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Clotaire 1er dit le Vieux

dimanche 28 février 2016 (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Clotaire 1er dit le Vieux (497-561)

Roi d’Austrasie de 555 à 561-Roi de Neustrie de 511 à 561-Roi d’Orléans de 524 à 561-Roi de Paris et de Bourgogne de 558 à 561 et Co-roi de Burgondie avec son frère Childebert de 534 à 558 Clotaire 1er dit le Vieux Roi d'Austrasie de 555 à 561-Roi de Neustrie de 511 à 561-Roi d'Orléans de 524 à 561-Roi de Paris et de Bourgogne de 558 à 561 et Co-roi de Burgondie avec son frère Childebert de 534 à 558

4ème fils de Clovis et de Clotilde. À la mort de son père, en 511, il partagea le Regnum Francorum [1], avec ses 3 frères, Thierry 1er, Clodomir 1er et Childebert 1er. Alors que Thierry, l’aîné, est largement avantagé, Clotaire partagea la moitié du royaume de Clovis avec ses 2 autres frères.

C’est la Neustrie [2] qui lui échoit.

En 517, il épousa Ingonde. En 523-524, à l’instigation de Clotilde, Clotaire et ses 3 frères se joignirent à l’expédition contre les Burgondes [3].

À la mort de Clodomir, le 25 juin 524 à la bataille de Vézeronce [4], il épousa sa veuve, Gondioque, mais cela ne suffit pas pour obtenir le territoire de son défunt frère. La loi salique imposant le partage du royaume entre les fils de Clodomir. Pour éviter cela, il s’allia à Childebert pour organiser l’assassinat des 3 jeunes héritiers en 532. 2 furent tués, et le dernier, Clodoald, d’abord caché par des partisans fidèles, renonça à sa part, et choisit la vie monastique. Clotaire et Childebert pouvaient alors librement se partager le territoire de leur frère.

En 538, il épousa Radegonde. Mais celle-ci préféra se retirer dans un couvent, plutôt que de vivre à ses côtés. Elle fonda l’abbaye Sainte-Croix [5], premier monastère de femmes d’Europe, à Poitiers. Elle fut ensuite canonisée sainte Radegonde.

Ingonde lui ayant demandé de trouver un mari à sa sœur Arnegonde, digne de sa haute lignée, le roi ne trouva finalement pas meilleur prétendant que lui-même, et décida aussi d’épouser la seconde des sœurs. Il les força à vivre ensemble jusqu’au décès d’Ingonde vers 546.

Il épousa encore Chunsina , puis Vuldetrade en 555, veuve de Théodebald, roi d’Austrasie [6].

Les décès de Theobald et de Childebert, mort sans descendance en 558, permirent ainsi à Clotaire de réunifier à nouveau le Regnum Francorum de son père Clovis.

Son fils Chramne lui causa bien des problèmes, poussé par son oncle Childebert, il complota 2 fois de suite contre son père. Clotaire lui accorda une première fois son pardon, mais Chramne récidiva en 560. Cette fois, Clotaire fut bien décidé à en finir. Chramne se réfugia en Bretagne, auprès du comte Conomor, dont les troupes ne pouvaient résister à l’armée de Clotaire. Celui-ci fut vaincu et tué, Chramne fut capturé, et étranglé. Sur ordre de Clotaire, sa dépouille fut enfermée, avec toute sa famille, dans une cabane à laquelle on mit le feu.

Son règne fut marqué par plusieurs campagnes militaires, la guerre contre les Burgondes de 523 à 526, la campagne de Thuringe en 530, l’invasion de la Burgondie en 534 en compagnie de son frère Childebert, la tentative échouée d’invasion de l’Hispanie wisigothique en 542.

À la fin de son règne, le royaume franc était à son apogée, couvrant toute la Gaule à l’exception de la Septimanie [7] et une partie de l’Allemagne actuelle. Il meurt en 561 à Compiègne, à l’âge de 64 ans, laissant son royaume à ses 4 fils, qui se partagèrent l’héritage par tirage au sort

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de autour-des-chateaux.com/Histoire/Mero/Clotaire1/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 269

Notes

[1] le royaume des Francs

[2] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[3] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[4] Vézeronce-Curtin est une commune du département de l’Isère, dans la région Rhône-Alpes, en France. Ses habitants sont les Vézerontins. Le 25 juin 524, la bataille de Vézeronce le 25 juin 524 voit la rencontre des armées de Clodomir et ses frères, fils de Clovis, et de l’armée burgonde. Pendant la bataille, Clodomir est tué.

[5] L’abbaye Sainte-Croix de Poitiers est une ancienne abbaye de Poitiers, qui se trouve aujourd’hui sur la commune de Saint-Benoît. L’abbaye Sainte-Croix fut fondée par la reine des Francs Radegonde en l’an 552, qui fuyait ainsi son époux Clotaire. Menacé d’excommunication par saint Germain de Paris, évêque de Paris, ce dernier finit par acquérir les terres près du quartier épiscopal de Poitiers où fut construite l’abbaye Sainte-Marie, premier monastère féminin de Gaule. La première abbesse en fut sainte Agnès, la reine ayant refusé cette charge. Agnès plaça le monastère sous la règle de Césaire d’Arles. Agnès avait été une ancienne dame de compagnie de Radegonde, de même que sainte Disciole, une autre fidèle de Radegonde. L’abbaye fut renommée Sainte-Croix lorsqu’elle reçut en 567 des fragments de la Croix envoyés par l’empereur de Constantinople. L’abbaye possédait une quantité importante de reliques, et fut aussi un foyer culturel majeur à l’époque. Radegonde y fit venir notamment le poète italien Venance Fortunat, plus tard évêque de Poitiers, qui y écrivit ses hymnes les plus célèbres. On lui attribue entre autres le "Vexilia Regis". De cette époque subsistent un certain nombre d’objets : une grande croix mérovingienne en métal jadis ornée de pierreries, le fameux pupitre dit de sainte Radegonde, et la plaque centrale de la staurothèque contenant les reliques et datant vraisemblablement des alentours de l’an mil. Ces objets sont toujours en possession des religieuses.

[6] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.

[7] Le mot Septimanie apparaît au 5ème siècle dans une lettre de Sidoine Apollinaire pour désigner une partie du sud de la Gaule, correspondant peut-être plus ou moins aux 7 provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes, par opposition aux 10 provinces constituant le diocèse des Gaules. Par la suite, après la conquête de l’Aquitaine par Clovis, le mot est utilisé, en particulier à l’époque carolingienne, pour désigner la partie de la Gaule restée jusqu’au début du 8ème siècle aux mains des Wisigoths, occupée un moment par les Musulmans d’Al-Andalus avant d’être reconquise par les Francs vers 740. Elle correspond approximativement à la partie occidentale de l’ancienne province romaine de Gaule narbonnaise. Elle est alors aussi appelée "Gothie".