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Shahin Vahmanzadegan ou Shahen Shahin

dimanche 8 août 2021, par ljallamion

Shahin Vahmanzadegan ou Shahen Shahin (mort vers 626)

Général Sasanien de haut rang pendant le règne de Khosrau II

Il était membre de la maison de Spandiyadh [1]. Shahin est mentionné pour la première fois en 602, après le début de la guerre byzantine-sasanienne de 602 à 628 [2], où il commanda les forces envahissant le territoire byzantin [3] en Transcaucasie [4], remportant une bataille contre Domentziolus près de Théodosiopolis [5] en 607/608.

À la suite de l’expulsion des forces romaines de cette région, Shahin dirigea en 611 une avance sur l’Anatolie [6], capturant Césarée [7]. Là, Priscus , gendre de Phocas, a commencé un siège d’un an pour les piéger à l’intérieur de la ville. Cependant, les troupes de Shahin échappèrent au blocus de Priscus et brûlèrent Césarée, au grand dam d’ Héraclius.

En 613, l’offensive romaine se poursuivit jusqu’en Syrie [8], mais les armées perses combinées sous Shahin et Schahr-Barâz défirent Héraclius près d’Antioche [9]. Après cette victoire, les Perses pillèrent la ville, tuèrent le patriarche d’Antioche [10] et déportèrent de nombreux citoyens.

Les forces romaines ont encore perdu en tentant de défendre la région juste au nord d’Antioche, malgré certains succès initiaux. Les Perses ont ensuite capturé Tarse [11] et la plaine de Cilicie [12]. Cette défaite a coupé en deux l’empire byzantin, coupant les liens territoriaux de Constantinople [13] et d’Anatolie avec la Syrie, la Palestine [14], l’Égypte et l’Exarchat de Carthage [15].

En 614, Shahin réussit à faire la campagne à travers l’Anatolie jusqu’à Chalcedoine [16], sur la côte du Bosphore [17], en face de Constantinople. Sur le rivage de Chalcedoine, Héraclius a eu une conférence avec Shahin, qui, avant que Héraclius ne descende de sa galère, ait salué avec révérence. L’offre amicale de Shahin de diriger une ambassade en présence du grand roi fut acceptée avec la plus grande gratitude et la prière pour le pardon et la paix fut humblement présentée par le préfet du prétoire [18], le préfet de la ville, et l’un des premiers ecclésiastiques de l’église patriarcale.

Malgré des succès de la Perse au cours de presque 2 décennies de guerre, Héraclius dirigea à partir de 622 une nouvelle contre-offensive dans la Transcaucasie, qui entraîna une renaissance remarquable des fortunes byzantines. En 624, Heraclius passa l’hiver dans l’Albanie du Caucase [19], rassemblant ses forces pour l’année suivante. Khosrau ne s’est pas contenté de laisser Heraclius se reposer tranquillement en Albanie. Il envoya trois armées, commandées par Shahin, Schahr-Barâz et Shahraplakan , pour tenter de piéger et de détruire les forces d’Héraclius. Shahraplakan repris des terres jusqu’à Siwnik [20], dans le but de prendre les cols des montagnes. Schahr-Barâz fut envoyé pour bloquer la retraite d’Héraclius dans la péninsule ibérique du Caucase [21] et Shahin fut envoyé pour bloquer le col de Bitlis [22].

Héraclius, prévoyant d’engager les armées perses séparément, a parlé à ses alliés et soldats inquiets de Lazique [23], Abasgian [24] et Ibérique [25], en déclarant : "Ne laissez pas le nombre de nos ennemis nous déranger. Car, si Dieu le veut, nous en poursuivrons dix mille."

Deux soldats qui feignaient la désertion ont été envoyés à Shah-Baraz, affirmant que les Byzantins fuyaient devant Shahin. En raison de la jalousie entre les commandants persans, Shah-Baraz se précipita avec son armée pour prendre part à la gloire de la victoire.

Héraclius les rencontra à Tigranakert [26] et mit en déroute les forces de Shahraplakan et de Shahin l’une après l’autre. Shahin a perdu son train de bagages.

Après cette victoire, Héraclius traversa l’Araxe et campa dans les plaines. Shahin, avec les restes de ses armées et de celles de Shahraplakan, rejoignit Shah-Baraz à la poursuite d’Héraclius, mais les marais les ralentirent.

À Aliovit, Shah-Baraz divisa ses forces, envoyant quelque 6 000 soldats pour tendre une embuscade à Héraclius, le reste des troupes restant à Aliovit. En février 625, Heraclius lança une attaque surprise nocturne contre le camp principal persan, le détruisant. Shah-Baraz a à peine échappé, resté seul, après avoir perdu son harem, ses bagages et ses hommes.

Shahin s’est ensuite regroupé avec Shah-Baraz, observant Héraclius à travers l’Arménie dans une campagne peu concluante pour le reste de cette année. En 626, Khosro ordonna une levée exceptionnelle de troupes de tout son empire afin de relancer l’effort de guerre défaillant.

Shahin fut mis en charge de ces nouvelles recrues, avec un grand nombre de vétérans, et fut envoyé contre Héraclius, mais fut vaincu par le frère de l’empereur Théodore.

Shahin, abattu, tomba malade et mourut.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé Shahin Vahmanzadegan/ Traduit par mes soins

Notes

[1] La Maison de Spandiyadh était l’une des sept grandes maisons de l’empire sassanide. Comme la maison de Mihran, leur siège était à Ray. Comme la plupart des sept autres grandes maisons, la Maison de Spandiyad était d’origine parthe . La famille prétendait descendre du légendaire Kayanidfigure Isfandiyar, qui était le fils de Vishtaspa, qui selon les sources zoroastriennes était l’un des premiers disciples de Zoroastre.

[2] La guerre de 602 à 628 entre les empires byzantin et perse sous la dynastie sassanide marque la dernière et la plus sanglante phase du long conflit qui opposa les deux empires. La phase précédente s’était terminée en 591 lorsque l’empereur Maurice avait aidé le roi Khosro II (ou Khosrau II) à regagner son trône. En 602, Maurice fut assassiné par son rival, Phocas. Khosro saisit ce prétexte pour déclarer la guerre à l’empire byzantin. Cette guerre devait s’étendre sur plus de 20 ans et s’avérer la plus longue, enflammant l’Égypte, le Levant, la Mésopotamie, le Caucase et l’Anatolie et venant aux portes mêmes de Byzance.

[3] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[4] La Transcaucasie ou Caucase du Sud est un espace géographique du sud du Caucase composé de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Délimitée au nord par la Ciscaucasie, elle a pour voisins méridionaux la Turquie et l’Iran et est bordée à l’ouest par la mer Noire et à l’est par la mer Caspienne.

[5] Erzurum ou Erzéroum est une ville d’Anatolie orientale (ancienne Arménie occidentale), en Turquie. Préfecture de la province du même nom

[6] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[7] Kayseri est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située dans la région de Cappadoce au pied du mont Erciyes. La ville se situe à 320 km de la capitale Ankara et 770 km d’Istanbul. Elle est anciennement connue sous le nom de Césarée de Cappadoce ou Mazaca.

[8] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[9] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.

[10] Le titre de « patriarche d’Antioche » est traditionnellement porté par l’évêque d’Antioche (dans l’actuelle Turquie). L’Église d’Antioche est l’une des plus anciennes de la chrétienté, son institution remontant à l’apôtre Pierre. Aujourd’hui, pas moins de cinq chefs d’Église, dont trois catholiques, portent le titre de « patriarche d’Antioche ». Aucun d’entre eux ne réside à Antioche / Antakya depuis la présence musulmane majoritaire en Turquie.

[11] Tarse est une ville de Cilicie, en Turquie.

[12] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.

[13] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[14] Le nom Palestine désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le 5ème siècle av. jc par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l’empereur Hadrien au 2ème siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l’Idumée. À l’époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l’ouest du Jourdain. Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d’Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Les Arabes, qui ont conquis la Palestine sur les Byzantins dans les années 630, divisent la province d’al-Sham en cinq districts (jund), dont l’un garde le nom de « Palestine » et s’étend du Sinaï jusqu’à Akko (connue par les Chrétiens sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) ; son chef-lieu est d’abord Ludd (Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l’est par celui de « Jordanie », al-Urdunn, qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l’histoire. À partir du 10ème siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au royaume chrétien de Jérusalem. Sous le gouvernement des Croisés, est fondé en 1099, le royaume latin de Jérusalem ; Jérusalem redevient capitale d’un État. Après la défaite et le départ des Croisés, aux 12ème et 13ème siècles, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies.

[15] L’exarchat de Carthage est le domaine relevant de l’Empire byzantin et correspondant aux anciennes provinces d’Afrique et de Numidie ainsi qu’aux îles de Corse et de Sardaigne (judicats de Sardaigne).

[16] Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur la mer Propontide, à l’entrée orientale du Bosphore, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar). Elle s’appelle aujourd’hui Kadıköy et est devenue une banlieue (résidentielle et plutôt aisée) d’Istanbul, dans le prolongement d’Üsküdar.

[17] Le Bosphore, est le détroit qui relie la mer Noire à la mer de Marmara et marque, avec les Dardanelles, la limite méridionale entre les continents asiatique et européen. Il est long de 32 kilomètres pour une largeur allant de 698 à 3 000 mètres. Il sépare les deux parties anatolienne (Asie) et rouméliote (Europe) de la province d’Istanbul.

[18] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[19] L’Aghbanie ou Aghouanie ou Albanie du Caucase est un royaume antique couvrant le territoire actuel de la république d’Azerbaïdjan et le sud du Daguestan.

[20] Le Syunik ou Siwnik ou encore Syunig ; en français Siounie ; autrefois également Zanguezour) est le marz le plus méridional d’Arménie, et le plus riche en minéraux. Sa capitale est la ville de Kapan. Il est bordé au nord-ouest par le marz de Vayots Dzor, au nord et à l’est par l’Azerbaïdjan (territoires contrôlés par le Haut-Karabagh), au sud par l’Iran, et à l’ouest par le Nakhitchevan (république autonome d’Azerbaïdjan). Son origine remonte à l’ancienne région historique de Siounie, existant depuis le 3ème siècle.

[21] La principauté d’Ibérie est un État géorgien du Caucase du Haut Moyen Âge. Elle fut établie, d’après les sources, entre 588 et 600 par le prince Gouaram, qui est considéré par l’ancienne historiographie géorgienne comme l’ancêtre des Bagratides géorgiens ou bien comme un descendant des anciens rois d’Ibérie. Son histoire de deux siècles est illustrée par les différentes invasions des Sassanides, des Byzantins, des Khazars et des Arabes, mais sa disparition en 891 ouvre le chemin à la lente unification de la Géorgie qui mène à la fondation du royaume de Géorgie en 1010.

[22] Bitlis est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. Peuplée majoritairement de Kurdes,

[23] Le royaume de Lazique, souvent simplifié en Lazique, ou encore Egrisi, est un ancien royaume situé dans l’ouest de la Géorgie entre le 1er siècle av. jc et le 7ème siècle. Il est situé sur une large partie de l’ancien royaume de Colchide, dont il est souvent désigné comme successeur après son intégration dans l’Empire romain. Durant une large partie de son existence, la Lazique était un protectorat de l’Empire byzantin.

[24] Le Royaume d’Abkhazie, aussi connu sous le nom de Royaume des Abkhazes, était un état du Haut Moyen Âge situé dans le Caucase. Après avoir obtenu son autonomie de l’Empire byzantin, le royaume a été créé vers 786. En 1008, le roi Bagrat III hérite de la couronne abkhaze et l’unifie avec les royaumes voisins pour former le Royaume de Géorgie.

[25] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[26] Tigranakert est une ancienne cité arménienne remontant à l’époque hellénistique et ayant subsisté jusqu’au Moyen Âge, située dans le Haut-Karabagh. Elle fait partie d’un groupe de cités antiques portant le même nom, en l’honneur du roi Tigrane II d’Arménie, bien qu’il soit possible, selon certains spécialistes, qu’elle remonte en fait à l’époque de Tigrane 1er