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Lu Xun (Trois Royaumes) ou Lu Yi

jeudi 16 décembre 2021, par ljallamion

Lu Xun (Trois Royaumes) ou Lu Yi (183-245)

Stratège et tacticien du royaume du Wu durant la période des Trois Royaumes

Marié à la fille de Sun Ce prénommée Sunshi. Il est le père de Lu Kang.

Il faisait souvent équipe avec Zhou Yu ou Lu Meng ou encore Zhu Ran .

Son service distingué et son intelligence lui valurent d’être promu par Sun Quan en 203. En coopérant avec Lu Meng, il parvint à vaincre Guan Yu et à reprendre la Province de Jing.

Il servit aussi en tant que Commandant en Chef à la bataille de Yiling [1] ; il remporta une grande victoire en ordonnant à Zhu Ran de mettre le feu au camp du Shu [2].

Lu Xun nommé Yi appartient au clan Lu [3]). Très jeune, il devint orphelin à la mort de ses parents et fut élevé par son grand oncle Lu Kang, administrateur du comté de Lujiang. En 194, Yuan Shu, un seigneur puissant basé à Shoushun décide d’affermir sa position plus au sud. En prévision d’une attaque, Lu Xun est envoyé dans le comté du Wu où il est élevé par les fils de Lu Kang.

Dans les années 200, il entre au service de Sun Quan, jeune dirigeant ayant hérité du territoire de son frère aîné Sun Ce, mort assassiné en 200.

Il officie en tant qu’officiel mineur, puis comme commandant des colonies militaires du nord de la baie d’Hangzhou. Il défait notamment le rebelle Pan Lin et réforme l’agriculture ce qui l’encourage dans la région. Il soumet également de nombreuses tribus Shanyue qu’il attire de par son bon gouvernement, ou les soumet par la force. Ces derniers sont souvent incités à la révolte par Cao Cao , puissant seigneur des plaines centrales, qui a pour but de déstabiliser la région et l’État de Sun Quan. Pour ces faits, il est commissionné au titre de "Colonel qui établit la puissance".

En 216, il accompagne le général vétéran, He Qi dans une campagne à Poyang [4] et Yuzhang. Il est ensuite stationné à proximité de Yang Tse, proche de Jianye [5], la capitale de Sun Quan. Il épouse également Sun Shi, la fille de Sun Ce. Cela renforçant de fait son statut. Dans sa province, il encourage le peuplement par une politique d’expansion et de pacification sur les peuples "non chinois" et soumet le renégat Fei Zhan.

Lu Meng , grand commandant des forces du Wu [6] basé à Lukou, souhaite conquérir la province de Jing, province qui échappa au Wu à la mort de Zhou Yu. La province est gardée par Guan Yu, un général vétéran de Liu Bei. Lu Meng, en accord avec Sun Quan, projette en secret une invasion de la province.

Feignant la maladie, Lu Meng est rappelé à la capitale et nomme pour lui succéder Lu Xun, qui, mis au secret, envoie plusieurs lettres à Guan Yu pour que ce dernier baisse sa garde. Le susnommé voulait ouvrir un nouveau front contre Cao Cao , qui déjà en guerre contre Liu Bei à l’est se lance dans une attaque contre le Wei [7], par le sud. Profitant de ce mouvement, Lu Meng attaque Guan Yu, et Lu Xun attaque la province et défait les quelques forces restées pour défendre cette dernière. Pour son rôle et sa participation, il est fait général et bénéficie d’un pouvoir militaire étendu dans la province de Jing conquise.

En 221, Liu Bei entre en guerre contre Sun Quan. Selon le roman des Trois royaumes [8] pour venger la mort de Guan Yu, mais surtout pour récupérer la province de Jing. Lu Xun est alors promu au poste de grand commandant des armées du Wu. Adoptant une politique défensive à Yiling, il est harcelé par les officiels qui jalousent sa réussite et ses généraux, qui souhaiteraient une contre attaque, ce à quoi ce dernier se refuse.

Il use alors du terrain et du climat à son avantage. En effet les troupes de Liu Bei, passent tous le printemps et l’été, stationnées. Souffrant de chaleur, et d’une ligne de ravitaillement lente due à l’éloignement, Liu Bei repositionne ses campements près du Yangtse [9]. Lu Xun ayant calculé et attendant ce moment, passe à l’action et détruit ces campements, usant notamment du feu avec une flotte de guerre en soutien commandée par Zhu Ran. Les troupes de Liu Bei et lui-même évite de peu la capture, sont presque annihilées et laisse quantité d’équipements sur place.

Après la bataille de Yiling et l’alliance Wu/Shu restaurée, Lu Xun jouit d’un prestige immense et contrôle de facto la province de Jing pour le compte de Sun Quan. Il devient de plus le conseiller personnel de ce dernier, le conseillant sur sa gouvernance et donnant son aval pour des campagnes militaires.

Il s’oppose notamment à la campagne de découverte de l’île de Taiwan [10]. En 229, quand Sun Quan assume le titre d’Empereur du Wu, Lu Xun devint grand tuteur de l’héritier présomptif, Sun Deng . En 244, âgé de 60 ans, suivant la mort de Gu Yong , il devient chancelier impérial. Dans les dernières années de sa vie, il est pris dans la tourmente de la succession, comme beaucoup d’officiels du Wu. En effet, Sun Deng est mort, et deux autres fils de Sun Quan, Sun He et Sun Ba se querellent pour la succession. Lu Xun supporte Sun He, et est pour cela durement réprimé par Sun Quan, qui l’exile. Il meurt peu de temps après, en 245, de ressentiments.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Rafe de Crespigny, A biographical dictionnary of Later Han to the Three Kingdoms (23-220 AD), Boston, Brill, 2007

Notes

[1] La bataille de Xiaoting, aussi connue sous le nom de bataille de Yiling ou de bataille de Yiling et Xiaoting, a lieu en 222, au tout début de la période des Trois Royaumes de L’Histoire de la Chine. Elle oppose l’armée du royaume de Shu aux troupes de Sun Quan, qui est alors officiellement un vassal du royaume de Wei. Cette bataille est décisive pour Sun Quan, car après une série de défaites qui le forcent à s’enfermer dans une posture défensive, il réussit à obtenir une victoire décisive et à repousser l’invasion du Shu. Peu après cette bataille Liu Bei, le fondateur et premier empereur du Shu, meurt de maladie.

[2] Le Shu, appelé rétrospectivement Shu postérieur, pour le différencier du Shu antérieur, est l’un des Dix Royaumes ayant existé dans le sud de la Chine durant la Période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes, qui se situe chronologiquement entre les dynasties Tang et Song. Il recouvre l’actuelle province du Sichuan, ainsi que des parties septentrionales du Gansu et du Shaanxi, et sa capitale se situe dans la ville de Chengdu. Il existe de 934 a 965 et est le quatrième et dernier État dominant cette région à porter le nom de Shu.

[3] un clan important dans le comté de Wu (actuelle Suzhou, dans la province du Jiangsu

[4] Le xian de Poyang est un district administratif de la province du Jiangxi en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville préfecture de Shangrao.

[5] Jianye ou Jiankang comme elle fut renommée, fut successivement la capitale du royaume du Wu entre 229 et 265, puis à nouveau entre 266 et 280, puis celle de la dynastie Jin de l’est de 317 à 420 et enfin celle des différentes dynasties du sud de 420 à 552 et de 557 à 589. Les ruines des murs de Jianye/Jiankang existent toujours et sont visibles dans la ville sous-provinciale de Nankin.

[6] Le royaume de Wu, connu également sous le nom Sun Wu, est l’un des royaumes de la période des Trois Royaumes en lutte pour le contrôle de la Chine après la chute de la dynastie Han. Il était situé au sud du Yangzi Jiang dans la région des actuelles villes de Nankin, Shanghai et Suzhou, à l’emplacement de l’ancien État de Wu de la Période des Printemps et Automnes. La capitale principale du royaume était Jianye, près de l’actuelle ville de Nankin (Nanjing), mais parfois la capitale fut déplacée à Wuchang, actuelle Ezhou, Hubei. Plus puissant que le royaume du Shu mais plus faible que celui du Wei, le royaume de Wu fut celui qui vécut le plus longtemps des Trois Royaumes de Chine. Il exista pendant 51 ans, de sa fondation en 229 à sa conquête en 280 par le premier empereur de la dynastie Jin, Sima Yan.

[7] Le royaume de Wei, également appelé Cao Wei, est un des royaumes qui régnaient sur la Chine pendant la période des Trois Royaumes. Avec sa capitale à Luoyàng, ce royaume fut établi par Cao Pi en 220, à partir des bases posées par son père Cao Cao. Cette dénomination apparaît en 213, lorsque les exploitations féodales de Cao Cao prennent le nom de Wei ; les historiens ajoutent souvent le préfixe Cao (du nom de famille de Cao Cao) afin de distinguer ce royaume des autres États que l’histoire de la Chine a également connus sous le nom de Wei, par exemple les précédents États de Wei durant la période des royaumes combattants, et plus tard l’État de la dynastie Wei du Nord. En 220, lorsque Cao Pi déposséda le dernier empereur de la dynastie Han, Wei est devenu le nom de la nouvelle dynastie qu’il fonda. Cette dynastie fut saisie et contrôlée par la famille Sima en 249, jusqu’à ce qu’elle fût renversée et soit devenue une partie de la dynastie Jin en 265.

[8] Les Trois Royaumes est un roman historique chinois sur la fin de la dynastie Han et la période des Trois Royaumes, (169-280). Écrit par Luo Guanzhong au 14ème siècle d’après l’œuvre de Chen Shou écrite au 3ème siècle. Ce roman fait partie des quatre livres extraordinaires de la littérature chinoise, ce qui le classe parmi les romans les plus longs et les plus anciens de l’histoire chinoise avec plus de 800 000 mots en cent-vingt chapitres. Son titre en chinois (Sanguo Yanyi) indique qu’il fait de la vertu son thème principal. Les trois royaumes en question sont ceux de Wei, Shu et Wu.

[9] Le Yangzi Jiang ou Chang Jiang, est le plus long fleuve d’Asie (6 380 km). En France, il est appelé fleuve Bleu, Yang-Tsé-Kiang ou simplement Yang-Tsé. D’un débit de 30 000 m3/s, le fleuve Bleu est le troisième plus long fleuve du monde après l’Amazone et le Nil. Il prend sa source au Qinghai, à 6 621 mètres, dans les monts Tanggula, dans un paysage extrême de glaciers et de terres enneigées, parsemé de moraines, balayé par des vents violents et dépourvu de toute végétation. Il est appelé en tibétain Dri chu. Il parcourt 6 380 km avant de rejoindre la mer de Chine orientale, au nord de Shanghai, la plus grande ville de Chine. Il serpente à travers les provinces du Qinghai, du Yunnan, du Sichuan, du Hubei, du Hunan, du Jiangxi, de l’Anhui et du Jiangsu et traverse les immenses agglomérations de Chongqing, Wuhan, Nankin et Shanghai. Lors de son parcours, il reçoit les eaux de plus de 700 affluents drainant un bassin hydrographique de 1,8 million de kilomètres carrés. Chaque année, il déverse près de mille milliards de mètres cubes d’eau dans la mer de Chine, charriant des milliers de tonnes de limon au large des côtes. Le Yangzi Jiang alimente en eau 40 % du territoire chinois et 70 % de la production rizicole.

[10] Taïwan ou Formose est une île située au sud-est de la Chine continentale, au sud du Japon et au nord des Philippines, et bordée à l’est par la mer des Philippines, au sud et à l’ouest par la mer de Chine méridionale (détroit de Taïwan) et au nord par la mer de Chine orientale. Toutefois les limites maritimes prévues par l’Organisation hydrographique internationale incluent l’île entière en mer de Chine méridionale. Taïwan était autrefois dans l’Empire chinois. Elle est colonisée par l’Empire du Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895, restituée par les États-Unis à la République de Chine en 1945, et revendiquée par la République populaire de Chine depuis 1949.