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Childebert 1er

mardi 27 mars 2018 (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Childebert 1er (497-558)

Roi de Paris de 511 à 558 et Roi d’Orléans de 524 à 558

Childebert 1er Roi de Paris de 511 à 558 et Roi d'Orléans de 524 à 558

3ème fils de Clovis, à la mort de son père, en 511 il reçut le royaume de Paris [1]. Il épousa vers 522 Ultrogothe, d’origine ostrogothe [2].

En 523-524, à l’instigation de Clotilde, Childebert et ses 3 frères se joignent dans une expédition contre les Burgondes [3].

Après la mort de son frère Clodomir 1er, roi d’Orléans, qui meurt lors de la bataille de Vézeronce [4], avec l’aide de son autre frère Clotaire 1er, roi de Soissons [5], qui avait épousé, sa belle-sœur, la veuve de Clodomir, il fait égorger 2 de ses neveux pour s’emparer de l’héritage, ne laissant en vie que Clodoald parce que ce dernier parvient à s’enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, ce dernier fonda un monastère à Nogent-sur-Seine et en devint le premier abbé. Thierry, quant à lui s’empare d’une partie de l’héritage constitué de l’Auxerrois [6], du Berry [7] et du Sénonais [8].

En accord avec ses frères, il continua la guerre contre le nouveau roi de Burgondie,Godomar III, frère de Sigismond, égorgé , le 1er mai 524, sur ordre de Clodomir

En 532, il assiège Autun [9], la prend, enferme à jamais Godomar III.

En 534, ils finissent de conquérir avec Clotaire le royaume burgonde en entier, sur lequel, ils co-règnent. Puis au cours de l’hiver 536-537, ils récupèrent la Provence [10].

Avec Clotaire, il prend Pampelune [11] en Espagne, puis fait le siège de Saragosse [12]. Un siège qui fut un échec.

Mais il rapporta de cette expédition l’étole de saint Vincent, en l’honneur de qui il fit bâtir une église, intégrée par la suite dans l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés [13].

Il mourut le 13 décembre 558 sans descendance mâle et son frère Clotaire pu réunifier le royaume de leur père.

P.-S.

Source [[Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p242]]

Notes

[1] Son royaume comprenait les cités de la future Normandie avec le Maine et le Bordelais au sud de la Loire.

[2] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[3] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[4] La bataille de Vézeronce opposa les Francs de Clodomir aux Burgondes sous le règne du roi Godomar III. Elle eut lieu le 25 juin 524 près de Vézeronce dans l’Isère.

[5] À l’époque mérovingienne, la ville devint la première capitale du royaume des Francs après le siège et la victoire en 486 de Clovis sur l’armée du général romain Syagrius. Le roi des Francs fit égorger le général romain un an après la bataille. La cité resta romaine, tant d’un point de vue d’expression orale qu’écrite, que dans un sens purement civil, durant plusieurs décennies suivant l’occupation franque, fait qui fut favorable à Paris pour l’établissement d’une capitale. Soissons, ville épiscopale, redevient capitale de la Neustrie sous le règne de Clotaire 1er et sa région est le théâtre d’affrontements périodiques opposant la Neustrie à l’Austrasie. En 752, Pépin le Bref est proclamé roi et sacré à Soissons par saint Boniface. En 768, à la mort de Pépin le Bref, Carloman monte sur le trône du Royaume franc partagé avec son frère Charles proclamé à Noyon.

[6] L’Auxerrois est la région naturelle entourant la ville d’Auxerre, dans le département de l’Yonne. Elle est historiquement une province du duché de Bourgogne entre le 9ème au 11ème siècle, puis passe temporairement aux mains du roi de France

[7] Le Berry est une province historique de la France de l’Ancien Régime, ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Intégré au duché d’Aquitaine, il est démantelé par Pépin 1er qui en confie un fief à l’administration de Remistan, fils d’Eudes d’Aquitaine et oncle du duc d’Aquitaine Waïfre. Puis au traité de Verdun, il fait partie du royaume de Charles le Chauve qui devait devenir le royaume de France, partagé un temps entre les duchés d’Aquitaine et les comtés d’Anjou et de Blois, l’histoire du Berry fut très rapidement intimement liée à l’histoire de la monarchie capétienne et de la France, soit par son rattachement au domaine personnel du roi soit par son don en apanage aux enfants de celui-ci.

[8] Du fait de la réforme administrative de Dioclétien, la cité de Sens devient le siège de la province de la quatrième Lyonnaise. De ce chef, la future province ecclésiastique poursuivra ce cadre hérité de l’Empire. Comme de très nombreuses cités romaines de Gaule, la ville prend le nom du peuple dont elle est le centre administratif et commercial. La cité sera désormais appelée Sens.

[9] Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire. Fondée par les Romains comme Augustodunum, sœur et émule de Rome au début du règne de l’empereur Auguste, capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, évêché dès l’Antiquité, Autun a été jusqu’à la fin du 15ème siècle une cité prospère et un centre culturel influent, en dépit des pillages et des invasions.

[10] La Provence est une région historique et culturelle ainsi qu’une ancienne province dans le Sud-Est de la France, s’étendant de la rive gauche du Rhône inférieur à l’ouest, jusqu’au fleuve Var à l’est et bordée au sud par la Méditerranée. La basse vallée du Rhône connaît diverses invasions. Wisigoths et Alains pillent de nombreuses cités et descendent jusqu’à Orange et Avignon. Les Burgondes s’installent dans la région en 442, et choisissent Vienne, qui gardait son prestige de grande cité romaine, pour capitale. Avignon marqua la pointe sud de ce royaume. Les Ostrogoths fondent au sud de ce royaume Burgonde un duché dépendant de leur royaume italo-dalmate : le duché de Provence, future basse Provence ou comté de Provence (la partie burgonde deviendra elle le marquisat de Provence). Charles Martel combat le patrice de Provence, Mauronte, allié des Maures de Gothie et fait entrer définitivement la Provence dans le domaine franc en 536. En 843, le traité de Verdun donne la Provence à Lothaire 1er. Son fils Charles de Provence en fait le royaume de Provence-Viennois ou de Bourgogne cisjurane à l’existence éphémère (855-863).

[11] Pampelune en français, Pamplona en castillan, Iruña ou encore Iruñea en basque, est une ville et une commune de la communauté forale de Navarre en Espagne. C’est la capitale de la Navarre. Elle se situe à 440 m d’altitude. Elle fut occupée par les Wisigoths en 476. Au 8ème siècle, les Maures occupent la ville. Ils en sont chassés en 778 avec l’aide des troupes de Charlemagne qui profite de la faiblesse de ses alliés pour démanteler leurs remparts. Pour se venger, les Vascons contribuent à l’écrasement de l’arrière-garde des armées impériales au col de Roncevaux lors de la bataille de Roncevaux. Le royaume de Pampelune, constitué en 905, fut le noyau de celui de Navarre.

[12] Saragosse est une ville espagnole, capitale de la province du même nom et de l’Aragon. La ville, qui se trouve dans le domaine des Wisigoths, est pillée en 449 par le roi des Suèves, Rechiaire. En 592, sous la présidence de l’évêque Maxime de Saragosse, un concile local y est tenu par les chrétiens nicéens du Royaume wisigothique, alors dirigé par le roi Recared, converti au christianisme nicéen depuis 587, et opposé à l’arianisme, répandu chez les Goths. En 714, les Berbères et les Arabes prennent le contrôle de la ville et la rebaptisent Medina Albaida Saraqusta. La ville intègre l’émirat de Cordoue. Saragosse grandit jusqu’à devenir la plus grande ville du nord de l’Espagne contrôlée par les musulmans ; par conséquent elle devient la principale ville nord de l’émirat de Cordoue

[13] L’abbaye Saint-Germain-des-Prés est une ancienne abbaye bénédictine de Paris, située dans l’actuel 6ème arrondissement, fondée au milieu du 6ème siècle par le roi mérovingien Childebert 1er et l’évêque de Paris, saint Germain sous le vocable de Saint-Vincent et Sainte-Croix. C’est une abbaye royale, qui bénéficie donc d’une exemption et est directement soumise au pape. La première église abbatiale est consacrée le 23 avril 558 à la sainte Croix et à saint Vincent de Saragosse. Cette basilique possède des colonnes de marbre, un plafond lambrissé et des fenêtres vitrées. Elle est nécropole royale jusqu’à la création de celle de la basilique Saint-Denis, et les reliques de saint Germain y sont vénérées, mais plus aucune sépulture médiévale ne subsiste à ce jour, et les reliques se sont considérablement amoindries. L’église est rebâtie par l’abbé Morard, à partir de la fin du 10ème siècle. Les quatre premiers niveaux du clocher occidental, la nef et le transept de l’église actuelle remontent à cette époque, et l’on peut notamment y voir d’intéressants chapiteaux d’autour de l’an mil.