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L’histoire pour le plaisir

Jean 1er de Bourbon

samedi 20 mars 2021, par ljallamion

Jean 1er de Bourbon (1381-1434)

Comte de Clermont-Duc de Bourbon de 1410 à 1434-Comte de Forez de 1410 à 1434

Fils de Louis II , duc de Bourbon [1], et d’ Anne de Forez , dauphine d’Auvergne [2], comtesse de Forez [3].

Il épouse à Paris le 24 juin 1400 Marie de Berry , duchesse d’Auvergne et comtesse de Montpensier [4], fille de Jean de France duc de Berry et de Jeanne d’Armagnac.

Nommé capitaine général du Languedoc [5] en 1404, il attaqua les Anglais dans le Limousin [6] et leur prit plusieurs forteresses. D’abord partisan de Jean sans Peur, il le désavoua après le meurtre de Louis d’Orléans en 1407 et se rapprocha des Armagnacs [7], devenant un farouche adversaire du duc de Bourgogne.

La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons battit son plein contre la Bourgogne en 1411, et il perdit Clermont-en Beauvaisis [8] pendant quelque temps.

La paix signée en 1412, il débarrassa l’Île-de-France des bandes de routiers [9]. En 1414, la guerre reprit de plus belle, interrompue par l’invasion anglaise. Jean 1er de Bourbon combattit à Azincourt [10] en 1415, et y fut fait prisonnier. Il fut retenu prisonnier à Londres jusqu’à sa mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de André Leguai, De la seigneurie à l’État : le Bourbonnais pendant la Guerre de Cent Ans, Moulins, Imprimeries réunies, 1969

Notes

[1] Le duché de Bourbon, plus communément nommé Bourbonnais, est une région historique et culturelle française. Cette ancienne province a pour chef-lieu Moulins et son territoire correspond approximativement au département de l’Allier, mais certaines portions se trouvent réparties dans des départements voisins, comme le Puy-de-Dôme et le Cher (arrondissement de Saint-Amand-Montrond). La province comme la famille doit son nom à la ville de Bourbon-l’Archambault, qui est le berceau de la première Maison de Bourbon, maison féodale apparue au 10ème siècle. Le Bourbonnais entre dans la famille royale par le mariage, en 1272, de Béatrice de Bourgogne, fille de Jean de Bourgogne, avec Robert de Clermont, fils puîné de Saint Louis. En 1327, il est érigé en duché-pairie par le roi Charles IV. La position géographique du Bourbonnais, situé entre le domaine royal et les duchés d’Aquitaine et d’Auvergne, intéresse particulièrement le pouvoir royal. Les Bourbons sont de tout temps serviteurs du trône, ils sont des conseils des rois en exerçant diverses fonctions (chambriers, connétables, régents). Cette alliance constante et fidèle facilite l’essor et la prospérité du Bourbonnais. Déjà dauphins d’Auvergne, les ducs de Bourbon se voient donner en garde le duché d’Auvergne. En 1531, le duché de Bourbonnais est rattaché à la Couronne de France, à la suite de la défection du connétable de France, Charles III de Bourbon. Ce territoire devient alors un gouvernement, puis une généralité, dont Moulins est le siège.

[2] Le comté d’Auvergne est l’une des plus anciennes seigneuries de France, puisqu’elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l’ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché. La famille des Comtes d’Auvergne gouverne le comté depuis le dixième siècle. Une crise éclate au sein de la famille en 1155, date à laquelle le comte Guillaume VII d’Auvergne est forcé par son oncle Guillaume VIII d’Auvergne à diviser le comté en deux. Guillaume VIII reprend le comté, tandis que Guillaume VII doit se satisfaire du titre de dauphin d’Auvergne. En 1360, le roi de France Jean II de France crée, sur la vieille Terre royale d’Auvergne, un duché d’Auvergne qui se transmet au sein de la famille royale

[3] Le Forez est une région naturelle et historique française située, pour l’essentiel, dans la partie centrale de l’actuel département de la Loire. Cette région fut au cœur du comté de Forez puis de la province de Forez sous l’Ancien Régime, cette dernière englobant tardivement une bonne partie des régions du Roannais et du Jarez dont la ville de Saint-Etienne. Dès le début du xiie siècle, le Forez paraît dans les chartes avoir été une terre "libre" où l’achat, la vente et la transmission des terres se faisait, moyennant les droits en usage, en toute liberté. De même, les sources ne portent pas mention d’un quelconque système de servage. Le titre de capitale du comté est retiré à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, par lettres patentes de Charles 1er de Bourbon, 5ème duc de Bourbon, duc d’Auvergne, comte de Forez et comte de Clermont en Beauvaisis, et accordé à la ville de Montbrison. Ce transfert de capitale est confirmé, l’année suivante, par d’autres lettres patentes signées à Moulins. Toutefois, l’antique cité continuera à jouer un certain rôle dans la vie du fief comtal. Trois dynasties de comtes se succédèrent dans le Forez ; la dernière fut celle de Bourbon, à laquelle le Forez échut par le mariage de Louis II, duc de Bourbon, avec Anne de Forez, dauphine d’Auvergne, seule héritière de ce comté. Après la défection du connétable Charles III en 1523, le Forez fut confisqué et peu après en 1531 il fut réuni à la couronne de France. En 1542, la province du Forez intégra la généralité de Lyon, structure administrative comprenant également les provinces du Lyonnais et du Beaujolais.

[4] En 1384, la seigneurie est vendue au duc de Berry Jean de France, et alors érigée en comté. En 1434, par l’intermédiaire de Marie de Berry, dont Montpensier constitue la dot, le comté passe à sa mort à la maison de Bourbon. Charles III de Bourbon, connétable de Bourbon, fuit son domaine après avoir été dépossédé de ses terres par François 1er et se met au service de Charles Quint. C’est pourquoi le comté de Montpensier est confisqué en 1525, et ne sera rendu qu’en 1539 à sa sœur Louise de Montpensier et alors érigé en duché.

[5] Le Languedoc est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut Languedoc, qui correspond approximativement à l’actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc. Le territoire du Languedoc (région où l’on parle la langue d’oc) est rattaché au domaine royal au 13ème siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois mettant fin au catharisme. Le territoire sous contrôle des États de Languedoc s’est ensuite progressivement réduit à l’ancienne province du Languedoc. C’est en 1359 que les villes des trois sénéchaussées de Beaucaire, Carcassonne et Toulouse concluent entre elles une « union perpétuelle » puis exigent des officiers royaux d’être « convoquées ensemble » et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin du 14ème siècle, pays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deux sénéchaussées de Beaucaire Nîmes et de Carcassonne et la partie occidentale de celle de Toulouse, conservée au traité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu’en 1333 puis de celle de Toulouse, cesse d’appartenir au Languedoc. En 1469, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur la rive gauche de la Garonne. Le roi Louis XI détache les deux jugeries de Rivière (Montréjeau) et de Verdun (aujourd’hui Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer au duché de Guyenne, apanagé à son frère, le prince Charles. En contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d’habitants du diocèse de Comminges, situées sur la rive droite de la Garonne, connues comme le Petit Comminges

[6] Le Limousin est une ancienne région administrative, issue d’une région historique et culturelle française et qui était composée des trois départements de la Corrèze (19), de la Creuse (23) et de la Haute-Vienne (87). Elle est située en totalité dans la partie nord-ouest du Massif central. Ses frontières sont à peu de chose près les mêmes que celles de la cité gallo-romaine des Lémovices. Faisant intégralement partie de l’Occitanie historique dont elle constitue une bordure septentrionale, la région administrative Limousin était principalement issue du regroupement des anciennes provinces du Limousin et de la Marche, mais elle correspondait surtout à l’ancien diocèse de Limoges, lui-même calqué sur la cité des Lémovices. L’ancien comté carolingien de Limoges occupait aussi le même espace. La province fut, de l’Antiquité au 12ème siècle, une composante essentielle de l’Aquitaine.

[7] La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons est un conflit qui ravagea le royaume de France, déjà en lutte avec le royaume d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans. Les Bourguignons sont favorables au modèle anglais (d’autant plus que la Flandre appartient au duché de Bourgogne), tandis que les Armagnacs défendent le modèle français. De la même manière, le grand schisme d’occident a entraîné l’élection d’un antipape qui siège à Avignon (Clément VII) et est soutenu par les Armagnacs, alors que le pape de Rome (Urbain VI) est soutenu par les Anglais.

[8] Clermont, dite Clermont-en-Beauvaisis ou encore Clermont-de-l’Oise afin d’éviter toute confusion, est une commune française située dans le département de l’Oise dont elle est une sous-préfecture

[9] Les compagnies de mercenaires recrutées du 12ème siècle au 14ème siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une route (troupe en français de l’époque).

[10] La bataille d’Azincourt (Artois) se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, fortes de quelque 18 000 hommes, tentent de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V, forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de regagner Calais, devenue anglaise depuis 1347, et donc par là même l’Angleterre.