fut conquise par Napoléon Bonaparte au terme de la campagne d’Italie et cédée à l’Autriche avec le traité de Campo-Formio. Après la défaite autrichienne d’Austerlitz et le traité de Presbourg, la Vénétie devint partie du Royaume napoléonien d’Italie en 1805. Elle fut rendue à l’Empire d’Autriche en 1815.

[29] Le grand-duché de Toscane est fondé officiellement au début du 16ème siècle, lorsque Cosme de Médicis reçoit le titre de duc puis de grand-duc. Le grand-duché disparaît en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte le transforme en royaume d’Étrurie. Le titre et le grand-duché renaissent en 1814, après l’effondrement napoléonien. L’un et l’autre perdurent jusqu’en 1860, date à laquelle le grand-duché est incorporé dans le nouveau royaume d’Italie. Cependant, le titre de grand-duc de Toscane perdure et est toujours porté par une branche cadette de la famille de Habsbourg-Lorraine.