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L’histoire pour le plaisir

Sozomène

lundi 29 juin 2020 (Date de rédaction antérieure : 3 septembre 2011).

Sozomène (375-vers 450)

Rhéteur et historien chrétien de langue grecque, né à Bethéléa [1] en Palestine. Il étudia la rhétorique et le droit sans doute à Beyrouth [2] et exerça à Constantinople [3] la profession de juriste ou d’avocat.

Il composa, entre les années 440 et 450, une “histoire ecclésiastique” allant de 323 à 425, à la suite de celle d’Eusèbe de Césarée. Il est, avec Eusèbe de Césarée, Socrate le Scolastique, Théodoret de Cyr et Évagre le Scolastique, l’un des grands historiens de l’Antiquité chrétienne.

L’Histoire comprend 9 livres et couvre la période allant de Constantin à Théodose II. Celle-ci n’est pas une apologie du christianisme, il s’agit d’une version orthodoxe de l’histoire de l’Eglise au 4ème siècle. Il montre comment "L’Eglise universelle a triomphé des machinations de ses adversaires pour attirer finalement les masses à sa vérité".

Oeuvre d’un laïc orthodoxe, c’est un document intéressant sur l’idée qu’un historien chrétien se fait de sa religion et des querelles religieuses de son temps. En particulier, il voit dans le monachisme [4] le fait spirituel le plus marquant du 4ème siècle. et il retrace la vie des grands ermites [5] du désert, il étudie les causes de la diffusion du christianisme chez les barbares, expose les origines et les développements de la crise arienne [6].

Sa documentation est due à ses recherches personnelles, pour lesquelles il voyagea beaucoup, peut-être jusqu’à Rome, due aussi à ses prédécesseurs, Eusèbe de Césarée, Rufin et Socrate le Scolastique. La crédibilité des faits rapportés par Sozomène, notamment la description de faits ou pratiques contemporains, a été souvent mise en doute.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia / Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories : Littérature grecque tardive/ Historien romain

Notes

[1] aujourd’hui Bêt Laḥiyê dans la Bande de Gaza

[2] Beyrouth est la capitale du Liban et la ville la plus importante du pays. Béryte est fondée vers 5000 av. jc. Petit port à l’origine, moins puissante que les autres cités phéniciennes tel que Tyr, Byblos, ou Sidon, elle gagne de l’importance pendant l’Empire romain. Elle est renommée pour son école de droit mais elle est ravagée en 552 par un violent séisme accompagné d’un tsunami. Pendant les croisades, elle est le centre de la seigneurie de Beyrouth, vassale du royaume franc de Jérusalem. Elle est prise par les mamelouks en 1291. Sous l’Empire ottoman, elle joue un rôle commercial actif parmi les échelles du Levant mais subit les effets du déclin économique de la Syrie ottomane. Elle ne retrouve sa place qu’au 19ème siècle.

[3] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[4] Le monachisme est l’état et le mode de vie de personnes qui ont prononcé des vœux religieux et font partie d’un ordre dont les membres vivent sous une règle commune, séparés du monde, les moines (moniales au féminin). Le mot vient du grec ancien monos qui signifie « solitaire » et plus particulièrement « célibataire ». La première institution connue du monachisme est celle du bouddhisme theravada, il y a 25 siècles. Dans le bouddhisme, le monachisme est l’un des trois refuges, particulièrement propice à la méditation qui constitue le cœur de la pratique. Dans le christianisme, selon la tradition, le monachisme apparaît autour de Pacôme le Grand, vers 329 en Égypte, à proximité de Nag Hammadi. Avec la persécution de Dioclétien en 306, nombreux avaient été les Alexandrins à se réfugier dans le désert.

[5] L’ermite ou l’anachorète est une personne (le plus souvent un moine) qui a fait le choix d’une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement. Les ermites étaient à l’origine appelés anachorètes, l’anachorétisme (ou érémitisme) étant l’opposé du cénobitisme. L’ermite partage le plus souvent sa vie entre la prière, la méditation, l’ascèse et le travail. Dans l’isolement volontaire, il est à la recherche ou à l’écoute de vérités supérieures ou de principes essentiels.

[6] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle. La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.