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L’histoire pour le plaisir

Gabriel Biel

dimanche 9 mai 2021, par ljallamion

Gabriel Biel (1420/1425-1495)

Philosophe et théologien allemand

Formé à Heidelberg [1] et Erfurt [2], il devint, encore tout jeune, archiprêtre et prédicateur à la Cathédrale de Mayence [3].

Par la suite, il devint supérieur des Frères de la vie commune [4] à Butzbach [5] et en 1479 fut nommé prévôt de l’église d’Urach [6]. À cette époque, il collabora avec le comte Eberhard V de Wurtemberg pour fonder en 1477 l’Université de Tübingen [7] où il devint en 1484 le premier professeur de théologie, et ne cessa jusqu’à sa mort d’être le membre le plus célèbre, devenant deux fois recteur.

Bien qu’il eût près de 60 ans quand il commença à enseigner, le travail de Biel, tant comme professeur que comme auteur, jeta le plus grand éclat sur la jeune université.

Il s’opposa à la nomination à la faculté du réaliste [8] Jean Heynlin . Quelques années avant sa mort, il entra dans une confrérie religieuse. Son travail consiste dans le développement systématique des vues de son maître, Guillaume d’Ockham. Dans ses dernières années on le connaissait comme le dernier des scolastiques.

Sa première publication est un traité du canon de la messe. Suivra un important commentaire“ des Sentences” de Pierre Lombard, où se révèle la double influence de Guillaume d’Occam et de Duns Scot.

Nominaliste [9] de tendance, il reste néanmoins tolérant à l’égard des réalistes et entretient d’excellentes relations avec les humanistes. Par ses positions sur l’autorité du pape et des Conciles, sur le pouvoir d’absoudre, sur l’efficacité du baptême et autres points controversés de son époque, il se montre le théologien de la transition, à la fois fidèle à l’aristotélisme scolastique, et à l’écoute des nouvelles préoccupations, qui seront celles de la Réforme [10] et de la Contre-Réforme [11].

On trouve en particulier chez lui des considérations économiques, sur la formation des prix, qui en font un intellectuel en avance sur ses contemporains.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gabriel Biel »

Notes

[1] Heidelberg est une ville située sur les deux rives du Neckar, dans le Land de Bade-Wurtemberg au sud-ouest de l’Allemagne. Heidelberg a été l’un des foyers de la réforme protestante et a accueilli Martin Luther en 1518. La ville est l’ancienne résidence du comte palatin, l’un des sept princes électeurs du Saint Empire romain germanique. Elle a été en partie détruite par l’armée française de Louis XIV lors de la dévastation du Palatinat en 1689 (guerre de la Ligue d’Augsbourg) et son célèbre château fut dévasté à cette époque.

[2] Erfurt est une ville d’Allemagne, capitale de la Thuringe, évêché catholique et ville universitaire, fondée au 8ème siècle, traversée par la rivière Gera.

[3] La cathédrale Saint-Martin de Mayence est le siège du diocèse de Mayence en Allemagne. Son saint patron est Martin de Tours, l’un des Pères de l’Église. Son chœur est dédié à saint Étienne, premier martyr chrétien. La base de sa construction est une « basilique à colonnes » d’architecture romane possédant trois nefs (fin du 10ème siècle), à laquelle ont été ajoutés par la suite des éléments gothiques et baroques.

[4] La communauté des Frères et sœurs de la vie commune est un mouvement laïc de dévotion chrétienne qui vit le jour dans les Pays-Bas bourguignons durant le 14ème siècle et se rattache au courant plus vaste de la « dévotion moderne » ou « devotio moderna ». Le fondateur et promoteur de cette communauté est Gérard Groote qui forma une première communauté de « Sœurs de la vie commune » dans sa propriété familiale de Deventer le 20 septembre 1374. Les Frères et Sœurs de la vie commune eurent une grande influence, particulièrement en contribuant au développement de formes de piété et de vie chrétienne adaptées à la vie laïque séculière.

[5] Butzbach est une ville d’Allemagne située dans l’arrondissement de Wetterau en Hesse au nord-est du Taunus vers le Wetterau.

[6] Bad Urach est une ville de Bade-Wurtemberg (Allemagne) située dans l’arrondissement de Reutlingen.

[7] L’université de Tübingen est l’une des plus anciennes universités allemandes, située à Tübingen dans le Land de Bade-Wurtemberg. Fondée en 1477 par Eberhard V de Wurtemberg et son conseiller Johannes Reuchlin, elle est connue, entre autres, pour son enseignement dans les domaines des sciences naturelles (par exemple la médecine) et de la philosophie. Les sciences humaines et les sciences naturelles sont structurées en sept facultés avec 150 filières.

[8] En philosophie, le réalisme désigne la position qui affirme l’existence d’une réalité extérieure indépendante de notre esprit. Le réalisme affirme à la fois l’existence et l’indépendance du monde. L’existence signifie qu’il y a un monde extérieur au sujet, et l’indépendance, que ce monde n’a pas besoin d’être relié à un sujet pour exister. Le réalisme affirme que le monde est une chose et que nos représentations en sont une autre. Ainsi conçu, le réalisme s’oppose à l’idéalisme, lequel soutient que le monde n’est qu’une représentation et n’a pas d’existence autonome. Lorsque l’on adopte une position réaliste, on soutient au contraire que l’existence du monde précède l’existence de notre esprit et que le monde continue d’exister sans lui.

[9] Le nominalisme est une doctrine philosophique qui considère que les concepts sont des constructions humaines et que les noms qui s’y rapportent ne sont que conventions de langage. Les êtres ne sont pas intrinsèquement porteurs des concepts par lesquels nous les appréhendons.

[10] La réforme protestante, également appelée « la Réforme », amorcée au 16ème siècle, est une volonté d’un retour aux sources du christianisme et aussi, par extension, un besoin de considérer différemment la religion et la vie sociale.

[11] La Contre-Réforme est le mouvement par lequel l’Église catholique réagit, dans le courant du 16ème siècle, face à la Réforme protestante. L’expression provient de l’historiographie allemande du 19ème siècle et est employée dans un esprit polémique. Une partie des historiens actuels la distinguent du terme de Réforme catholique et ne l’emploient plus en historiographie, car ils estiment que le terme de « Contre-Réforme » limite la Réforme catholique à un simple processus de réaction face au protestantisme alors qu’elle est bien plus profonde. La Contre-Réforme a pour cadre une aspiration à la réforme et au renouveau religieux qui traverse l’Occident chrétien depuis le 15ème siècle. Elle répond en partie aux objectifs de l’Église catholique visant à faire reculer et disparaître le protestantisme. Elle permet de doter l’Église catholique des outils spirituels et matériels pour amorcer une reconquête partielle des régions acquises aux différentes Églises protestantes et amorcer une renaissance religieuse.