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Bérenger de Toulouse dit le Sage

samedi 20 février 2021, par ljallamion

Bérenger de Toulouse dit le Sage (vers 790-835)

Comte de Toulouse de 814 à 835-Comte de Barcelone-Comte de Gérone-Comte d’Ampurias de 832 à 835

Il mena une importante carrière au service de l’empereur Louis le Pieux et de son fils, le roi d’Aquitaine [1] Pépin 1er. Il fut principalement actif dans le sud de l’empire, entre l’Aquitaine [2], la Septimanie [3] et la Marche d’Espagne [4].

Bérenger est issu de la haute noblesse franque, appartenant à la famille des Unrochides [5]. Son père, Unroch, est un ami de Charlemagne, et nommé marquis de Frioul [6]. Sa mère, Engeltrude, est la fille de Bégon de Paris, qui appartient à la famille des Girardides [7] et a été nommé comte de Toulouse [8] entre 806 et 816. Bérenger est probablement élevé à la cour impériale et il fréquente l’école impériale d’Aix-la-Chapelle [9], comme son frère Évrard.

En 816, à la mort de son grand-père maternel, Bégon, il reçoit le comté de Toulouse, comté stratégique au cœur du Midi franc. Il se lie particulièrement à Pépin, le fils de l’empereur Louis le Pieux, pour qui est recréé le royaume d’Aquitaine en 817. Mais Pépin commet des maladresses dans son gouvernement et, lorsqu’il fait assassiner l’évêque d’Auch [10], Jean, il s’attire l’hostilité de la noblesse vasconne [11]. En 819, le duc des Vascons, Loup III Centulle , se révolte contre Pépin. Le comte d’Auvergne [12], Garin ou Warin 1er , et Bérenger luttent contre Loup III Centulle et le soumettent.

Dans les années suivantes, Bérenger mène la vie d’un grand fonctionnaire impérial. En 825 et en 827, il est missus dominicus [13] au service de l’empereur Louis le Pieux dans les comtés de Reims, Soissons, Senlis, Beauvais et Laon.

En 829, Pépin d’Aquitaine se brouille avec son père, qui vient de faire de son demi-frère, Charles, le duc d’Alémanie [14]. Pépin s’allie alors à ses deux frères, Lothaire et Louis, avec le soutien de Bernard de Septimanie et malgré les conseils de Bérenger.

Ce dernier, loyal à l’empereur, entre en guerre contre Bernard de Septimanie et il s’empare des comtés de Rousillon [15], de Razès [16] et de Conflent [17]. En décembre 832, il occupe le centre du Roussillon, à Elne [18].

Finalement, au mois d’octobre de la même année, les victoires des forces impériales obligent Pépin et Bernard à comparaître devant l’empereur au plaid [19] tenu dans le palais de Jocondiac [20]. Pépin est dépossédé de son royaume et exilé à Trèves [21], tandis que ses domaines sont accordés à son demi-frère Charles.

Bernard et son frère Gaucelme, accusés d’infidélité, perdent également leurs domaines, qui sont donnés à Bérenger, Barcelone [22], Gérone [23], qui se trouve désormais à la tête d’un vaste territoire.

Mais Bérenger ne se trouve pas capable de contrôler un aussi vaste ensemble de domaines. En 833, le comte d’Urgell [24] et de Cerdagne [25], le noble hispanique [26] Galindo 1er , usurpe les territoires de Pallars [27] et Ribagorce [28], qui dépendaient du comté de Toulouse. L’année suivante, Bérenger obtient les comtés d’Urgell et de Cerdagne pour l’un de ses proches, Sunifred, issu d’une famille de l’aristocratie gothique [29], frère du comte de Carcassonne [30] Oliba 1er de Carcasone , et en conflit avec Bernard de Septimanie.

En 834, alors que Lothaire, en révolte contre Louis le Pieux, remporte des succès, Pépin se réconcilie avec son père. Il a le soutien de Bernard et de Gaucelme ce dernier est tué par Lothaire à Chalon-sur-Saône [31].

Le 15 mars 834, à l’assemblée de Quierzy, Pépin retrouve son royaume d’Aquitaine et Bernard réclame en récompense qu’on lui rende ses domaines. En juin 835, l’empereur convoque Bérenger et Bernard à une assemblée à Crémieu [32], afin de régler définitivement le partage des comtés de la Septimanie et de la Marche d’Espagne. Mais pendant le voyage, Bérenger meurt de façon inattendue et tous ses comtés passent entre les mains de Bernard.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Michel Rouche, Histoire du Moyen Âge, tome 1, VIIe-Xe siècles, Éditions Complexe, Paris, 2005, 262 p. (ISBN 2-8048-0042-3)

Notes

[1] Le royaume d’Aquitaine, ou royaume de Toulouse, est un État qui a existé brièvement à l’époque mérovingienne (en 584-585 et de 629 à 632), et plus longuement à l’époque carolingienne (de 781 à 877).

[2] L’Aquitaine est le nom donné depuis au moins le 1er siècle av. jc à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées. En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l’intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. 671 voit l’indépendance de l’Aquitaine, dirigée par le duc Loup 1er de Vasconie. Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald 1er détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois. En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse. 732 voit la défaite du duc d’Aquitaine et l’invasion de la Vasconie par l’émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc. 742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l’Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière). Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d’Hunald 1er. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. En 778, l’armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pampelune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de 3 ans, le royaume d’Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l’Atlantique.

[3] Le mot Septimanie apparaît au 5ème siècle dans une lettre de Sidoine Apollinaire pour désigner une partie du sud de la Gaule, correspondant peut-être plus ou moins aux 7 provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes, par opposition aux 10 provinces constituant le diocèse des Gaules. Par la suite, après la conquête de l’Aquitaine par Clovis, le mot est utilisé, en particulier à l’époque carolingienne, pour désigner la partie de la Gaule restée jusqu’au début du 8ème siècle aux mains des Wisigoths, occupée par les Musulmans Omeyyades d’Al-Andalus avant d’être reconquise par les Francs en 759. Elle correspond approximativement à la partie occidentale de l’ancienne province romaine de Gaule narbonnaise. Elle est alors aussi appelée "Gothie".

[4] La marche d’Espagne ou la Marche hispanique fut la frontière politico-militaire de l’Empire carolingien dans la partie orientale des Pyrénées. Après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, ce territoire fut dominé par l’intermédiaire de garnisons militaires établies en des lieux comme Barcelone, Gérone ou Lérida. Cependant, à la fin du 8ème siècle, les Carolingiens intervinrent dans le Nord-Est péninsulaire avec l’appui de la population autochtone des montagnes. La domination franque devint effective après la conquête de Gérone en 785 et de Barcelone en 801. Le territoire gagné sur les musulmans devint la marche d’Espagne, composée par des comtés dépendants des monarques carolingiens. Parmi eux, celui qui joua le plus grand rôle fut le comté de Barcelone.

[5] Les Unrochides ou Hunrochides, sont une famille de la noblesse franque établie en Italie. D’elle est issu un roi des Lombards puis empereur, Bérenger 1er. Le fondateur de cette dynastie est Hunroch, comte de Ternois, un de ses descendants Hunroch III, fut marquis de Frioul.

[6] Le Duché de Frioul fut un des États institués par les Lombards en Italie. À la suite de l’invasion de l’Italie du Nord par les Lombards et à la conquête de Cividale, le roi Alboïn érige ce duché qu’il confie à son neveu Gisulf. Ce dernier est le premier des ducs de Frioul. Le territoire est stratégique, il permet de contrôler la frontière du royaume face aux éventuelles incursions des Avars de Pannonie, des populations esclavones d’Istrie et d’Illyrie, et prétentions des Byzantins de l’Exarchat de Ravenne. Il fut ainsi régulièrement en lutte contre ces voisins. Autonome, le duché fait partie du royaume lombard comme le duché de San Giulio, Duché de Turin, Duché de Spolète ou le duché de Bénévent.

[7] Les Girardides sont un lignage de la noblesse franque qui descend de Gérard 1er de Paris, comte de Paris. Les Girardides ont donné de nombreux comtes de Paris et de Metz. Si le comte de Metz Richard mort en 982 est bien le fils du comte de Metz Gérard mort en 963, alors la Maison de Lorraine est une branche de la lignée des Girardides. Dans ce cas, la lignée franque des Girardides qui remonte au 8ème siècle existerait toujours au travers de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

[8] Le comté de Toulouse est un ancien comté du sud de la France, dont le titulaire était l’un des six pairs laïcs primitifs. Le comté de Toulouse est créé en 778 par Charlemagne, au lendemain de la défaite de Roncevaux, afin de coordonner la défense et la lutte contre les Vascons et intégré dans le royaume d’Aquitaine, lorsque celui-ci est créé trois ans plus tard.

[9] L’École du Palais ou école palatine est une école associée à la cour carolingienne qui prit son importance sous le règne de Charlemagne. Elle se déplaçait avec la cour de l’empereur. Elle fut dirigée à partir de 782 par Alcuin.

[10] La date de la fondation du diocèse est inconnue. Le titre d’évêque d’Auch n’apparaît qu’au concile d’Agde de 506, où il est porté par un certain Nicetius. Le diocèse primitif devait comprendre la civitas Auscorum des Romains. Il aurait été entouré des diocèses de Toulouse, Comminges, Tarbes, Eauze, Agen et Lectoure. Le diocèse d’Eauze fut ruiné par les Normands au 9ème siècle et son territoire fut réuni à celui d’Auch, qui hérita de son titre métropolitain. Il était le ressort métropolitain des évêchés d’Aire, de Bayonne et de Tarbes. Jusqu’à la Révolution, son territoire resta immuable. Il était bordé au nord par les diocèses de Bazas et de Condom, au nord-est par le diocèse de Lectoure, à l’est par le diocèse de Lombez, au sud-est par le diocèse de Comminges, à l’ouest par les diocèses de Tarbes et de Lescar et au nord-ouest par le diocèse d’Aire. Le diocèse d’Auch fut supprimé par le concordat de 1802 et son territoire rattaché au diocèse d’Agen. Le concordat de 1817 et la bulle Paternae caritatis du 6 octobre 1822 le rétablirent. Son territoire comprit désormais le département du Gers.

[11] Les Vascons était le nom donné par les Romains durant l’Antiquité au peuple de la Péninsule Ibérique dont le territoire s’étendait au 1er siècle av. jc entre le cours supérieur de la rivière Èbre et sur le versant péninsulaire des Pyrénées occidentales, une région qui correspond à l’époque contemporaine à la quasi-totalité de la Navarre, les aires du nord-ouest de l’Aragon, du nord-est et du centre de La Rioja1 et du nord-est de Guipuscoa. Les Vascons, qui atteignirent un degré élevé d’intégration dans le monde romain, particulièrement dans les plaines, le long des rives de la rivière Èbre et dans les aires autour des cités romaines de Pompaelo et Oiasso, peuplèrent la région la plus au Nord et la plus montagneuse, connue comme le Vasconum Saltus, pendant la crise économique et sociale qui accompagna la décomposition de l’Imperium et la pression causée par les invasions barbares des peuples germaniques et slaves au début du 5ème siècle. Ils entrèrent par la suite en conflit à diverses occasions avec les royaumes des Wisigoths et des Francs qui sont installés sur les deux versants des Pyrénées. Après l’invasion musulmane de la péninsule ibérique au début du 8ème siècle, qui a abouti à la dissolution du Royaume wisigoth et au retrait partiel des gouverneurs francs au nord de l’Aquitaine, les descendants des Vascons, qui avaient adopté le christianisme durant le Bas Empire romain, se réorganisèrent vers le 9ème siècle autour des entités féodales du duché de Vasconie en Gascogne et de celle du royaume de Pampelune. Cette dernière entité donnera naissance durant le Moyen Âge au Royaume de Navarre.

[12] Le comté d’Auvergne est l’une des plus anciennes seigneuries de France, puisqu’elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l’ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché. La famille des Comtes d’Auvergne gouverne le comté depuis le dixième siècle. Une crise éclate au sein de la famille en 1155, date à laquelle le comte Guillaume VII d’Auvergne est forcé par son oncle Guillaume VIII d’Auvergne à diviser le comté en deux. Guillaume VIII reprend le comté, tandis que Guillaume VII doit se satisfaire du titre de dauphin d’Auvergne. En 1360, le roi de France Jean II de France crée, sur la vieille Terre royale d’Auvergne, un duché d’Auvergne qui se transmet au sein de la famille royale

[13] Les missi dominici, sont un organe et une charge institués en 789 et renouvelés en 802 par le pouvoir carolingien. Les missi sont des envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local. Ils permettent au souverain de hiérarchiser son administration, de centraliser le pouvoir et sont l’expression d’une idéologie proprement impériale. Envoyés en collège de deux ou trois - et souvent plus -, comptant en général au moins un comte et un évêque, ils sont dans un premier temps étrangers au district - missatica - qu’ils administrent. Des missi extraordinaires représentent l’empereur dans des circonstances spéciales et, éventuellement, en dehors de leur région d’exercice habituel.

[14] Les dénominations de royaume barbare d’Alémanie ou de royaume des Alamans ne désignent pas un territoire unifié dirigé par un seul et unique roi, mais une confédération de petits royaumes cohabitant dans un espace géographique dénommé Alémanie pour la première fois en 289. La zone correspond à la province romaine de Germanie supérieure, avec des territoires situés aujourd’hui en Suisse, au pays de Bade et en Alsace. Si ce royaume ne se lance pas dans les Grandes invasions, le peuple Alaman étant déjà présent dans l’empire romain, il y reste néanmoins souvent rattaché.

[15] Le comté de Roussillon est une ancienne principauté féodale située dans les Pyrénées orientales. Le comté de Roussillon serait apparu à l’époque wisigothique comme une subdivision administrative du royaume wisigoth. Ses limites correspondaient à la civitas Ruscinonensis antique, c’est-à-dire l’actuel département des Pyrénées-Orientales sans la Cerdagne ni le Capcir. Disparu à l’époque de l’invasion arabe en 721, le comté fut reconstitué au moment de la reconquête carolingienne, et fut intégré à la Marche d’Espagne, puis au marquisat de Gothie. Pour repeupler le Roussillon après la prise de Narbonne en 759 et la conquête de la Septimanie, les Carolingiens ont utilisé le système de l’aprision en faveur des réfugiés wisigoths espagnols. Le Roussillon est alors aux mains de comtes nommés ou reconnus par la monarchie franque, impériale puis royale après le traité de Verdun qui a attribué le Roussillon à Charles le Chauve. Mais cette tutelle se fait moins forte au cours du 9ème siècle. Pour amener les comtes à participer à l’ost devant secourir le pape Jean VIII attaqué par les Sarrasins, Charles le Chauve a promulgué, entre le 14 et le 16 juin 877, le Capitulaire de Quierzy qui permet la transmission de la charge de comte à leur fils aîné et qui a été l’un des fondements juridiques de la future féodalité. Après la fin de la dynastie carolingienne le comté est considéré comme un bien patrimonial qui passe au tout début du 10ème siècle aux mains de la dynastie d’Empuries ou Ampurias. À ce moment, son territoire se réduit à la partie orientale de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. La capitale de ce comté est d’abord Château-Roussillon, puis la ville de Perpignan. Le comté reste dans les mains de cette dynastie jusqu’en 1172, à la mort du comte Girard/Guisnard II de Roussillon, qui lègue son comté à son parent et suzerain le roi Alphonse II d’Aragon.

[16] Le Razès désigne historiquement un ancien pagus ou comté carolingien portant le nom de sa capitale historique : l’oppidum ou cité de Redae (l’actuelle Rennes-le-Château au sud-ouest du département de l’Aude). Le comté du Razès fut absorbé par la province du Languedoc en 1240,

[17] Le comté de Conflent était un comté catalan du Moyen Âge faisant partie de la Marche d’Espagne. Il est situé dans l’actuel Roussillon. Il correspond historiquement à la vallée de la Têt (Tet en catalan) et ses alentours entre Rodès et Mont-Louis (Montlluís). En amont, c’est la Cerdagne (Haute Cerdagne), en aval, le Ribéral (Riberal). Sa capitale est Prades (Prada). Le Conflent est dominé par le Canigou (Canigó).

[18] Elne est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales. Après la chute de l’Empire romain en 476, les Wisigoths, maîtres de la région depuis les environs de 414, érigent la ville en siège épiscopal qui n’est attesté qu’en 571. Elne dut à ce privilège de siège épiscopal de pouvoir hériter du nom de « cité » alors que Perpignan, sa rivale plus fortunée, ne fut jamais que « la ville ». La ville s’appelle alors Helenae. Le seigneur de la ville est l’évêque. Au 11ème siècle, on édifia l’actuelle cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie d’Elne en remplacement d’une église plus ancienne. Entre le 12ème et le 13ème siècle, les chanoines firent construire le cloître, tandis que la ville renforçait ses murailles en 1150, devenant ainsi une importante place forte.

[19] Aux époques mérovingienne et carolingienne, un plaid est une cour publique ou une assemblée où un souverain, ou un comte le représentant, prend conseil auprès d’aristocrates, appelés barons ou vassaux sur les affaires de son état ou de son domaine. Le plaid organisé par le roi ou l’empereur disparaît après Charles II le Chauve, mais le terme continue d’être employé à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne.

[20] Le Palais-sur-Vienne est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne. Le palais de Jocondiac apparaît en 794, comme le lieu d’émission du plus ancien diplôme connu de Louis le Pieux dit Louis le Débonnaire. La résidence fut utilisée après 814 par son fils et successeur sur le trône d’Aquitaine, Pépin 1er. À l’automne 832, y fut organisé un grand plaid convoqué par l’empereur Louis le Pieux qui y vint avec son épouse, Judith et son jeune fils Charles le Chauve.

[21] Trèves est une ville et un arrondissement d’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La ville est située sur la Moselle. Cette ville, ancienne colonie romaine, est fondée à l’époque romaine, en l’an 16 av. jc sous le nom d’Augusta Treverorum, sur le site du chef-lieu d’un peuple gaulois, les Trévires. Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle est édifié en 45 ap. jc, en remplacement d’un premier pont de bois : c’est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout. Colonie romaine et place forte très importante dans la défense contre les « Barbares », elle est dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule. Grande métropole marchande à partir du 2ème siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du 3ème siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda. De l’époque romaine subsistent la Porta Nigra (porte noire), le plus grand édifice romain sur le sol allemand, une basilique, où siège un tétrarque (aujourd’hui une église protestante), les restes d’un amphithéâtre, ainsi que des ruines de thermes romains. Au début du 5ème siècle, au cours des invasions germaniques, Trèves est attaquée et pillée plusieurs fois par les Francs. Peu auparavant, la préfecture des Gaules est transférée de Trèves à Arles

[22] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche. À l’extinction de la dynastie carolingienne, les comtes se succèdent de façon héréditaire dans la descendance du comte Guifred, dit le Velu. Cette dynastie domine également les comtés de Girone et de Ausone, et rassemble peu à peu sous son autorité directe ou indirecte tous les comtés formant l’actuelle Catalogne : Besalú, Cerdagne, Empuries, Pallars, Roussillon et Urgell.

[23] Le comté de Gérone est une circonscription du royaume franc née au 8ème siècle dans la marche d’Espagne. Le comté se situait dans l’actuelle province de Gérone dans l’autonomie de Catalogne, en Espagne. Le comté de Gérone a été constitué après le ralliement de la ville de Gérone au royaume carolingien, dans les dernières années de la décennie 780. Le roi Charles 1er (futur Charlemagne) nomma comte un aristocrate goth du nom de Rostany. Le comté de Gérone s’étend alors de la Méditerranée à la région de Vic et aux Pyrénées. Il comprend les pagi (pays) de Besalú et d’Empúries. Au début des années 810, le pagus d’Empúries se détache de Gérone pour former un comté indépendant. En 812, le comté de Gérone est confié au comte Berà de Barcelone. Les deux comtés restent administrés par le même comte jusqu’en 849. Ces comtes sont souvent de grands aristocrates francs possédant des domaines importants et administrant de larges ensembles comtaux, comme Bernard de Septimanie, marquis de Septimanie ou Gothie et comte de Barcelone, Lodève, Uzès, Carcassonne, Toulouse, Narbonne, Ausone, Béziers, Agde, Mauguio et Nîmes. Le comté de Gérone retrouve une indépendance locale entre 849 et 870, année où Charles le Chauve investit comte Bernard de Gothie, marquis de Gothie et comte de Barcelone, Narbonne et de Roussillon. En 878, Louis le Bègue destitue Bernard pour trahison et confie les comtés de Barcelone et de Gérone à Guifred le Velu, fondateur de la dynastie de Barcelone, à l’origine de l’État catalan. Le comté de Gérone est désormais uni à celui de Barcelone.

[24] Le comté d’Urgell est un ancien comté catalan de la marche hispanique du royaume franc carolingien, qui se forme entre 785 et 790 pour lutter contre les musulmans qui avaient conquis l’Espagne et les Pyrénées. La région est alors rattachée au comté de Toulouse. Le comté d’Urgell fut créé, à l’époque carolingienne, au sein du Royaume franc. Sa capitale était initialement Castellciutat puis, à compter de 1105, Balaguer. Le noyau de ce comté était La Seu d’Urgell. Les comtes d’Urgell sont mentionnés pour la première fois en 981.

[25] Le comté de Cerdagne est un ancien fief féodal situé dans la partie orientale des Pyrénées. Le comté de Cerdagne fut constitué au début du 9ème siècle. À l’origine charge temporaire, la fonction de comte devint héréditaire à la fin du même siècle. Guifred le Velu fut le premier comte héréditaire de Cerdagne ; de lui sont issus les comtes de Barcelone, futurs rois d’Aragon.

[26] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[27] Le comté de Pallars était un territoire que certains chroniqueurs de la cour carolingienne appelèrent Marche d’Espagne, pendant la première moitié du 11ème siècle. Ce comté est situé dans le bassin supérieur de la Noguera Pallaresa, entre la crête des Pyrénées et la ville de Tremp, comprenant notamment le val d’Àneu, celui de Cardós et celui de Ferrera ainsi que la rive gauche de la Noguera Ribagorzana et le val de Flamicell.

[28] Le comté de Ribagorce était l’un des anciens comtés pyrénéens formés au Moyen Âge au début de la Reconquista. Il était limité par la haute vallée de l’Ésera à l’ouest, son principal affluent l’Isabena, et par la Noguera Ribagorzana à l’est. Son histoire est liée au comté, puis royaume d’Aragon, auquel il fut définitivement rattaché à partir du 11ème siècle. Les limites de ce comté correspondent aujourd’hui à l’actuelle comarque aragonaise de Ribagorce.

[29] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[30] La vicomté de Carcassonne apparaît pour la première fois en 1082. C’est à cette date que Bernard Aton IV Trencavel, vicomte de Nîmes et d’Albi, revendiquant les droits de sa mère Ermengarde, réclame les comtés de Carcassonne et de Razès, ainsi que les vicomtés de Béziers et d’Agde, et s’en empare. Les Trencavel deviennent alors seigneurs de fait, sans porter le titre de vicomtes. Ermengarde meurt en 1101, et son fils Bernard-Aton Ier (IV de Nîmes et d’Albi) est proclamé formellement vicomte de Carcassonne, Razès, Béziers et Agde. Barcelone tente de s’y opposer à plusieurs reprises.

[31] Chalon-sur-Saône est une commune française, sous-préfecture du département de Saône-et-Loire. Chalon est une capitale du royaume durant l’indépendance du royaume des Burgondes, elle garde toute son importance en revenant dans les royaumes francs. Chalon est, du 5ème au 8ème siècle, le théâtre de douze conciles, de 470 à 1073. La ville est détruite par les Sarrasins en 732, rebâtie par Charlemagne un demi-siècle plus tard, incendiée en 834 par Lothaire ; prise d’assaut par les Hongrois en 937 et de nouveau en 1168 par Louis VII, irrité contre le comte Guillaume. Jean 1er de Chalon, dit Jean l’Antique ou Jean le Sage, en 1237, échange avec Hugues IV le Pacifique, duc de Bourgogne, les comtés de Chalon et d’Auxonne contre les seigneuries de Salins, de Bracon, de Vuillafans et d’Ornans, et conserve jusqu’à sa mort le titre de comte de Chalon qu’il transmet à ses descendants. Au milieu du 12ème siècle, Chalon obtient une charte communale

[32] Crémieu est une commune française située dans le département de l’Isère. Historiquement rattachée à la province du Dauphiné, Crémieu a conservé sa cité médiévale. Ancienne ville résidence des dauphins du Viennois. Crémieu est mentionné dès le 9ème siècle ; mais apparaît dans l’histoire au 12ème siècle. À la fin du 12ème siècle, Crémieu est le siège d’une châtellenie de la baronnie de La Tour-du-Pin, rattachée en 1282 au Dauphiné, lui-même rattaché à la Couronne de France en 1349. Le château est établi sur la colline Saint-Laurent. Situé à la frontière entre le Dauphiné et la Savoie, la châtellenie de Crémieu joue un rôle militaire important. Face au château, un prieuré de bénédictins, entouré de ses propres fortifications, se trouve au sommet des falaises de Saint-Hippolyte. En 1247, ce prieuré est rattaché à l’abbaye de Saint-Chef.