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Arnoul de Metz ou Arnulf dit saint Arnoul

mardi 22 juin 2021 (Date de rédaction antérieure : 10 septembre 2011).

Arnoul de Metz ou Arnulf dit saint Arnoul (vers 582-640)

Évêque de Metz de 613 à 628

Il gouverna dans les faits avec Pépin de Landen le royaume d’Austrasie [1], puis devint moine au Saint Mont. C’est le fondateur de la dynastie des Arnulfiens [2], alliée des Pépinides [3]. Père d’Ansegisel, il est l’ancêtre de la dynastie carolingienne.

Il appartient donc à une grande famille de la noblesse franque située dans la Woëvre [4] et dont les biens s’étendaient entre Metz [5] et Verdun [6]. Il reçut l’enseignement qui était alors en vigueur dans les familles aisées.

Il travaille ensuite au palais d’Austrasie auprès de Gundulf de Tongres , son grand-oncle, chef du palais et conseiller du roi. Puis il entre, pendant une douzaine d’années, au service du roi Théodebert II dont il est un temps intendant des domaines royaux.

Il songe à se retirer pour mener une vie ascétique mais sa famille parvient à le marier vers 610 à Dode avec qui il aura deux fils Clodulf de Metz et Ansegisel

Par sa position de leude [7] à la cour, il entre dans l’opposition contre Brunehaut et, associé à Pépin de Landen, fait appel au roi de Neustrie [8] Clotaire II, qui vainc et fait exécuter la vieille reine. Arnoul et Pépin marient ensemble leur enfant respectif Ansegisel et Begga, donnant ainsi naissance à la dynastie carolingienne.

En 613, Clotaire II devient maître de tout le royaume et récompense ses fidèles. Le roi l’invite expressément à accepter le siège épiscopal de l’évêché de Metz [9] qui est la capitale du royaume d’Austrasie. Il fait preuve d’un dévouement dans l’accomplissement de ses attributs. Il est pour cela très apprécié et Clotaire II continue à l’associer au gouvernement de l’Austrasie. Il a donc tenu un rôle très important, tant dans la vie de l’église que dans la gestion du royaume d’Austrasie.

Clotaire II le nomme précepteur de son fils Dagobert 1er. Il est domesticus [10]. Lorsque Clotaire II nomma Arnoul évêque de Metz, son épouse sainte Doda entra au couvent puisqu’un évêque ne peut être marié.

Il meurt au Saint Mont, près de Remiremont. Ses restes sont transférés à Metz dans l’église des Saints Apôtres [11], qui prit le nom de Saint Arnoul en 717.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l’auguste maison de France, vol. 1), Villeneuve-d’Ascq, éd. Patrick van Kerrebrouck, 1993, 545 p. (ISBN 978-2-95015-093-6)

Notes

[1] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[2] Les Arnulfiens sont les membres d’un lignage de la noblesse franque d’Austrasie issu agnatiquement d’Arnulf, évêque de Metz de 613 à 626. Ce lignage s’unit ensuite à celui des Pépinides avec le mariage d’Ansegisel et de Begga. Leur petit-fils Charles Martel sera le père du premier roi carolingien Pépin le Bref. Les descendants en ligne agnatique d’Arnoul de Metz sont donc appelés Arnulfiens, jusqu’à Charles Martel à partir duquel on parle de Carolingiens. Néanmoins, du fait que les derniers Arnulfiens ont puisé leurs noms, une grande partie de leur puissance et de leur prestige chez leurs ancêtres cognatiques, certains auteurs les appellent improprement Pépinides.

[3] Les Pépinides ou Pippinides sont les membres d’une dynastie de la noblesse franque d’Austrasie dont plusieurs se nommèrent Pépin. Le terme désigne au sens strict la famille de Pépin de Landen en ligne agnatique, c’est-à-dire par les hommes. Suite au mariage de l’arnulfien Ansegisel avec la pépinide Begga, les Arnulfiens sont parfois appelés improprement Pépinides. Le prestige de la famille de Pépin de Landen a rejailli sur les Arnulfiens qui puisèrent dans le stock anthroponymique des Pépinides les noms des membres de leur famille issus de cette union et donc cognatiquement des Pépinides. Ainsi, Ansegisel nomma son fils Pépin. La puissance acquise par Pépin de Herstal ajoutée à son héritage maternel fut à l’origine de l’accession à la royauté de sa descendance avec Pépin le Bref en 751. Ce fait contribue également à l’attribution du nom de Pépinides aux Arnulfiens qui n’en sont issus que cognatiquement. À partir de Charles Martel, les Arnulfiens issus des Pépinides sont nommés Carolingiens.

[4] La plaine de la Woëvre (lorraine) autrefois en grande partie recouverte de forêts de chênes et charmes a été défrichée et drainée et c’est actuellement le domaine de l’élevage bovin et de la culture de céréales

[5] Metz est une commune française située dans le département de la Moselle, en Lorraine. Préfecture de département. Metz et ses alentours, qui faisaient partie des Trois-Évêchés de 1552 à 1790, se trouvaient enclavés entre la Lorraine ducale et le duché de Bar jusqu’en 1766.

[6] L’existence de l’agglomération verdunoise remonte à l’Antiquité où les Celtes fondent un oppidum surplombant un méandre de la Meuse. Devenue chef-lieu de la Civitas Verodunensium, la ville est l’une des quatre cités de la province romaine de Belgique première. En 843, le traité de Verdun qui partage l’Empire carolingien en trois royaumes y est signé. Ville du Saint Empire romain germanique depuis le 10ème siècle, Verdun est soumise par la France en 1552, au cours du « Voyage d’Austrasie ». Elle forme avec les autres villes libres d’Empire, Metz et Toul, la province des Trois-Évêchés, qui se voit définitivement rattachée au Royaume de France en 1648 par le Traité de Münster. Forteresse de l’Est de la France, la ville est le théâtre de plusieurs batailles, telles que celle de 1792 lors des guerres de la Révolution française, et celle de 1870 lors de la guerre franco prussienne. Mais c’est surtout la bataille de Verdun de 1916, au cours de la Première Guerre mondiale, qui rend à jamais célèbre la ville dans le monde entier.

[7] Les leudes étaient des membres de la haute aristocratie durant le haut Moyen Âge. Ils étaient liés au roi par un serment (le leudesanium) et des dons.

[8] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[9] Fondé vers le 3ème siècle, l’évêché de Metz a longtemps été une entité à la fois politiquement puissante et riche. Opposé à la bourgeoisie messine puis soumis à l’influence du royaume de France, il va progressivement perdre son poids économique puis son influence politique. Aujourd’hui l’évêque de Metz a la particularité d’être l’un des deux seuls évêques catholiques au monde à ne pas être formellement nommés par le Pape, mais par un pouvoir temporel (le concordat en Alsace-Moselle confiant au président de la République française la nomination de l’évêque de Metz et de l’archevêque de Strasbourg).

[10] c’est-à-dire conseiller du roi d’une personnalité importante

[11] On en trouve aucune trace historique avant le 6ème siècle, elle portait jusqu’en 715 le nom d’église des Saints-Apôtres. Elle se trouvait au-devant des remparts, à l’emplacement de l’hôpital Bon-Secours, à proximité de la voie romaine vers Toul et Lyon. D’après une autre source, elle se trouvait à l’emplacement de l’actuelle église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus juste en face de l’hôpital. En 717, elle prit le nom de Saint-Arnoul, en raison des reliques d’Arnoul de Metz, évêque de Metz au 7ème siècle, déposées en 641.